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Comment l’Europe peut reprendre la main sur l’IA : trois leviers stratégiques révélés par le Baromètre Européen de l’IA 2026

Face aux géants mondiaux de l’IA, l’Europe dispose de trois leviers clés pour renforcer sa souveraineté et sa compétitivité.


En résumé/Au sommaire :

  • L’Europe dispose d’atouts majeurs pour jouer un rôle de premier plan dans l’IA, mais doit accélérer sa transformation pour rester compétitive.
  • Le Baromètre Européen de l’IA 2026 identifie trois leviers stratégiques : investissements, talents et écosystèmes d’innovation.
  • Les organisations qui combinent gouvernance, adoption à grande échelle et souveraineté technologique seront les mieux placées pour capter la valeur de l’IA.

Alors que l’IA s’impose comme une nouvelle révolution industrielle, une question domine les débats économiques : l’Europe peut‑elle réellement reprendre le contrôle de sa chaîne de valeur technologique ?

La 2e édition du Baromètre européen de l’IA, réalisée par JFD en collaboration avec EY Fabernovel et une coalition de 30 leaders économiques européens, apporte un éclairage nouveau. Loin d’un constat fataliste, l’étude montre qu’une transformation est non seulement possible, mais déjà en marche.

L’étude complète est disponible en ligne. Elle propose une cartographie inédite de la chaîne de valeur de l’IA, un diagnostic systémique et des recommandations d’action.

Un paradoxe européen : excellence scientifique, dépendance industrielle

Les chiffres mettent en lumière un contraste fort.

L’Europe dispose de forces majeures : excellence scientifique, talents, dynamique entrepreneuriale renouvelée. Mais elle reste dépendante d’infrastructures étrangères et d’un marché du capital moins profond que celui des États‑Unis.

Pour Delphine Remy‑Boutang, Fondatrice et CEO de JFD, ce paradoxe doit devenir un point de bascule et non une fatalité.

« Nous avons les talents. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des contrats, et des alliances pour concrétiser le passage à l’échelle. »

Le rôle décisif du secteur privé : bâtir un Mittelstand européen de l’innovation

Si l’État a joué son rôle de catalyseur, une conviction s’impose désormais : le relais de croissance et d’industrialisation doit être porté par les acteurs privés.

L’objectif proposé par JFD et sa coalition est simple, ambitieux, mais atteignable :

Aligner les achats privés sur les efforts publics et atteindre 9 % d’achats innovants auprès de startups européennes dans les 2 ans.

Pourquoi ce chiffre est stratégique ?

  • Parce qu’aux États‑Unis, la commande publique monte jusqu’à 20 %.
  • Parce qu’en Corée du Sud, elle peut atteindre 25 %.
  • Parce que pour une startup, le meilleur financement reste son client, pas une levée de fonds.

C’est cette vision qui doit permettre de bâtir un véritable Mittelstand européen de l’innovation, un tissu d’entreprises technologiques intermédiaires, robustes, rentables, capables de soutenir une souveraineté durable.

Trois leviers pour bâtir une autonomie technologique crédible

Les analyses croisées des 30 champions du Baromètre révèlent trois leviers pour reconstruire une autonomie technologique européenne crédible :

  1. L’hybridation intelligente
    L’autonomie ne se construit pas contre le reste du monde mais en combinant technologies globales et briques critiques européennes. De nombreux groupes montrent déjà la voie, de Allianz à Veolia.
  2. Des choix technologiques assumés
    L’Europe doit concentrer ses forces sur les prochaines frontières stratégiques, notamment dans l’IA applicative et industrielle, les modèles frugaux et les solutions embarquées souveraines.
  3. Une économie circulaire de l’IA
    L’alliance entre startups et grands groupes doit devenir la norme. Tests, achats, co‑construction et industrialisation sont les moteurs du passage à l’échelle. L’étude propose des modèles concrets inspirés de ce qui fonctionne aux États‑Unis.


Vers une souveraineté choisie et pilotée

Comme le rappelle Jean‑Christophe Liaubet, Innovation Leader EY France :

« L’autonomie technologique n’est pas un repli sur soi. C’est une condition de compétitivité. »‍

Ce qui distingue l’approche européenne n’est pas la recherche de l’autarcie, mais la capacité :

  • à choisir ses dépendances ;
  • à maîtriser ses infrastructures critiques ;
  • à transformer l’innovation en avantage compétitif durable.

Le discours de Delphine Remy‑Boutang lors de la remise du Baromètre au Ministère de l’Économie l’a illustré : la souveraineté s’achète, se construit et s’incarne.

Conclusion : l’Europe n’a pas perdu la bataille, elle entre dans la phase décisive

L’étude le montre : l’Europe a le potentiel, les talents, la recherche, les pépites technologiques, et désormais une coalition prête à agir.

Ce qui manque encore ?
Du volume, de la vitesse et… des contrats.

Construire l’autonomie européenne en IA ne sera ni rapide ni simple, mais la trajectoire est claire : hybrider intelligemment, investir stratégiquement, s’allier massivement.

JFD United by Tech Barometre 2026 Etude Master


Ce qu'il faut retenir

Dans cette édition de Beyond Attention, EY Studio+ explore la transformation des directions marketing sous l’effet de l’intelligence artificielle. Face à des attentes croissantes en matière de performance et à des budgets sous pression, les équipes marketing doivent repenser leur fonctionnement en profondeur. L’article souligne que l’IA ne se limite pas à automatiser des tâches : elle modifie les rôles, les processus, la gouvernance et la collaboration entre équipes. Le véritable enjeu n’est donc pas l’adoption d’outils, mais l’évolution de l’operating model. Les CMO ont un rôle clé pour orchestrer cette transformation et faire de l’IA un levier durable de création de valeur.

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