…mais une attractivité sous pression, dont l’érosion ne peut plus être ignorée
Derrière ce leadership européen, les signaux de fragilité se multiplient. En 2025, la France enregistre une baisse de 17 % des investissements par rapport à 2024, un recul plus marqué que celui observé chez ses principaux concurrents.
La France est particulièrement affectée par le net recul des investissements américains et allemands en Europe, dont les volumes ont été divisés par deux depuis 2022. Les politiques mises en œuvre aux États-Unis pour favoriser les investissements domestiques, combinées au ralentissement marqué de l’économie allemande, ont un impact significatif sur les flux d’investissement. Ces deux pays étant historiquement parmi les principaux investisseurs en Europe, leur retrait pèse mécaniquement sur les volumes observés dans l’ensemble des économies européennes, et en particulier en France.
La contraction des investissements étrangers touche particulièrement l’industrie et la R&D. Même si la France reste le principal pays d’accueil des projets industriels, le nombre d’usines créées ou étendues dans l’Hexagone tombe à 354 (-15 % par rapport à 2024), tandis que les projets de centres de recherche et développement chutent de 47 %, pénalisés par la prudence des investisseurs et les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs.
Si certaines activités continuent de progresser, elles ne compensent pas le recul observé dans plusieurs filières industrielles historiques — automobile, chimie, plasturgie ou métallurgie. Les restructurations et fermetures de sites se multiplient. Le solde entre ouvertures et fermetures reste positif, mais se réduit rapidement, ralentissant la dynamique de réindustrialisation engagée ces dernières années.