Successful team leader and her team on a seminar in the office. Shot of confident businesswoman sitting on the conference table with her coworkers working in background.
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Comment les leaders de la fiscalité et des finances peuvent‑ils établir des fonctions agiles et prospères?

Intégrer la transformation continue à même les fonctions fiscalité et finance leur donne les moyens de recourir à l’IA, ce qui fournit aux entreprises des informations et une valeur enrichie et approfondie.


En bref

  • Sur un horizon de deux ans, 81 % des sociétés prévoient des changements organisationnels, notamment en ce qui concerne leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui représente une hausse de 20 points de pourcentage par rapport aux 12 derniers mois.
  • 86 % des leaders de la fiscalité et des finances ont fait des données, de l’IA et des technologies leur principale priorité.
  • Les fonctions cherchent à doubler le temps consacré à des activités à valeur élevée, tout en réoutillant et en remaniant leurs équipes afin de mettre de l’avant le personnel doté des compétences nécessaires pour maximiser le potentiel de l’IA.

Les entreprises exercent leurs activités dans un monde interconnecté en constante évolution. Les tensions géopolitiques redéfinissent les dynamiques mondiales et ajoutent aux complexités des chaînes d’approvisionnement. Les politiques fiscales et commerciales subissent des changements d’envergure, particulièrement en raison de l’entrée en vigueur de l’impôt minimum mondial du Pilier Deux dans de nombreux territoires et de l’évolution de son champ d’application dans d’autres. En outre, les progrès technologiques sont exponentiels et propulsent le monde vers une renaissance inédite en matière de veille, le tout grâce aux données et à l’intelligence artificielle (IA). 

Les changements auxquels nous faisons face aujourd’hui sont non linéaires, accélérés, volatils et interreliés. Il s’agit à la fois d’un défi et d’un catalyseur de réinvention. Les entreprises les plus prospères ne résistent pas au changement : elles en font leur allié. Des études indiquent que les chefs de la direction proactifs se servent des perturbations comme des occasions d’investir, de renforcer la résilience et de faire croître leur organisation. Ces mêmes organisations qu’ils dirigent sont plus susceptibles de conclure des transactions, de relocaliser leurs activités plus près des consommateurs et de générer une croissance des revenus supérieure à 10 %. Ils y parviennent en tirant pleinement parti de la transformation continue et en faisant des perturbations des moteurs de croissance, pour ensuite mener à bien les priorités d’aujourd’hui tout en se positionnant de sorte à accélérer l’avenir de l’IA agentive. 

Les fonctions fiscalité et finance doivent adopter cette mentalité. Dans le sondage d’EY sur les activités des fonctions fiscalité et finance de 2025, 81 % des répondants apporteront des changements modérés ou importants à leur façon d’exploiter leur entreprise au cours des deux prochaines années, y compris à leurs chaînes d’approvisionnement, en réponse aux pressions géopolitiques dans des domaines tels que le commerce, les tarifs douaniers et la sécurité nationale. Quelque 26 % des répondants y apporteront des changements importants, ce qui représente plus du double du résultat de l’année précédente. Notamment, ils modifieront la façon dont ils intègrent l’agilité dans le modèle opérationnel de la fonction fiscalité afin de mieux gérer l’incertitude et de favoriser leur réussite future.

« Les entreprises prospères ne peuvent se permettre d’attendre que les choses se passent dans les moments de perturbation », affirme Marna Ricker, vice‑présidente mondiale, Fiscalité, EY. Elle ajoute que les fonctions fiscalité et finance joueront un rôle capital dans leur réussite. « Tout changement apporté par les entreprises comporte des incidences fiscales et doit être évalué attentivement par les services fiscaux et financiers, qui exercent leurs activités au confluent des fonctions données, risque et stratégie de leur organisation. Les gagnants changeront la donne et réinventeront les modèles en place en tirant parti de l’IA. »

Aujourd’hui, tout comme les chefs de la direction des organisations les plus performantes, les leaders des fonctions fiscalité et finance revoient de plus en plus leur mentalité en matière de transformation. Plutôt qu’un exercice comparable à un projet dont la fin est prédéterminée, la transformation doit être continue et constante. Il importe donc de munir les équipes d’orientations claires et de la confiance nécessaire pour composer efficacement avec le changement. En somme, les fonctions fiscalité et finance ont besoin d’une structure organisationnelle qui permette aux entreprises de répondre de manière judicieuse et stratégique à un éventail croissant de priorités afin d’offrir des conseils cohérents et une valeur ajoutée à l’ensemble de l’organisation.

Priorités en période de turbulences

Si vous avez une bonne stratégie, vous serez dans la meilleure position possible pour répondre à vos priorités. Cette année, notre sondage a révélé que les fonctions fiscalité et finance mettent l’accent sur l’exécution des trois principales priorités suivantes par ordre d’importance :

  1. Tirer parti des données, de l’IA générative et des technologies pour favoriser l’innovation, l’information, l’analyse prédictive et les rapports automatisés. En tout, 86 % des entreprises ont classé cette priorité au premier rang : les leaders prévoient que l’IA augmentera l’efficacité de près de 30 % au cours des deux prochaines années et libérera 23 % du budget à réaffecter à des activités stratégiques à valeur élevée. Pourtant, la plupart d’entre elles affirment être aux prises avec des difficultés concernant leur infrastructure de données, qui constitue la pierre d’assise du succès de l’IA.

  2. Respecter leurs obligations fondamentales en matière de conformité aux lois fiscales. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de respecter les obligations croissantes liées au Pilier Deux : 81 % des répondants déclarent que l’entrée en vigueur dans leur territoire de l’impôt minimum mondial proposé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est le plus important changement législatif et réglementaire touchant leurs activités, et 85 % d’entre eux indiquent qu’ils paieront un impôt global plus élevé de ce fait.

  3. Arrimer étroitement la stratégie fiscale à la stratégie financière et organisationnelle globale. Aujourd’hui, les entreprises attendent des fonctions fiscalité et finance qu’elles génèrent de la valeur en ajoutant leurs perspectives aux stratégies internes globales, notamment en ce qui concerne la planification de scénarios, les transactions et la modification des chaînes d’approvisionnement : 79 % des répondants font de cet objectif une priorité absolue pour les deux prochaines années. Pour livrer la marchandise, les cadres de la fiscalité et des finances doivent libérer du temps pour agir de manière plus stratégique, en ayant accès à des données en temps réel dans un format compatible avec les solutions d’IA les plus puissantes.

« Je vois les fonctions fiscalité et finance comme des partenaires d’affaires stratégiques et des conseillers d’entreprise dont l’importance ne cesse de croître au fil du temps », déclare le chef des finances d’un fabricant mondial de dispositifs médicaux.

High angle view of large group of business people examining reports while sitting at the table in the office.
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Chapitre 1

Les fonctions fiscalité et finance en état d’urgence

Les données, le Pilier Deux, le commerce, les tarifs douaniers et le besoin de plus de transparence en fiscalité comptent parmi les enjeux les plus pressants.

Les fonctions fiscalité et finance réagissent constamment à une myriade d’événements externes ayant une incidence importante sur les entreprises. Mentionnons entre autres le va‑et‑vient des tarifs douaniers, les différends commerciaux, les conflits armés, l’application de nouvelles lois et de nouveaux règlements par des gouvernements récemment élus, les exigences en matière de durabilité, les progrès technologiques, sans oublier bien sûr une réforme fiscale mondiale d’une ampleur sans précédent.

« L’instabilité géopolitique, qu’il s’agisse de tarifs douaniers ou d’autre chose, accentue énormément l’instabilité des marchés, des chaînes d’approvisionnement et des données financières des sociétés à l’heure actuelle, confie le chef des finances du fabricant de dispositifs médicaux mentionné précédemment. Elle suscite certainement des conversations sur les moyens d’atténuer ou de réduire les risques que l’avenir nous réserve. »

Dans ce contexte de volatilité, les fonctions fiscalité et finance s’attachent à traiter l’enjeu qui les presse le plus, à savoir respecter leurs obligations en matière de conformité, qu’elles soient nouvelles ou non. 

Le Pilier Deux et l’incertitude qui l’entoure comptent parmi les défis urgents

À l’heure actuelle, l’incidence de la conformité aux obligations du Pilier Deux est une grande préoccupation en matière d’observation, avant les tarifs douaniers, les réformes fiscales nationales, la production de déclarations par voie numérique et en temps réel (y compris la facturation électronique) et la gestion des controverses concernant la fiscalité. Même si 81 % des répondants affirment que les règles du Pilier Deux sont les principaux changements réglementaires ou législatifs susceptibles d’avoir une incidence sur leurs activités, seulement 21 % déclarent être tout à fait prêts à répondre aux exigences de communication de l’information sur l’impôt minimum mondial du BEPS 2.0. La plupart d’entre eux (59 %) collaborent avec un tiers fournisseur pour répondre à ces exigences.

En effet, le passif d’impôt subit une hausse attribuable au fait que le Pilier Deux touchera à une variété de décisions d’entreprise, y compris les paramètres financiers des fusions, des acquisitions et des dessaisissements. Dans l’avenir, nous pourrions devoir faire face à des controverses d’ordre fiscal, en particulier dans les cas de double imposition. Par conséquent, les fonctions fiscalité et finance prodigueront des conseils à l’égard des incidences du Pilier Deux dans le cours normal des activités.

Hausse du passif d’impôt
85 %
Pourcentage de répondants affirmant que leur passif d’impôt augmentera en raison de l’impôt minimum mondial du Pilier Deux.

L’année dernière, les tarifs douaniers ont également retenu l’attention des cadres de la fiscalité.

« La gestion de tarifs douaniers ne figure pas dans ma description de tâches, mais les circonstances m’ont amené à y participer d’une manière ou d’une autre, affirme le chef du service de fiscalité d’un constructeur automobile mondial. J’ai consacré beaucoup de temps à la fiscalité d’abord et avant tout (c’est mon travail), mais j’ai également passé une grande partie de mon temps, probablement la moitié au minimum, à m’occuper de questions liées aux tarifs douaniers. »

Une transparence fiscale en constante amélioration

De plus, une décennie de travaux réalisés par l’OCDE, l’Union européenne et certains territoires, notamment l’Australie, ont entraîné un changement complet de paradigme dans l’information que les entreprises publient sur leurs affaires fiscales, ce qui exige des cadres de la fiscalité et des finances davantage de transparence fiscaleEn réponse, les entreprises se préparent à devenir plus transparentes que jamais : la proportion de répondants affirmant qu’ils publieront le total des impôts payés par leur entreprise de manière volontaire a plus que doublé en seulement deux ans, passant de 37 % à 80 %.

La transparence s’améliorant, les autorités fiscales ont accès à plus de données en temps réel et voient leurs analyses se renforcer, ce qui leur permet d’obtenir une meilleure vue d’ensemble des activités de l’entreprise. Outre les informations disponibles à l’échelle mondiale et l’application de l’IA à celles‑ci, ce changement redéfinit les dynamiques entre les entreprises et les organismes de réglementation.

Pour demeurer à l’avant-garde, les équipes de fiscalité et des finances doivent modifier leurs modèles opérationnels afin de pouvoir réagir rapidement dans un contexte réglementaire en évolution constante. Les fonctions fiscalité et finance jouent un rôle capital, en ce sens qu’elles aident les entreprises à ancrer l’information fournie dans des contextes précis, ce qui permet d’éviter les malentendus ou les idées fausses chez les professionnels autres que de fiscalité, et d’éviter ainsi les risques d’atteinte à la réputation. Ces fonctions doivent également s’assurer que l’information publiée correspond bel et bien à celle des dossiers conservés en interne : le recours à l’IA agentive peut contribuer à y parvenir. Pourtant, les autorités fiscales disposent d’un accès et de possibilités équivalents. Quant à eux, les cadres se heurtent à des obstacles attribuables à un ennemi habituel qui devrait cependant être leur allié, à savoir les données.

Problèmes de données

Disposer d’une base de données nettoyées, classées et centralisées est l’ingrédient de base de tout ce que les fonctions fiscalité et finance désirent accomplir en tant que services à conformité élevée et à valeur ajoutée. Cet avantage les aidera à faire la lumière sur la conformité au Pilier Deux, sur les objectifs en matière de durabilité, sur la transparence fiscale et sur les ramifications fiscales des changements dans la chaîne d’approvisionnement et les transactions. Il s’agit également d’un catalyseur nécessaire au lancement de toute transformation reposant sur l’IA : il donne lieu à une efficacité sans précédent, à des informations plus précises et à un avantage concurrentiel.

« Lorsque les leaders font la promotion d’une culture de collaboration reposant sur les données, ils donnent à leurs équipes les moyens d’anticiper le changement, de favoriser l’innovation et de générer une valeur durable », déclare Joe Depa, chef mondial de l’innovation chez EY.

Cependant, les fonctions fiscalité et finance affirment en grand nombre qu’elles continuent d’éprouver des problèmes de disponibilité des données. En effet, 45 % des leaders de la fiscalité et des finances affirment que l’incapacité de mettre en œuvre un plan durable en matière de données, d’IA et de technologie constitue le principal obstacle à la réalisation de la vision et de la raison d’être de leur fonction fiscalité. À ces difficultés s’ajoute l’alourdissement du fardeau réglementaire. Outre le volume colossal de données nécessaires pour répondre aux exigences liées au Pilier Deux et à la transparence fiscale, les entreprises doivent présenter de plus en plus d’information non financière dans des domaines tels que la durabilité et les programmes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), de l’information encore plus difficile à obtenir, à gérer et à structurer. Pour répondre à ces exigences, les fonctions fiscalité et finance doivent intégrer des données extraites de nombreux systèmes hétéroclites et établir une stratégie rigoureuse en matière de données reposant sur un cadre de gouvernance solide.

« La qualité de nos données est médiocre, nous confie le vice‑président de la fiscalité d’un fabricant mondial établi aux États‑Unis. Comment nettoyer mes données? Notamment parce que la préparation des données entraîne de nombreuses pertes d’efficacité dans le service que je dirige. »

Seuls 16 % des répondants affirment avoir une grande confiance dans leur capacité à mettre en œuvre leur stratégie en matière de données, et moins du quart d’entre eux déclarent que leur gestion de données est parvenue à un degré élevé de maturité au sein de leur fonction fiscalité. Parallèlement, seulement 38 % indiquent que leur stratégie en matière de données s’arrime étroitement à la stratégie en matière de données de l’ensemble de leur organisation. Une proportion inférieure (21 %) révèlent qu’ils sont très alignés sur la stratégie en matière de technologie de leur organisation.

Bavesh Patel, premier vice‑président de l’accès au marché et des secteurs chez Databricks, leader mondial des données et de l’IA, insiste sur ce point : des données de qualité et découvrables par l’IA dont l’accès a fait l’objet d’autorisations sont plus qu’utiles. Grâce à elles, les entreprises peuvent se concentrer sur des données formatées pour l’IA afin de libérer le plein potentiel des technologies d’aujourd’hui.

« La promesse de l’IA est aussi solide que les données sur lesquelles elle repose, explique Patel. Les organisations qui souhaitent tirer le meilleur de l’IA doivent agir dès maintenant : préparer leurs données pour l’IA est la première étape essentielle du processus. Cette étape est fastidieuse, mais elle permet d’ouvrir la voie à tout ce que l’IA peut offrir. »

Parmi les répondants, 80 % citent le manque de données prêtes pour l’IA comme étant le principal obstacle à l’avancement de l’IA au sein de leur entreprise. De plus, seulement 17 % des fonctions fiscalité et 13 % des fonctions finance affirment faire preuve d’une grande efficacité dans l’accès aux données, leur organisation, leur utilisation et leur réutilisation. Ces pourcentages s’expliquent principalement par le fait que 91 % d’entre elles déclarent que leurs données sont stockées à trop d’endroits, notamment sur des disques durs internes. 

La promesse de l’IA est aussi solide que les données sur lesquelles elle repose.

Dans les entreprises qui parviennent à utiliser leurs données de manière efficace, certaines pratiques exemplaires dans la préparation des données pour l’IA sont claires : leurs données sont centralisées et la fonction fiscalité peut y accéder. Elles sont adaptées à la fiscalité et stockées en libre accès dans des systèmes sources. De plus, les solutions technologiques sont intégrées, contrairement aux solutions ciblées.

Multi-ethnic coworkers discussing something and sharing ideas in the office.
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Chapitre 2

Établir une main‑d’œuvre informée et plus agile dans les fonctions fiscalité et finance

Les leaders de la fiscalité transforment leurs équipes pour en faire des professionnels agiles, informés et spécialisés en technologie. Il est essentiel de disposer des ressources nécessaires ainsi que de la capacité de prendre des décisions stratégiques et critiques.

Toute stratégie moderne en matière de talents doit s’inscrire dans un processus bien conçu pour favoriser l’agilité. Depuis quelques années, responsables de fournir de l’information utile, les leaders de la fiscalité et des finances jouent un rôle plus important dans la plupart des organisations mondiales. 

Pourtant, les cadres de la fiscalité affirment éprouver des difficultés pour trouver le temps, les gens et les ressources pour répondre à ces exigences, particulièrement lorsque 61 % des leaders s’attendent à ce que la retraite de professionnels seniors de leur fonction fiscalité ait une incidence considérable sur cette dernière, et que 66 % d’entre eux prévoient que l’entrée en profession d’un nombre réduit de comptables entraînera des conséquences. Ces tendances s’ajoutent à une pénurie de ressources et soulignent l’urgence d’actualiser les stratégies en matière de talents, notamment parce que la répartition du temps de travail penche encore fortement du côté de la préparation de données et des activités de conformité.

« Nous assistons à un changement de paradigme dans la façon dont les fonctions fiscalité et finance abordent la conformité, constate Jill Schwieterman, leader mondiale, Services gérés de fiscalité et Observation et déclaration, EY. Si les fonctions fiscalité et finance subissent de fortes pressions pour remplir leurs obligations en matière de conformité, elles doivent également fournir plus d’information à leur organisation. Elles ont besoin de nouveaux modèles opérationnels souples et hautement résilients pour remplir leur mission. »

Le personnel interne de la fonction fiscalité consacre actuellement 53 % de son temps à des activités routinières et 16 %, à des activités spécialisées. Les répondants déclarent vouloir diminuer le temps consacré aux activités routinières de plus de la moitié (21 %) et doubler celui consacré aux activités spécialisées, pour le porter à 34 %.

« J’ai consacré temps et énergie à transformer ma fonction fiscalité afin qu’elle passe d’une simple fonction d’observation à une fonction à valeur ajoutée, et je continue à le faire », déclare le chef du service de fiscalité du constructeur automobile précédemment cité. Pourtant, il ajoute : « J’ai des projets que je ne peux pas entreprendre pour l’instant parce que je n’en ai pas les ressources. »

J’ai des projets que je ne peux pas entreprendre pour l’instant parce que je n’en ai pas les ressources.

Le personnel de la fiscalité et des finances traverse une transformation fondamentale, puisque les leaders tirent parti des technologies reposant sur l’IA et des capacités de données avancées afin d’aller au‑delà du traitement routinier pour passer à la prise de décisions fondées sur des données. Ce changement n’est pas qu’une question d’efficacité : il s’agit de rendre possibles les analyses prédictives et l’automatisation intelligente afin de libérer la pleine valeur des données organisationnelles. Afin de prospérer dans ce contexte, les organisations ont besoin d’une nouvelle génération de professionnels de la fiscalité et des finances qui savent faire preuve de jugement stratégique et d’esprit critique, tout en maîtrisant les technologies émergentes, les analyses de données et l’IA, ainsi qu’en étant dotés d’une expertise technique approfondie en fiscalité.

Ce besoin d’un nouveau genre de professionnel de la fiscalité explique pourquoi 89 % des leaders de la fiscalité et des finances déclarent renforcer les compétences du personnel en place; 81 % embauchent des gens dotés de compétences autres que des aptitudes techniques en fiscalité; et 62 % redéfinissent les rôles et les responsabilités, notamment en formant des équipes se consacrant entièrement à des activités à valeur élevée.

D’après le sondage, le recours croissant au cosourçage pour les activités fiscales telles que les déclarations par voie électronique, la documentation des prix de transfert et l’observation en matière de taxes indirectes est une autre dynamique qui redéfinit les attentes à l’égard de la main‑d’œuvre de demain. Par exemple, 69 % des activités de routine, dont la collecte, le rapprochement et le nettoyage de données ainsi que la préparation des documents de travail et des déclarations de revenus, sont réalisées par des fournisseurs externes. De plus, le cosourçage permet au personnel de consacrer moins de temps aux tâches routinières, ce qui lui permet de se concentrer sur les tâches de conseil. Environ 85 % des répondants affirment que le cosourçage a modérément ou considérablement amélioré leur capacité à se consacrer à des activités fiscales et financières à valeur élevée.

« Ici, l’objectif est de libérer des ressources, d’être plus agile et de prendre des décisions plus rapidement », explique le chef des finances du fabricant de dispositifs médicaux cité plus haut.

Forte demande d’esprit critique

Si d’excellentes compétences techniques en fiscalité sont susceptibles d’être le principal critère d’embauche, les cadres de la fiscalité accordent une valeur accrue à des compétences plus abstraites qui seront nécessaires à l’analyse et à la communication efficaces des données.

Près de l’entièreté des répondants conviennent que la réflexion stratégique, les compétences de résolution de problèmes et l’esprit critique seront essentiels pour l’embauche de professionnels de la fiscalité capables de gérer des perturbations constantes. De plus, 78 % citent l’importance des compétences de communication et de collaboration.

Aptitudes en prise de décisions
85 %
Pourcentage de répondants affirmant que la réflexion stratégique et la résolution de problème sont les compétences qu’il importe le plus de perfectionner chez les futurs professionnels de la fiscalité.

« Lorsque les nouvelles recrues me sont présentées, elles ont été approuvées sur le plan technique, déclare le vice‑président de la fiscalité d’un fabricant établi aux États‑Unis. Ce que je me demande par la suite, c’est si elles ont les compétences nécessaires pour croître, s’améliorer et avoir des retombées positives sur l’entreprise dans son ensemble. » Les entreprises n’ont pas besoin que d’une intervention humaine dans le déploiement de l’IA : elles ont besoin de l’intervention d’une personne capable de valider et de remettre en question les résultats générés par l’IA. C’est un élément clé des caractéristiques déterminantes des professionnels de la fiscalité d’un nouveau genre qui peuvent être productifs au sein d’une fonction agile en constante transformation.

L’agilité est un ingrédient nécessaire à la capacité d’une main‑d’œuvre de réaliser le potentiel de technologies telles que l’IA. Le sondage d’EY sur le travail réinventé a révélé une corrélation entre l’adoption de l’IA par les employés et une perception positive des initiatives de renforcement et d’actualisation des compétences. Il est raisonnable de penser que les utilisateurs des technologies à évolution ultrarapide sont ceux qui sont les plus désireux et capables d’apprendre, de s’adapter et de se perfectionner. 

Jeune femme d’affaires confiante d’origine asiatique qui travaille sur son ordinateur portable en compagnie de clients dans un espace de travail partagé en plein air
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Chapitre 3

Libérer le potentiel de l’IA

L’IA générative et l’IA agentive s’apprêtent à bouleverser la façon dont la fiscalité fonctionne et s’exerce : les modèles opérationnels doivent donc changer pour tirer parti de la situation.

La nature profonde du travail en fiscalité et en finance se transforme. Le résultat de ce changement dépendra largement de la libération du potentiel des données et de l’IA. En effet, les leaders de la fiscalité et des finances font des outils d’IA leur principale priorité, en particulier l’IA générative et l’IA agentive, pour remplir au quotidien leurs obligations en matière de conformité. En fait, 78 % des répondants affirment que, dans la transformation de leur modèle opérationnel, leur grande priorité est de favoriser une automatisation plus poussée grâce aux données, à l’IA et aux technologies.

Même si elles préparent leurs données et renforcent les compétences de leurs gens, 75 % des fonctions en sont encore aux premières étapes du déploiement de l’IA générative. Par conséquent, la plupart d’entre elles se tournent vers des tiers fournisseurs qui investissent massivement dans l’IA pour réaliser des bénéfices grâce aux investissements mondiaux dans des outils de pointe, notamment les agents d’IA qui collaborent et travaillent en semi-autonomie à automatiser des processus.

Comment réussir avec l’IA

Partout, les entreprises estiment que la conception d’outils d’IA comporte des défis inhérents : s’associer à des fournisseurs pour acquérir des outils d’IA réussit dans 67 % des cas, et les tâches internes effectuées par l’IA ne fonctionnent bien que dans le tiers de ce pourcentage des cas, d’après une étude récente du MIT1. En outre, la même étude conclut que 95 % des répondants éprouvent des difficultés à démontrer le rendement du capital investi dans l’IA, ce qui constitue un écueil majeur pour les entreprises. Il en va de même pour les fonctions fiscalité et finance. Seulement 21 % des répondants déclarent qu’il est particulièrement facile pour eux de concevoir des applications technologiques pour leur fonction fiscalité, et seuls 39 % sont modérément ou pleinement prêts à déployer des agents d’IA.

Ces difficultés peuvent expliquer pourquoi 78 % d’entre eux affirment que collaborer avec un tiers fournisseur doté de compétences approfondies en IA au cours des deux prochaines années représentera un avantage modéré ou important pour leur fonction fiscalité. 

Le chef des finances d’une société mondiale de commerce électronique et d’infonuagique explique que collaborer avec un partenaire donne à la fonction l’accès aux technologies de pointe à grande échelle.

« Je suis d’avis que l’on doit nouer des partenariats avec les professionnels à même de créer rapidement de la valeur, dit‑il. Dans les trois dernières entreprises où j’ai travaillé, j’ai observé nos gens tenter de développer quelque chose en interne, mais nous aurions mieux fait de travailler avec un partenaire externe. »

L’IA à l’œuvre, maintenant

Au fil de nos entretiens, les cadres de la fiscalité et des finances reconnaissent, en général, que leur recours à l’IA est, pour l’heure, très limité. Toutefois, ils estiment que l’utilisation de l’IA et de l’IA générative continuera de transformer les activités des fonctions fiscalité, y compris la manière dont les entreprises interagissent avec les autorités fiscales.

« Nous ne sommes pas encore rendus au point où nous utiliserions l’IA pour produire une déclaration fiscale, et encore moins pour présenter une offre de service, étant donné que le gouvernement n’accepte pas du tout cette manière de procéder. Mais je crois que ces méthodes seront bientôt approuvées, affirme le chef des finances d’un grand détaillant multinational de produits de luxe. Je dirais que, au cours des cinq prochaines années, la production de la plupart des déclarations sera probablement appuyée par un agent d’IA. »

En dépit du défi que représentent les données, l’IA modifie déjà la façon dont bon nombre de cadres de la fiscalité travaillent et la façon dont ils répartissent leur temps. Le chef de la fiscalité d’une banque mondiale explique qu’il utilise l’IA pour faire le tri parmi l’avalanche de mises à jour en matière de fiscalité et de réglementation qu’il reçoit chaque jour.

« De toutes les mises à jour en fiscalité et en réglementation, 95 % ne s’appliquent tout simplement pas, confie le chef de la fiscalité. Donc, disposer d’une IA qui sait vous offrir une liste des principaux éléments qui s’appliquent vraiment à vous et qui supprime les centaines d’autres qui se révèlent non pertinentes est un grand avantage pour les services de fiscalité. »

Dans le même ordre d’idée, le chef de la fiscalité d’un service d’abonnement en ligne établi en Allemagne explique que son entreprise s’est dotée d’une équipe spécialisée en IA pour appuyer la fonction fiscalité. Il a étudié la façon de tirer parti de leurs connaissances pour déterminer comment se servir de l’IA en vue d’automatiser les tâches en lien avec les obligations de conformité. Au‑delà des cycles de production de rapports réglementaires, il s’intéresse à son utilisation pour faciliter la gestion des fichiers principaux et locaux sur les prix de transfert, ainsi que la tenue des dossiers sur les taxes indirectes, y compris les taxes sur la valeur ajoutée. 

« L’équipe d’IA nous aide principalement en ce qui concerne les ressources sur l’observation et la déclaration, notamment pour aider notre équipe interne à prendre son essor, à consacrer moins de ressources à la recherche de documents et à ne pas gaspiller 20 heures à la préparation d’une note de service. »

IA agentive

Aujourd’hui, l’arrivée de lIA agentive est susceptible de transformer fondamentalement les processus internes et accélérer l’automatisation, ce qui, en somme, permettra aux fonctions d’avoir plus de contrôle sur leurs données.

L’IA agentive désigne un groupe d’agents d’IA fonctionnant de manière indépendante sur une tâche, tout en collaborant pour orchestrer des flux de travail complexes, remédier aux anomalies dans les données et prendre des décisions adaptatives en fonction de leur expérience et des commentaires reçus. Une supervision humaine demeure nécessaire. D’ailleurs, les fonctions fiscalité et finance ont pour projet, dans leur futur modèle opérationnel, de se doter d’équipes d’agents d’IA autodirigées qui collaboreront avec les humains afin de produire des résultats beaucoup plus rapidement que les méthodes traditionnelles avec intervention humaine seulement.

« L’IA agentive redéfinit la façon dont les fonctions fiscalité et finance exercent leurs activités, ce qui nous permet de réinventer le conseil et de transformer l’observation et la déclaration, explique Alexandra Loran, leader mondiale, Fiscalité, Données, connaissance et IA, EY. Chez EY, nous sommes à l’avant‑garde de ce virage grâce à notre écosystème multialliances unique : nous collaborons avec des partenaires tels que Databricks, IBM, Microsoft, NVIDIA, SAP, ServiceNow et Snowflake pour concevoir des solutions intelligentes évolutives. Il ne s’agit pas seulement d’automatisation : il s’agit de donner aux clients les moyens de stimuler la croissance et de composer avec la complexité en toute confiance. Ensemble, nous transformons EY et nos clients avec audace grâce à la puissance de l’IA agentive. »

Business people working in high-end modern office
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Chapitre 4

L’agilité et la transformation continue renforcent la résilience pour un changement interrelié et rapide

L’agilité et la transformation continue dotent les équipes de la fiscalité et des finances des moyens de demeurer à l’avant‑garde du changement, tout en ouvrant la voie aux services reposant sur l’IA et en permettant d’établir des activités résilientes prêtes à tirer parti de l’information.

Exercer ses activités en toute confiance dans des périodes d’incertitude demande de l’agilité, de la résilience et l’aptitude d’évoluer à la poursuite d’objectifs. Comme le révèle un article du rapport Megatrends d’EY, les perturbations ne sont pas qu’un défi : elles représentent une chance de repenser la façon dont les organisations fonctionnent, s’adaptent et se développent. Les directeurs de la fiscalité et des finances peuvent exercer plus de contrôle et offrir à leur organisation des services bonifiés fondés sur l’IA.

Cette transformation promeut un modèle opérationnel agile et souple qui évolue au rythme effréné du contexte commercial et réglementaire, et qui prévoit les changements tout en favorisant les activités de contrôle. La transformation des activités n’est plus une initiative ponctuelle : il s’agit dorénavant de concevoir, de mettre en œuvre et d’actualiser en continu un modèle opérationnel stratégique doté d’une mission claire et d’objectifs mesurables. En vue de réussir dans l’époque de turbulences que nous traversons, les leaders de la fiscalité et des finances doivent agir. Les cinq composantes suivantes ne sont pas que les caractéristiques d’un modèle opérationnel moderne : ce sont les mesures essentielles que les leaders doivent prendre pour en concevoir un qui réponde vraiment aux besoins.

1. Établir une infrastructure de données fiables et précises

 

Les organisations se consacrent intensément au nettoyage, à l’organisation et à la centralisation des données. Ces démarches doivent être abordées sous un angle stratégique afin qu’elles ne se limitent pas à remédier aux problèmes courants : elles doivent jeter les fondations de la conformité et du recours à l’information stratégique de l’avenir. Tout d’abord, les données doivent être rendues accessibles et extractibles pour l’ensemble de l’organisation. Se doter d’une vision stratégique en matière de données et d’une architecture s’appuyant sur des technologies modernes de gestion des données pour obtenir une source unique de données fiables, précises et accessibles pouvant être réutilisée à l’échelle de l’organisation est un autre facteur de réussite essentiel.

 

2. Former les professionnels à l’IA et aux données

 

Bien des organisations sont aux prises avec leur propre complexité interne et des processus de développement de technologies laborieux qui brident l’innovation et freinent le progrès. Pour innover rapidement, elles doivent simplifier leur manière de concevoir et de déployer de nouvelles technologies. Dans l’avenir, les professionnels de la fiscalité et des finances devront être en mesure de concevoir des applications nécessitant des compétences de codage minimales et dotées de capacités de formulation de requêtes simples : ces applications existent déjà et s’améliorent rapidement grâce aux progrès réalisés en IA agentive. Agiles et efficaces, ces professionnels de la fiscalité et des finances d’un nouveau genre, dotés des compétences requises pour travailler étroitement avec les technologies de pointe, stimuleront l’innovation, faciliteront l’exploration de données et augmenteront la productivité.

 

3. Établir des normes et une gouvernance claires à l’appui d’un modèle opérationnel réactif

 

Un cadre de gouvernance efficace allie contrôle et flexibilité pour aider les organisations à faire face aux turbulences du marché et à s’adapter. Il joue également un rôle crucial dans l’atteinte d’un équilibre entre la centralisation et la décentralisation permettant l’évolutivité et la réactivité.

 

4. Améliorer continuellement la collaboration interfonctionnelle

 

Les fonctions fiscalité et finance doivent collaborer plus étroitement avec les TI et formuler leurs besoins. Une meilleure harmonisation conduira à l’élaboration de stratégies en matière de technologie et de données favorables aux objectifs des fonctions fiscalité et finance. Dans l’optique d’améliorer cet aspect, il peut s’avérer utile d’adopter une mentalité de plateforme : des données et des technologies accessibles, intégrées et conçues pour favoriser la collaboration à l’échelle de l’organisation.

 

5. Collaborer avec des fournisseurs de confiance pour accélérer la transformation

 

Le sondage révèle que ce type de collaboration aide les organisations à établir des normes, à fournir des outils et de la formation ainsi qu’à favoriser la réussite à long terme de façon méthodique et efficace. Les partenariats stratégiques, notamment en ce qui concerne les principales activités de cosourçage, aident les fonctions fiscalité et finance à demeurer à l’avant‑garde du changement tout en produisant des résultats opérationnels concrets.

Résumé

Afin de prospérer dans les périodes tumultueuses, les services de fiscalité et de finances doivent concevoir des modèles opérationnels agiles qui leur permettent d’évoluer en toute confiance, en étant prêts pour les défis d’aujourd’hui et pour ce que l’avenir leur réserve. Il s’agit notamment de répondre en tout temps aux obligations changeantes de conformité, en particulier en ce qui a trait à l’impôt minimum mondial du Pilier Deux, de préparer les données pour l’IA et de remanier la main‑d’œuvre, afin de tirer le meilleur de l’information et de la puissance que l’IA promet d’offrir, le tout dans l’objectif ultime de dégager encore plus de valeur pour l’organisation. 

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