- Premier semestre 2026 : 483 introductions en Bourse (-12 %), volume d’émission de 186,8 milliards de dollars US (+201 %)
- États-Unis : Moins d’introductions en bourse (-35 %), mais domination en termes de volume ; SpaceX avec 86,2 milliards de dollars, plus grande introduction en bourse de tous les temps ; croissance des IPOs et des volumes en Chine et en Europe
- Suisse : une légère reprise après un premier trimestre sans IPO – trois nouvelles émissions donnent des impulsions positives au marché suisse des capitaux
- Perspectives : les fenêtres d’IPO restent courtes et sélectives – les investisseurs se concentrent sur la défense, l’IA, les infrastructures et les modèles de croissance évolutifs
Zurich, le 1er juillet 2026 – Le marché mondial des IPO sort d’un deuxième trimestre riche en événements ; les chiffres présentent des décalages significatifs par rapport à l’année précédente. Alors que le nombre d’introductions en Bourse dans le monde n’a connu qu’une légère progression par rapport au même trimestre de l’année précédente, passant de 246 à 250, le volume d’émission, quant à lui, a fortement augmenté, passant de 32,1 à 144,8 milliards de dollars US. La valeur trimestrielle la plus élevée depuis 2003, année à partir de laquelle EY a commencé à recueillir ces données, a ainsi été atteinte.
Cela s’explique principalement par la plus grande IPO de tous les temps : l’introduction en Bourse de SpaceX aux États-Unis, avec un volume d’émission de 86,2 milliards de dollars US. Le premier semestre s’achève ainsi sur un recul de 12 % de l’activité des IPO, avec 483 introductions en Bourse et un volume d’émission en nette hausse de 201 %, à 186,8 milliards de dollars US. Tels sont les résultats du dernier baromètre IPO de la société d’audit et de conseil EY.
Tobias Meyer, responsable Transaction Accounting et IPO Services EY Suisse, déclare : « Les tensions et incertitudes géopolitiques persistantes au premier semestre ont freiné les projets d’IPO de nombreuses entreprises. Dans le même temps, les marchés des capitaux ont été relativement stables, comme le montre l’introduction en Bourse américaine exceptionnelle, qui souligne la grande capacité d’absorption des marchés internationaux des capitaux. Elle montre aussi clairement que les investisseurs privés gagnent en importance lors des introductions en Bourse et manifestent un intérêt croissant. »
Vue d’ensemble régionale
Aux États-Unis, 45 IPO ont été enregistrées au deuxième trimestre pour un volume de 117,6 milliards de dollars US. Ainsi, le nombre d’IPO aux États-Unis est inférieur à celui du même trimestre de l’année précédente (-12 %), mais le volume a augmenté de 1 350 %.
En Chine, l’activité d’IPO est restée robuste : avec 77 introductions en Bourse, le nombre de transactions a progressé de 40 % par rapport au même trimestre de l’année précédente. Le volume d’émission a augmenté pour atteindre 18,2 milliards de dollars US (+20 %). Les principales transactions ont été réalisées dans des segments liés à la technologie et à l’industrie, dont Victory Giant Technology, Dajin Heavy Industry et SJ Semiconductor.
Au deuxième trimestre, l’Europe a enregistré 24 IPO pour un volume total de 2,6 milliards de dollars US. Le nombre d’IPO européennes a donc été largement supérieur à celui du même trimestre de l’année précédente (17), tandis que le volume d’émission a augmenté de 65 %.
Perspectives : forte demande dans certaines branches
Les candidats aux IPO ne manquent pas, cependant des introductions en Bourse réussies requièrent un certain nombre de conditions. Les marchés se montrent ouverts aux nouvelles émissions, mais leur succès dépend fortement du secteur concerné et d’une equity story convaincante qui reprend les tendances actuelles de la croissance. Le deuxième trimestre l’illustre clairement : les capitaux disponibles sont suffisants, mais les investisseurs se concentrent sur les grandes entreprises bien préparées, présentant une equity story solide et des perspectives de croissance claires. Pour tirer parti des fenêtres d’introduction en Bourse relativement courtes, une préparation minutieuse est essentielle, tout comme de la discipline et un plan B clair, afin de pouvoir attendre en cas de volatilité accrue ou de hausse des risques géopolitiques à court terme.
Vue d’ensemble de la branche : les valeurs proches de la technologie dominent
Le trimestre a été marqué par des méga-transactions : les dix plus grandes introductions en Bourse du deuxième trimestre ont totalisé 109,3 milliards de dollars US, ce qui correspond à environ 75 % du volume mondial total des émissions. SpaceX a réalisé à elle seule un volume de placement de 86,2 milliards de dollars US. Viennent ensuite Cerebras Systems, avec 6,4 milliards de dollars US, et Victory Giant Technology (HuiZhou), avec 3,0 milliards de dollars. Les valeurs technologiques ont ainsi dominé le marché des IPO.
S’agissant des secteurs, celui de l’Advanced Manufacturing a dominé avec 44 IPO et un volume d’émission de 98,1 milliards de dollars US, tout comme celui de la technologie, avec 51 IPO et 19,2 milliards de dollars US, suivi des sciences de la vie (26 IPO, 6,1 milliards de dollars US). Les investisseurs sont toujours prêts à financer la croissance, mais se montrent de plus en plus sélectifs. Un simple label IA ne suffit pas à générer de la demande. Ils privilégient plutôt les entreprises capables de transformer la forte demande en matière d’applications IA, d’infrastructures de données, d’approvisionnement en énergie, de semi-conducteurs, de défense ou d’infrastructures critiques en chiffres d’affaires solides et en marges durables.
Aperçu du premier semestre 2026
Au premier semestre, l’évolution du marché mondial des IPO a été variable. À l’échelle mondiale, 483 entreprises ont été cotées en Bourse au premier semestre (contre 546 au premier semestre 2025). En revanche, le volume mondial des émissions a triplé pour atteindre 186,8 milliards de dollars US.
Le point positif est que le volume d’émission a progressé dans les trois grandes régions : il est passé de 17,1 à 128 milliards de dollars US aux États-Unis, de 21,1 à 35,8 milliards de dollars US en Chine et de 6,0 à 9,2 milliards de dollars US en Europe.
Le tableau est un peu plus nuancé en ce qui concerne le nombre d’IPO : le nombre absolu a baissé (-35 %) aux États-Unis, mais a progressé en Europe et en Chine (+2 % et +39 %, respectivement).
L’activité modérée des IPO en Suisse se redresse au deuxième trimestre
Face aux incertitudes persistantes, le marché suisse des IPO est resté dans l’expectative au premier trimestre 2026, sans nouvelles émissions. Cependant, de premières nouvelles cotations ont eu lieu au deuxième trimestre : le 17 avril, le fabricant suisse d’ondulateurs Centiel AG a ainsi réalisé la première introduction en Bourse de l’année dans le cadre d’une fusion inversée (volume d’émission d’environ 31 millions de francs suisses). La deuxième cotation de dsm‑firmenich AG a suivi à la mi-mai (sans augmentation de capital ; capitalisation boursière d’environ 16 milliards de francs suisses). Mi-juin, Matador Secondary Private Equity AG a par ailleurs été réintroduite dans le segment des PME Sparks de la SIX, également sans nouvelle émission d’actions. La Suisse a ainsi enregistré trois nouvelles introductions en Bourse au deuxième trimestre 2026. Par ailleurs, Infracore a officiellement annoncé mi-juin qu’elle prévoyait de faire son entrée en Bourse à la SIX. Un signe timide d’une reprise sélective du marché, alors que de nombreux émetteurs potentiels continuent d’attendre le moment opportun et se concentrent sur une éventuelle préparation à l’IPO.
Tobias Meyer, responsable Transaction Accounting et IPO Services EY Suisse, analyse cette évolution : « Face un contexte marqué par des incertitudes persistantes, le marché suisse des IPO reste globalement prudent, même si de premiers signes de reprise apparaissent au deuxième trimestre. Les transactions indiquent clairement que les entreprises bien préparées peuvent accéder au marché des capitaux, même dans le contexte actuel, que ce soit par le biais de structures alternatives ou de cotations secondaires. Dans le même temps, de nombreux émetteurs potentiels attendent toujours une fenêtre de marché plus favorable et investissent de manière ciblée dans leur préparation à l’IPO afin d’être rapidement en mesure d’agir dans des conditions-cadres plus stables. »
Les méga-transactions mentionnées suscitent l’attention dans le monde entier et peuvent influencer positivement la propension au risque, la liquidité du marché et les niveaux de valorisation des entreprises en croissance. Cela n’entraîne toutefois pas automatiquement une fenêtre d’IPO plus forte en Europe ou en Suisse. La dynamique des marchés internationaux joue davantage un rôle de soutien qu’un véritable rôle moteur. Une vague mondiale réussie d’IPO peut contribuer à rétablir la confiance, à réduire la volatilité et à susciter l’intérêt des investisseurs pour de nouvelles émissions. Les entreprises suisses doivent toutefois continuer à se différencier par leurs propres qualités.