Bonjour, vous êtes aujourd’hui Global Transformation Director de Pernod-Ricard. Pourriez-vous commencer par nous parler de votre parcours étudiant et de votre premier poste ?
J’ai fait des études de droit à Aix-en-Provence et suis sortie diplômée d’un magistère de fiscalité et comptabilité. Même si ce choix ne faisait aucun doute pour moi à l’époque, j’avais à cœur de ne pas rester dans la théorie et d’appliquer ces enseignements à des cas concrets, à des raisonnements business. Après un semestre en sciences politiques aux Etats-Unis, j’ai eu la chance pour mon premier poste de rentrer chez Backer & Mackenzie. J’y ai travaillé pendant plus de 3 ans sur des problématiques de M&A, de fiscalité internationale sous la supervision d’associés très attentifs à la technique, une expérience très formatrice qui m’a donné les bases ! Cependant nous écrivions beaucoup de mémos et la dimension pratique que je recherchais semblait encore un peu trop lointaine.
C’est à ce moment-là que vous avez pensé à entrer chez EY ?
C’est un ami qui m’a parlé d’EY. J’ai passé les entretiens, puis j’ai rejoint les équipes Transaction Tax avec lesquelles j’ai travaillé pendant quatre ans. L’un de nos clients principaux était Pernod-Ricard. J’ai été marquée par leur mode de fonctionnement et la façon dont ils abordaient les sujets fiscaux. C’est également une période où je m’occupais de deux enfants en bas âge, mon agenda était bien rempli ! (Sans doute un peu trop…)
Avec l’expérience, j’ai voulu comprendre avec plus de précision les arbitrages et remonter la chaîne des décisions pour mieux exercer mon métier. J’aurais pu poursuivre mon parcours chez EY, mais je ne me projetais pas dans un rôle d’associé très tourné vers la relation client. Par ailleurs, j’avais très envie de comprendre de l’intérieur la chaîne de décisions des clients afin d’être plus pertinente dans mon approche fiscale. Cette réflexion et les besoins de ma jeune famille, m’ont décidée à rejoindre EDF en tant que Responsable international et M&A.
Une tout autre expérience dans le monde de l’énergie. Qu’y avez-vous appris ?
J’ai découvert l’importance de la géopolitique dans le métier d’énergéticien et des problématiques très business, ce qui m’a beaucoup intéressée. C’est là que j’ai pris conscience des complémentarités étroites qui existent entre les directions fonctionnelles et de l’importance pour le fiscaliste de comprendre les autres métiers pour jouer son rôle dans la stratégie globale d’un groupe.
Après cette expérience, vous êtes partie en Asie. Vous avez rejoint Pernod-Ricard en tant que directeur fiscal pour cette vaste région. Qu’est-ce qui vous a fait sauter le pas ?
J’étais mobile à cette époque et j’ai saisi l’opportunité extraordinaire que m’a offert Pernod Ricard d’être expatriée à Hong-Kong avec ma famille. C’était un poste très opérationnel, ce qui me plaisait, et j’y ai découvert l’aspect profondément culturel de la fiscalité : on ne gère pas la fiscalité et ses interlocuteurs de la même façon au Japon ou en Chine !
Après 3 ans d’expatriation, je suis revenue en France assister le directeur fiscal du groupe, puis j’ai assuré à mon tour ce même rôle. Ce fut une expérience passionnante. Pernod-Ricard qui appartient au CAC 40, a tous les enjeux et problématiques d’une société cotée, tout en étant à taille humaine. L’équipe de fiscalistes est resserrée et pointue, et entourée de conseils de longue date. C’est un réel plaisir de travailler avec des professionnels si compétents et engagés.
Avec le temps, j’ai eu la chance de travailler sur des problématiques plus transverses avec comme point d’entrée la fiscalité ce qui m’a permis de mieux connaître le groupe et ses enjeux....
C’est ce qui vous a conduit à vous intéresser à la transformation de l’entreprise ?
La force de Pernod-Ricard est d’accorder une grande confiance à ses collaborateurs. Les fiscalistes sont reconnus pour leur expertise mais n'y sont pas limités, ce qui permet, si les conditions sont réunies, de pouvoir s’épanouir dans d’autres rôles. C’est un signe de maturité et de confiance que l’on voit rarement ailleurs. D’anciens fiscalistes de l’équipe sont ainsi devenus directeurs financiers ou ont travaillé dans les ressources humaines.
C’est dans cet esprit que j’ai eu la chance de pouvoir prendre le poste de Global Transformation Director rattachée au CEO, afin de prioriser et orchestrer les initiatives de transformations du groupe. Cette expérience m’a aussi permis de me familiariser avec le change management, qui est une composante essentielle d’une transformation réussie et durable.
Passionnant ! Votre parcours est extrêmement riche, mais aussi très exigeant. Comment avez-vous équilibré votre vie de famille avec votre vie professionnelle durant toutes ces années ?
Il y a une chose que j’ai appris à faire avec le temps : laisser le travail au bureau !
Si l’on est au moins 10 heures par jour au travail, il faut y être pleinement. Il faut s’éclater, et apprendre ! Mais une fois que l’on rentre à la maison, ce sont la famille, les amis, le sport qui doivent prendre toute la place.