5 min de temps de lecture 22 oct. 2018
Plusieurs personnes d’une équipe tenant des ampoules

Avenir de la mobilité : le rôle de la collaboration pour réduire l’écart entre les méthodes traditionnelles et les approches innovantes

5 min de temps de lecture 22 oct. 2018

Les industries de la mobilité se détournent de la production au profit d’une économie basée sur les services. Dans ce nouveau monde, l’innovation et la collaboration sont indispensables pour réussir.

Dans des marchés aussi variés que les services financiers, les voyages et les achats, les organisations fructueuses sont celles qui accordent moins d’importance aux vertus commerciales traditionnelles, telles que les économies d’échelle et les efficacités de la production, pour s’intéresser davantage à l’agilité et aux besoins des clients, tout en adoptant un esprit d’entreprise.

Les industries de l’automobile et de la mobilité prennent le même virage, en passant d’une économie basée sur la production d’éléments tangibles à une économie basée sur les services. Lorsque la principale source de revenus n’est plus le produit fabriqué lui-même (le véhicule), mais plutôt les services proposés autour de ce produit, les objectifs de l’entreprise doivent évoluer. Dans un contexte où l’innovation prend autant d’importance que l’efficacité de la production, la principale question à se poser à ce sujet est la suivante : comment et avec qui faut-il collaborer pour créer les services les plus efficaces et pertinents pour le client ?

Quoi qu’il en soit, évoquer le besoin de collaborer et développer une conscience professionnelle élevée est une chose, mais mettre sur pied une entreprise capable de fonctionner de la sorte en est une autre.

Pour ce faire, les entreprises doivent opérer de profonds changements au niveau de leur direction et de leurs structures organisationnelles, et surtout, instaurer une nouvelle culture plus agile et ouverte.

Au cours du XXe siècle, le père de la gestion moderne, Peter Drucker, affirmait : « L’innovation est l’instrument spécifique de l’entrepreneuriat. L’acte qui dote les ressources d’une nouvelle capacité à créer de la richesse ». Pour les entreprises actuelles, le défi qui se pose au XXIe siècle est de faire à leur tour de l’innovation leur instrument spécifique.

Dans mon dernier article de blog, je décris les principaux obstacles à un avenir de collaboration et d’innovation qui existent au sein des vastes environnements professionnels traditionnels, et je m’intéresse à la façon dont ces défauts peuvent être l’occasion pour les challengers de prospérer. Dans le présent article, j’explore certaines façons dont ces obstacles peuvent être surmontés en donnant à vos équipes les moyens de penser de façon plus innovante et de collaborer plus efficacement à l’échelle de l’organisation dans son ensemble.

Esprit d’entreprise vs. mentalité d’entrepreneur

Dans les environnements professionnels traditionnels, la tendance consiste à diviser les projets en plusieurs parties distinctes, puis à les répartir entre les services opérationnels appropriés. Le principal inconvénient de cette approche est que la responsabilité globale est dispersée. Par conséquent, une équipe qui ne souhaite pas assumer la responsabilité d’un éventuel problème est fortement tentée de l’esquiver en le transférant à un autre service. Au mieux, cela peut entraîner des retards, et au pire, cela peut provoquer un arrêt complet du projet, dans un climat d’évitement et de déni de responsabilité.

Plateformes d’innovation

Comment réduire l’écart entre les manières de procéder traditionnelles et innovantes ? Historiquement, les entreprises ont toujours misé sur l’approche des fusions et acquisitions en achetant des sociétés plus petites et plus innovantes pour tirer parti de leur expertise.

Cependant, les acquisitions sont coûteuses, rigides et s’accompagnent de toute manière des mêmes problèmes culturels. C’est ce qui a conduit à l’essor de la collaboration et des prétendues plateformes d’innovation. En réalité, il s’agit d’enclaves entrepreneuriales qui sont séparées de l’environnement plus vaste des entreprises (généralement au sens propre comme au sens figuré, dans des endroits isolés tels que des espaces de travail pour start-up).

Ces plateformes facilitent la collaboration avec les entrepreneurs externes en éliminant les barrières et en créant un espace dans lequel les règles traditionnelles de l’entreprise ne s’appliquent pas. Les équipes ou « tribus » pluridisciplinaires agiles bénéficient ainsi de l’espace dont elles ont besoin pour innover sans être limitées par des structures organisationnelles traditionnelles.

Elles sont également flexibles et rentables : plusieurs relations collaboratives peuvent être nouées simultanément, et les entreprises collaboratives peuvent être immédiatement reconfigurées ou abandonnées si nécessaire.

Le défi d’échelle

Les plateformes d’innovation peuvent être de grands laboratoires, qui aident les entreprises à résoudre des problèmes spécifiques et à collaborer avec des entrepreneurs externes au sein d’un environnement protégé.

Elles favorisent également l’apprentissage et la formation, en apprenant aux équipes d’entreprise à penser davantage comme des entrepreneurs et en aidant les dirigeants à comprendre les complexités culturelles de la collaboration.

Encadrer pour favoriser un nouvel état d’esprit

Chez EY, nous avons suivi ce parcours aussi bien avec nos clients qu’au sein de notre propre organisation. Ainsi, nous avons pu comprendre les éléments nécessaires à la réussite de l’innovation à l’échelle de l’entreprise. Il ne s’agit pas uniquement de créer un microcosme ; il convient de revoir les règles et les politiques afin de faire émerger un nouvel état d’esprit, propice à une meilleure liberté d’entreprendre à une plus grande échelle, tout en conservant des moyens de contrôle adéquats.

Comment préparer l’ensemble de votre organisation pour qu’elle pense de façon plus innovante ? Bien que la solution courante à un problème de compétences soit de se recycler, vous ne pouvez pas former vos équipes à développer une conscience professionnelle. Vous pouvez toutefois les encadrer de sorte que vos collaborateurs en développent une par eux-mêmes : en mettant en place un programme d’encadrement continu impliquant des entrepreneurs externes et du personnel interne, vous pourrez générer un bien meilleur impact à une plus grande échelle, et ce, de façon durable.

Des mesures d’incitation aux effets pervers

Le dernier point clé à aborder est celui qui a causé la perte de nombreux PDG qui étaient chargés d’un programme de changement majeur : les mesures d’incitation. Aucune personne ne peut développer une conscience professionnelle si elle est évaluée, ciblée et considérée comme une simple roue dans l’engrenage de l’entreprise. C’est pourquoi les indicateurs clés de performance doivent être repensés de sorte à refléter les nouveaux comportements et résultats souhaités.

Ce qu'il faut retenir

À l’heure où les industries de l’automobile et de la mobilité se détournent de leur économie basée sur la production au profit d’une économie basée sur les services, l’innovation et la collaboration sont indispensables pour réussir. Afin de pouvoir réellement innover et collaborer avec de nouveaux partenaires, les organisations doivent opérer de profonds changements au niveau de leur direction et de leurs structures organisationnelles, tout en instaurant une nouvelle culture plus agile et ouverte. 

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