Methanier accostant dans un port industriel avec reservoirs

Panorama 2026 des entreprises françaises au service des acteurs de l’énergie

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Dans un marché en léger repli, les entreprises françaises au service de l’énergie résistent. La confiance progresse, mais les conditions de compétitivité évoluent.


En résumé :

  •  Le marché des acteurs énergétiques en France recule de 328 Md€ en 2024 à 314 Md€ en 2025, tandis que celui des entreprises françaises à leur service reste stable à 46 Md€.
  •  La confiance progresse : 70 % des répondants sont confiants pour les douze prochains mois et 89 % dans leur capacité à innover.
  •  Le capital humain et l’innovation restent les deux priorités, alors que la préférence européenne et les contraintes réglementaires émergent parmi les enjeux de la filière.

Panorama des entreprises françaises au service des acteurs de l’énergie - Édition 2026

Cet article a été corédigé par : Valentin Le Guillan & Camille Lambert

Dans un environnement énergétique marqué par des tensions géopolitiques, des besoins croissants en infrastructures et la recherche d’une plus grande souveraineté industrielle, les entreprises françaises au service de l’énergie continuent de jouer un rôle déterminant. La sixième édition du Panorama EY-EVOLEN met en lumière une filière qui préserve son activité et ses emplois, tout en faisant face à des conditions de développement plus exigeantes.

Une activité stable malgré le repli du marché énergétique

En 2025, le marché des acteurs énergétiques en France s’établit à 314 milliards d’euros, contre 328 milliards d’euros en 2024, soit un recul de 4,3 %. Sur la même période, le marché des entreprises françaises au service de l’énergie se maintient à 46 milliards d’euros.

L’emploi confirme cette capacité de résistance. Les entreprises au service de l’énergie représentent 108 000 postes, un niveau stable par rapport à 2024. Chez l’ensemble des acteurs énergétiques, l’emploi progresse légèrement pour atteindre 296 000 postes, contre 294 000 un an plus tôt.

Cette stabilité ne signifie pas que la filière est à l’abri des tensions. Elle montre plutôt sa capacité à absorber un ralentissement de son marché sous-jacent grâce à la diversité de ses métiers, de ses expertises techniques et de ses débouchés.

Une confiance renforcée, portée par l’innovation

Les entreprises interrogées abordent les prochains mois avec davantage de confiance. Sept répondants sur dix se déclarent confiants dans leurs perspectives à douze mois, soit une progression de 9 points. La confiance dans la capacité à innover atteint 89 %, en hausse de 7 points, tandis que 81 % des répondants restent confiants dans l’avenir de leurs métiers.

Les nouvelles énergies demeurent un relais de développement important : 37 % des répondants anticipent une croissance supérieure à 10 % de leurs activités dans ce domaine au cours des cinq prochaines années. Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une vigilance accrue sur les moyens financiers. La confiance dans la recherche de nouveaux financements s’établit à 52 %, et celle relative à la trésorerie à 70 %.

La lecture d’ensemble est donc nuancée. La filière croit dans ses savoir-faire et dans sa capacité à créer de nouvelles solutions, mais elle reste attentive aux conditions nécessaires pour transformer cette innovation en croissance durable.

Les conditions de compétitivité passent au premier plan

Le capital humain et l’innovation conservent les deux premières places du classement des enjeux opérationnels. La décarbonation progresse à la troisième place, devant le financement. Deux nouveaux sujets apparaissent cette année : la préférence européenne et les contraintes réglementaires.

Cette évolution traduit un déplacement des préoccupations. La question n’est plus seulement de savoir si les entreprises disposent des compétences et des technologies nécessaires pour se transformer. Elle porte aussi sur le cadre dans lequel elles pourront investir, industrialiser leurs solutions et se développer.

Le regard porté sur la compétitivité française illustre cette tension. Si 72 % des entreprises interrogées considèrent la France compétitive par rapport aux autres pays de l’Union européenne, elles ne sont que 26 % à partager ce constat face au reste du monde. L’enjeu consiste donc à préserver une base industrielle et technologique solide, tout en créant un environnement favorable à son passage à l’échelle.

Capital humain : transformer les compétences avec les métiers

Le maintien du capital humain en tête des priorités reflète des tensions persistantes. Plus de la moitié des répondants identifient des métiers en tension dans les opérations et l’exploitation, et 38 % dans l’ingénierie et les projets industriels. Le manque de candidatures qualifiées reste le premier frein au recrutement.

Pour renforcer l’attractivité du secteur, les entreprises privilégient les campagnes de communication sur la filière et ses métiers, la mobilité entre industries ainsi que l’alternance et l’apprentissage. Pour fidéliser, elles citent en priorité la rémunération, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et les possibilités de mobilité interne.

La transformation énergétique est ainsi indissociable d’une transformation des compétences. Attirer de nouveaux profils ne suffira pas : la filière doit aussi favoriser les passerelles, accompagner l’évolution des métiers et proposer des parcours professionnels durables.

Start-up : l’innovation freinée par l’accès au financement et au marché

71 % vs 55 %
71 % vs 55 %

Les start-up occupent une place essentielle dans l’émergence de nouvelles solutions énergétiques. Leur développement reste néanmoins confronté à des obstacles croissants : 71 % des start-up interrogées déclarent rencontrer des difficultés lors de leurs levées de fonds, contre 55 % en 2025.

L’accès au marché constitue un autre point de friction. Les cycles de vente trop longs arrivent en tête des difficultés rencontrées pour contractualiser avec les grands groupes et les acheteurs publics, devant la difficulté à entrer en contact avec ces organisations et des structures d’appels d’offres jugées inadaptées.

Ces résultats rappellent que l’innovation ne dépend pas seulement de la qualité des technologies proposées. Elle suppose également des financements accessibles, des processus d’achat adaptés et une capacité renforcée à connecter les jeunes entreprises aux besoins des acteurs établis.

L’accès au marché constitue un autre point de friction. Les cycles de vente trop longs arrivent en tête des difficultés rencontrées pour contractualiser avec les grands groupes et les acheteurs publics, devant la difficulté à entrer en contact avec ces organisations et des structures d’appels d’offres jugées inadaptées.

Ces résultats rappellent que l’innovation ne dépend pas seulement de la qualité des technologies proposées. Elle suppose également des financements accessibles, des processus d’achat adaptés et une capacité renforcée à connecter les jeunes entreprises aux besoins des acteurs établis.

Panorama des entreprises françaises au service des acteurs de l’énergie - Édition 2026

Ce qu'il faut retenir

L’édition 2026 dessine le portrait d’une filière résiliente et plus confiante, mais dont les conditions de développement évoluent. Les entreprises françaises au service de l’énergie maintiennent leur activité et leurs emplois malgré le repli du marché énergétique. Elles continuent de placer le capital humain et l’innovation au cœur de leurs priorités.

L’émergence de la préférence européenne et des contraintes réglementaires, l’écart de compétitivité perçu entre l’Europe et le reste du monde, ainsi que les difficultés rencontrées par les start-up mettent cependant en évidence un même défi : créer les conditions permettant aux compétences, aux technologies et aux entreprises françaises de changer d’échelle.

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