Communiqué de presse
21 mai 2026  | Diegem, Belgium

La Belgique conserve sa position dans un climat européen d’investissements en net recul, mais le nombre d’investissements atteint son niveau le plus bas en plus de dix ans

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  • Dans un contexte de creux décennal des investissements directs étrangers (IDE) en Europe, la Belgique a, une nouvelle fois, enregistré en 2025 une baisse du nombre de projets d’investissement.
  • Notre pays est parvenu à conserver sa 8e place au classement européen, mais, avec un recul de 11 %, la Belgique a connu son année la plus faible depuis 2014.
  • L’impact sur la création d’emplois a été plus positif : les investissements étrangers ont généré 6.094 emplois, soit une hausse de 13 %.

Telles sont les principales conclusions de l’édition 2026 du Baromètre de l’Attractivité belge, l’étude annuelle menée par EY qui mesure l’attractivité de la Belgique comme lieu d’investissements étrangers.

L’Europe a connu une année particulièrement difficile en matière d’investissements directs étrangers. En 2025, le nombre de projets d’IDE sur le continent a reculé de 7 % pour atteindre son niveau le plus bas de la dernière décennie. La création d’emplois liée aux investissements étrangers a encore davantage reculé, avec une baisse de 25 % d’une année à l’autre. La persistance des tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et tarifaires, la volatilité des prix de l’énergie et une croissance économique modérée ont continué de peser lourdement sur les décisions d’investissement, en particulier dans l’industrie manufacturière exposée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les principales destinations d’investissement en Europe ont également subi les plus fortes baisses : la France (-17 %), le Royaume‑Uni (-14 %) et l’Allemagne (-10 %). À l’inverse, les projets d’investissement ont fortement augmenté dans plusieurs économies-clés d’Europe du Sud, centrale et orientale, avec l’Espagne (+7 %), la Pologne (+10 %), la Roumanie (+16 %) et la Turquie (+20 %) en tête.

Dans ce contexte européen, la performance de la Belgique a suivi la tendance générale à la baisse, avec un recul du nombre de projets légèrement plus marqué que la moyenne européenne (-7 %). En dépit de cette baisse, la Belgique est parvenue à conserver sa 8e place parmi les principaux pays européens récepteurs d’IDE.

« L’Europe traverse clairement une période difficile en matière d’attraction des investissements étrangers. L’incertitude est devenue un facteur structurel dans les décisions d’investissement, qu’elle soit alimentée par la géopolitique, les prix de l’énergie ou les tensions commerciales », déclare Tristan Dhondt, Partner chez EY Belgique. « Ce contexte se reflète non seulement dans la baisse du nombre de projets, mais encore davantage dans le recul marqué du nombre d’emplois créés en Europe — une tendance que la Belgique a su enrayer. »
 

L’industrie manufacturière et les services aux entreprises restent les principaux moteurs

L’industrie manufacturière et les services aux entreprises sont restés les principaux moteurs des investissements étrangers en Belgique, avec respectivement 46 et 44 projets. La logistique, qui avait dépassé les services aux entreprises l’année précédente, est retombée à la troisième place avec 42 projets.

Parmi l’ensemble des projets d’investissements étrangers en Belgique, 67 % étaient des investissements greenfield. Ce type d’investissement est en baisse constante : en 2023, les greenfields représentaient encore 72 % du nombre total de projets d’IDE. Les autres projets concernaient l’extension d’activités existantes, ce qui indique que la Belgique continue de jouer un rôle dans les stratégies d’investissement à long terme des entreprises internationales.

Une tendance européenne marquante est l’attention accrue portée à l’autonomie stratégique, qui stimule les investissements dans deux secteurs spécifiques : la défense et l’intelligence artificielle. Le nombre de projets d’IDE dans la défense a augmenté de 84 % pour atteindre 107 projets. Dans l’IA, le taux de croissance s’est établi à 96 % pour atteindre 306 projets (dont 109 data centers).

Les États‑Unis restent le principal investisseur en Belgique

Les États‑Unis ont conservé leur position de premier investisseur étranger en Belgique, malgré une baisse de 21 % du nombre de projets, avec 34 investissements. La France et les Pays‑Bas complètent le top 3 des pays investisseurs, avec respectivement 27 et 20 projets.

Parmi les évolutions marquantes du paysage des investisseurs figurent une nouvelle baisse des investissements allemands, divisés par deux par rapport à l’année précédente, et une forte progression en provenance de la Turquie, devenue en 2025 l’investisseur à la croissance la plus rapide en Belgique.

L’ensemble de cette activité d’IDE s’est traduit par une hausse nette de la création d’emplois par rapport à l’année précédente, à 6.094 emplois, soit une augmentation de 13 %. Cette progression s’explique par un nombre très limité de projets de grande envergure. Une nuance reste toutefois nécessaire : la création d’emplois liée aux IDE en Belgique se remet encore d’une forte baisse en 2023 (lorsque le nombre d’emplois est passé de 8.071 à 4.918).

« Pour rester attractive, la Belgique doit être compétitive face à des économies à plus faible coût, sans entrer dans une course aux coûts qu’elle ne gagnera pas. Sa force est ailleurs : dans ses talents, ses infrastructures et son innovation. C’est sur ces atouts qu’elle doit capitaliser pour attirer des investissements à forte valeur ajoutée, tout en préservant des piliers essentiels comme la logistique, clé pour l’emploi », déclare Marie-Laure Moreau, Partner chez EY Belgique.
 

La Belgique résiste à la tendance baissière de la confiance des investisseurs

Comme chaque année, EY a également interrogé cette année les décideurs internationaux sur leurs intentions d’investissement et leurs perceptions. Les résultats révèlent une nouvelle baisse de la confiance dans l’Europe comme destination d’investissement : 60 % des répondants s’attendent à ce que l’attractivité de l’Europe augmente au cours des trois prochaines années, contre 63 % l’an dernier.

La Belgique se démarque toutefois positivement dans cette étude de perception. 72 % des décideurs interrogés s’attendent à ce que l’attractivité de la Belgique augmente au cours des trois prochaines années, contre 70 % l’an dernier.

La pression des coûts reste le principal défi

Pour l’Europe dans son ensemble, les investisseurs citent les coûts de main‑d’œuvre et autres, la compétitivité fiscale et les prix de l’énergie comme principaux inconvénients. La taille du marché, la qualité des infrastructures ainsi que la politique européenne en matière de climat et de durabilité demeurent les atouts-clés.

En Belgique, les prix élevés de l’énergie, l’environnement réglementaire et les coûts salariaux sont perçus comme les principaux défis. Dans le même temps, les investisseurs soulignent systématiquement la qualité des infrastructures, la disponibilité et les compétences de la main‑d’œuvre, ainsi que les capacités d’innovation et de R&D de la Belgique, perçus comme des atouts majeurs.

Recommandations pour renforcer l’attractivité de la Belgique auprès des investisseurs étrangers

  1. Renforcer les PME et les scaleups
    Améliorer l’accès au financement et simplifier l’environnement réglementaire afin de soutenir leur rôle dans l’attractivité et l’ancrage des investissements.

  2. Renforcer l’innovation et les secteurs stratégiques
    Soutenir la R&D et le développement de secteurs à fort impact tels que la technologie, l’industrie manufacturière avancée et l’énergie afin de stimuler les investissements futurs et la création d’emplois.

  3. Rétablir la compétitivitécoûts
    S’attaquer aux prix de l’énergie, aux coûts salariaux et à la charge réglementaire, notamment via des politiques plus prévisibles et moins complexes.

  4. Simplifier et accélérer le climat des affaires
    Rationaliser les processus administratifs et apporter davantage de clarté et de stabilité afin de faciliter les décisions d’investissement et la mise en œuvre des projets.

  5. Favoriser un cadre fiscal et réglementaire prévisible et collaboratif
    Renforcer le dialogue entre les entreprises et les pouvoirs publics afin de garantir aux investisseurs un cadre stable et transparent.


-Fin du communiqué de presse-

À propos du Baromètre de l’Attractivité belge 2026

Les études d'attractivité menées par EY analysent l'attractivité de régions ou de pays spécifiques en tant que destinations d'investissement. Une double méthodologie analyse à la fois la réalité et la perception des investissements étrangers directs par pays ou par région.

  • Notre évaluation des investissements directs étrangers (IDE) en Europe repose sur l'EY European Investment Monitor (EIM). Cette base de données propre à EY nous permet de suivre les projets annoncés en 2025 dans 47 pays. La base de données suit les projets d'IDE qui ont conduit à l'expansion des installations et des emplois.

  • Nous analysons l'attractivité de la Belgique et de l'Europe (perception) sur la base d’une enquête en ligne auprès de décideurs internationaux. Pour la Belgique, l'enquête de terrain a été menée entre le 19 février et le 7 avril 2026 par FT Longitude via des interviews en ligne, sur la base d'un panel représentatif de 200 décideurs internationaux. Pour l'Europe, l'enquête de terrain a été menée entre le 11 février et le 30 mars 2026 par FT Longitude via des interviews en ligne, sur la base d'un panel représentatif de 500 décideurs internationaux.