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Sélectivité, résilience, engagement : les nouvelles règles du jeu des Family Offices

Alors que l’incertitude internationale redéfinit les stratégies d’investissement, comment les Family Offices adaptent-ils leurs priorités et leurs allocations ? Découvrez les enseignements du Baromètre 2026 des Family Offices.

L’Association Française des Family Offices (AFFO) s’est associée à EY pour l’élaboration de la 11e édition de ce baromètre.

Des stratégies d’investissement ancrées dans les fondamentaux macroéconomiques face à un contexte international incertain

Les stratégies d’investissement des Family Offices restent largement déterminées par les facteurs macroéconomiques. En 2025, comme dans les perspectives pour 2026, l’inflation, les taux d’intérêt et les perspectives de croissance demeurent les premiers moteurs de décision, traduisant une vigilance persistante.

Dans ce contexte, les tensions géopolitiques s’imposent désormais comme le second facteur d’influence, marquant une progression significative dans la hiérarchie des risques perçus (+ 10 pts). Cet environnement international durablement instable ne freine pas pour autant l’investissement. Toutefois, il en modifie profondément les modalités avec une exigence accrue de sélectivité et un besoin renforcé de visibilité en termes de résultats.

En 2025, quels événements ont eu le plus d’impact sur les choix d’investissements ?

Classement de 1 à 7.

Parallèlement, si les incertitudes politiques et fiscales constituent un facteur d’influence toujours aussi prégnant et structurant dans les décisions d’allocation, elles reculent légèrement dans la hiérarchie des déterminants. Ce déplacement du risque perçu vers des enjeux davantage globaux que domestiques souligne l’adaptation progressive des stratégies d’investissement à un environnement plus internationalisé. Allocation des investissements : diversification géographique et montée du private equity, notamment pour soutenir les PME et ETI.

Malgré ces incertitudes, l’année à venir est perçue comme porteuse d’opportunités. Les Family Offices démontrent ainsi leur capacité à transformer l’incertitude en levier d’action, dans une logique de stratégie long terme.

65 %
65 %
des répondants perçoivent l'année à venir comme une période d'opportunités en termes d'investissements

 

Une dynamique d'investissement résiliente, soutenue par la diversification et le rôle central du private equity. 

Sur les douze derniers mois, les Family Offices ont adopté une approche globalement prudente. Si près de la moitié des Family Offices (48 %) déclarent avoir maintenu leur niveau d’investissement, ils ne sont plus que 36 % à l’avoir accru, marquant une baisse sensible de 6 points par rapport à l’année dernière.

Cette stabilité masque des disparités géographiques. Les investissements reculent en France (- 2 pts), et surtout hors Europe (- 28 pts), tandis que l’Europe apparaît plus dynamique (+ 8 pts), reflétant une recherche accrue de diversification dans un environnement perçu comme plus stable.

Au cours des douze derniers mois, les familles ont-elles accru ou réduit leurs investissements ?

En matière d’allocation, les actions demeurent la principale classe d’actifs (+ 2,2 pts), représentant une part majoritaire des portefeuilles. Cette évolution reste largement portée par le private equity, même si sa part diminue (- 3,5 pts) au profit des actions cotées (+ 5,7 pts).

En 2025, quel est le poids des classes d’actifs dans les investissements des familles ?

Les investissements en private equity visent majoritairement les PME et les ETI. Cette orientation confirme le rôle majeur des Family Offices dans le financement de l’économie réelle intermédiaire.

En 2025, sur quels types d'entreprises investissez-vous en private equity ?

Start-up
11%
11%
PME
45%
45%
ETI
36%
36%
Grand groupe
8%
8%

Les stratégies en private equity privilégient des stades de maturité intermédiaires : le capital développement domine (71 %), suivi des stratégies de growth (58 %). Cette répartition reflète une recherche d’équilibre entre potentiel de création de valeur et maîtrise du risque. Elle se traduit par une préférence pour des entreprises déjà structurées disposant de leviers de croissance significatifs, au détriment des investissements en phase d’amorçage, jugés moins lisibles dans le contexte actuel.

Thématiques d'investissements privilégiées : croissance rentable, innovation et ancrage dans l'économie réelle

Les préférences sectorielles des Family Offices confirment une recherche d’équilibre entre performance, diversification et croissance rentable. En 2026, les technologies s’imposent largement comme secteur d’investissement privilégié, suivies par la santé et les sciences de la vie.

Les technologies, secteur d'investissement cité par
73 %
73 %
des family offices

Sur le plan des thématiques d’investissement, la croissance rentable s’impose comme la priorité majeure (+ 16 pts), citée par deux tiers des répondants. Cette orientation traduit une approche de plus en plus disciplinée, centrée sur la solidité des modèles économiques et la capacité à générer des flux de trésorerie durables. Elle est complétée par des stratégies privilégiant la recherche de rendement (34 %).

À l’inverse, l’investissement durable marque un net recul (- 22 pts) de même que le développement à l’international (- 9 pts), ce qui témoigne d’une inflexion des priorités vers davantage de sécurité dans l’allocation des investissements.

Des Family Offices toujours plus engagés, avec des attentes accrues envers leur écosystème

Les Family Offices confirment leur volonté de renforcer leur rôle dans la transformation de l’économie. Cet engagement se traduit notamment par l’investissement dans des entreprises locales (70 %) et par une implication croissante dans leur transformation (48 %).

Comment les familles et Family Offices peuvent-ils contribuer davantage à l'économie locale ou nationale ?

Choix multiple : 2

Dans ce contexte, les attentes vis‑à‑vis de l’écosystème se précisent. Les Family Offices expriment un besoin accru de stabilité réglementaire, mais surtout une aide sur la fiscalité devenue la première de leurs préoccupations (+ 17 pts).

Pour faciliter leur rôle d'investisseur
44%
44%
des répondants souhaitent recevoir de l'aide sur des sujets de fiscalité.

En parallèle, la philanthropie désormais durablement dans les pratiques des Family Offices et devient un pilier complémentaire dans la gestion patrimoniale aux côtés des stratégies traditionnelles.

57%
57%
des répondants affirment avoir mis en place une politique dédiée à la philanthropie

La moitié des répondants héberge un fonds de dotation ou une fondation qu'il finance. 

D'autre part, la protection de la famille et la transmission intergénérationnelle restent des priorités, tout comme les préoccupations fiscales et géopolitiques.

Sur quelles thématiques les familles sont-elles sensibilisées ? 

Choix multiple : 3

 

Enfin, si la question de la mobilité internationale recule légèrement (- 4 pts), elle reste significative : 44 % des répondants envisagent de vivre à l’étranger, traduisant un besoin persistant de stabilité et de visibilité.

Ce qu'il faut retenir

En 2026, les Family Offices confirment leur capacité à s’adapter à un environnement international incertain en renforçant une approche d’investissement plus sélective et disciplinée. Sans remettre en cause leur engagement dans l’économie réelle, ils privilégient des stratégies fondées sur la solidité des modèles économiques, la maîtrise du risque et la création de valeur sur le long terme. Cette évolution se traduit par une recherche d’équilibre entre opportunités de croissance et sécurisation des portefeuilles, ainsi qu’un rôle toujours plus structurant dans le financement des entreprises, notamment via le private equity. Face à ces transformations, les enjeux de stabilité réglementaire et de fiscalité s’imposent désormais comme des conditions clés pour soutenir durablement leurs décisions d’investissement.

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