2 min de temps de lecture 9 févr. 2022
Les dirigeants français plus optimistes que leurs homologues du reste du monde

Les dirigeants français plus optimistes que leurs homologues du reste du monde ?

Par Bruno Bousquié

Associé, EY-Parthenon, Global Energy Leader, Stratégie et Transactions Leader, France

Définir une stratégie, c’est 80 % de faits et chiffres et 20 % d’humain. Réussir sa mise en œuvre, c’est 80 % d’humain, 20 % de faits et chiffres et une belle dose de technologie. Un défi passionnant.

2 min de temps de lecture 9 févr. 2022
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Les dirigeants de grandes entreprises et grosses ETI affichent un bel optimisme et une belle confiance dans l’avenir qui devraient se traduire par une volonté résolue de croissance.

En résumé :

  • Pour un tiers des dirigeants français et mondiaux la pandémie a provoqué une « disruption » dans leur industrie, mais comparé aux CEO mondiaux, les Français estiment que ce fut pour le meilleur à 23 % (et le pire à 13 %). Leurs homologues mondiaux ont une vision exactement l'inverse. 
  • Les Français sont à 67 % à vouloir accélérer leurs investissements à l’étranger, contre 45 % pour l’ensemble des dirigeants mondiaux.
  • 70 % des dirigeants français considèrent que leurs investisseurs soutiennent des initiatives de croissance à long terme alors que seuls 47 % des dirigeants mondiaux ont le même sentiment.
  • 66 % des dirigeants français considèrent les critères ESG comme un important générateur de valeur pour leur entreprise, alors que seuls 38 % des dirigeants mondiaux ont le même avis.

L’étude CEO Survey 2022 présente une analyse des sentiments des dirigeants (directeurs généraux) dans le monde quant aux défis auxquels ils doivent faire face en 2022 et les années suivantes, aux stratégies de croissance et de développement durable, aux évolutions de leur portefeuille et à leurs perspectives d’acquisition et fusions. 2140 CEO, 100 en France, à la tête d’entreprises dont 80 % ont un chiffre d’affaires supérieur à 500m$ ont ainsi été interrogés.

Les grands enseignements de l’étude menée en décembre 2021

Conséquences de la pandémie

Pour un tiers des dirigeants français et mondiaux la pandémie a provoqué une « disruption » dans leur industrie, dont ils ne qualifient pas le caractère positif ou négatif. Mais là où les CEO mondiaux considèrent que ce fut pour le pire à 21 % (et pour le meilleur à 13 %), les Français ont un avis opposé et estiment que ce fut pour le meilleur à 23 % (et le pire à 13 %). Faut-il y voir la capacité historique des Français à se remettre en cause face aux difficultés majeures ?

Investissements

Alors que près de 20 % des dirigeants mondiaux disent stopper leurs investissements à l’étranger, les Français ne sont que 7 % à afficher une telle réticence, alors qu’ils sont 67 % à vouloir accélérer leurs investissements à l’étranger, contre 45 % pour l’ensemble des dirigeants mondiaux. Pour les dirigeants français, soutenir le développement de leurs filiales internationales apparaît comme une opportunité voire un impératif, malgré un cours de change €/$ affaibli, et malgré un risque géopolitique et des attitudes protectionnistes perçus par les dirigeants mondiaux et français comme le frein principal aux stratégies de croissance.

En phase avec leurs homologues mondiaux, les dirigeants français déclarent à près de 80 % avoir adapté ou prévoir d’adapter leurs chaînes d’approvisionnement et leur empreinte industrielle mondiale. Les pénuries actuelles de matières et de composants ne peuvent pas être subies dans la durée : les grandes entreprises et les ETI repensent donc leurs opérations.

Marque d’un dynamisme assumé ou d’un retard pris au cours des dernières années, les dirigeants français classent en première place la transformation digitale comme domaine d’allocation des ressources (29 %) alors qu’elle n’apparaît qu’en 2ème position (20 %) pour le benchmark mondial.

Soutien des investisseurs

A la question « dans quelle mesure les investisseurs soutiennent-ils vos initiatives de croissance à long terme ? », 70 % des dirigeants français considèrent que leurs investisseurs soutiennent massivement ce type d’investissements alors que seuls 47 % des dirigeants mondiaux ont le même sentiment.

L’écart devient encore plus important lorsqu’il s’agit d’ESG. 65 % des dirigeants mondiaux estiment avoir eu à faire face à la résistance des investisseurs et/ou de leurs actionnaires en matière de stratégie de transition environnementale, alors que seulement 22 % des chefs d’entreprise français font le même constat.

Il faut peut-être voir dans ces deux éléments les conséquences d’une structure actionnariale et bancaire inscrite dans le plus long terme auprès des entreprises françaises.

Engagement environnemental / ESG

66% des dirigeants français considèrent les critères ESG comme un important générateur de valeur pour leur entreprise dans les prochaines années. Ils ne sont que 38 % à avoir le même avis dans le benchmark mondial.

Ce même attachement aux enjeux environnementaux apparaît dans les plans de M&A des dirigeants français : renforcer leur performance ESG, leur empreinte durable figure comme la 1ère activité de M&A envisagée par les dirigeants français, largement en tête avec 48 % alors qu’elle n’apparaît qu’en 2e place pour les dirigeants mondiaux avec 20 %, derrière les acquisitions destinées à augmenter les capacités opérationnelles. Les dirigeant français seraient-ils devenus idéalistes ? Non, il faut y voir la conviction que la dimension ESG joue et jouera un rôle très important dans la création de valeur future.

Activité M&A

Les dirigeants français et mondiaux s’accordent pour envisager des opérations de M&A dans les 12 prochains mois (pour 60 % d’entre eux), orientés vers des acquisitions, puisque seulement à peine plus de 10 % envisagent des cessions.

 

A quelques semaines d’élections majeures en France, les dirigeants de grandes entreprises et grosses ETI affichent un bel optimisme et une belle confiance dans l’avenir qui devraient se traduire par une volonté résolue de croissance, des stratégies intégrant les enjeux environnementaux et sociétaux comme levier de création de valeur, un bon niveau d’investissement soutenus par leurs actionnaires. Optimisme d’autant plus remarquable qu’il est plus prononcé que la moyenne mondiale. Et si 2022 était l’année des entreprises françaises dans le monde ?

Ce qu'il faut retenir

Enfin une enquête concluant à l’optimisme des Français ! Qu’il s’agisse des conséquences de la pandémie, des investissements à l’étranger, du soutien de leurs investisseurs, de l’engagement environnemental, des perspectives de croissance et de la dynamique des fusions-acquisitions, les dirigeants français se montrent plus optimistes et plus dynamiques que la moyenne de leurs homologues du reste du monde.

A propos de cet article

Par Bruno Bousquié

Associé, EY-Parthenon, Global Energy Leader, Stratégie et Transactions Leader, France

Définir une stratégie, c’est 80 % de faits et chiffres et 20 % d’humain. Réussir sa mise en œuvre, c’est 80 % d’humain, 20 % de faits et chiffres et une belle dose de technologie. Un défi passionnant.