À moins de 280 jours de l'entrée en application de la première vague de la Réforme de la facturation électronique, le communiqué de presse du 1er décembre 2025 de la FNFE-mpe (Le Forum national de la facture électronique et des marchés publics électroniques) a indiqué le maintien du calendrier de déploiement au 1er septembre 2026 et des différents jalons qui l’accompagne :
- Une poursuite de la levée des réserves des immatriculations provisoires
- L’enrichissement de l’annuaire au rythme des créations des adresses électroniques par les entreprises assujetties
- Le lancement du pilote (février – août 2026) basé sur le volontariat et des données réelles, dans le but de sécuriser le dispositif de bout en bout
Après deux reports, le calendrier est confirmé :
- 1er septembre 2026 : réception obligatoire des factures au format électronique pour toutes les entreprises, émission des factures électroniques pour les grandes entreprises.
- 1er septembre 2027 : extension de l’obligation aux ETI, PME et micro-entreprises.
Bien que les projets de mise en conformité se multiplient, de nombreuses entreprises hésitent encore à lancer leur projet, pourtant les signaux sont clairs : le cadre est stabilisé, les outils sont en place, et le cap est maintenu.
Des défis opérationnels souvent sous-estimés
Les projets auxquels nous avons participé ces dernières années révèlent des complexités réelles :
- Des architectures éclatées : jusqu’à 15 solutions de facturation différentes identifiées dans certains groupes à connecter à une ou plusieurs plateformes agréées.
- Des processus achats et ventes encore très manuels, avec des saisies des factures sur Word ou Excel, des rapprochements manuels, et des bases de référentiels tiers non interfacées.
- Une part encore élevée de formats non structurés : 70 à 90 % des factures sont émises en PDF.
- Des cas d’usage complexes : avoirs partiels, acomptes, auto-facturation, notes de frais, agences media, etc.
Quelques indicateurs sur les effets de la mise en place de la facturation électronique
- Jusqu’à 50 % de réduction visée sur le temps de traitement des factures post-réforme.
- Le coût de traitement des factures qui passe aujourd’hui en moyenne de 15 € dans un processus manuel à 1,70 cts € dans un environnement intégré.
- Un projet de facturation électronique dure en moyenne 6 à 12 mois, incluant 3 mois de cadrage.
Les erreurs fréquentes observées
Certaines erreurs sont souvent constatées et elles peuvent avoir des impacts significatifs sur le succès du projet :
- Choisir une plateforme agréée sans avoir identifié ses besoins spécifiques (cas d’usage, connexions, services complémentaires) peut entraîner des choix inadaptés qui compliquent l’intégration et augmentent les coûts.
- Confier le projet uniquement à l’IT, alors qu’il s’agit également d’un chantier fiscal, comptable et opérationnel peut mener à un décalage entre les exigences techniques et les besoins métiers.
- Sous-estimer la gouvernance : absence de pilotage clair, de planning, de conduite du changement, de cartographie précise des flux et outils peut conduire à des risques de dérapage important tant sur le planning que sur le budget.
Les principaux risques en cas de non-conformité
Ne pas être prêt au 1er septembre 2026, expose à des impacts concrets sur l’activité :
- Impossibilité de recevoir les factures fournisseurs via les canaux autorisés, ce qui risque de bloquer les opérations comptables et de perturber la chaîne d'approvisionnement.
- Non-réception des factures par vos clients, entraînant des retards de paiement, des tensions de trésorerie, et potentiellement un arrêt temporaire de l’activité.
- Sanctions fiscales en cas de non-respect des obligations de transmission via les canaux autorisés ou d’absence de données conformes.