En raison de la transformation rapide du contexte réglementaire, les obligations de présentation de l’information ne feront qu’augmenter. Comme il est mentionné plus haut, le secteur des sciences de la vie est un secteur très rentable, ce qui l’expose aux changements de lois fiscales et à une hausse importante des litiges, alors que les gouvernements cherchent à récupérer des revenus fiscaux à l’aube de la reprise de la pandémie de COVID‑19 et compte tenu des autres perturbations.
Or, la numérisation des rapports sera également essentielle à cet égard. Se conformer aux exigences en matière de déclaration de revenus numériques courantes de plus en plus contraignantes accroîtra encore davantage la charge de travail, les coûts et le profil de risque des fonctions fiscalité et finances des sociétés du secteur des sciences de la vie.
Selon le sondage d’EY sur les activités fiscales et financières, les sociétés ont déclaré prévoir engager en moyenne près de 10,6 M$ dans la technologie fiscale au cours des cinq prochaines années, plusieurs d’entre elles prévoyant également faire appel à des tierces parties pour obtenir du soutien. Parmi les répondants, 46 % ont indiqué que l’avantage le plus important découlant de l’établissement d’un partenariat avec un fournisseur aux fins de l’impartition en cosourçage de leurs activités liées à la conformité sur le plan fiscal dans plusieurs pays et de leurs obligations de présentation de l’information était la réduction des risques, alors que 31 % ont indiqué la réduction des coûts.
Le défi de la technologie
Outre le fait que les autorités fiscales demandent des volumes élevés de données numériques, certaines en temps réel, les sociétés du secteur peuvent s’attendre à ce que d’énormes pressions soient exercées sur le système en raison du volume de données et des calculs découlant du nombre élevé de nouvelles règles.
« D’importantes multinationales doivent déjà accéder, transformer et extraire des renseignements provenant de volumes importants de données dont elles n’ont jamais eu à se préoccuper, déclare Rick Fonte, leader mondial, Fiscalité, Secteur des sciences de la santé et du mieux‑être d’EY Mondial. Sont‑elles même en mesure d’accéder efficacement à ces données à partir de leurs systèmes actuels? Si c’est le cas, peuvent‑elles transformer et organiser les données afin qu’elles puissent être utilisées dans l’ensemble des processus liés aux provisions, à la planification et à la conformité, de façon à ce que les utilisateurs puissent les comprendre et les interpréter? »
Les sociétés ont déjà consacré en moyenne entre 40 et 70 % de leur temps à rassembler des données et à les rendre pertinentes, soit un point de données qui semble tellement contradictoire compte tenu des capacités automatisées offertes de nos jours. « Lorsque vous avez pris en compte la BEPS 2.0 et les enjeux ESG, le défi lié aux données devient plus complexe et coûteux », d’ajouter Fonte.
Alors que l’automatisation est l’un des éléments essentiels, la technologie actuelle au sein des entreprises du secteur des sciences de la vie accuse en général un certain retard. Par exemple, seulement 27 % ont régulièrement recours aux plateformes infonuagiques, et seulement 20 % utilisent couramment l’automatisation. Plusieurs systèmes informatiques et processus ont été établis en tenant compte de la manière dont la fonction finances gère l’entreprise, sans tenir compte de la granularité des données et des rapports requis à des fins fiscales.
Plusieurs entreprises chercheront à mettre à jour leurs systèmes ERP dans un proche avenir. Par conséquent, la fonction fiscalité des sociétés du secteur des sciences de la vie doit s’assurer que ses besoins en matière de données et de technologie sont communiqués et pris en compte dès le début des phases de planification de tout projet ERP. « Il ne s’agit pas d’un problème propre au service de la fiscalité, mais d’un problème dans l’ensemble de la société, précise Ronald van den Brekel, leader mondial de la stratégie et de l’innovation de prix de transfert, EY. Les sources de données proviendront du service des finances, des RH et des services juridiques, et les systèmes doivent être conçus de façon à tenir compte de ce fait. »
Les équipes de fiscalité ont l’occasion, grâce à ces mises à jour, de créer les informations fiscales appropriées. Prenons par exemple la tarification propre aux unités de gestion des stocks (UGS) compte tenu du processus intégral du prix de transfert intégré à ERP. Ce faisant, l’entreprise dans son ensemble est également avantagée, car elle permet aux fonctions, dont la planification financière et l’analyse, de prédire la rentabilité de façon plus précise.
Puis il y a l’option de cosourçage. Selon le sondage des Services en gestion des fonctions fiscalité et finances d’EY, les avantages les plus importants découlant de l’établissement d’un partenariat avec un fournisseur aux fins de l’élaboration d’une stratégie et d’une solution approfondies de transformation des données et de la technologie pour la fonction fiscalité interne sont un profil de risque fiscal réduit (48 %) et une valeur accrue (29 %).
« Personne ne fera cavalier seul, et il ne doit pas en être ainsi, disons‑le comme ça, précise Fonte. Certaines des plus grandes entreprises qui possèdent toujours des infrastructures technologiques et informatiques bien financées et disposent de ressources abondantes peuvent tenter de concevoir de nouvelles solutions par elles-mêmes, déclare‑t‑il. Malgré tout, elles se fient grandement sur les conseillers externes et les outils de tiers, surtout du fait des exigences du Pilier Deux de la BEPS 2.0. Les règles fiscales sont trop complexes et elles évoluent rapidement. Ainsi, il est souvent coûteux et trop risqué de concevoir et de maintenir des solutions internes personnalisées. »