- 89 % des personnes interrogées utilisent des solutions d’IA dans leur travail quotidien, les outils intégrés tels que Copilot ou Gemini étant les plus répandus, avec environ 70 %
- 29 % des personnes interrogées indiquent que l’utilisation de comptes IA privés tels que ChatGPT est autorisée dans leur entreprise – pour 8 %, c’est le seul accès à l’IA
- 55 % des personnes interrogées déclarent que des solutions d’IA sont déjà utilisées de manière ciblée dans leur entreprise ; 9 % d’entre elles considèrent que l’IA fait déjà partie intégrante de la stratégie d’entreprise et a transformé le modèle d’affaires
- Environ 7 % des entreprises ont déjà supprimé des postes à cause de l’IA et 11 % n’ont pas repourvu des postes devenus vacants en raison de l’IA. Dans le même temps, 18 % ont créé de nouveaux postes liés à l’IA
- La protection et la souveraineté des données restent centrales : 56 % des entreprises souhaitent des investissements dans une infrastructure IA suisse, 40 % un rapprochement avec l’EU AI Act
Zurich 27 mai 2026 – L’intelligence artificielle est passée en peu de temps d’un sujet d’avenir à une composante établie du quotidien professionnel dans les entreprises suisses. Parallèlement, une enquête actuelle menée par la société d’audit et de conseil EY auprès de 604 personnes issues d’entreprises en Suisse montre que de nombreuses organisations n’en sont encore qu’au début en matière de déploiement systématique et d’ancrage stratégique de l’IA. Alors que les premières applications sont largement utilisées, la transformation au niveau de l’entreprise demeure encore incomplète dans de nombreux cas.
Un large accès à l’IA, mais des niveaux de maturité différents
L’accès aux technologies d’IA est aujourd’hui assuré dans la plupart des entreprises. 89 % des personnes interrogées utilisent déjà des solutions d’IA dans leur quotidien professionnel. Les solutions intégrées telles que Microsoft Copilot ou Google Workspace avec Gemini sont particulièrement répandues et sont utilisées par 70 % des personnes interrogées. En outre, 35 % disposent de licences d’entreprise pour des applications spécialisées telles que ChatGPT Enterprise ou des outils comparables. Le développement interne de solutions d’IA gagne également en importance : environ un tiers des personnes interrogées (33 %) indique que leur entreprise a déjà développé des solutions d’IA basées sur différents modèles. 29 % déclarent par ailleurs que l’utilisation d’outils d’IA externes via des comptes privés comme ChatGPT est autorisée dans leur entreprise ; pour 8 %, il s’agit même actuellement de la seule possibilité d’utiliser l’IA pendant leur quotidien professionnel. Seuls 3 % des personnes interrogées indiquent que l’utilisation de l’IA est actuellement totalement interdite au sein de leur entreprise.
55 % des personnes interrogées déclarent que des solutions d’IA ciblées sont déjà utilisées dans leur entreprise ou déployées dans plusieurs domaines d’activité. Cela inclut les entreprises qui utilisent déjà l’IA dans certains domaines d’activité (32 %), celles qui la déploient systématiquement dans plusieurs domaines (14 %) ou celles qui la considèrent déjà comme une composante intégrante de leur stratégie d’entreprise et dont le modèle d’affaires a été transformé par l’IA (9 %). 31 % se trouvent actuellement encore dans des phases de projets pilotes ou de Proof of Concept. Parallèlement, 14 % des personnes interrogées indiquent ne pas encore avoir lancé d’initiatives concrètes en matière d’IA.
« De nombreuses entreprises ont bien commencé à utiliser l’IA. Le véritable défi consiste toutefois à passer de cas d’utilisation isolés à une transformation évolutive à l’échelle de l’entreprise », déclare Adrian Ott, Chief AI Officer chez EY en Suisse.
La souveraineté des données comme facteur clé de succès
Un constat particulièrement clair se dégage en matière de souveraineté des données. Pour la moitié des personnes interrogées (51 %), il essentiel pour l’activité que les systèmes d’IA respectent les exigences suisses ou européennes en matière de protection des données et que les données soient traitées en Suisse ou dans l’UE. En moyenne, les personnes interrogées évaluent l’importance des standards suisses ou européens de protection des données et du traitement des données en Suisse ou dans l’UE à 8,7 points sur 10.
Ces résultats montrent que les questions liées au lieu de stockage des données, aux exigences réglementaires et au contrôle des flux de données jouent un rôle central pour de nombreuses entreprises. En particulier dans le contexte des prestataires technologiques internationaux, la souveraineté des données gagne en importance pour l’utilisation pratique de l’IA.
Des effets contrastés sur le marché du travail
Les effets de l’IA sur les effectifs sont actuellement hétérogènes. 18 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise a créé des postes supplémentaires en lien avec l’IA, par exemple dans les domaines de la data science ou de l’AI engineering. Parallèlement, 11 % déclarent que des postes vacants dans certains domaines n’ont pas été repourvus, et 7 % qu’il y a eu des suppressions de postes à la suite de l’IA. 18 % s’attendent à ce que l’IA soit la cause de suppressions de postes à l’avenir.
Il est toutefois frappant de constater la part élevée (42 %) des personnes interrogées qui ne peuvent pas évaluer clairement les effets sur les effectifs ou ne se prononcent pas. Cela montre que bon nombre d’entreprises se trouvent encore dans une phase précoce de transformation, dans laquelle les effets concrets sur le personnel ne peuvent pas encore être évalués de manière définitive.
Les données, la sécurité et le personnel qualifié comme principaux défis
Selon les personnes interrogées, les principaux obstacles à l’introduction et à l’utilisation de l’IA tiennent surtout à des questions opérationnelles et organisationnelles. 20 % citent la qualité des données et les silos de données comme principal obstacle, suivi des préoccupations en matière de sécurité et de protection des données (19 %) et du manque de personnel qualifié (18 %).
En comparaison, d’autres facteurs jouent un rôle mineur : l’absence de cas d’utilisation avec une valeur commerciale claire (10 %), les restrictions budgétaires (9 %) ou les incertitudes réglementaires (6 %) sont nettement moins souvent citées comme problème principal. Dans l’ensemble, il apparaît donc que ce n’est pas tant la volonté d’utiliser l’IA qui est au premier plan, mais plutôt la mise en œuvre pratique dans les structures existantes.
Une approche pragmatique et une confiance croissante dans l’IA
L’utilisation de l’IA dans les entreprises est principalement marquée par une approche pragmatique. 72 % des personnes interrogées utilisent l’IA avant tout comme soutien dans leur travail quotidien, par exemple comme sparring partner pour des idées, pour la création de premières ébauches ou pour la structuration de contenus. Dans le même temps, 47 % font déjà confiance à l’IA dans certains cas d’utilisation, y compris pour des questions techniques ou factuelles.
En outre, 40 % des personnes interrogées indiquent que, dans certaines situations, notamment lorsqu’elles manquent de temps, elles jugent les réponses de l’IA plus fiables que les informations recherchées manuellement. Une attitude sceptique à l’égard de l’IA est en revanche relativement rare et n’est partagée que par 12 % des personnes interrogées. Dans l’ensemble, cela indique une confiance croissante, mais différenciée, dans l’IA.
« Les résultats montrent que les entreprises utilisent de plus en plus l’IA de manière ciblée et en fonction du contexte. Il s’agit moins d’une confiance aveugle que d’une approche différenciée et pragmatique des possibilités offertes par la technologie », déclare Adrian Ott.
Des attentes claires concernant le développement du site suisse de l’IA
S’agissant du développement futur, les personnes interrogées formulent des attentes claires à l’égard de la politique et des conditions de site. 58 % citent le développement des offres de formation initiale et continue dans le domaine de l’IA comme mesure la plus importante. Le développement d’une infrastructure IA suisse souveraine, par exemple sous forme de capacités cloud ou de calcul, revêt également une grande importance pour 56 % des personnes sondées.
Par ailleurs, 40 % se prononcent en faveur de programmes de soutien ciblés pour accompagner les PME dans l’introduction de l’IA. Une part similaire considère l’alignement sur l’EU AI Act comme un facteur important pour garantir la sécurité juridique dans les activités internationales. Dans le même temps, 28 % soutiennent une réglementation suisse indépendante.
À propos de l’enquête
604 personnes issues d’entreprises en Suisse ont participé à l’enquête. Les personnes interrogées représentent des entreprises de différentes tailles : 30 % travaillent dans des entreprises de plus de 10 000 personnes, 25 % dans de grandes entreprises comptant entre 1000 et 9999 personnes. 19 % travaillent dans des PME de 10 à 249 personnes, 14 % dans des entreprises de taille moyenne comptant entre 250 et 999 personnes, et 12 % dans des petites entreprises de moins de 10 personnes.
Les personnes interrogées couvrent un large éventail de secteurs. 23 % travaillent dans le secteur bancaire. Les autres secteurs importants sont l’industrie et la fabrication (10 %), la technologie, les médias et les télécommunications (9 %), les services professionnels (9 %) ainsi que les sciences de la vie et l’industrie pharmaceutique (8 %). Les assurances, le commerce, l’énergie, le secteur public ainsi que d’autres secteurs sont également représentés.