Vagues numériques colorées avec points lumineux

Création de valeur dans les entreprises accompagnées par les fonds de Private Equity

Sur les transactions réalisées entre 2019 et 2024, l’étude France Invest/EY révèle que la croissance de l’EBE explique 77 % de la création de valeur dans les PME/ETI accompagnées par les fonds. Décryptage des principaux leviers de création de valeur.


En résumé :

  • La croissance de l’EBE (77 %) et l’évolution des multiples de valorisation (36 %) sont les principaux moteurs de création de valeur.
  • L’effet de l’endettement est légèrement négatif (-13 %) et permet aux sociétés accompagnées de financer leur croissance externe (37 % de la croissance d’EBE).
  • Durant la période d’accompagnement de 5 ans en moyenne, les effectifs des sociétés accompagnées ont cru de +70% et le rythme annuel des investissements corporels a progressé dans les deux tiers des entreprises étudiées.

La dernière édition de l’étude France Invest/EY vient de paraître, et les chiffres sont éloquents : 77 % de la création de valeur provient de la croissance de l’EBE, qui a été majoritairement organique (63%). Parallèlement, les effectifs des entreprises accompagnées ont progressé de +70 % sur une durée de détention de 5 années en moyenne. L'étude détaillée apporte des réponses précises à plusieurs questions sur l'évolution du capital-investissement en France.


1. La croissance de l’EBE : un marqueur de transformation profonde

La prépondérance de l’EBE dans la création de valeur ne surprend pas. En revanche, ce qui interpelle, c’est la manière dont cette croissance est atteinte. Est-elle le fruit d’une optimisation opérationnelle, d’une innovation disruptive, ou d’une combinaison des deux ? 

2. Croissance externe : entre opportunité et intégration

Les acquisitions représentent une part significative de la croissance, mais leur succès dépend souvent de facteurs intangibles : culture d’entreprise, alignement stratégique, et capacité à intégrer rapidement. Comment les fonds identifient-ils les cibles qui créeront une valeur durable ?

3. L’endettement : un effet de levier utilisé avec précaution

Sur le panel étudié, l’effet de l’endettement s’est avéré légèrement négatif (-13 %), mais le ratio d’endettement a fortement diminué en moyenne durant la période de détention par les fonds, de 3,6x à 2,7x l’EBE, grâce au doublement de celui-ci en l’espace de 5 ans en moyenne.  Les ratios d’endettement sont généralement compris entre 3x et 5x l’EBE lors de la mise en place d’un nouveau LBO, en fonction de la taille de l’opération et de la croissance attendue :  ces niveaux sont-ils appelés à demeurer relativement stables dans les années qui viennent ?


4. L’impact social : une performance peu perceptible mais cruciale

L’augmentation des effectifs et le maintien ou la croissance des investissements (corporels et R&D) montrent que la performance financière et l’impact social ne sont pas antagonistes. Mais comment mesurer cet équilibre ? Et comment les fonds peuvent-ils mieux communiquer  à ce sujet ?


Ce qu'il faut retenir

L’étude France Invest/EY a permis d'analyser en détail 475 opérations de cession par des fonds entre 2012 et 2024, dont 232 sur les six derniers millésimes (2019 à 2024). Les chiffres obtenus ont confirmé chaque année la croissance des PME/ETI françaises accompagnées par le capital-investissement. La croissance de l’EBE explique l’essentiel de la création de valeur (77%), tandis que la hausse de la moyenne arithmétique des multiples de valorisation (8,0x à 10,9x) se rationalise par la forte croissance générée, puisque ces multiples s’avèrent fortement corrélés à la taille des transactions. En effet, en l'espace de 5 années de détention en moyenne, les sociétés accompagnées ont doublé de taille et sont devenues ainsi plus visibles, plus internationales et mieux structurées. 

A propos de cet article