Randonneur en haut d'une montagne

Edition 2025 du Panorama de la Gouvernance 

EY Perspective janvier 2026

Cet article a été corédigé par Denis Thibon et Pierre-Edouard Pouteau.

Le Panorama de la Gouvernance 2025 élaboré par EY en partenariat avec Labrador Transparency, dresse un constat clair : les travaux des conseils d’administration ont été renforcés sur l’ESG du fait de la première application de la CSRD tandis que l’intelligence artificielle s’impose comme un enjeu de supervision émergent et déterminant


En résumé :

  • Quel est l’impact de la première application de la CSRD sur le rôle des conseils d’administration en matière d’ESG et de supervision de l’IA ?

  • Que révèle l’analyse des documents d’enregistrement universels 2025 du SBF 120 sur l’évolution des conseils d’administration ?

  • Comment les pratiques de gouvernance évoluent-elles en matière de transparence, d’enjeux extra-financiers et de gouvernance de l’IA ?

L’analyse des documents d’enregistrement universels de 2025 du SBF120 montre combien les tendances, qu’elles aient été voulues par les entreprises, sollicitées par les codes, ou les groupes de pression, ou imposées par les régulateurs, ont façonné des conseils plus ouverts, plus diversifiés et plus indépendants, où la mixité, la pluralité des origines et la représentation salariale s’inscrivent désormais dans les standards de la bonne gouvernance. Ces évolutions traduisent une professionnalisation accrue des conseils, qui combinent aujourd’hui expertise stratégique, sensibilité sociétale et compréhension des enjeux de durabilité.

En 10 ans, l’assiduité des administratrices et des administrateurs s’est accrue, comme le nombre de réunions annuelles, alors que la durée de leurs mandats s’est raccourcie de plus d’un an. La communication sur les profils et les compétences des conseils, comme sur les thèmes de travail qu’ils abordent s’est précisée et clarifiée, avec un accent sur les compétences ESG, digitales, et émergentes. Elle montre comment, au-delà des sujets fondamentaux ou régaliens, l’information extra financière s’est imposée, et comment l’IA et les crises actuelles ont fait émerger des thématiques de travail nouvelles. 

 

Portées par la CSRD, les entreprises du SBF 120 ont franchi un cap : 99 % publient désormais un rapport de durabilité conforme aux exigences ESRS, et 97 % des conseils exercent un rôle actif de supervision des politiques RSE. Cette convergence entre exigences réglementaires et pratiques de gouvernance démontre une maturité ESG.

L’intégration d’objectifs extra-financiers dans la rémunération variable des dirigeants s’impose désormais comme un levier d’alignement stratégique entre performance financière et impact durable. 97 % des entreprises du SBF120 appliquent cette logique, confirmant la diffusion des pratiques de rémunération responsable.

 

Les thématiques faisant le plus souvent l’objet de critères de rémunération ESG sont le climat, la santé et sécurité et la diversité au sein de l'entreprise.

 

Une des plus importantes évolutions concerne l’information fournie par les entreprises sur la prise en compte des critères RSE dans leurs décisions d’investissements : une très grande majorité d’entreprises indique les prendre en compte dans leurs projets de R&D, dans leurs capex, comme dans leurs projets de croissance externe.

En ce qui concerne la gestion des risques, l’éthique et la conformité, le panorama relève l’accélération de la gestion des risques ESG et du contrôle interne, avec l’IA qui devient un sujet d’attention : si les pratiques restent embryonnaires (moins de 20 % de conseils dotés d’une fonction IA dédiée), leur progression rapide montre une prise de conscience stratégique du rôle du conseil dans la supervision éthique, réglementaire et opérationnelle de l’usage de l’IA. À terme, la gouvernance de l’IA pourrait suivre la trajectoire observée pour la RSE il y a dix ans : de la sensibilisation à l’intégration, puis à la supervision structurée.

Il relève également une augmentation de la transparence et des dispositifs d'alerte, lesquels s’étendent dans toutes les dimensions des groupes. La thématique du respect des droits humains s’impose, à la fois en termes de communication au marché et d’engagement vis-à-vis des tiers : elle est généralement prise en mains par les comités, d’audit ou RSE et, dans de rares cas, par un comité dédié.

Ce qu'il faut retenir

Si le Panorama de la gouvernance 2025 met en avant plusieurs éléments d'action clés pour continuer d’améliorer la gouvernance d'entreprise, il permet de mesurer combien les conseils se sont investis pour améliorer l’efficacité de leur fonctionnement, tout en garantissant leur indépendance. Leur capacité à anticiper les risques, encadrer les innovations et piloter la transition durable en fait un acteur central de la résilience des entreprises dans un environnement incertain.

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