3 min de temps de lecture 19 juin 2020
Attractivité : la France tire son épingle du jeu dans les énergies renouvelables

Attractivité : la France tire son épingle du jeu dans les énergies renouvelables

Par

Alexis Gazzo

Associé, Sustainable Performance & Transformation, France

Accompagner la transition énergétique et climatique.

3 min de temps de lecture 19 juin 2020

Dans la dernière édition du baromètre Renewable Country Attractiveness Index 2019 (RECAI) réalisé par EY, la France prend la 3ème place en termes d’attractivité des investissements dans le domaine des énergies renouvelables.

Dans ce classement, elle est devancée par la Chine et les Etats-Unis qui reprennent la première place occupée par l’Empire du Milieu.

Deux secteurs ont particulièrement aimanté les investissements en 2019 : le solaire photovoltaïque et l’éolien offshore. Ils profitent des engagements de long terme du gouvernement définis par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui apportent une visibilité à long terme aux investisseurs. Globalement, la PPE prévoit une forte progression des nouvelles capacités solaires par an, avec l’objectif d’atteindre près de 3 GW installé par an dans les prochaines années.

Energies renouvelables : le gouvernement à la manœuvre

Quant aux investissements dans l’éolien, ils sont encouragés par les plans de quatre projets d’éoliennes offshore flottante de 96 MW et par la volonté du gouvernement d’encadrer davantage le développement et la structuration de la filière.

La France tire également parti de la diversification des modèles économiques, notamment via le démarrage des Corporates PPA (Power Purchase Agreement) dans l’éolien et le solaire, un dispositif qui permet à une entreprise d’acheter directement au producteur de l’énergie de source renouvelable, à un tarif convenu à l’avance. La dynamique, amorcée en 2019 avec les premiers contrats passés par Métro France (avec Agregio et Eurowatt), Boulanger ou encore SNCF (tous deux avec Voltalia), s’est poursuivie en 2020. En effet, après Aéroports de Paris avec Urbasolar et Gazel Energie, Auchan Retail a également signé un Corporate PPA visant à l'approvisionnement pendant 20 ans de l'ensemble de ses sites français.

Si la forte volatilité des prix de marché de l’électricité constatée lors de l’épisode de confinement résultant de l’épidémie de COVID-19 a pu amener à interroger l’opportunité de ce type de modèle économique, la tendance semble bien se maintenir avec l’annonce en juin 2020 d’un nouveau contrat conclu par Auchan avec Boralex et Eurowatt notamment.

Signalons enfin l’attribution fin février par le gestionnaire de réseau RTE de plusieurs projets de stockage sur réseau. Ainsi, Total a été choisi pour développer 103 MW de capacités de flexibilité, exclusivement via du stockage par batteries, via Total Flex. Par ailleurs, le démonstrateur de power-to-gas Jupiter 1000, situé à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône, a injecté ses premières molécules d’hydrogène sur le réseau de GRTgaz.

La crise sanitaire du COVID-19 ne devrait pas impacter l’attractivité tricolore

Que réserve l’avenir ? La pandémie est-elle de nature à casser cette dynamique ? Pour l’instant, malgré des difficultés ponctuelles de sourcing des équipements en Chine, les signaux sont plutôt positifs. Pour la plupart des investisseurs et développeurs interrogés, les enjeux de sécurité énergétique, de diversification des sources d’énergie et de neutralité carbone pourraient plutôt conduire à une accélération du développement des énergies renouvelables, notamment en France. Comme l’indique le Baromètre EY 2020 de l’attractivité française publié le 28 mai, les investisseurs internationaux sont très attentifs aux efforts fournis par les Etats pour accélérer la transition écologique.

C’est pour répondre à ces priorités que le gouvernement avait lancé début 2020 son « Pacte productif », un programme de soutien à l’industrialisation avec une priorité donnée à trois filières : l’éolien en mer, la méthanisation et l’hydrogène bas-carbone.

Des incertitudes existent

Pour autant, plusieurs inconnues demeurent. En particulier, quelle sera l’évolution du coût du capital dans un monde post-COVID, et son impact sur le coût de l’électricité produite comme de la valorisation des projets ? Quelle influence d’une baisse prolongée des cours des hydrocarbures fossiles ? Comment est-ce que le développement des technologies de stockage et de smart grid vont jouer sur les modèles de rémunération ?

Comment maximiser les retombées économiques, industrielles et sociales du développement des énergies renouvelables en France ? C’est en répondant à ces questions que la France pourra rester attractive et continuer à rayonner à l’international dans les énergies renouvelables.

Ce qu'il faut retenir

Cette année, la France conserve la 3ème place en termes d’attractivité des investissements dans le domaine des énergies renouvelables. Le solaire photovoltaïque et l’éolien offshore profitent des engagements de long terme du gouvernement définis par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La France tire également parti de la diversification des modèles économiques, notamment via le démarrage des Corporates PPA (Power Purchase Agreement). Malgré la crise du COVID-19, les enjeux de sécurité énergétique, de diversification des sources d’énergie et de neutralité carbone pourraient conduire à une accélération du développement des énergies renouvelables.

A propos de cet article

Par

Alexis Gazzo

Associé, Sustainable Performance & Transformation, France

Accompagner la transition énergétique et climatique.