Longtemps perçue comme une fonction essentiellement tournée vers la conformité et la limitation des menaces encourues par les entreprises, la gestion des risques connaît aujourd’hui une transformation profonde. Cette évolution implique un changement culturel majeur au sein des organisations : il ne s’agit plus seulement d’éviter les risques, mais de les comprendre, de les anticiper et de les intégrer pleinement dans la prise de décision stratégique, en vue de créer de la valeur.
Selon Olivier Boutin, Senior Manager en Risk Consulting, « cette transition vers une approche stratégique nécessite de revenir aux fondements de la démarche de gestion des risques : un changement culturel (de la stricte conformité à la création de valeur), une capacité à démontrer les apports de la gestion des risques (d’une logique de supervision à une logique d’aide à la décision, notamment via l’usage d’indicateurs de risque), une réflexion sur les profils de gestionnaires de risques (appétence pour la technologie, expertises sur les risques émergents, etc.) ».
Les compétences et les profils des équipes en charge des risques constituent également un facteur clé de succès. C’est pourquoi les organisations recherchent de plus en plus souvent des gestionnaires de risques disposant d’une forte appétence pour les technologies, capables d’appréhender les risques émergents – qu’ils soient technologiques, géopolitiques, réglementaires ou climatiques – et de dialoguer efficacement avec les directions métiers. Ce faisant, la gestion des risques devient une fonction transverse, connectée à la stratégie et aux enjeux de croissance.
Dans ce contexte, un diagnostic de maturité du dispositif de risk management constitue souvent une première étape structurante. Il permet d’évaluer l’organisation, la gouvernance, les modes d’animation, les missions, les compétences et les ressources mobilisées, afin d’offrir une vision claire des leviers d’amélioration et des priorités à adresser pour faire évoluer la fonction vers un rôle plus stratégique.
Ces constats sont au cœur de l’étude mondiale lancée par EY fin 2025, basée sur une enquête effectuée auprès de 1 200 professionnels. Cette étude analyse la manière dont les organisations font évoluer leurs pratiques de gestion des risques ainsi que leurs stratégies de résilience face à un environnement de plus en plus incertain. Elle met en lumière deux grands archétypes : les « Risk Strategists » et les « Risk Traditionalists ».