- 78 % des CEO suisses portent un regard optimiste sur l’économie mondiale en 2026.
- Tous les CEO suisses interrogés se trouvent dans une phase de transformation de leur entreprise ou en entameront une au cours des douze prochains mois.
- La moitié des entreprises interrogées (50 %) souhaitent réduire leurs frais d’exploitation en 2026.
- En raison des incertitudes géopolitiques et commerciales, 28 % des CEO suisses ont limité leurs investissements au cours des douze derniers mois.
- Les investissements dans l’IA et les technologies numériques sont cités comme la principale mesure de croissance.
- Les transactions restent un élément central : près de deux tiers (62 %) des entreprises suisses prévoient au moins une transaction de fusion-acquisition.
Zurich, le 20 janvier 2026 – La dernière édition de l’enquête CEO Outlook Survey d’EY Parthenon, le cabinet de conseil en stratégie et transactions d’EY en Suisse, le montre : même si les évolutions géopolitiques et commerciales continuent de marquer l’agenda stratégique des entreprises, les CEO suisses demeurent confiants et proactifs dans ce contexte. Malgré l’incertitude persistante, les perspectives restent positives, puisque 78 % des 50 CEO suisses interrogés sont optimistes quant à la tournure que prendra l’économie mondiale au cours des douze prochains mois ; 68 % des quelque 1200 CEO sondés dans le monde partagent cette opinion. Par rapport à l’enquête de septembre 2025, cela représente une hausse de 10 % en Suisse.
Cette attitude positive se reflète également dans les attentes en matière de performance de l’entreprise : presque tous les CEO suisses interrogés (94 %) prévoient une hausse du chiffre d’affaires et de la productivité en 2026, et 86 % s’attendent à une amélioration de la rentabilité. La grande majorité d’entre eux jugent également positives les conditions financières sur les marchés et la levée de capitaux. La moitié des chefs d’entreprise suisses (50 %) misent en outre sur une baisse des frais d’exploitation en 2026.
Les CEO suisses réorientent leur stratégie
Huit CEO suisses sur dix (82 %) ont modifié leurs plans d’investissement stratégiques en raison de l’évolution des conditions-cadres géopolitiques. À l’échelle mondiale, ce chiffre est presque identique (83 %). Très souvent, il a été indiqué que des investissements prévus ont été reportés (en CH : 28 % ; au niveau mondial : 31 %) ou que des actifs opérationnels ont été transférés vers d’autres marchés (CH : 28 % ; au niveau mondial : 17 %). De plus, une entreprise suisse interrogée sur dix a stoppé des investissements planifiés.
Les investissements en Suisse restent prioritaires pour 42 % des CEO suisses interrogés, tandis que les nouvelles allocations de capitaux sont principalement destinées à l’Allemagne (26 %) et à la France (18 %). Au total, 92 % des investissements prévus concernent l’Europe.
Interrogés sur les mesures concrètes de succès, les ténors suisses de l’économie ont répondu comme suit : à l’horizon 2026, près de quatre CEO suisses sur dix (38 %) considèrent les investissements dans la numérisation et l’intelligence artificielle comme la principale mesure de croissance. À l’échelle mondiale, quatre personnes interrogées sur dix (44 %) partagent ce point de vue. Avec 24 %, l’amélioration de la gestion des risques géopolitiques occupe la deuxième place, suivie des mesures de localisation et de régionalisation (12 %). Stefan Rösch-Rütsche, Country Managing Partner d’EY en Suisse, déclare à ce sujet : « Pour de nombreux CEO suisses, l’incertitude géopolitique représente désormais le plus grand risque, et la forte augmentation des droits de douane américains sur les importations suisses pèse sur de nombreuses entreprises. La réduction des droits de douane fin 2025 a certainement eu un effet positif sur les perspectives, mais l’attractivité de la place économique suisse est toujours menacée. D’une manière générale, les entreprises doivent agir rapidement en ces temps incertains et trouver des solutions sur mesure. »
L’intelligence artificielle en point de mire
Aujourd’hui déjà, l’intelligence artificielle apporte une valeur ajoutée mesurable à de nombreuses entreprises suisses. Environ 80 % des CEO indiquent que leurs initiatives en matière d’IA ont dépassé leurs attentes. Presque tous (94 %) affirment que l’IA sera d’une importance décisive pour leur modèle d’affaires au cours des deux prochaines années.
Parmi les principales technologies d’IA, 54 % des sondés suisses citent les « agents IA autonomes », censés agir de manière indépendante pour accomplir des tâches avec un minimum de ressources. Avec 50 % chacun, la deuxième place est partagée par l’« apprentissage automatique » pour l’analyse des données et la prise de décision ainsi que l’« IA physique », soit une combinaison de machines et d’IA en vue d’améliorer les processus de fabrication.
D’après les CEO interrogés, les principaux défis posés par l’IA en Suisse sont les risques croissants de cybersécurité (44 %), ainsi que les investissements initiaux élevés et les rendements incertains (40 %).
Concernant l’emploi, la situation est nuancée : plus de la moitié (54 %) des CEO suisses s’attendent à un recul de l’emploi en 2026 en raison des investissements consentis dans l’IA. Dans le même temps, près de la moitié (46 %) des personnes interrogées sont convaincues que les investissements dans l’IA contribueront à maintenir les niveaux d’embauche existants ou à attirer de nouveaux talents aux profils de qualification modifiés.
Intérêt croissant pour les achats et les ventes
Malgré les incertitudes géopolitiques, l’intérêt pour les fusions, les acquisitions et les partenariats stratégiques demeure : 62 % des entreprises suisses prévoient au moins une transaction de fusion-acquisition au cours des douze prochains mois, soit une augmentation de 22 % par rapport à l’enquête de septembre. Les dirigeants suisses affichent toujours une nette préférence pour l’établissement de partenariats stratégiques, qui offrent l’avantage de réduire les coûts et de préserver les ressources de l’entreprise. La part des CEO suisses qui visent au moins une alliance ou une joint-venture au cours des douze prochains mois est de 80 %.
« Les alliances stratégiques prennent de plus en plus d’importance. De nombreux secteurs connaissent actuellement des changements technologiques majeurs. Dans cette situation, les alliances offrent la flexibilité nécessaire et permettent d’agir rapidement », explique Stefan Rösch-Rütsche.