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La « santé augmentée » : une approche systémique pour transformer la santé

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Découvrez l’étude EY en partenariat avec Numeum sur la « santé augmentée ». 


En résumé :

  • La « santé augmentée » agit sur les déterminants sanitaires, sociaux, économiques, environnementaux et comportementaux pour améliorer la santé des populations.
  • Malgré des initiatives prometteuses, le système français reste structuré autour d’un modèle curatif intégrant trop peu la prévention et la personnalisation.
  • Évoluer vers un modèle national de « santé augmentée » nécessite une transformation du système, avec une gouvernance dédiée, de nouveaux financements et un développement volontariste de l’usage des données.

Qu’est-ce que la « santé augmentée » et comment peut-elle répondre aux besoins sanitaires des populations ? Quelles initiatives sont aujourd’hui mises en œuvre et comment accompagner leur passage à l’échelle ? Retrouvez les résultats de cette étude menée en partenariat avec Numeum.

Dans un contexte de hausse continue des besoins en santé, et face à la tension croissante sur les ressources humaines et financières, notre système de santé, historiquement centré sur de « l’acte de soin », atteint aujourd’hui ses limites.

Le concept de « santé augmentée » appelle à un changement de paradigme : bascule d'une prise en charge individuelle curative à une approche populationnelle préventive. Son objectif est d’agir en amont sur l’ensemble des déterminants de santé – sociaux, environnementaux, économiques et comportementaux – pour améliorer durablement l’état de santé et de bien-être des populations, tout en réduisant les inégalités sociales et territoriales. 

Les initiatives de « santé augmentée » se multiplient en France, comme à l’international, initiées par les acteurs publics ou par des industriels qui proposent des innovations technologiques. A l’échelle nationale, ces initiatives reposent principalement sur une meilleure exploitation des données – sanitaires, sociales et environnementales – pour adapter les services aux besoins des populations, ainsi que sur des démarches « d’aller vers » visant à réintégrer les populations les plus vulnérables dans le parcours de soin. Elles sont complétées par un large éventail de solutions digitales, proposées par des acteurs privés, dans les domaines du bien-être et de la qualité de vie au travail qui contribuent également à une « santé augmentée ».

Pour autant, ces initiatives restent aujourd’hui de portée limitée, notamment par rapport aux « meilleures pratiques » observées à l’international. A titre d’exemple, Singapour met aujourd’hui en œuvre des jumeaux virtuels qui permettent de simuler l’impact de la météo, de la pollution et des risques sanitaires sur les citoyens en fonction de leurs déterminants (de santé, socio-économiques, de lieu de résidence, etc.).

L’étude conduite en partenariat avec Numeum, avec la participation de nombreux acteurs de l’écosystème, met en évidence 3 freins majeurs à la généralisation des démarches de « santé augmentée » en France :

  • Le silotage des données et le manque d’interopérabilité – aussi bien au sein du système de santé que dans la consolidation de données sociales, économiques et environnementales – qui limitent la capacité d’analyse et de personnalisation des approches
  • L’absence d’indicateurs populationnels permettant d’évaluer l’état de santé réel des populations et leur exposition à des risques identifiés, ou de mesurer l’impact concret des initiatives déployées
  • Le modèle économique de notre système de santé qui repose presque exclusivement sur un financement à l’activité « curative » et ne valorise pas les démarches d’éducation sanitaire, de prévention ou d’accompagnement des populations dans leur qualité de vie 
Une programmation pluriannuelle des dépenses de santé apparaît aujourd’hui nécessaire pour accompagner la mise en œuvre des solutions numériques, des innovations digitales et organisationnelles ainsi que des modèles de prise en charge adaptés à une « santé augmentée » dont la contribution est étalée dans le temps.

Cette première étude sur la « santé augmentée » en France montre une situation contrastée : elle met en lumière l’émergence d’expérimentations locales nombreuses et dynamiques mais qui ne parviennent pas à « passer à l’échelle » dans notre système de santé actuel.

En s’appuyant sur les initiatives déjà lancées et les retours d’expérience observés à l’international, cette étude montre l’urgence d’engager rapidement une démarche de transformation de notre système de santé, associant l’ensemble des parties prenantes, autour de 3 principaux axes de travail :

  • Mettre en place une gouvernance nationale de la « santé augmentée » permettant sa déclinaison dans l’ensemble des politiques publiques et l’émergence de cadres de financement adaptés ;
  • Accélérer la structuration et l’interopérabilité des données nécessaires à l’élaboration d’une politique de santé préventive et personnalisée afin, notamment, d’exploiter pleinement le potentiel de l’intelligence artificielle ;
  • Elaborer des cadres méthodologiques et accompagner l’ensemble des acteurs engagés dans la « santé augmentée » (professionnels de santé, acteurs sociaux, collectivités locales, etc.) dans l’évolution de leurs pratiques.

De nombreuses initiatives sont déjà engagées mais, plus que jamais, il est primordial d’accélérer celles dont l’impact à long-terme sera le plus contributif, et dans une logique d’investissement pluriannuel.

Ce qu'il faut retenir

La « santé augmentée » invite à passer d’un modèle centré sur le soin à une approche préventive, populationnelle et personnalisée. Son déploiement reste freiné par le cloisonnement des données, le manque d’indicateurs pertinents et un financement axé surtout sur le curatif. Une transformation systémique, fondée sur une gouvernance volontariste, la consolidation et l’exploitation des données de santé, et des investissements ciblés dans une vision à long-termedevient indispensable.

L’étude réalisée par EY en partenariat avec Numeum pose un cadre clair et objectivé pour débattre collectivement et sereinement des actions à entreprendre.

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