Face au besoin croissant et légitime d’information des citoyens sur l’action publique, au questionnement de ces derniers sur l’efficacité des politiques conduites et au besoin de fournir aux décideurs des analyses objectives facilitant des arbitrages difficiles, l’évaluation constitue un outil essentiel de pilotage, de performance et de transparence des politiques publiques.
- L’évaluation analyse en effet la pertinence d’une politique en interrogeant ses objectifs et ses modes d’intervention (est-elle la meilleure réponse à une situation donnée ?),
- Elle mesure l’efficacité de l’intervention publique (a-t-on atteint les objectifs fixés ?),
- Elle analyse l’efficience des interventions (quels moyens mobilisés pour quels résultats ?),
- Elle met en évidence ses impacts (impacts durables pour les bénéficiaires comme pour la société dans son ensemble ?).
Elle constitue de ce fait une discipline de plus en plus intégrée dans une gestion publique moderne.
Nous avions réalisé, il y a 15 ans, une première enquête sur la pratique de l’évaluation des politiques publiques. Cette étude notait une progression des pratiques évaluatives notamment sous l’impulsion de contraintes réglementaires (particulièrement liées aux programmes européens), mais pointait une valeur ajoutée à renforcer et la nécessité de plus fortes répercussions sur le processus décisionnel.
Qu’en est-il 15 ans plus tard ? Quels progrès ou quels retards ?
Alors que la dette publique a explosé, passant de 80% du PIB en 2010 à 114% en 2026, que la satisfaction envers les services publics semble se renforcer (passant de 73% en 2010 à 77% en 2024 selon le Baromètre Paul Delouvrier) et que la société française semble plus fragmentée que jamais après des épisodes comme les gilets jaunes ou les violences urbaines (“l’archipélisation” évoquée par Jérôme Fourquet de l’IFOP), nous avons voulu interroger les acteurs publics sur leur pratique de l’évaluation et sur son impact sur la prise de décision.
C’est avec ce double souci de promouvoir l’évaluation et de participer au débat sur son inscription dans la gouvernance publique, qu’EY a souhaité dresser un panorama des pratiques et perspectives de l’évaluation des politiques publiques en France et à l’international en 2026.