- En 2025, recul de 7 % du nombre de projets d’investissement étrangers en Europe et de 24 % en Suisse
- Investissements d’entreprises américaines : similaires à l’année précédente en Europe, mais baisse de 7 % en Suisse
- En 2025, les entreprises américaines sont restées les principaux investisseurs en Suisse, tandis que les entreprises allemandes ont réduit de moitié (de 14 à 7) le nombre de leurs projets
- Les entreprises suisses ont moins investi dans les pays européens en 2025 : baisse des projets d’investissement d’environ 13 %
Zurich, le 21 mai 2026 – Le cabinet d’audit et de conseil EY en Suisse publie la dernière édition de l’European Attractiveness Survey1, qui analyse les projets d’investissement d’entreprises étrangères en Europe. L’édition actuelle de l’analyse montre que les investissements directs étrangers en Suisse ont fortement reculé. En 2025, le nombre de projets d’investissement annoncés par des entreprises étrangères en Suisse a diminué de 24 % par rapport à l’année précédente, passant de 111 à 84. On observe donc désormais en Suisse une tendance à la baisse similaire à celle constatée en Europe, où 5 026 projets d’investissement d’investisseurs étrangers ont été annoncés l’an dernier, ce qui représente un recul de 7 % (2024 : 5 383). L’activité d’investissement est ainsi tombée à son niveau le plus bas depuis onze ans ; il faut remonter à 2014 pour observer un volume d’investissement inférieur.
La France reste en tête du classement européen, malgré un recul de 17 % du nombre de projets d’investissement, qui s’élève à 852 (2024 : 1 025). La Grande-Bretagne occupe toujours la deuxième place, le nombre de projets ayant baissé de 14 % pour s’établir à 730 (2024 : 853). L’Allemagne arrive en troisième position avec 548 projets (-10 %, 2024 : 608). À contre-courant de la tendance négative générale, certains sites affichent une progression : parmi les grands gagnants figurent notamment l’Espagne (+7 %, 376 projets), la Pologne (+10 %, 285 projets), les Pays-Bas (+8 %, 159 projets) et la Turquie (+20 %, 383 projets).
Les entreprises suisses restent des investisseurs importants en Europe
En 2025, les entreprises suisses sont restées des investisseurs actifs dans les pays européens. Le nombre de projets d’investissement d’entreprises suisses a toutefois reculé de 13 % en 2025 pour s’établir à 214, ce qui a permis de créer 7 583 emplois dans les pays cibles (2024 : 11 872). La Suisse demeure ainsi à la sixième place des principaux pays qui investissent en Europe. Les États-Unis figurent toujours en tête de classement (943 projets, 44 128 emplois), suivis de l’Allemagne (484 projets, 22 047 emplois), de la Grande-Bretagne (360 projets, 11 084 emplois), de la France (295 projets, 12 207 emplois) et de la Chine (261 projets, 26 140 emplois).
En 2025, les entreprises suisses ont surtout investi en France (35 projets, 1 260 emplois), en Allemagne (34 projets, 851 emplois), en Espagne (17 projets, 171 emplois), en Pologne (17 projets, 583 emplois), en Turquie (17 projets, 502 emplois) et en Italie (15 projets, 1 324 emplois).
André Bieri, Markets Leader Suisse et Liechtenstein chez EY, commente ainsi l’évolution du site d’investissement suisse : « Malgré la baisse des investissements, la Suisse reste une porte d’entrée vers l’Europe pour les entreprises américaines. C’est pourquoi les investissements en provenance des États-Unis demeurent élevés. Les implantations ont tendance à créer des emplois à très forte valeur ajoutée. La Suisse continue d’offrir des facteurs d’implantation bien connus, associés à la sécurité juridique et à un système fiscal attrayant. Un environnement bien établi pour la recherche et le développement, ainsi que pour les nouvelles technologies et les talents correspondants, sont d’autres atouts qui caractérisent notre pays. »
Concernant le recul persistant des investissements en Europe, André Bieri déclare : « Les mesures protectionnistes des États-Unis, telles que les grands programmes de subvention ou les droits de douane en faveur de la production nationale, freinent surtout les investissements dans les sites de production de l’UE. Dans le même temps, les évolutions géopolitiques créent un climat d’incertitude. Parmi les préoccupations figure notamment le risque d’une récession aux États-Unis, qui pourrait se répercuter sur l’Europe. La pression sur l’Europe s’amplifie. Il s’agit de prouver qu’au sein de l’Europe, la prévisibilité, la sécurité de planification et l’État de droit sont des principes essentiels. La Suisse montre l’exemple en la matière, mais ne peut pas s’aventurer seule sur ce terrain sans une étroite concertation avec l’UE, d’autant qu’elle est fortement dépendante des évolutions économiques au sein de l’UE. »
Les investissements américains restent stables – les projets allemands en Suisse sont divisés par deux
En 2025, les groupes américains ont légèrement réduit leurs investissements en Suisse (de 27 à 25 projets, -7 %) par rapport à l’année précédente, créant ainsi 158 emplois (2024 : 131). André Bieri explique à ce sujet : « Ce chiffre peut sembler faible à première vue. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’en Suisse, on crée généralement des emplois à très forte valeur ajoutée, surtout par rapport à d’autres pays européens, où un grand nombre des emplois créés relèvent du domaine des tâches routinières. »
Les États-Unis restent donc le principal investisseur en Suisse en 2025. Alors qu’en 2024, l’Allemagne talonnait les États-Unis, les entreprises allemandes ont considérablement réduit leurs projets d’investissement en Suisse l’an dernier (de 14 à 7, -50 %), et le nombre d’emplois créés a chuté de 123 à 14. La France (9 projets) et la Grande-Bretagne (9 projets) ont ainsi dépassé l’Allemagne pour ce qui est des investissements en Suisse. Viennent ensuite la Chine (4 projets), la Belgique (3 projets) et le Japon (3 projets).