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Baromètre de l’Attractivité de la France 2026

L’Europe à l’épreuve. La France à l’heure des choix.

Alors que l’instabilité géopolitique redessine les équilibres mondiaux, la France demeure-t-elle une destination de référence pour les investisseurs étrangers ? Découvrez les résultats du Baromètre 2026 de l’Attractivité de la France.



Dans un contexte international instable et une concurrence accrue entre pays européens, les décisions d’investissement deviennent plus rares, plus sélectives. La capacité de la France et de l’Europe à préserver leur attractivité est aujourd’hui plus que jamais questionnée. L'édition 2026 de notre baromètre met en lumière les dynamiques à l’œuvre et les arbitrages des entreprises, mais aussi les priorités d’action pour soutenir la compétitivité de l’Europe, de la France et de nos territoires.

 

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Chapitre 1

La France séduit-elle toujours ?

Dans un contexte mondial chaotique qui fragilise l’Europe, la France reste, pour la septième année consécutive, la première destination européenne pour les investissements étrangers. Une performance solide, qui ne doit pas masquer une attractivité sous tension.

Un monde sous tension, une Europe en première ligne

L’année 2025 a marqué un point de bascule pour l’investissement international : tensions géopolitiques persistantes, fragmentation des échanges commerciaux et ralentissement économique mondial, les entreprises ont nettement réduit leurs engagements, partout dans monde. Et la crise au Moyen-Orient pourrait encore accentuer ces fragilités dans les prochains mois, même si notre enquête menée auprès de 500 dirigeants internationaux montre qu’à ce stade, les projets d’investissement prévus pour 2026 ne sont pas remis en cause.

Avec une baisse de 7 % des investissements étrangers en 2025, l’Europe apparaît comme la région la plus exposée, davantage encore que l’Amérique du Nord ou l’Asie. Le continent conserve toutefois un niveau d’activité soutenu, avec 5026 décisions d’investissement recensées par EY dans 47 pays européens. Dans le même temps, la compétition intra-européenne s’intensifie. Plusieurs pays d’Europe du Sud et d’Europe centrale renforcent leur attractivité grâce à des coûts plus compétitifs, des cadres réglementaires plus souples et des politiques de soutien ciblées. Cette double pression — mondiale et européenne — fragilise progressivement la position historique de la France.

La France conserve sa première place européenne pour la 7e année consécutive…

Avec 852 projets recensés en 2025, devant le Royaume-Uni (730) et l’Allemagne (548), la France demeure la première destination européenne des investissements internationaux pour la septième année consécutive. Dans un contexte où ses principaux concurrents sont eux aussi affectés par les tensions géopolitiques et leurs propres difficultés économiques ou fiscales, elle conserve un rôle central dans la géographie européenne des investissements.

La France résiste également sur le terrain de l’emploi. Près de 28 000 postes ont été créés par les entreprises à capitaux étrangers en 2025, soit un recul limité à 4 % par rapport à 2024, nettement inférieur à la moyenne européenne (-25 %). Les créations d’emplois restent toutefois fortement concentrées : 5 % des projets représentent à eux seuls la moitié des emplois annoncés, principalement dans les activités logistiques.

L’intelligence artificielle et les data centers, l’industrie de la défense et l’énergie bas carbone émergent comme de nouveaux moteurs de l’attractivité française, aux côtés de secteurs toujours porteurs, tels que le logiciel ou la logistique. Ces évolutions traduisent une recomposition progressive du tissu productif et confirment la capacité de la France à se positionner sur des activités à forte valeur ajoutée, au cœur des transitions technologiques et énergétiques.

…mais une attractivité sous pression, dont l’érosion ne peut plus être ignorée

Derrière ce leadership européen, les signaux de fragilité se multiplient. En 2025, la France enregistre une baisse de 17 % des investissements par rapport à 2024, un recul plus marqué que celui observé chez ses principaux concurrents.

La France est particulièrement affectée par le net recul des investissements américains et allemands en Europe, dont les volumes ont été divisés par deux depuis 2022. Les politiques mises en œuvre aux États-Unis pour favoriser les investissements domestiques, combinées au ralentissement marqué de l’économie allemande, ont un impact significatif sur les flux d’investissement. Ces deux pays étant historiquement parmi les principaux investisseurs en Europe, leur retrait pèse mécaniquement sur les volumes observés dans l’ensemble des économies européennes, et en particulier en France.

La contraction des investissements étrangers touche particulièrement l’industrie et la R&D. Même si la France reste le principal pays d’accueil des projets industriels, le nombre d’usines créées ou étendues dans l’Hexagone tombe à 354 (-15 % par rapport à 2024), tandis que les projets de centres de recherche et développement chutent de 47 %, pénalisés par la prudence des investisseurs et les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs.

Si certaines activités continuent de progresser, elles ne compensent pas le recul observé dans plusieurs filières industrielles historiques — automobile, chimie, plasturgie ou métallurgie. Les restructurations et fermetures de sites se multiplient. Le solde entre ouvertures et fermetures reste positif, mais se réduit rapidement, ralentissant la dynamique de réindustrialisation engagée ces dernières années.

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Chapitre 2

Quel est le diagnostic des dirigeants sur la France ?

Si les fondamentaux de l’Hexagone continuent d’être largement salués à l’international, la persistance des critiques fragilise la confiance et ralentit les investissements. La période 2026–2028 devrait ainsi demeurer marquée par l’attentisme, avant un possible rebond.

Des fondamentaux reconnus à l’international…

Les flux d’investissement se redessinent profondément, à l’échelle mondiale comme européenne. Dans cet environnement plus instable, la France continue néanmoins de s’appuyer sur des atouts largement reconnus par les investisseurs internationaux : la taille de son marché, la qualité de ses infrastructures, le niveau de qualification de sa main-d’œuvre et l’accès à une énergie largement décarbonée.

Ces fondamentaux expliquent en grande partie sa position de leader européen. Dans notre sondage mondial (500 dirigeants interrogés), 38 % des investisseurs citent la France comme le pays le plus attractif d’Europe, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni (31 % chacun). Un résultat qui confirme la solidité de ses avantages structurels autant que les difficultés politiques et économiques éprouvées par nos voisins et concurrents.

Pays les plus attractifs d'Europe pour les IDE : évolution de la perception des dirigeants internationaux

…mais fragilisés par des critiques persistantes

Ces atouts ne suffisent toutefois plus, à eux seuls, à emporter les arbitrages des investisseurs. Les critères de décision évoluent rapidement. Compétitivité-coût, simplicité administrative, stabilité réglementaire et lisibilité de l’action publique sont les principaux handicaps concurrentiels de la France selon les dirigeants interrogés en février et mars 2026.

Sur ces dimensions, la France fait face à des critiques récurrentes et marquées. Les investisseurs manquent d’arguments pour convaincre leurs maisons-mères qui soulignent régulièrement le coût du travail, le niveau de pression fiscale ainsi que le manque de prévisibilité politique et réglementaire. Ces préoccupations pèsent directement sur les décisions d’investissement, notamment pour les projets industriels et les activités fortement créatrices d’emplois.

Quels sont les principaux atouts et handicaps de la France en matière d'attractivité pour les investissements étrangers ?

2026-2028 : un cycle d’attentisme avant un possible rebond

Dans ce contexte, les entreprises privilégient des stratégies plus prudentes, plus régionales et plus sélectives. Anticipant les effets potentiels de l’intelligence artificielle ou l’incertitude de leurs marchés, les investisseurs se concentrent sur des projets moins massifs en volume et toujours aussi exigeants sur le plan financier.

À court terme, le climat de l’investissement restent marqué par une forte prudence. En mars 2026, seuls 57 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir en France d’ici un an, un niveau inférieur à celui observé ces dernières années. Cependant, 69 % des investisseurs prévoient un « retour à la normale » de l’attractivité française d’ici deux à trois ans.

À ce stade, la crise au Moyen-Orient n’a pas encore produit d’effet direct sur les investissements, mais ses conséquences sont jugées probables à partir du second semestre 2026. Les échéances politiques françaises de 2027, l’évolution du contexte économique européen et les tensions géopolitiques mondiales apparaissent comme les principaux facteurs susceptibles d’influencer une reprise et d’en déterminer le moment.

Cette phase d’attentisme dépasse le seul cas français, mais elle y prend une dimension particulière en raison du contexte politique et budgétaire national. Elle se traduit concrètement par des décisions reportées, des projets redimensionnés et une sélectivité accrue des investissements.

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Chapitre 3

Quelles sont les priorités des investisseurs ?

Dans un contexte incertain, la définition des priorités stratégiques s’impose pour guider les choix visant à soutenir l’attractivité et la compétitivité de la France et de l’Europe.

L’heure des choix : sept priorités pour répondre aux attentes des investisseurs internationaux

La France conserve des atouts solides. Mais la dégradation de plusieurs indicateurs, la transformation rapide des stratégies d’investissement et l’intensification de la concurrence internationale montrent que cette position de leader est désormais plus fragile et plus contestée qu’auparavant.

La question n’est plus de savoir si la France est attractive aujourd’hui.
La question est de savoir si elle le restera demain.

L’enjeu dépasse désormais la simple conservation d’un leadership européen, lui-même de plus en plus disputé. Il consiste à repositionner durablement la France dans le nouveau cycle industriel, technologique et énergétique mondial.

Répondre à ce défi suppose d’agir simultanément sur plusieurs horizons.

Pour identifier les leviers d’action prioritaires, nous avons consolidé les attentes et recommandations exprimées ces dernières semaines par nos équipes, à partir des échanges conduits auprès de centaines d’entreprises et d’experts internationaux.

Ces travaux font émerger sept priorités stratégiques, déclinées en une vingtaine de propositions détaillées dans notre rapport complet disponible en téléchargement.


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Les documents à télécharger :

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Pour échanger plus en détail


Ce qu'il faut retenir

Dans un contexte géopolitique instable, l’Europe subit un net recul des investissements étrangers en 2025 (-7%), signe d’un attentisme mondial et d’une concurrence intra-européenne accrue.

La France reste néanmoins la première destination du continent pour la 7e année (852 projets, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne), mais enregistre une baisse plus marquée (-17%) qui fragilise son leadership.

L’attractivité se déplace vers l’intelligence artificielle, l’énergie et les infrastructures numériques, tandis que les secteurs industriels historiques s’essoufflent.

Pour les dirigeants, les priorités sont claires : stabilité et lisibilité des règles, compétitivité des coûts, simplification, et capacité d’exécution rapide.

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