Communiqué de presse
09 févr. 2026 

Observatoire des opérations de marché 2025

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L'Europe face au défi de l'échelle : le rôle déterminant des acteurs privés pour pérenniser l’écosystème d’innovation et assurer une souveraineté européenne

À quelques jours de l’AI Impact Summit qui réunira en Inde les leaders mondiaux de l’innovation, JFD, l’accélérateur de croissance de référence, dévoile le 2e volet de son Baromètre européen de l’IA intitulé « United by Tech », réalisé avec EY Fabernovel et 30 leaders économiques internationaux tous leaders en Europe, dont Allianz, Bpifrance, Carrefour, Epitech, FDJ UNITED, Groupe Casino, Kantar, L'Oréal Groupe, La Poste Groupe, LVMH, Mastercard, Septeo, Veolia…

Leur message est un appel à l'action positive : transformer nos pépites technologiques en leaders mondiaux grâce à la force de frappe des grands groupes. Un enjeu d’échelle pour préserver l’écosystème d’innovation européen et lui donner les moyens de rester dans la course au niveau mondial.

En effet, après avoir consolidé un écosystème d’innovation qui s’illustre notamment en France à travers l’émergence d’une French Tech solide et conquérante, les pépites européennes se trouvent aujourd’hui confrontées à 3 défis systémiques pour pérenniser leur développement sur le territoire et conforter la souveraineté européenne dans la course à l’innovation mondiale :

  1. Le financement : l'absence de fonds de pension et de Corporate VC limite la profondeur de marché pour les levées supérieures à 100 M€. Avec un investissement en IA 7 fois inférieur aux USA, l'Europe laisse ses champions se financer et donc se lier outre-Atlantique.
  2. La chaîne de valeur de l’IA : l’Europe ne détient que 5 % de la puissance de calcul mondiale. Elle ne maîtrise pas encore l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA, là où les hyperscalers américains contrôlent tous les maillons.
  3. La complexité législative : 13 000 actes législatifs en UE contre 3 500 aux USA sur 5 ans. Une complexité associée à une fragmentation de marché qui pousse 23 % des startups IA à envisager l’exil.

Le constat peut paraître alarmant, et pourtant l’Europe dispose de cartes maîtresses

  • Avec 15 % des publications scientifiques mondiales en IA, l’Europe confirme son excellence académique (devant les USA et l'Inde),
  • 81 % des fondateurs de startups IA choisissent de rester sur le continent, prouvant l'attractivité de notre écosystème,
  • L'Europe a vu ses levées de fonds progresser de 18 % en 2025 (55 milliards d’euros), portée par une dynamique sans précédent dans l'intelligence artificielle qui capte désormais un quart des investissements mondiaux.

Ce qui leur faut maintenant, ce sont les relais business et industriels qui leur permettront de franchir le passage à l’échelle pour conforter leur leadership.

À cet égard, les États ont déjà joué un rôle important dans le soutien à l’écosystème d’innovation, mais sous pression budgétaire, ils ne peuvent à eux seuls combler les écarts. À titre de comparaison, la commande publique d'innovation atteint 9 % en moyenne en Europe, grimpe à 20 % aux États-Unis et à 25 % en Corée du Sud.

Le Cap des 9 % : Développer une culture d’innovation à l’image du « Mittelstand »

Dans ce contexte, JFD et sa coalition de 30 leaders économiques « United by Tech » fixent un cap ambitieux mais réalisable : atteindre 9 % d'achats privés innovants auprès de startups européennes d’ici 2 ans pour aligner la dynamique du secteur privé sur l'effort de la commande publique européenne et faire émerger des champions technologiques d’envergure mondiale.

Ce « choc de la demande » est le levier décisif pour retenir nos talents et leur offrir des débouchés ici, plutôt qu'outre-Atlantique. Car l'Europe a une opportunité historique sur l'IA applicative et industrielle (modèles verticaux, frugaux). Après avoir su faire émerger des champions, l'enjeu est maintenant de consolider et d'accélérer.

Pour JFD et les 30 leaders économiques du Baromètre européen de l’IA, la commande privée est le moteur pour transformer nos startups agiles en un véritable « Mittelstand » d’innovation : un tissu d'entreprises de taille intermédiaire, solides, rentables et capables d'accompagner l'industrie européenne sur le long terme.

L'objectif est clair : passer d'une logique de « Proof of Concept » à une logique de partenariat industriel, dans laquelle les grandes entreprises sécurisent leur propre futur en faisant émerger des fournisseurs technologiques souverains, capables de rivaliser avec les géants américains ou asiatiques.

« Le Baromètre européen de l’IA est une feuille de route pour l'avenir. Nous avons les talents et un écosystème d’innovation plus mature. Ce qu'il faut maintenant, ce sont des contrats, et des alliances pour réussir le scale up. Chez JFD, nous agissons pour que les grands groupes considèrent les entrepreneurs comme des partenaires industriels stratégiques. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit collectivement. » — Delphine Remy-Boutang, Fondatrice & CEO JFD

La 2e édition du Baromètre européen de l’IA sera officiellement remise au Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, le 9 février à Anne Le Hénanff, Ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, qui souligne que : « La souveraineté numérique, qui est depuis le premier jour le fil rouge de mon action, ne signifie pas autarcie, mais capacité à choisir, qualifier, sécuriser et piloter. »

« L'autonomie technologique n'est pas un repli sur soi, c'est une condition de compétitivité. Comme le montrent les leaders européens interrogés dans le baromètre européen de l’IA 2026, la dépendance n'est pas une fatalité lorsqu’elle est construite pragmatiquement et pilotée. En hybridant puissance globale et briques technologiques européennes, nos entreprises peuvent progressivement reprendre le contrôle de leur chaîne de valeur et transformer l'innovation en avantage compétitif durable. » — Jean-Christophe Liaubet, Innovation Leader EY France

La preuve par l'exemple : ils transforment l'autonomie en performance

Le Baromètre met ainsi en lumière des leaders qui ont déjà compris que leur autonomie est un avantage compétitif :

Allianz France internalise ses compétences IA pour garder la main sur sa propriété intellectuelle.

Carrefour déploie largement et à l'échelle ses propres solutions d’IA, afin de digitaliser ses magasins et accélérer ses opérations, tout en gardant la maîtrise complète.

Epitech cultive l'indépendance en encourageant ses étudiants à penser au-delà des outils, en conservant éthique et souveraineté.

FDJ UNITED concilie sécurité et agilité via une architecture hybride et s'associe à H Company pour placer une IA agentique souveraine au cœur des métiers.

Kantar s’appuie sur ses milliards de data et des IA propriétaires, complétées par des partenaires technologiques, pour fournir l’intelligence qui accélère la croissance des marques.

La Poste Groupe développe des cas d’usage innovants de l’IA pour ses métiers et ses clients dans un cadre éthique et souverain.

Le Groupe Casino territorialise sa souveraineté numérique en hébergeant ses données dans son propre datacenter à Saint-Étienne et développe la plate-forme Casino Pro, pour ses franchisés, en interne.

L’Oréal Groupe privilégie une stratégie agile multi-modèles, misant sur la diversification des partenaires et l’open innovation pour déployer des systèmes d’IA de confiance au service de son ambition Beauty Tech.

LVMH allie l'excellence du savoir-faire à la puissance de l'IA pour augmenter l'expérience client et écrire le futur du luxe.

Mastercard localise son infrastructure avec 250 M€ d'investissement en France.

Ordalie reste sur une infrastructure locale et lean, pour garantir une autonomie durable et une maîtrise complète de sa technologie.

Septeo bâtit un champion européen de la LegalTech pour préserver la souveraineté technologique et accélérer le quotidien des métiers essentiels du droit et des professions réglementées.

SiPearl dote l'Europe de son propre microprocesseur pour faire tourner les IA critiques sans dépendance étrangère.

Veolia allie terrain et souveraineté avec « Talk to my Plant », son programme IA développé avec Mistral AI.

Upmeet sécurise le capital intellectuel des réunions grâce à une souveraineté des données 100 % européenne.

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