Pièces d’échec sur un échiquier

Perspectives macroéconomiques

Juin 2026


Un avenir incertain – Ce qui se profile à l’horizon pour les entreprises canadiennes


En bref

  • Les tensions et conflits géopolitiques influent sur la volatilité macroéconomique. Mais la géopolitique n’explique pas tout.
  • Selon le plus récent sondage sur les perspectives des chefs de la direction qu’a réalisé EY‑Parthenon, le niveau de confiance est modéré, mais stable, tandis que les leaders en sont à explorer les possibilités découlant de la conjoncture disruptive.
  • Dans un contexte où le Canada doit composer avec une croissance limitée et une conjoncture anémique, les leaders qui se concentrent sur les facteurs fondamentaux peuvent avoir plus de facilité à s’adapter et à renforcer leurs capacités de résilience.

Au Canada, les autorités publiques, les consommateurs, les chefs de la direction et les autres parties prenantes doivent apprivoiser une toute nouvelle réalité. Un risque lié à l’exécution vient de pair avec les solutions envisageables. Le Canada a besoin des talents, des compétences, des capacités et des ressources matérielles lui permettant d’exceller dans la réalisation de mégaprojets d’intérêt national, l’exploitation des possibilités d’innovation et l’activation d’autres leviers susceptibles de stimuler l’économie nationale. C’est ce qui amène de nombreux leaders à se concentrer sur les facteurs fondamentaux.

Un trimestre caractérisé par une croissance lente, une conjoncture défavorable et des pressions structurelles

Au Canada, les perspectives de croissance restent limitées. Qu’est‑ce qui freine la relance économique? Le faible dynamisme du marché du travail, le moral en berne des consommateurs, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et l’incertitude persistante sur la scène géopolitique y sont pour quelque chose. Plus particulièrement, le trimestre écoulé se caractérise comme suit :

  • Le PIB a stagné. La croissance des importations et la poursuite du déclin des investissements d’entreprise laissent entrevoir une reprise lente et irrégulière.
  • L’inflation s’est maintenue à un niveau près de la cible, mais devrait augmenter très graduellement. Cette augmentation devrait découler dans une certaine mesure de la volatilité à court terme induite par les aléas dans le secteur de l’énergie.
  • La confiance des consommateurs s’est érodée, dans un contexte où ceux‑ci ont du mal à composer avec les enjeux d’abordabilité et les pressions qui s’exercent sur le marché du travail. Une embellie graduelle pourrait se produire en 2027, à mesure que les revenus réels se stabiliseront et que la conjoncture économique s’améliorera.
  • Les orientations politiques sont restées inchangées, et la Banque du Canada maintiendra probablement ses taux autour de 2,25 % tout au long de 2026.

Somme toute, la croissance devrait se maintenir à un taux avoisinant ~0,9 %, tandis que l’inflation attribuable à l’augmentation des prix de l’énergie et la persistance de l’incertitude auront une incidence sur la situation dans les mois à venir.


En dépit de l’incertitude, les entreprises canadiennes s’adaptent aux changements, tout en se préparant pour l’avenir

Une transformation s’opère au sein de l’équipe de direction de toutes les entreprises canadiennes. Les leaders s’habituent à la volatilité, tout en prenant conscience que les conditions opérationnelles actuelles reflètent une transformation structurelle globale qui est vouée à perdurer.

Il est intéressant de souligner que la confiance des entreprises s’améliore progressivement, malgré l’incertitude persistante et l’augmentation des coûts de production et des autres coûts. Des indicateurs tels que les prévisions de croissance des ventes, la reprise des investissements et les intentions d’embauche semblent favorables. De fait, selon le plus récent sondage sur les perspectives des chefs de la direction qu’a réalisé EY‑Parthenon, le niveau de confiance est modéré, mais stable, tandis que les leaders en sont à explorer les possibilités découlant de la conjoncture disruptive. Ces derniers accordent la priorité au renforcement de leurs capacités de résilience et à la gestion rigoureuse de leurs coûts – surtout dans une optique d’encadrement de la croissance –, de même qu’à la réalisation de gains d’efficacité opérationnelle.


Quelles sont les conclusions à tirer finalement de la situation qui a prévalu au cours du trimestre écoulé?.

Sur le plan macroéconomique, trois dynamiques essentielles sont de plus en plus susceptibles de caractériser le contexte opérationnel au deuxième semestre de l’exercice :

  • La persistance des tensions géopolitiques engendre des pressions plus soutenues sur le marché de l’énergie, entraînant des répercussions sur l’inflation, les flux commerciaux et la croissance économique en général.
  • Il est possible que la mobilisation de 1 000 milliards de dollars en investissements dans des projets d’intérêt national excède la capacité d’exécution disponible, et restreigne le nombre de projets à grande échelle pouvant être menés parallèlement.
  • Les risques liés à la complexité des cadres de réglementation entraînent un ralentissement dans l’exécution de grands projets, advenant le cas où la rapidité d’exécution et l’horizon de prévisibilité ne seraient pas arrimés à l’avantage que le Canada tire de sa stabilité.

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Analyse économique d'EY-Parthenon