15 min de temps de lecture 7 janv. 2020

L’industrie française reste attractive pour les investisseurs étrangers

Auteurs

Marc Lhermitte

Associé, Consulting, Responsable du programme Attractivité, France

#FDI | #Europe | #globaleconomics | #creativeindustries | #innovation | #geopolitics | #publicprivate

Pierrick Vaudour

Associé, Audit, Financial Accounting Advisory Services, France

Conseil financier. Chef de projets complexes. Soutient les entreprises grâce à des solutions innovantes. Expertise en finance et en technologie. Focus sur les secteurs industriels.

15 min de temps de lecture 7 janv. 2020

1ère place européenne pour les sites de production d’entreprises à capitaux étrangers, comment la France attire les investisseurs étrangers ?

La France conserve la 1ère place européenne pour les sites de production d’entreprises à capitaux étrangers.

En 2018, la France confirmait sa position de N°1 européen en matière d’implantations et d’extensions d’activités industrielles (« IDE »). Et ce malgré un environnement européen dégradé, marqué notamment par les incertitudes liées au Brexit et les tensions commerciales internationales, mais aussi la situation bien connue de notre compétitivité-coût par rapport à quelques concurrents européens ou mondiaux.

Les 3 premiers pays d'accueil d'IDE industriels (2018)

Elle a attiré 339 projets d’implantations ou d’extensions (+5% par rapport à 2017), suivie de loin par la Turquie (203 projets) et l’Allemagne (152 projets). En raison de l’inconnue Brexit, le Royaume-Uni passait dans le même temps de la seconde à la quatrième place au sein de ce palmarès, subissant une chute de 35 % du nombre de projets accueillis sur son sol (140 en 2018 contre 216 en 2017).

La progression du site France ralentissait néanmoins par rapport à l’année précédente, qui avait vu les IDE industriels bondir de 52 % entre 2016 et 2017, suivant en cela un ralentissement des IDE observé dans l’Europe entière dynamique européenne (- 6%).

  • 3 questions à… Benjamin Binot, DG Procter & Gamble France & Benelux, production de biens de la vie quotidienne (hygiène, produits de beauté, produits ménagers)

    « Notre productivité n’a rien à envier à celle de nos voisins »

    1. Que représente la « marque France » pour Procter & Gamble ?

    Il est de bon ton d’affirmer que l’industrie française est dépassée… Chez Procter & Gamble, on pense exactement le contraire ! On y valorise cette « marque France », liée justement à l’excellence de la production française. C’est ainsi que nous ancrons notre production dans nos territoires français et que nous nous associons aux talents locaux. J’ai moi-même eu la chance de travailler dans notre usine d’Amiens où plus de 1 000 collaborateurs œuvrent chaque jour pour valoriser cette excellence industrielle française due à une formation hors pair, un savoir-faire exceptionnel, une capacité à penser et à innover, le tout au service de la performance.

    2. Comment faire fructifier cette alliance entre haute valeur ajoutée d’une part et Made in France compétitif ?

    Je crois qu’il nous faut, collectivement, gagner une bataille culturelle en luttant farouchement contre l’image parfois “vieillotte” que peut porter notre industrie. Il faut qu’elle soit mieux connue, que l’on pousse plus les formations en apprentissage et que l’on comprenne mieux le rôle que nos industries jouent dans le développement des territoires. Et puis, favorisons la diversité de talents en féminisant les effectifs.

    3. Quel serait votre souhait pour être un industriel français encore plus heureux ?

    L’industrie doit être perçue comme un levier majeur de transformation de notre société. Soyons certains qu’il y a une productivité industrielle française qui n’a rien à envier aux autres.

    À mes yeux, en tous cas, c’est l’une des meilleures au monde et je le revendique avec fierté.

La France creuse l’écart par rapport à ses deux grands concurrents européens

Au Royaume-Uni, l’industrie est l’activité ayant connu la plus forte baisse d’IDE en 2018 (-35 %). A l’origine de ce désamour relatif ? Le Brexit, sans surprise. Interrogés dans le cadre du Baromètre EY de l’Attractivité du Royaume-Uni 2019, 15 % des dirigeants étrangers ont indiqué avoir suspendu leurs opérations d’investissement en raison des inconnues post-Brexit. Notons que pour l’instant, aucun site industriel d’envergure n’a quitté le Royaume-Uni pour s’implanter autre part dans le monde.

La performance tricolore n’est pas un accident. Depuis 2016, la France creuse l’écart avec ses concurrents allemands et britanniques dans la course aux investissements industriels étrangers. Entre 2014 et 2018, les IDE industriels en France ont augmenté de 47 % contre 7 % en Allemagne. Les IDE au Royaume-Uni sont eux en baisse constante depuis 2017 (- 15 %).

Comparaison des IDE industriels en France, le Royaume-Uni et l'Allemagne (2014 - 2018)

A nouveau, cette synthèse n’a pas l’ambition de l’exhaustivité (car les déterminants de l’investissements et la variété des situations sont spécifiques à chaque projet et donc innombrables), mais celle de recenser quelques avantages concurrentiels qui sont mis en avant en 2019 et dessinent le paysage de notre attractivité pour la décennie qui s’ouvre.

La dynamique internationale de certaines grandes filières se renforce...

Si le déficit commercial de la France reste encore élevé (59,9 milliards d’euros en 2018 après 62,3 milliards en 2017), certaines filières industrielles françaises ont su faire de l’international un véritable pilier de leur développement.

La construction aéronautique et spatiale, le naval et la pharmacie sont notamment trois grands moteurs du commerce extérieur entre 2017 et 2018, affichant des soldes excédentaires. Les donneurs d’ordre entraînent dans leur capacité exportatrice des sous-traitants et partenaires, dont un grand nombre d’entreprises à capitaux étrangers viennent produire en France et s’inscrivent pleinement dans les supply chain d’Airbus, EDF, Danone ou Sanofi, par exemple.

Comparaison à la variation du solde commercial entre 2017 et 2018 en Md€

…et la demande d’une industrie premium se matérialise en France par de nouveaux sites de production

Selon les investisseurs interrogés dans le cadre du Baromètre EY de l’Attractivité de la France (2019), la croissance française sera demain portée par des secteurs tels que le numérique (31 % des sondés), l’énergie (28 %), les technologies vertes (21 %), les services aux entreprises (21 %) ou encore l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies (18 %).

Les données de l’observatoire Trendeo confirment la perception des investisseurs. Les secteurs de l’aéronautique (+ 24) et de l’énergie (+ 93) connaissent une augmentation du nombre d’implantations de sites sur la période 2009-2019. Le secteur de la collecte et du traitement des déchets apparaît comme le secteur ayant eu la plus forte croissance sur cette même période.

Création, fermeture et solde annuel net d'usine par secteur (2009 - 2019)

  • 3 questions à… Thierry Merlot, Président Europe, Asie, Pacifique, Moyen-Orient et Afrique d’Hexcel, groupe américain leader mondial des matériaux composites hautes performances à destination principalement de l’aéronautique.

    « Le choix de la France en Europe »

    1. Comment l’entreprise américaine Hexcel investit-elle en France ?

    Basé sur un savoir-faire combinant le textile et la chimie, Hexcel a investi en France plus de 300 millions d’euros au cours des dernières années, tant sur ses sites historiques en Région Auvergne-Rhône-Alpes qu’à Salaise sur Sanne, en Isère, pour lancer une nouvelle usine de fabrication de fibres de carbone. Grâce à cet investissement, nous pouvons répondre aux besoins croissants d’Airbus pour l’A350 XWB, dont la structure est constituée à 53% de matériaux composites en carbone.

    2. Pourquoi avoir choisi Salaise ? La concurrence ne doit pas manquer en Europe ?

    Parmi plus de 80 sites européens en compétition, Salaise était le meilleur choix possible sur le plan stratégique. Il nous permet de nous rapprocher de nos clients aéronautiques et de profiter de l’excellence industrielle tricolore. La qualité des infrastructures installées, la disponibilité des compétences humaines multidisciplinaires et le coût très compétitif de l’énergie électrique sont de formidables atouts. Un accompagnement à tous les niveaux des services de l’Etat ainsi que de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de l’agence Pôle Emploi ont permis la réussite de ces investissements jusqu’à l’inauguration de l’usine de Salaise sur Sanne, en octobre 2018.

    3. La France est donc un choix évident dans le domaine industriel ?

    C’est le cas dans le cadre de notre activité aéronautique et ces investissements de fait confirment les précédents choix d’Hexcel. En 2017, nous avions fait l’acquisition de la société STRUCTIL dans l’Essonne. Par ailleurs, nous continuons à investir fortement dans l’innovation en France à travers l’installation de deux centres de Recherche et Technologie (R&T) en Isère, dont un en partenariat avec Arkema pour préparer les matériaux des programmes aéronautiques de demain.

Les bassins d’emplois et de compétences sont sophistiqués, équipés et variés

Cette capacité à aimanter les IDE s’explique également par la richesse industrielle de ses territoires. De fait, en 2018, les investissements industriels étrangers se localisaient essentiellement en région. Seuls 3 % des nouveaux projets d’investissements industriels ont pris la direction de l’Ile-de-France. La région des Hauts-de-France, le Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes ont particulièrement tiré leur épingle du jeu, captant à elles trois 45 % des décisions d’investissements l’année dernière.

A cela s’ajoutent des facteurs opérationnels fondamentaux. En premier lieu, l’équipement logistique de la France (maillage routier, foncier équipé, plateformes multimodales) propose un maillage dense et qualitatif et l’énergie y est abondante et compétitive. Selon Eurostat, l’Office européen des statistiques, le tarif moyen de l’électricité est de 0,1765 €/kWh en France. Avec un tel tarif, l’Hexagone se place en dessous de la moyenne de l’UE. A titre de comparaison, le coût de l’électricité est bien plus élevé en Belgique (0,2839 €/ kWh), au Danemark (0,2984 €/kWh) et en Allemagne (0,3088 €/kWh).

Répartition des projets industriels sur le territoire français

…et les priorités industrielles sont mieux déployées par l’Etat et les collectivités

Il est indéniable que le France a renforcé récemment sa stratégie de reconquête industrielle autour du Conseil National de l’Industrie et de ses 18 filières industrielles : accélération de 4000 PME par BPI, investissement numérique, apprentissage, mais aussi soutien à l’international sous la bannière « French Fab » et accompagnement à la réduction de l’impact CO2. Un nouveau front s’est ouvert en novembre 2018 avec les 124 territoires d’industrie pouvant faire l’objet d’accompagnements spécifiques afin de renforcer leur spécificité industrielle.

Entre 2009 à 2018, 135 200 emplois industriels y ont été créés selon Trendeo, ce qui représente 58% des créations d’emploi industriels en France sur la même période bien que ces territoires n’aient reçu que 41% des créations d’emplois tous secteurs confondus.

A ces écosystèmes industriels, il faut bien évidemment connecter le tissu académique et scientifique, dans les technologies et secteurs connus, mais aussi celles qui, en pointe aujourd’hui, feront demain la différence entre les économies compétitives. Signe que cet ADN scientifique est de plus en plus reconnu, la France accueillait en 2018 144 projets dans les activités de recherche et de développement…soit plus que le Royaume-Uni et l’Allemagne réunis.

Par ailleurs, les collectivités, en tant que premiers clients et soutiens à l’innovation, contribuent au développement industriel local. Leurs demandes de solutions et d’équipements, par exemple sur les questions de mobilités (douces, décarbonées, multimodales…) mobilisent les industriels français et les incitent à se réinventer.

Top3 des pays d'accueil de centre de R&D en Europe (2017 - 2018)

  • 3 questions à… Robert Herrmann, Président de l’Eurométropole de Strasbourg

    « Soutenir l’industrie dans nos territoires »

    1. Quels sont les atouts industriels de l’Eurométropole de Strasbourg pour les investisseurs étrangers ?

    Ils sont nombreux. Avec le Rhin et ses réseaux routiers et ferroviaires, elle est un couloir naturel de circulation. Au cœur de l’Europe, dans un rayon de 500 kilomètres, elle relie la plupart des capitales et des bassins industriels du Vieux Continent. Quant à sa main-d’œuvre, en lien avec les apprentissages enseignés historiquement par les corporations de métiers et aujourd’hui par les centres de formation des apprentis et des lycées professionnels, elle est très bien formée. L’Université, où officient cinq prix Nobel, témoigne de notre excellence scientifique ! Enfin, parce qu’elle possède une double culture, latine et germanique, notre métropole a toujours su témoigner de sa capacité à s’ouvrir aux autres.

    2. Historiquement, l’Alsace et sa métropole ont toujours attiré beaucoup d’industriels étrangers. Comment l’Eurométropole agit-elle aujourd’hui pour maintenir ce pouvoir de séduction ?

    En dépit de la baisse des dotations de l’Etat, nous avons réussi à dégager des marges de manœuvre budgétaires pour préserver nos ambitions économiques. Et nous en récoltons les fruits ! Les créations d’entreprises et l’emploi augmentent et, dans un cercle vertueux, font progresser les recettes fiscales grâce auxquelles nous pouvons programmer de nouveaux investissements pour la collectivité ! Par ailleurs, les alliances et les partenariats entre l’Etat, la Région et la Métropole permettent d’agir efficacement, en bonne intelligence.

    3. Comment faire mieux ?

    Il faut améliorer l’image de notre région. Il y fait bon vivre… Ce point est essentiel car nos industriels commencent à subir une pénurie de main-d’œuvre sur certains métiers. Il faut aussi arriver à libérer du foncier pour pouvoir accueillir tout le monde au sein de la métropole. A cette ambition s’ajoute celle de la mobilité. Il est en effet vital de fluidifier les flux de personnes et de marchandises pour éviter l’asphyxie. Initié par la métropole, le développement du transport à la demande, qui permet de rallier ses communes sans passer par Strasbourg, devrait notamment nous y aider. Enfin, il faut soutenir les industries naissantes sur notre territoire, telles que le biomédical ou la géothermie, pour continuer à dynamiser notre économie. Une fois de plus, parce que l’union fait la force, la coopération entre l’Etat, la Région, la Métropole est indispensable.

Au final, les dirigeants étrangers croient en l’avenir de notre industrie et estiment qu’elle restera attractive

Savoir-faire technologique, équipement logistique, qualité des compétences, capacité récemment affirmée à s’inscrire dans les grandes ruptures, demande intérieure plus solide et dynamique exportatrice dans certains secteurs...Depuis 2016, la situation de la France est meilleure et son image s’est redressée. La réduction des charges sociales, la réforme du droit du travail et la trajectoire à la baisse de notre fiscalité ont donné des signes favorables aux investisseurs. Tout n’est pas fait, loin s’en faut, tant l’équation de l’attractivité dépend de variables politiques et d’acceptation sociale complexes à combiner.

Mais les investisseurs nous le réaffirment : en 2018, leur perception de l’industrie française restait favorable et 70 % des dirigeants étrangers interrogés dans le cadre du baromètre EY de l’Attractivité de la France 2019 se déclaraient optimistes quant à ses perspectives.

Clairement, en dépit de l’image qu’elle renvoie, écornée par les difficultés d’entreprises parfois emblématiques et, bien que la part de l’industrie dans le PIB tricolore soit inférieure à celle de l’Allemagne notamment (10 %, contre 21 % pour l’Allemagne, l’industrie reste un chef de file méconnu de l’attractivité de la France.

Etes-vous optimistes quant à l'avenir de l'industrie française ?

  • 3 questions à… François Gay-Bellile, Président de Coca-Cola France

    « La France a de nombreux atouts »

    1. Qu’est ce qui unit Coca-Cola et la France ?

    C'est une histoire qui dure depuis 100 ans. Au-delà des produits plaisir autour desquels se rassemblent les consommateurs, le secret de cette longévité réside dans un véritable engagement qui ne s'est jamais démenti : 90 % des boissons que nous commercialisons en France sont produites dans les 6 usines de nos partenaires embouteilleurs implantés sur tout le territoire. Rien d'étonnant donc à ce que Coca-Cola soit le 4ème plus gros investisseur de l’agroalimentaire avec 340 millions d’€ investis dans ses outils industriels en France depuis 2012. Ce lien unique a aussi des répercussions positives en termes d'emplois : 2892 collaborateurs dont 96,40% en CDI, avec également 13 emplois indirects dans toute notre chaine de valeur pour chaque emploi direct.

    2. Quel est « l’atout maître » de la marque France pour un groupe comme le vôtre ?

    Malgré une tendance à l’autoflagellation, la France a de nombreux atouts et ce, depuis longtemps. Mais pour coller à l’actualité, il est clair que, sous le slogan « France is back », le chef de l’Etat a multiplié dès 2017 déplacements et initiatives personnelles pour les promouvoir. Le volontarisme à l’international et les réformes entreprises au début du quinquennat ont indéniablement permis de redorer l’image auprès des investisseurs étrangers, en restaurant une certaine confiance. Confirmant le baromètre EY, Business France assurait également récemment que la France est devenue le 2e pays « le plus attractif en Europe », derrière l'Allemagne mais juste devant le Royaume-Uni.

    3. Quel est votre souhait pour les années à venir ?

    Alors que seulement 1 Français sur 6 accorde sa confiance aux politiques et 1 sur 4 aux médias, ils sont également de plus en plus méfiants à l’égard des entreprises. En revanche, ils ont confiance dans leur propre employeur. Ce qui veut dire que lorsque les citoyens/salariés connaissent leur entreprise de l’intérieur, la comprennent en quelque sorte, ils reprennent naturellement confiance. En matière d’attractivité de la France, il est donc pour moi essentiel de réconcilier les français avec l’entreprise et les marques, donner les clés de compréhension (certains codes tels que l’anglais, l’éducation économique / business) et redonner le gout d’entreprendre. Il faut que l’entreprise puisse jouer son rôle pleinement dans l’apport de solution et sa contribution à la société.

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Ce qu'il faut retenir

La France conserve fin 2018 la 1ère place européenne pour les sites de production d’entreprises à capitaux étrangers, avec 339 projets d’implantation et d’extension. Ce classement s’explique grâce à l’effet gravitationnel des leaders industriels français, puissants et exportateurs dans l’aéronautique, la construction navale ou l’agro-alimentaire, par exemple. L’attractivité industrielle premium se matérialise en France par des bassins d’emplois et de compétences sophistiqués, équipés et soutenus par un effort public. Au final, les dirigeants d’entreprises étrangères sont confiants quant aux perspectives de l’industrie française.

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Marc Lhermitte

Associé, Consulting, Responsable du programme Attractivité, France

#FDI | #Europe | #globaleconomics | #creativeindustries | #innovation | #geopolitics | #publicprivate

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Associé, Audit, Financial Accounting Advisory Services, France

Conseil financier. Chef de projets complexes. Soutient les entreprises grâce à des solutions innovantes. Expertise en finance et en technologie. Focus sur les secteurs industriels.