4 min de temps de lecture 12 oct. 2021
Pauline Gallois Duloutre : Une maison écologique et modulaire, installée en une semaine !

Pauline Gallois Duloutre : Une maison écologique et modulaire, installée en une semaine !

Par EY Alumni

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« Chez EY, j’ai vraiment découvert l’audit qui restait très abstrait pour moi. Je n’ai jamais regretté, c’était une super expérience. »

Vous avez travaillé chez EY de 2010 à 2015 dans l’audit. Pouvez-vous nous en dire plus sur le rôle que vous occupiez ?

Je suis rentrée chez EY à la fin de mes études en école de commerce, en audit, principalement dans le secteur de l’immobilier et de l’hôtellerie. J’y ai vraiment découvert l’audit qui restait très abstrait pour moi. Je n’ai jamais regretté, c’était une super expérience. On le dit souvent, mais c’est vrai : on apprend énormément et on grandit très vite ! J’ai adoré la diversité de mes missions : j’ai travaillé aussi bien pour des grandes que des moyennes entreprises, dans différents secteurs, aux problématiques multiples. J’ai pu côtoyer aussi bien des directeurs financiers que des entrepreneurs.

Au bout de 5 ans, j’ai eu envie de m’orienter vers l’immobilier et de créer mon entreprise. J’avais d’ailleurs suivi un programme Management et Entrepreneuriat en école, et j’avais choisi EY pour son action et son accompagnement aux côtés des entrepreneurs.

Mais avant de me lancer, pour faire la transition, je devais acquérir une expérience en entreprise avec des personnes à manager et des projets à gérer.

C’est pour cela que vous avez rejoint l’Oréal ?

Oui car le poste que j’allais occuper avec une forte dimension de gestion de projets à la direction financière de la R&I (Recherche et Innovation) correspondait à ce que voulais faire. J’étais en quelque sorte un chef d’orchestre, en lien avec plusieurs équipes, aussi bien en France qu’à l’international. Cela me préparait au rôle d’après.

Que retenez-vous de votre expérience chez EY ?

J’ai eu beaucoup d’autonomie et j’ai été vite propulsée dans un rôle à responsabilités. Il fallait apprendre à s’organiser. J’ai toujours eu le souci de bien faire. Le fait de travailler avec mes collègues de promo m’a donné beaucoup de motivation ; j’ai d’ailleurs gardé contact avec eux. Je conseille d’ailleurs à tous ceux qui souhaitent faire carrière dans les métiers du Corporate Finance de passer par la case audit, en sortant d’école.

Après 3 ans chez l’Oréal, vous vous lancez dans la création d’Ôzento. Pourquoi ce nom ? D’où vous est venue cette idée ?

Le nom est d’inspiration japonaise. Zento veut dire avenir et on a rajouté le ô qui symbolise la maison avec le toit, le mot zen représentant la maison en immersion dans l’environnement.

L’idée d’Ôzento m’est venue de designers que j’ai rencontrés par hasard lors d’un vernissage où ils présentaient leurs produits et leurs aménagements intérieurs. Dans un coin, j’ai remarqué une superbe maquette d’un module, et j’ai voulu en savoir plus. Ils m’ont confié qu’ils avaient créé ce module sur leur temps libre consacré à de nouvelles créations, mais qu’ils n’avaient pas réfléchi à son développement commercial par manque de ressources. Je leur ai donc proposé mes services. Auparavant, j’avais eu des idées avec une appétence particulière pour la préservation de l’environnement, mais je n’avais pas trouvé le bon projet et là je me suis dit qu’il fallait y aller.

En parallèle de mon travail chez l’Oréal, les soirs et week-ends, j’ai commencé à élaborer des business plans, à étudier le marché et Ôzento est ainsi née dès mon départ de chez L’Oréal. Nous nous sommes associés à une agence d’architecture multispécialiste, le cabinet A.26, car nous n’avions pas les compétences techniques pour construire ces modules. Elle comprenait aussi un laboratoire d’innovation, si bien qu’elle était ravie de s’associer avec une start-up comme la nôtre pour créer un nouveau produit atypique.

Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Nous vendons des maisons conçues avec des matériaux éco-responsables, construites en un mois en usine et installées en une semaine, dès lors que le client a obtenu son permis de construire.

Notre projet s’adressait initialement aux hôteliers qui souhaitaient se développer en construisant des bungalows sur leur terrain ou un autre hôtel de toutes pièces, avec 10 modules par exemple. Début 2020, nous avions donc commencé à commercialiser trois modèles, de 25, 50 et 75m2, mais nous avons dû les stopper en raison de la crise sanitaire. Cela a changé la donne : on s’est dit que nos modules pouvaient également intéresser des particuliers, des Parisiens par exemple qui souhaitaient s’installer à la campagne, en résidence principale ou secondaire. Nous avons donc créé une nouvelle gamme de modules plus grands, jusqu’à 150 m2 et sommes passés de la vente B to B à la vente aux particuliers, qui est très différente. Nous sommes entrés dans un schéma de construction de maisons individuelles avec des clients qui sont plus exigeants, qui ont le souci du détail. C’est une offre clés en main : la structure reste la même ; en revanche les extérieurs et les intérieurs sont personnalisables : par exemple, les façades peuvent être en métal ou en bois et de différentes couleurs. Pour l’intérieur, nous proposons une personnalisation poussée sur une sélection de matériaux design et nous avons travaillé en amont pour prédéfinir des ambiances que nous présentons dans un catalogue.

Quelle est la différence entre une construction-type et vos modules ?

Ôzento est un produit atypique, issu du design, très rapide à construire et orienté vers une consommation éco-responsable, en harmonie avec l’environnement. Nous pouvons nous adapter à tous les reliefs et à tous les climats, avec des toits chauffants ou pentus pour la neige par exemple.

L’ossature a ainsi été pensée sur pilotis pour minimiser son impact sur le site d’installation et faciliter son déplacement si besoin. Elle est fabriquée en usine pour réduire les impacts écologiques. Nous avons choisi des matériaux énergétiquement performants : des panneaux solaires et des systèmes de gestion des eaux en circuit fermé, qui nous permettent d’être à 100 % autonomes, en fonction des projets et des demandes des clients.

Nous nous positionnons sur du haut de gamme. Il faut savoir que dans la construction modulaire, peu de structures résistent au temps et la plupart sont vendues à bas prix aux pays pauvres, en réutilisation. Pour les particuliers, nous souhaitons que l’achat de nos modules soit un véritable investissement immobilier, solide et pérenne, au même titre qu’un habitat traditionnel. Pour les professionnels, notre produit leur permet, grâce à sa rapidité d’exécution, de se projeter plus facilement ou de s’agrandir sans nuisance pour leurs clients ni baisse de leur chiffre d’affaires, dans le cas d’un hôtelier par exemple. D’autres secteurs d’activité sont aujourd’hui intéressés par notre produit : les collectivités pour la construction d’espaces d’accueil du public, les offices de tourisme, les clubs sportifs…

Comment ça marche ?

Nous commençons par une pré-étude sur le terrain, puis le client choisit son module, sa superficie, ses couleurs et son agencement intérieur. Ensuite, nous déposons la demande de permis de construire et pendant les 5 mois d’étude du dossier, nous peaufinons l’agencement sur mesure. Puis nous construisons le module. Tous nos modules bénéficient de l’assurance décennale.

Quels sont les principaux défis auxquels vous avez dû faire face pour concilier construction et respect de l’environnement ?

La persévérance est à mon avis un des maîtres mots pour réussir ! Nos principaux défis ont été tout d’abord de trouver des procédés industriels respectueux de l’environnement. Avec notre agence d’architecture, nous avons dû adapter notre design aux contraintes techniques, réfléchir à une structure sur pilotis qui n’abîmerait pas le terrain et préserverait des inondations. Un de nos derniers défis et non le moindre, est le transport. Nos fabricants étaient en Europe de l’Est et nous avons réussi à relocaliser l’ensemble de notre fabrication en France pour réduire notre impact environnemental. Nous pouvons également déplacer notre usine sur place en fonction du nombre de modules à construire, pour éviter le transport des modules en camion.

Quels sont vos projets à moyen/long terme et les enjeux à relever dans les prochaines années ?

Nous attendions de conclure les premières ventes pour avoir un peu plus de crédit et envisager une levée de fonds. Des capacités financières supplémentaires nous permettraient d’accélérer notre développement à travers des investissements en recherche et développement pour améliorer notre produit, et des recrutements de commerciaux principalement pour traiter le volume important de leads entrants que nous recevons.  Nous sommes trois associés aujourd’hui.

Nous envisageons par ailleurs de nous développer à l’international. Nous avons un projet en Martinique ; ensuite nous pourrions toucher d’autres pays par voie terrestre comme le Portugal, l’Espagne…

Quel conseil donneriez-vous à un futur entrepreneur ?

De ne jamais abandonner si on pense que son projet a du sens. Il y a des moments difficiles, on ne peut pas vivre sans salaire pendant plusieurs années de suite lorsqu’on a une famille, mais la lumière finit toujours par jaillir. Il faut aussi savoir bien s’entourer : seule, j’aurais abandonné !

De quoi êtes-vous la plus fière aujourd’hui ?

Les premières ventes ont été difficiles : je les ai faites seule, commercialement parlant, alors que je n’avais pas forcément les armes pour cela et il m’a fallu du courage. De plus je venais d’avoir mes deux petites filles qui sont nées en même temps qu’Ôzento. Je suis donc très fière d’avoir réussi à tout concilier !

Ce qu'il faut retenir

Après 5 ans chez EY, Pauline Duloutre a envie de s’orienter vers l’immobilier et de créer son entreprise en lien avec la préservation de l’environnement. C’est ainsi qu’Ôzento voit le jour, un produit atypique, issu du design : des maisons sur pilotis conçues avec des matériaux éco-responsables et des systèmes de gestion des eaux en circuit fermé, construites en un mois en usine et installées en une semaine.

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