Les priorités à vos yeux pour réformer l’État ?
Tout d’abord, réduire les strates de la gouvernance de l’action publique pour la rendre plus lisible. De quoi déterminer plus facilement où se situe la valeur ajoutée de l’État et celle des collectivités locales. Ensuite, réinterroger la pertinence du périmètre d’intervention de chaque mission de la puissance publique – elle ne peut plus être présente partout. « Qui trop embrasse mal étreint… » Enfin, simplifier notre vie réglementaire, comme celle de nos processus administratifs. C’est la condition d’un déploiement efficace de l’intelligence artificielle.
C’est un serpent de mer… Comment y parvenir ?
Cela nécessite deux choses. Premièrement du courage politique. Or les qualités nécessaires pour conquérir le pouvoir diffèrent de celles requises pour l’exercer. Deuxièmement, il importe d’associer avec la bonne intensité les fonctionnaires à la réflexion sur la réforme de l’État – ce sont eux qui connaissent ses arcanes mais aussi leur métier. Je recommande de donner des "incentivesʺ à ceux qui prennent la responsabilité de réformes structurelles, pour leur donner envie de devenir pleinement acteurs du changement. Donnons-leur les moyens, aussi, de se former tout au long de leur carrière. La promesse employeur du service public doit être améliorée. Une meilleure gestion prévisionnelle des talents s’impose.
Un cabinet de conseil peut-il accompagner ce mouvement ?
Bien sûr, mais un consultant doit être piloté avec exigence et attention ! Sinon, vous n’en tirez pas la valeur différenciante que vous avez achetée. De plus, il faut une sincérité dans le conseil, s’investir dans la durée auprès de ses clients – devenir ce tiers de confiance attendu –, et ne pas se tourner forcément vers les marchés les plus lucratifs quand on veut servir le bien commun. Les consultants doivent se garder de propos trop généraux, communiquer sur leur valeur ajoutée et en faire la démonstration sur le terrain. De leur côté, les administrations publiques ont intérêt à les mobiliser pour régler certaines problématiques de fond, dont la complexité décourage celles et ceux qui y font face.
La valeur ajoutée d’EY ?
C’est une marque et une signature reconnues dans le monde. Un cabinet qui a su intégrer le marché français, avec un intérêt sincère pour la chose publique. Exigeant, aussi, que ce soit en termes de recrutement ou de ʺdelivery". Le cabinet est présent sur pratiquement l’intégralité de la chaîne de valeur, sur de nombreuses politiques publiques en prise avec le quotidien des Français. EY, c’est un cabinet attachant, où j’ai vécu des expériences variées. On est tirés vers le haut et on y croise des professionnels engagés et passionnés.
Un projet dont vous êtes fier ?
Avoir participé – avec EY Fabernovel – à la création de la plateforme numérique LABAZ, auprès de la Région Île-de-France, pour inciter les 15-25 ans à participer à des activités culturelles et sportives. Plus de 300 000 jeunes l’utilisent après deux ans d’existence ! Une administration proactive qui va vers les usagers en leur proposant des services innovants et en leur simplifiant la vie… C’est ça, l’administration de demain.
Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme ou à un jeune homme ?
Travaillez sur vous-même, prenez le temps d’écouter votre voix intérieure, sortez des sentiers battus. Soyez au bon endroit au bon moment, dans un leadership authentique. Et pourquoi ne pas mettre votre énergie au service de la réforme de l’État ? Il y a de belles intelligences dans le service public. Noble ambition que de l’aider à favoriser la croissance tout en lui évitant de se perdre dans des réglementations. L’Union européenne gagnerait à montrer l’exemple. Donner de son temps au service public pour le rendre meilleur, voilà un projet qui a du sens. À méditer, avant que l’État ne doive se réformer un jour sous la contrainte. Ce serait une autre histoire…