Communiqué de presse
31 août 2026  | Zurich, Switzerland

Les risques géopolitiques touchent une entreprise suisse sur deux, mais des lacunes subsistent en matière de préparation

Personne-ressource auprès des médias

  • Les risques géopolitiques pèsent sur les entreprises suisses : plus de la moitié (53 %) font état d’effets négatifs sur leur chiffre d’affaires et leurs ventes. 
  • 42 % des entreprises indiquent qu’au moins 40 % des événements liés aux risques politiques qui les ont touchées au cours des douze derniers mois étaient inattendus.
  • De nombreuses entreprises sont insuffisamment préparées aux risques géopolitiques. Si 59 % d’entre elles réalisent des analyses de scénarios, à peine un tiers (30 %) le font de manière régulière et proactive.
  • L'absence de répartition claire des responsabilités freine le développement de compétences géostratégiques : seules 22 % des entreprises ont défini des responsabilités claires.
  • Près des trois quarts (73 %) des entreprises surveillent les risques politiques, mais seules 48 % le font de manière régulière et proactive.
  • 50 % des entreprises ont adapté leur gouvernance en matière d’IA, tandis que 43 % ont renforcé les contrôles relatifs aux données, aux technologies ou à la propriété intellectuelle transfrontalières.

Zurich, le 31 août 2026 – Les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux, les sanctions et les changements réglementaires ne sont plus depuis longtemps de simples risques abstraits pour les entreprises suisses. Ils ont un impact de plus en plus direct sur leurs activités, leur croissance et leurs décisions stratégiques. Dans le même temps, on constate un écart entre l’observation des risques politiques et la capacité des entreprises à se préparer systématiquement à leur survenue. C’est ce que révèle une récente enquête menée en Suisse par le cabinet d’audit et de conseil en EY. Dans le cadre de l’enquête « 2026 EY Geostrategy in Practice Survey of Swiss Companies », menée en juillet et août 2026, 244 cadres et décideurs issus d’entreprises de tailles et de secteurs variés, actives en Suisse, ont été interrogés. L’étude a examiné la manière dont les entreprises identifient, évaluent et gèrent les risques politiques, ainsi que les répercussions de ces derniers sur leurs activités commerciales.

Famke Krumbmüller, associée et responsable d’EY Geostrategy Europe, commente les résultats : « Les risques géopolitiques sont devenus un facteur commercial concret pour les entreprises suisses. La grande majorité d’entre elles suivent l’évolution de la situation et s’efforcent d’en évaluer les conséquences. Les résultats montrent toutefois qu’il existe encore un écart considérable entre la reconnaissance d’un risque et la préparation systématique à sa survenue – une tendance que nous observons également dans d’autres pays. Dans un contexte de plus en plus volatil, il ne suffit plus de se contenter d’observer les évolutions. Les entreprises doivent être en mesure d’envisager différents scénarios, d’en identifier clairement les implications et d’en déduire très tôt des options d’action concrètes.»

Les risques politiques font l’objet d’une surveillance étendue, mais ne sont pas encore gérés de manière systématique

La grande majorité des entreprises interrogées s’attache à identifier et à surveiller les risques politiques. 73 % d’entre elles surveillent et évaluent les risques politiques et leur probabilité de survenue au moins de manière ponctuelle, tandis que 48 % le font régulièrement et de manière proactive. En outre, 72 % d’entre elles tirent leurs informations sur les risques politiques de sources internes et externes. Deux tiers (66 %) collectent à la fois des données qualitatives et quantitatives sur les risques politiques. Les répercussions fondamentales sur l’activité font également l’objet d’une analyse approfondie, mais le plus souvent seulement après qu’elles se sont déjà produites : 81 % des entreprises évaluent les répercussions globales des risques politiques identifiés, au moins de manière ponctuelle. Toutefois, si l’on examine la question de plus près, ce pourcentage diminue. Parmi les 59 % qui quantifient les répercussions attendues sur des secteurs d’activité spécifiques, seules 32 % le font régulièrement et de manière proactive.

L’écart est encore plus flagrant en matière de gestion concrète des risques : si près de six entreprises sur dix (59 %) réalisent des analyses de scénarios, seules environ trois sur dix (30 %) le font de manière systématique et prospective. Les 29 % restants ne réalisent des analyses de scénarios qu’au cas par cas et de manière réactive. Les tests de résistance (25 %), les mesures d’urgence déclenchées par des seuils (18 %) ou les simulations sur table (16 %) sont encore plus rarement utilisés de manière régulière et proactive.

Il existe également un retard à combler en matière d’ancrage organisationnel de la géostratégie au sein des entreprises. Seules 22 % des entreprises interrogées ont attribué de manière systématique et proactive la responsabilité des questions géostratégiques à une personne, une fonction ou une équipe transversale spécifique. La moitié (50 %) n’identifie pas les rôles pertinents et ne recrute pas de personnes disposant des connaissances de base nécessaires en géostratégie.

De nombreux événements liés aux risques politiques prennent les entreprises au dépourvu

Les expériences des douze derniers mois montrent également à quel point il est difficile de prévoir les évolutions géopolitiques. 42 % des entreprises interrogées indiquent qu’au moins 40 % des événements liés aux risques politiques dont elles ont été affectées étaient inattendus. Famke Krumbmüller déclare : « Le nombre élevé d’événements inattendus souligne à quel point il est devenu difficile de modéliser les évolutions géopolitiques à l’aide d’approches classiques de gestion des risques. Les entreprises ont donc besoin non seulement de meilleures informations, mais aussi de structures permettant de prendre rapidement des décisions et de les mettre en œuvre. L’essentiel n’est pas de prédire correctement chaque événement politique. L’essentiel est d’être préparé à différentes évolutions et de pouvoir réagir rapidement en cas de besoin. »

Chiffre d’affaires, chaînes d’approvisionnement et croissance particulièrement touchés

Les répercussions des risques politiques se font déjà clairement sentir dans des domaines d’activité clés. Plus de la moitié des entreprises interrogées (53 %) font état d’effets négatifs sur leur chiffre d’affaires et leurs ventes au cours des 24 derniers mois. En ce qui concerne les processus opérationnels et les chaînes d’approvisionnement, ce chiffre atteint près de la moitié (49 %). La croissance et les investissements sont également touchés : 41 % des entreprises signalent des répercussions négatives sur leur croissance, leurs investissements ou leurs transactions. En matière de finances et de fiscalité, ce pourcentage s’élève à 28 %, à 24 % pour la réputation et la conformité, et à 23 % pour la technologie, les données et la propriété intellectuelle. Les répercussions positives sont nettement moins souvent mentionnées. En ce qui concerne le chiffre d’affaires et les ventes, 14 % font état d’effets positifs, contre 8 % pour la croissance, les investissements et les transactions.

La géopolitique modifie les stratégies et les décisions d’investissement

Les entreprises réagissent à l’évolution de l’environnement par des ajustements concrets. Près de la moitié (48 %) a modifié, au moins de manière modérée, sa gestion des risques au cours des 24 derniers mois. 45 % ont procédé à des ajustements, au moins modérés, tant au niveau de leur stratégie que de la croissance, des investissements et des transactions. Environ quatre entreprises sur dix ont également adapté leur approche de la technologie, de l’IA, des données et de la propriété intellectuelle (44 %), de la conformité (42 %), ainsi que de leurs processus opérationnels et de leurs chaînes d’approvisionnement (41 %).

Ces changements vont donc au-delà de la gestion classique des risques et interviennent de plus en plus dans les décisions stratégiques des entreprises. Parmi les 110 entreprises interrogées ayant modifié au moins modérément leur stratégie de croissance, leurs investissements ou leurs transactions, on observe une logique d’investissement plus prudente : 41 % ont réduit l’étendue ou le nombre de leurs marchés d’investissement, tandis que 16 % les ont augmentés. 37 % font état d’une baisse de confiance dans la conquête de nouveaux marchés, contre 22 % dont la confiance a augmenté. Parallèlement, 35 % de ces entreprises ont relevé leurs taux de rendement minimaux ou leurs primes de risque, tandis que seules 11 % les ont abaissés. Pour 35 % d’entre elles, les délais d’approbation des transactions se sont également allongés.

La géopolitique modifie également l’approche de l’IA et de la technologie

Les répercussions des risques géopolitiques sont particulièrement visibles dans les domaines de la technologie, de l’IA et des données. Sur les 108 personnes interrogées ayant procédé à des ajustements au moins modérés dans ce domaine, la moitié (50 %) indique que leur entreprise a modifié les règles relatives à la gouvernance de l’IA, à son déploiement ou à son utilisation en fonction du marché ou de la région. 43 % de ces entreprises ont renforcé les contrôles concernant les données, les technologies ou la propriété intellectuelle transfrontalières. 30 % misent davantage sur des solutions d’IA et de cloud souveraines, locales ou spécifiques à un pays, 29 % ont réduit leur dépendance vis-à-vis de certains fournisseurs de technologies, plateformes ou écosystèmes étrangers, et 27 % ont régionalisé ou localisé leur infrastructure de données, d’IA ou technologique à travers différentes juridictions.

Krumbmüller conclut en soulignant : « La géopolitique modifie de plus en plus non seulement la perception des risques, mais aussi la manière dont les entreprises investissent, utilisent la technologie et élaborent leur stratégie. Pour les entreprises suisses actives à l’international en particulier, la capacité à traduire les évolutions géopolitiques en décisions commerciales devient une compétence stratégique majeure. Les entreprises qui définissent clairement les responsabilités, analysent systématiquement les scénarios et préparent des options d’action concrètes ne peuvent pas éliminer l’incertitude, mais elles peuvent considérablement renforcer leur résilience.» 

À propos de l’enquête

244 cadres et décideurs d’entreprises suisses ont participé à l’enquête. Les personnes interrogées représentent des entreprises de différentes tailles : 27 % travaillent dans des PME (10 à 249 collaborateurs), 25 % dans des grandes entreprises (1 000 à 9 999 collaborateurs) et 22 % dans des groupes (plus de 10 000 collaborateurs). 17 % travaillent dans des petites entreprises (moins de 10 salariés) et 9 % dans des entreprises de taille moyenne (250 à 999 salariés).

Les personnes interrogées couvrent un large éventail de secteurs. 23 % travaillent dans le secteur bancaire. Parmi les autres secteurs importants figurent l’industrie et la fabrication (12 %), les services professionnels (10 %), les assurances (9 %) ainsi que la technologie, les médias et les télécommunications (7 %). Sont également représentées des entreprises issues des secteurs de l’énergie et des infrastructures, du commerce, des sciences de la vie et de l’industrie pharmaceutique, de la santé, du secteur public, de l’immobilier et d’autres secteurs.

L'enquête a été menée en juillet et août 2026 et examine comment les entreprises identifient, évaluent et gèrent les risques politiques, quel impact ceux-ci ont sur leurs activités et comment elles y réagissent.

2026 EY Geostrategy in Practice – Enquête auprès des entreprises suisses



A propos de l’organisation mondiale EY

L’organisation mondiale EY est un leader dans le domaine des services de l’audit, de la fiscalité, des transactions et du conseil. Nous utilisons notre expérience, nos connaissances et nos services afin de contribuer à créer un lien de confiance au sein des marchés financiers et des économies à travers le monde. Nous possédons les meilleurs atouts pour cette tâche — d’excellentes prestations d’audit et de conseil, des équipes remarquables et un service qui dépasse les attentes de nos clients. Building a better working world: notre mission globale est d’encourager l’innovation et de faire la différence — pour nos collaborateurs, pour nos clients et pour la société dans laquelle nous vivons.

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