Le moment français
La France dispose de nombreux atouts. Elle peut s’appuyer sur une recherche de premier plan, des entrepreneurs reconnus mondialement, une excellence toute particulière dans les mathématiques, l’ingénierie, la santé, le spatial ou le quantique, ainsi qu’un écosystème de financement parvenu à maturité.
Mais dans un monde où les cycles technologiques s’accélèrent et où les positions acquises peuvent être remises en cause en quelques années seulement, rien n’est garanti. Le rebond observé ce semestre ne doit pas engendrer de l’autosatisfaction. Il doit au contraire nous rappeler l’importance de continuer à soutenir nos entrepreneurs, à investir dans l’innovation, à favoriser l’industrialisation des technologies de rupture et à faire émerger davantage de champions capables de rivaliser au niveau mondial.
Cette prise de conscience est d’autant plus nécessaire qu’à l’approche de la prochaine élection présidentielle, la France entre dans une séquence politique majeure. Alors que les plateformes programmatiques commencent à se construire, la souveraineté technologique ne peut plus rester un sujet périphérique. Elle doit devenir un axe central du débat public : comment financer la croissance de nos champions ? Comment accélérer le passage de la recherche au marché ? Comment attirer et retenir les talents ? Comment faire de l’Europe non seulement un marché, mais une puissance technologique ?
Car derrière les levées de fonds se joue bien davantage qu’une simple performance économique. Il s’agit de déterminer où seront conçues les technologies qui structureront la santé, l’industrie, l’énergie, la défense et la souveraineté de demain. Ce n’est donc pas seulement un semestre de venture capital : c’est un semestre de souveraineté technologique.
L’ambition de la France ne peut pas être simplement de participer à cette transformation. Elle doit être de contribuer à la diriger. Comme le rappelle cette citation devenue l'adage : « If you’re not at the table, you’re on the menu. » Dans l’intelligence artificielle, la robotique, la santé, le quantique ou le spatial, nous devons être à la table où s’écrivent les règles du jeu. C’est à cette condition que la France continuera de compter parmi les grands hubs mondiaux de l’innovation et de la souveraineté technologique.