5 minutes de lecture 20 juin 2022
Baromètre de l’Attractivité belge 2022

6 enseignements majeurs du Baromètre de l’Attractivité belge 2022

Par Marie-Laure Moreau

EY Belgique Assurance Partner et Regional Managing Partner Wallonie

Passionnée par l'entrepreneuriat et la croissance. Femme et mère dévouée. Aime le ski, le golf et est supporter du Standard de Liège.

5 minutes de lecture 20 juin 2022

Les investissements étrangers en Belgique ont augmenté de 8 % en 2021, mais restent inférieurs aux niveaux pré-Covid-19.

La Belgique a vu le nombre de projets d’investissements étrangers (IDE) augmenter plus rapidement que la moyenne européenne en 2021, avec un total de 245 projets d’investissement. C’est l’une des principales conclusions de l’édition 2022 du Baromètre de l’Attractivité belge, une étude annuelle menée par EY qui évalue l’attractivité de la Belgique en tant que lieu d’investissement.

La croissance des IDE reflète une forte reprise de l’activité des investisseurs étrangers en Belgique après le ralentissement qui a frappé l’économie belge en 2020, même si le nombre de projets est resté inférieur au niveau prépandémique de 2019.

1. Avec une augmentation de 8 % du nombre de projets IDE, la Belgique surpasse la moyenne européenne

Après les années mouvementées liées au Covid en 2019 et 2020, la Belgique a vu le nombre de projets d’investissement augmenter plus rapidement que la moyenne européenne en 2021. La Belgique a enregistré 245 projets, qui ont généré la création de 6.970 emplois en 2021. Comme les années précédentes, les performances de la Belgique en matière d’IDE ont été principalement portées par les nouveaux projets. Sur les 245 projets, 80 % étaient nouveaux.

Mais dans la mesure où d’autres pays ont enregistré une hausse encore plus forte des IDE, la Belgique perd une place dans le classement européen. En quittant le Top 5, elle se classe juste derrière cinq économies beaucoup plus importantes. En outre, la progression de 8 % des IDE cache une croissance nettement plus robuste de la création d’emplois (37 %).

2. La Belgique réaffirme sa position de plateforme logistique de premier plan

Cinq secteurs clés ont été les moteurs de l’activité des IDE en Belgique tout au long de l’année 2021, représentant 60 % des projets et 58 % des emplois. Les « quatre grands » sont toujours les mêmes, malgré quelques variations dans le classement. Le secteur des transports et de la logistique reprend la première place aux services aux entreprises, tandis que le secteur pharmaceutique a quelque peu ralenti après une année très chargée, ce qui a permis au secteur des logiciels et des services informatiques de le dépasser et d’occuper la troisième place.

En ce qui concerne les types de projets d’investissement, on note un bond remarquable des investissements logistiques, qui occupent la première place avec un total de 65 projets. En 2020, cette catégorie d’investissements ne figurait même pas dans le top 3. L’ancien « champion », à savoir les ventes et le marketing, chute à la troisième position. Quant au secteur manufacturier, il conserve sa deuxième place.

La logistique a toujours été un pilier de l’attractivité de la Belgique pour les investisseurs étrangers, et ce mouvement est encore renforcé par la tendance générale de relocalisation et de délocalisation de proximité des entreprises.
Marie-Laure Moreau
EY Belgique Assurance Partner et Regional Managing Partner Wallonie

3. Les États-Unis reprennent la tête du classement pour les investissements en Belgique

Les États-Unis réaffirment leur position de principale source de projets d’IDE en Belgique avec une croissance des projets de 70 % par rapport à l’année précédente, après avoir cédé la première place au Royaume-Uni en 2020 et se classant même derrière les Pays-Bas et la Chine, qui avait fait la surprise.

La Chine n’a pas poursuivi sur cette même voie en 2021. Tout en restant le premier investisseur au niveau des marchés émergents, le nombre de projets d’IDE chinois a quasiment diminué de moitié. Cette baisse a été particulièrement ressentie en Région wallonne, où la Chine avait été le plus gros investisseur en 2020. Le Royaume-Uni, qui a réussi à faire croître son nombre de projets malgré le Brexit et la pandémie en 2020, a conservé un rythme de croissance régulier en 2021, s’assurant ainsi la deuxième position du classement général.

4. La Belgique comble son retard sur le reste de l’Europe en matière d’attractivité à moyen terme

Il est bien sûr difficile d’évaluer l’impact précis du conflit en Ukraine sur l’attractivité de la Belgique, d’autant plus que la plupart des personnes interrogées dans le cadre du Baromètre de l’Attractivité belge l’ont été avant le début des hostilités. L’étude de cette année fait néanmoins apparaître des opinions claires sur les forces et faiblesses spécifiques de la Belgique en tant que destination potentielle d’investissement.

Si l’on considère l’évolution de l’attractivité de la Belgique au cours des trois prochaines années, nous constatons que la Belgique est désormais beaucoup plus proche de la moyenne européenne que l’année dernière. D’après 54 % des personnes interrogées, l’attractivité de la Belgique devrait s’améliorer légèrement. L’année dernière, ce chiffre n’était que de 35 %, la majorité des répondants prévoyant alors un statu quo.

Attractivité de la Belgique

54%

des personnes interrogées pensent que l’attractivité de la Belgique s’améliorera au cours des trois prochaines années.

5. Le régime fiscal et l’instabilité politique et administrative constituent les principaux risques

Malgré les variations de classement de ces facteurs, la Belgique ne semble pas pouvoir se défaire des principaux risques qui pèsent sur son attractivité. Les investisseurs restent préoccupés par le régime fiscal, de même que par l’instabilité du climat politique, réglementaire et administratif en Belgique, ainsi que par la pénurie et le coût de la main-d’œuvre.

6. Si l’on ne peut que saluer la qualité et les compétences de la main-d’œuvre, il n’y a néanmoins pas de place pour l’autosatisfaction

La qualité de la main-d’œuvre belge a toujours été un point fort de l’économie. Cela se reflète dans une nouvelle série de questions du Baromètre, dans le cadre duquel les investisseurs sont interrogés sur les performances de la Belgique par rapport au reste de l’Europe dans un certain nombre de domaines, comme le talent. La Belgique fait clairement bonne figure dans le domaine de l’investissement dans les compétences numériques. Force est de constater néanmoins que le pays doit continuer à fournir des efforts soutenus pour renforcer la présence d’un certain nombre compétences en matière de haute technologie qui lui permettront de conserver sa position forte.

La nature ouverte et pragmatique de la Belgique, associée à une main-d’œuvre multilingue de renommée internationale, fait de notre pays une destination attrayante pour les investisseurs.
Marie-Laure Moreau
EY Belgium Assurance Partner and Regional Managing Partner Wallonia

Recommendations

Voici les mesures préconisées par EY Belgique pour assurer l’attractivité de la Belgique pour les investisseurs étrangers à long terme.

  • Accorder plus d’attention aux entreprises établies

  • Miser sur le numérique

  • Se concentrer sur le développement durable

  • Établir et maintenir un système fiscal stable et fiable

  • Prendre soin des talents

Baromètre de l’Attractivité belge 2022

Consultez le rapport intégral pour obtenir davantage d’informations, de recommandations et de témoignages d’investisseurs étrangers.

Lire le PDF (EN)

Newsletters EY Belgique

Inscrivez-vous à l'une de nos newsletters et tenez-vous au courant des dernières nouveautés, de nos événements et bien plus encore.

Inscrivez-vous

Résumé

Après les années mouvementées liées au Covid en 2019 et 2020, le Baromètre d’Attractivité de cette année reflète un monde qui se remet lentement des effets de la pandémie mondiale. Comme le montrent les chiffres européens, la reprise en 2021 a été progressive mais réelle. La Belgique surpasse la moyenne européenne, puisque notre pays enregistre une augmentation de 8 % du nombre d’IDE, avec un total de 245 projets d’investissement. L’optimisme concernant la capacité de la Belgique à attirer des investissements ces prochaines années est en hausse. Malgré cette tendance favorable, la Belgique ne semble pas pouvoir se défaire des principaux risques qui pèsent sur son attractivité.

À propos de cet article

Par Marie-Laure Moreau

EY Belgique Assurance Partner et Regional Managing Partner Wallonie

Passionnée par l'entrepreneuriat et la croissance. Femme et mère dévouée. Aime le ski, le golf et est supporter du Standard de Liège.