EXIT et manque de liquidité : des enjeux structurels persistants
Malgré une volonté affichée de soutenir des initiatives de recherche et développement toujours plus audacieuses, les fonds de capital-risque européens peinent à suivre. En effet, 72 % des répondants admettent être contraints à partir du stade de la série B, faute de moyens financiers suffisants.
Cette situation s’explique principalement par l’absence de réserves de liquidités, comparables aux fonds de pension américains, mais aussi par un manque d’opportunités de sortie (exits), empêchant le recyclage des capitaux dégagés vers de nouveaux investissements. Les acteurs du secteur pointent notamment du doigt une épargne européenne encore trop peu orientée vers le financement de l’innovation, un frein structurel à la compétitivité du continent.
Les structures d’accompagnement : des acteurs financièrement menacés et sous-estimés dans la chaîne de valeur de l’innovation
Si les structures d’accompagnement connaissent aujourd’hui une situation financière saine (60 % déclarent une santé solide), certains signaux laissent penser que cette stabilité pourrait se dégrader. Les répondants manifestent explicitement leur crainte de voir une baisse de financement dans le prochain quinquennat, notamment du fait de la baisse des financements publics ressentie, en chute de 32 points par rapport à 2025.
Si l’effet de ces réductions budgétaires est encore peu visible et tend à être absorbé par une diversification des revenus, les risques à moyen terme ne doivent pas être minimisés tant l’historique de ces structures (18 ans en moyenne) démontre leur impact positif dans la trajectoire des entreprises accompagnées.
Les grands groupes font-ils vraiment le choix de la French Tech ?
Les actions de sensibilisation, de promotion et de mise en relations suivent leur cours : plus de 50 % des grands groupes interrogés mesurent déjà ou ont amorcé la mise en place d’outils leur permettant de suivre leur niveau d’achats auprès des start-up.
Toutefois, mesurer ne veut pas dire acheter, et la grande majorité des dépenses numériques restent adressées aux GAFAM.
Les freins à la relation acheteur/fournisseur exprimés par les grands groupes résident principalement dans la difficulté de passer du POC au déploiement, et à se conformer aux exigences de cybersécurité.
Mais 90 % des interrogés reconnaissent que la dépendance à des entreprises étrangères est devenue un risque. Face à cela, ils seraient prêts à changer de fournisseurs en privilégiant, à niveau équivalent, une offre européenne.
Profitons de cette fenêtre d’opportunité pour continuer de soutenir et accélérer l’émergence de nos champions Technologiques européens !