5 min de temps de lecture 22 sept. 2021

Performance économique et sociale des start-ups du numérique en France en 2021

Par Franck Sebag

Associé, Assurance, Middle Market, Fast Growing Companies leader, Western Europe

Vaste expérience dans les domaines de l’audit et du conseil auprès de sociétés privées publiques, et une connaissance approfondie des marchés financiers mondiaux.

Contributeurs
5 min de temps de lecture 22 sept. 2021

Les start-ups du numérique ont démontré leur résilience face à la pandémie. Les recrutements ne cessent de croitre et leur chiffre d’affaires demeure en croissance.

Découvrez les enseignements de cette 10ème édition du baromètre de la performance économique et sociale des start-ups du numérique en France :

  1. Les start-ups numériques françaises font preuve de résilience
  2. Les talents restent la clé de la croissance
  3. Un écosystème français favorable
  4. Défis et opportunités futurs

A l’occasion du 10ème anniversaire de notre baromètre, près de 800 start-ups ont répondu à notre enquête, présentée lors du FDDAY le 22 septembre 2021.

Partie 1 : Les startups numériques françaises font preuve de résilience

Malgré la crise de la Covid-19, les start-ups françaises du numérique ont poursuivi leur croissance en 2020 en enregistrant près de 7 milliards d'euros de revenus. Leur chiffre d'affaires global a augmenté de 15% par rapport à 2019 et cette croissance est encore plus forte si l'on exclut le TOP 3 (+19%). La proportion des revenus générés à l'étranger a légèrement augmenté par rapport à l'édition précédente avec 36% des revenus générés à l'étranger (vs 34%).

Les start-ups ont également poursuivi leurs levées de fonds puisque 35% des répondants considèrent que la crise de la covid-19 n'a eu aucun impact. Le montant moyen levé depuis leur création jusqu'en 2020 est de 18,4M€. L'utilisation des fonds levés consiste d'abord à investir dans le produit/la technologie (40% des répondants), suivi par l'objectif commercial et marketing (24% des répondants).

Dans ce contexte, 29% des répondants sont soutenus par des investisseurs internationaux et ce pourcentage atteint 60% pour les start-ups générant un chiffre d’affaires supérieur à 20 millions d'euros.

Cependant, les start-ups ont encore besoin de trouver des ressources pour continuer à se développer. 21% d’entre elles disent être engagées à contracter un emprunt dans les 12 prochains mois et 29% l'envisagent probablement.

Croissance du chiffre d'affaires

+15%

de CA en 2020 par rapport à 2019

Part du chiffre d’affaires à l’étranger en 2020

36%

des ventes sont réalisées hors de France

Partie 2 : Les talents restent la clé de la croissance

En 2020, le nombre de talents employés par les startups du numérique a augmenté de 13 % pour atteindre 42 137 employés. Le recrutement est crucial pour la croissance des startups françaises et reste un domaine d'intérêt important pour les chefs d'entreprise. En 2020, 4 897 emplois ont été créés par les répondants de notre baromètre. Parmi ces recrutements, 77% ont été réalisés en France.

Durant cette édition, la parité hommes/femmes semble s'être améliorée avec 43% de femmes salariées (vs. 36% dans l'édition précédente) mais seulement 11% des dirigeants des répondants sont des femmes (contre 10%).

Pour 2021, les enjeux du recrutement se concentrent sur deux profils : les plus recherchés sont les commerciaux/le marketing/la réussite client et le plus difficile à trouver est nettement le programmeur/développeur (selon 61% des répondants).

Comme nous pouvions l'imaginer, la pandémie a changé les pratiques de travail à distance dont la fréquence est devenue régulière pour 33% des startups et personnalisée pour 36% d'entre elles.

Emplois créés en 2020

4897

dont 77% en France

Attirer des talents reste un défi

64%

considèrent que recruter est la principale barrière à leur développement

Partie 3 : Un écosystème français favorable

Les mesures d’incitations fiscales françaises se sont avérées être largement utilisées par les start-ups numériques françaises depuis plusieurs éditions du baromètre. Cette proportion augmente chaque année. Selon l'édition 2021, 77% (vs. 60%) des participants utilisent le crédit d'impôt recherche, 64% (vs. 50%) le crédit d'impôt innovation et 46% (vs. 42%) ont obtenu le label "Jeune Entreprise Innovante". Ces aides sont principalement utilisées par les start-ups dont le chiffre d'affaires est compris entre 0 et 5 M€.

En 2020, 13% des participants ont subi des cyberattaques (vs 8% en 2019) et 15% ont mis en place de nouveaux protocoles de cybersécurité depuis le début de la pandémie. Cette menace peut aussi être une belle opportunité à saisir pour les startups françaises. Les datacenters sont situés en France ou dans l'UE exclusivement pour 77% des répondants. Seuls 29% des répondants utilisent le cloud public pour héberger leurs serveurs informatiques.

Un écosystème régional dynamique

77%

des répondants ont leurs données hébergées en France

Partie 4 : Défis et opportunités futurs

Les start-ups numériques françaises ne bénéficient pas des opportunités de marchés publics. Selon 79% des répondants, les marchés publics ne représentent que 0 à 25% de leur chiffre d’affaires. Cependant, 55% d'entre elles souhaiteraient y avoir davantage recours. Les principales raisons de ne pas répondre aux appels d'offres publics sont la durée et la complexité de la procédure (34%) suivie par le sentiment que les critères des appels d'offres publics ne sont pas adaptés aux startup (30%).

Concernant les GAFAM, 73% des startups ressentent une dépendance à leur égard, dont 43% se sentent très dépendantes, pensant que "Je ne pourrais pas me développer sans eux". Un autre défi mais aussi une opportunité pour les start-ups françaises pour les années à venir à ne pas négliger.

Selon les répondants, les principaux obstacles au développement sont tout d'abord la difficulté à recruter des talents (pour 64% des répondants), deuxièmement de contracter avec de grandes entreprises (49%), le coût du travail (36%) ainsi que la difficulté à lever de fonds (33%). 

Malgré toutes ces difficultés, les start-ups ont foi en l'avenir. Une grande partie d'entre elles s'attend à une croissance des revenus entre 26% et 50% pour l'année 2021. Pour les jeunes startup l’horizon de trésorerie est évalué à 12 mois au mieux, alors que pour les entreprises générant plus de 50 millions d'euros de chiffre d’affaires, il devrait durer 2 ans.

Après les laborieuses vagues de la pandémie, les start-ups françaises du numérique ont fait preuve de beaucoup de résistance et d'agilité. Pourtant, les défis continueront de se succéder. Pour en tirer parti, il faut saisir les opportunités. Une année passionnante en perspective !

73%

des répondants considèrent être dépendants des GAFAM

55%

d'entre elles souhaiteraient avoir davantage recours aux marchés publics

  • Méthodologie

    Ce baromètre est établi sur la base d’une enquête réalisée auprès de startup remplissant les critères suivants :

    • Avoir établi son siège social en France
    • Ne pas être cotée sur un marché ou être cotée depuis moins de 5 ans
    • Exercer une activité dans le secteur du digital
    • Les données financières communiquées sont relatives aux années 2020 et 2019

    780 start-ups ont répondu à notre enquête (contre 502 en 2020) dont la moyenne d’âge est de 6 ans.

    EY est impliqué en tant que tiers de confiance pour consolider les réponses des participants et assurer la confidentialité des informations individuelles fournies par les répondu.

Ce qu'il faut retenir

EY et France Digitale publient les résultats de la 10ème édition de leur Baromètre annuel dédié à la performance économique et sociale des start-ups du numérique en France, avec près de 800 start-ups pour ce nouveau volet. En 10 ans, la #FrenchTech est passée d’une promesse à une réalité qui se démontre dans les chiffres de notre étude : hyper-croissance, création d’emplois, innovation et attractivité internationale.

A propos de cet article

Par Franck Sebag

Associé, Assurance, Middle Market, Fast Growing Companies leader, Western Europe

Vaste expérience dans les domaines de l’audit et du conseil auprès de sociétés privées publiques, et une connaissance approfondie des marchés financiers mondiaux.

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