Cerfs volants colores et bobine de fil sur terrasse en bois

Zoom sur l’actualité comptable

Article corédigé par Vincent Louis (Directeur, IFRS Desk France) & Muriel Courel (Associée, IFRS Desk France)

L’arrêté des comptes semestriels 2026 s’inscrit, comme pour les précédentes clôtures, dans un contexte d’incertitudes élevées, accrues par le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février 2026.


En résumé :

  • L’art de bien informer sur un contexte d’incertitudes marquées
  • Nouveaux textes IFRS applicables en 2026
  • Préparation de la première application d’autres normes IFRS

Préparation de l’arrêté comptable au 30 juin 2026

De l’art de bien informer sur un contexte d’incertitudes marquées

Évolution des taux d’intérêt, cours des matières premières, volatilité des marchés financiers, perspectives d’inflation, perturbation des chaînes d’approvisionnement… Autant de paramètres susceptibles d’affecter significativement les estimations comptables.

À l’instar des clôtures précédentes, il importe de mettre au jour le mode d’élaboration de ces estimations tout en veillant à corroborer leur caractère raisonnable au moyen d’éléments probants, en priorité ceux issus de sources d’information externes. À cet égard, les exemples publiés par l’IASB (International Accouting Stantards Board) en novembre 2025 « Disclosures about uncertainties in the financial statements », évoqués dans l’édition précédente, guideront utilement les entreprises. Objectif : identifier les circonstances dans lesquelles des informations sur les incertitudes doivent être fournies et, le cas échéant, quelles informations sont à fournir en annexe.

Les comptes semestriels sont des comptes résumés. Ils constituent une mise à jour des derniers comptes annuels. Une vigilance particulière devrait donc être portée à la fourniture des informations qui permettront aux utilisateurs des états financiers de comprendre, tant la façon dont les événements du premier semestre ont été pris en compte dans le cadre de l’arrêté comptable, que leurs effets sur les états financiers.

La reconduction de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, les demandes initiées par les entreprises visant à obtenir le remboursement des droits de douanes acquittés dans le cadre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), l’existence d’indicateurs de pertes de valeur, constituent autant d’événements susceptibles de devoir emporter la fourniture d’informations en annexe.

Nouveaux textes IFRS applicables en 2026

L’actualité de cet arrêté est marquée par la première application de trois nouveaux textes.

Le premier, « Améliorations aux normes IFRS (Volume 11) », se traduit par des amendements ciblés aux normes IFRS 1, IFRS 9, IFRS 10 et IAS 7. S’agissant d’amendements visant en principe à préciser des dispositions existantes, leurs effets sur les états financiers devraient être très limités.

Le deuxième texte, « Amendements à la classification et à l’évaluation des instruments financiers » (amendements à IFRS 9 et IFRS 7), inclut des dispositions visant principalement les institutions financières : clarifications, notamment, des conditions selon lesquelles un actif financier est ultérieurement évalué au coût amorti.

Ce texte comporte toutefois des dispositions de portée générale. Il introduit un principe : les créances clients et les dettes fournisseurs doivent être décomptabilisées en date de règlement. Ce principe conduit donc à décomptabiliser une créance à la date à laquelle l’entité reçoit la trésorerie afférente et à décomptabiliser une dette fournisseur à la date à laquelle l’entité reçoit la trésorerie de l’entité. Ce principe met donc un terme à la diversité des pratiques sur ce sujet, une entité ne pouvant plus, par exemple, comptabiliser le règlement d’une créance client antérieurement à son encaissement effectif. Les soldes présentés en « trésorerie » dans les états financiers IFRS doivent désormais correspondre à la trésorerie à laquelle la société a accès à la date de clôture. Les amendements prévoient toutefois une exception à ce principe, au cas de certains virements effectués par voie électronique.

Ces amendements prévoient, enfin, un renforcement des informations à fournir au titre de certains instruments financiers, dont les prêts à impact.

Le troisième texte, « Contrats faisant référence à l’électricité produite à partir de sources naturelles », aménage les dispositions d’IFRS 9. Objectif : appliquer son exemption pour usage propre (exemption « own use ») à certains contrats de fourniture d’électricité. Désormais, les contrats éligibles à cette exemption peuvent ne pas être comptabilisés comme des instruments dérivés. Le nouveau texte permet également d’appliquer la comptabilité de couverture à certains contrats d’achat d’énergie d’électricité sans livraison physique. Ce texte renforce, enfin, les informations à fournir sur les contrats en fourniture d’électricité, auxquels l’exemption et la comptabilité de couverture auraient été appliquées.

Préparation de la première application d’autres normes IFRS

L’exercice 2026 devrait également être marqué par la poursuite des travaux relatifs à la première application de la norme IFRS 18. D’application obligatoire à compter du 1er janvier 2027, cette norme, consacrée à la présentation des états financiers, introduit trois changements principaux :

  • des exigences renforcées en matière de granularité de l’information fournie dans l’ensemble des états financiers de synthèse et dans les annexes sur la base de principes d’agrégation et de désagrégation de l’information ;
  • une nouvelle structure du compte de résultat ;
  •  et une nouvelle note annexe obligatoire, dédiée à la présentation et à l’explication des sous-totaux de charges et de produits utilisés à titre d’indicateurs alternatifs de performance par la direction (Management Performance Measures) dans sa communication financière.

IFRS 18 impose également des modifications ciblées pour la préparation du tableau des flux de trésorerie.

La nouvelle norme va donc bien au-delà d’un simple exercice de reformatage du compte de résultat.

Les régulateurs portent une grande attention à cette mise en œuvre, comme en témoigne la publication récente d’un Public Statement de l’ESMA Reshaping performance: Implementation of IFRS 18. Dans cette publication, l’ESMA attire l’attention sur certaines dispositions d’IFRS 18. Elle rappelle également la nécessité de procéder à un enrichissement graduel des informations à fournir dans les états financiers publiés courant 2026, au titre des effets attendus de la nouvelle norme.

L’exercice 2026 est, enfin, l’occasion pour les entreprises de prendre connaissance de la norme IFRS 20, publiée le 27 mai. Applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2029, cette norme impose un modèle de comptabilisation pour les actifs et les passifs règlementaires c’est-à-dire les actifs et passifs qui découlent d’accords aux termes desquels un régulateur détermine la rémunération à laquelle une entité a droit au titre des biens livrés ou des services rendus à ses clients. Les entreprises peuvent ainsi déterminer si la norme leur est applicable et, si c’est le cas, initier dès que possible sa mise œuvre.

 

A propos de cet article

Articles associés

Conseil d’administration du futur : ce qu’il faut retenir de notre étude

Publiée au premier semestre 2026, la première partie de l’étude « Comment réinscrire les conseils d’administration dans une vision stratégique de long terme ? », s’appuie sur des entretiens avec une trentaine d’administrateurs de société siégeant dans une centaine de conseils.

Reporting de durabilité 2026 : préserver les fondamentaux via un cadre recentré & la refonte des normes.

Le reporting de durabilité évolue en 2026 avec la révision de la CSRD, des normes ESRS et de la taxonomie, impactant directement les entreprises.

Énergie : les enseignements du conflit au Moyen-Orient

L’attaque de l’Iran par Israël et les États-Unis le 28 février 2026 a provoqué la plus importante disruption de l’histoire du marché pétrolier mondial.

Zoom sur l’actualité fiscale

Prolongation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises et mise en œuvre du Pilier 2 : modalités d’application, obligations déclaratives GloBE et contraintes opérationnelles associées.