13 min de temps de lecture 14 juin 2021
Recrutements : un dynamisme retrouvé pour les métiers de l’immobilier et de la ville ?

Recrutements : un dynamisme retrouvé pour les métiers de l’immobilier et de la ville ?

Auteurs
Christophe Lasnier

Directeur, EY Consulting, Secteur public, Immobilier, France

Accompagne au quotidien des pays, des régions et des métropoles pour renforcer leur attractivité économique et améliorer la qualité de vie des citoyens. Passionné par la chose publique.

Marc Lhermitte

Associé EY Consulting, Responsable du programme Attractivité, France

#FDI | #Europe | #globaleconomics | #creativeindustries | #innovation | #geopolitics | #publicprivate

13 min de temps de lecture 14 juin 2021

Les dirigeants de l’immobilier et de la ville semblent avoir quasiment retrouvé leur niveau d’optimisme d’avant-crise, révèle le volet métiers du 5ème Panorama de l’immobilier et de la ville, publié par EY, la Fondation Palladio et Business Immo.

En résumé
  • 79% des dirigeants de l’immobilier et de la ville sont optimistes sur leurs perspectives économiques
  • 78% ont l’intention de recruter d’ici trois ans, en très grande majorité en CDI
  • Les difficultés de recrutement demeurent élevées
  • À l’avenir, les collaborateurs devraient télétravailler 1,7 jour par semaine

1. Malgré la crise sanitaire, les incertitudes et transformations à l’œuvre sur les différentes classes d’actifs (bureau, commerce, logement neuf, hôtellerie…), les dirigeants de l’immobilier et de la ville semblent avoir quasiment retrouvé leur niveau d’optimisme d’avant-crise.

Menées au cœur des deuxième et troisième vagues épidémiques, nos enquêtes révèlent que 79% des dirigeants sont optimistes au printemps 2021 contre 54% à l’automne 2020, soit une progression de 25 points. Ce niveau de confiance s’explique notamment par la mise en place de dispositifs efficaces qui ont permis la poursuite de l’activité (télétravail, protocoles sanitaires renforcés…) et par l’optimisme porté par la campagne vaccinale dans un contexte marqué par des transformations profondes et de nombreuses incertitudes sur les différentes classes d’actifs (bureaux, centres commerciaux, logements neufs…).

2 . Les intentions de recrutement des dirigeants restent dynamiques.

Le rythme des recrutements, qui s’était figé au printemps 2020 – principalement sous l’effet d’une posture attentiste des entreprises – a repris depuis l’automne pour répondre au niveau d’activité élevé et à la bonne santé des carnets de commandes.

Autre signal positif, la crise sanitaire n’altère pas la nette préférence des recruteurs pour le CDI. La majorité des entreprises propose aussi des stages, apprentissages ou alternances, ce qui leur permet de remplir leur mission de formation et d’accompagnement envers les plus jeunes tout en se dotant de compétences clés pour l’avenir.

3. Les difficultés de recrutement demeurent élevées.

Les dirigeants mettent en avant deux explications principales à ces difficultés : l’inadéquation entre les compétences recherchées et les profils des candidats, et le manque de candidatures. Le premier facteur est structurel et persiste depuis plusieurs années : les entreprises recherchent des compétences rares, notamment dans quelques métiers spécifiques tels que l’assistance à maîtrise d’ouvrage, le pilotage de chantier et l’ingénierie.

Le manque de candidatures relève davantage de la conjoncture : les DRH constatent une baisse du turnover dans les entreprises, du fait d’une certaine réticence des salariés à changer de poste lors de cette période de fortes incertitudes.

4. Les recruteurs recherchent des profils variés, que ce soit selon le niveau d’expérience, le niveau de diplôme ou le type de formation initiale.

92% des dirigeants recrutent des profils avec 3 à 10 ans d’expérience, ce qui en fait le profil le plus recherché. La crise ne semble pas avoir altéré la volonté des dirigeants de recruter des débutants (recherchés par 64% d’entre eux).

Enfin, la crise sanitaire n’a pas bouleversé les équilibres concernant les qualités recherchées par les recruteurs chez les futurs collaborateurs : esprit d’équipe, sens du service client, rigueur, flexibilité et autonomie constituent le quinté gagnant pour convaincre les recruteurs.

5. Transition écologique et bas carbone : vers une transformation profonde des métiers existants.

Les DRH interrogés estiment que les enjeux environnementaux nécessitent une évolution forte de tous les métiers de la filière pour prendre en compte la complexité de la transition écologique (nouveaux matériaux, nouveaux procédés…). 48% des dirigeants de la filière disent recruter des collaborateurs venus du secteur de l’énergie pour renforcer leurs compétences sur ce domaine.

6. En un an, le télétravail a bouleversé l’organisation des entreprises de l’immobilier et de la ville.

Le télétravail a constitué une révolution dans une filière qui repose avant tout sur le contact terrain avec les chantiers, les visites d’immeubles et la relation de proximité avec les locataires. Malgré les difficultés, les dirigeants tirent un bilan positif de la généralisation du télétravail et 71% d’entre eux estiment que cette pratique sera durable dans la filière.

Les entreprises s’orientent vers un mode hybride, entre présentiel, nomadisme et télétravail, impliquant une responsabilisation accrue du collaborateur et une relation managériale basée sur la confiance. Ainsi, les collaborateurs devraient télétravailler en moyenne 1,7 jour par semaine.

Les étudiants sont également favorables au développement du télétravail, à condition de réaffirmer le rôle majeur du bureau et du mode présentiel. 83% d’entre eux souhaiteraient pouvoir télétravailler 1 à 2 jours par semaine mais seuls 23% le voudraient à hauteur de 4 à 5 jours par semaine.

7. Les étudiants restent optimistes pour leur avenir.

Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, 82% des étudiants se déclarent optimistes quant à leur avenir. Malgré tout, le contexte de crise semble les pousser à rechercher davantage de sécurité dans l’emploi et 95% d’entre eux souhaiteraient signer un CDI.

Au-delà des tendances de long terme (travailler sur des projets concrets, recherche de sens, etc.), la crise sanitaire fait émerger trois critères essentiels dans leur recherche d’emploi : le cadre de vie au travail, le niveau de rémunération et l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Les métropoles de région sont plébiscitées par les étudiants de l’immobilier et de la ville pour leur premier emploi : 77% des étudiants interrogés se verraient débuter leur carrière dans les métropoles régionales, contre seulement 54% en Île-de-France.

  • Méthodologie

    • 480 dirigeants interrogés d’avril à mai 2021
    • 335 étudiants interrogés d’avril à mai 2021
    • 23 entretiens approfondis avec des dirigeants et experts de la filière
    • 33 fédérations et organisations professionnelles partenaires
    • 30 sources, études et analyses principales

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Ce qu'il faut retenir

Malgré la crise sanitaire, les incertitudes et transformations à l’œuvre dans la filière, les dirigeants de l’immobilier et de la ville semblent avoir quasiment retrouvé leur niveau d’optimisme d’avant-crise.

Les intentions de recrutement sont reparties à la hausse et les difficultés de recrutement ne se sont pas estompées.

A propos de cet article

Auteurs
Christophe Lasnier

Directeur, EY Consulting, Secteur public, Immobilier, France

Accompagne au quotidien des pays, des régions et des métropoles pour renforcer leur attractivité économique et améliorer la qualité de vie des citoyens. Passionné par la chose publique.

Marc Lhermitte

Associé EY Consulting, Responsable du programme Attractivité, France

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