Jeune employée d’EY utilisant son téléphone cellulaire tout en se déplaçant en train avec son chien

Les dix principaux risques pour les télécoms en 2025

Personne‑ressource locale : Warren Tomlin associé directeur, secteur des Technologies, médias, divertissement et télécommunications (TMDT), EY Canada

Alors que les entreprises de télécoms continuent de gérer un ensemble grandissant de menaces, voici l’analyse d’EY des dix principaux risques qui les attendent en 2025.


En bref

  • Les défis que posent la confiance et les talents dominent l’environnement de gestion des risques du secteur, les menaces à la sécurité ne cessant d’augmenter, et l’IA responsable et les compétences numériques étant toujours au cœur des préoccupations.
  • La transformation inefficace par les technologies et la disruption de la chaîne de valeur sont de nouvelles préoccupations, témoignant de l’évolution des pressions internes et externes qui sont exercées.
  • Au début de 2025, les entreprises de télécoms doivent adopter une approche holistique de gestion des risques à l’échelle de l’écosystème, et se concentrer sur le rôle des gens et des technologies dans leurs initiatives de transformation.

Le rendement relativement solide des actions des entreprises du secteur mondial des télécoms au cours de la dernière année suggère que ce secteur a relativement bien relevé les défis avec lesquels il était aux prises, comme la crise du coût de la vie. Toutefois, le secteur fait face à des menaces actuelles et nouvelles importantes, et chaque entreprise de télécoms doit les reconnaître et y répondre.

Comme par les années passées, les risques auxquels font face les entreprises de télécoms peuvent être classés en quatre grandes catégories : risque lié à la conformité, risque opérationnel, risque stratégique et risque financier. Cependant, ce cadre général a considérablement changé au cours des 12 derniers mois. Par exemple, le profil de risque du secteur a évolué, sous la pression exercée par la nécessité de se transformer et d’accroître l’efficience et l’agilité internes au moyen de mesures axées sur la main‑d’œuvre et la pile technologique. En même temps, les questions de sécurité continuent d’évoluer rapidement dans différentes directions.

En outre, les risques liés à la concurrence disruptive provenant de l’extérieur du secteur, y compris celle des centres de données de grande envergure, ne cessent d’augmenter, à l’instar des menaces qui planent et ont une incidence sur les chaînes de valeur du secteur. Bien que l’intelligence artificielle (IA) offre clairement des possibilités aux entreprises de télécoms, elle fait peser un certain nombre de menaces qui ont un effet d’entraînement sur bon nombre des dix principaux risques.

Les dix principaux risques pour les télécoms en 2025

Consultez le rapport complet qui contient plus d’informations pour vous aider à renforcer votre résilience en période difficile.

Risque no 1 : Sous‑estimation de l’évolution des impératifs en matière de confidentialité, de sécurité et de confiance

L’IA générative a déjà une incidence positive sur les fournisseurs de services de connectivité, notamment sur les fonctions de soutien à la clientèle. Toutefois, selon l’étude d’EY, les deux tiers des clients veulent qu’on leur explique mieux comment utiliser l’IA, tandis que quatre employés sur dix (selon ey.com US) ne sont pas convaincus qu’ils savent comment utiliser l’IA de façon responsable. Par ailleurs, les menaces à la sécurité évoluent rapidement. L’IA permet d’effectuer des cyberattaques plus intelligemment, tandis que 57 % des entreprises de télécoms sont préoccupées par les attaques à la sécurité qui ont une incidence sur les actifs physiques alors que le nombre de cas de sabotage des câbles Internet sous‑marins est en hausse. À plus long terme, la confiance dans les entreprises de télécoms est soumise à des pressions.


Risque no 2 : Gestion inadéquate des talents et compétences et de la culture

L’étude sur l’avenir des entreprises de télécoms d’EY 2024  a révélé que les priorités des hauts dirigeants du secteur en matière de ressources humaines sont les talents et compétences et la culture. Selon eux, l’insuffisance des budgets vient au premier rang des freins à la transformation au sein de leur organisation, suivie du manque de collaboration en interne et de l’absence de compétences. Comme l’a révélé le Sondage sur le travail réinventé d’EY , le télétravail est le mode de travail privilégié dans ce secteur, ce qui pose des défis particuliers pour la collaboration et l’amélioration des compétences. D’un autre côté, 85 % des employés des entreprises de télécoms sont d’avis que les fonctions de ressources humaines (RH) auront besoin que des changements importants ou modérés soient apportés au cours des cinq prochaines années, mettant en lumière la transformation requise à l’appui d’une meilleure gestion des talents.

Risque no 3 : Inefficacité de la transformation au moyen de nouvelles technologies

À l’avenir, de nombreuses technologies émergentes devraient induire la transformation des entreprises de télécoms. L’étude sur l’avenir des entreprises de télécoms réalisée par EY révèle que l’automatisation des processus et les réseaux logiciels sont à l’heure actuelle considérés comme les principaux inducteurs de transformation, mais que l’IA devrait dominer au cours des années à venir. Des choix stratégiques devront être faits, de la priorisation des cas d’utilisation à la sélection des codes sources libres des grands modèles de langage. Les entreprises de télécoms devront impérativement prendre des décisions quant aux indicateurs clés de performance (ICP) à utiliser. Malgré la confiance élevée dans le potentiel transformateur de l’IA, il sera essentiel de choisir les bons ICP pour évaluer les progrès réalisés par les programmes de transformation.

Indicateurs de transformation technologique

Gens
Systèmes
Processus

Mobilisation des employés / taux net de recommandation

Proportion de logiciels libres mis hors service

Proportion de processus ayant fait l’objet d’une transformation numérique ou d’améliorations par l’IA

Nouvelles recrues ayant un rôle axé sur les logiciels

Mise hors service d’anciennes applications

Nombre d’interfaces de programmation d’applications développées

Équipes agiles ou méthodes agiles en pourcentage de la main‑d’œuvre

Proportion de la charge de travail déplacée vers le nuage

Processus numériques en pourcentage des principales interactions de service

Dépenses engagées pour l’actualisation des compétences

Dépenses de TI en % des revenus

Délai de mise en service des TI

Source : Analyse d’EY

Risque no 4 : Gestion inadéquate du programme de développement durable

Il est essentiel pour les entreprises de télécoms de présenter efficacement les progrès réalisés au chapitre du développement durable. Par ailleurs, selon le Baromètre mondial de la lutte contre les changements climatiques 2024 d’EY, la qualité des informations relativement aux changements climatiques présentées par les entreprises de télécoms a obtenu une note de seulement 55 %, alors que la note attribuée pour l’étendue était de 94 %. Les changements climatiques deviendront probablement un risque important pour bon nombre d’entreprises du secteur, mais seulement 36 % d’entre elles y font référence dans leurs états financiers, et elles le font plutôt sur le plan qualitatif que quantitatif. Autre fait préoccupant, seulement 51 % des entreprises de télécoms et des entreprises technologiques présentent actuellement des informations sur leurs plans de transition à l’énergie renouvelable.

Risque no 5 : Incapacité de profiter des nouveaux modèles d’affaires

Les entreprises de télécoms, soumises à des pressions, doivent chercher de nouvelles avenues pour faire croître leurs revenus, étant donné que les hausses récentes des tarifs d’abonnement pourraient ne pas être viables. Les nouveaux modèles de réseaux‑services attirent l’attention, 92 % des chefs de la direction d’entreprises de télécoms les considérant comme un moteur de croissance essentiel dans l’avenir, alors que de nombreux exploitants doublent le nombre d’interfaces de programmation d’applications réseau, un marché d’une valeur projetée de 6,7 G$ US d’ici 20281.Toutefois, la forte dépendance des entreprises de télécoms aux intermédiaires pourrait faire en sorte qu’il sera plus difficile pour elles d’atteindre leurs objectifs. En même temps, leur capacité à accroître les revenus provenant des entreprises clientes pourrait être compromise par des facteurs comme la « coopétition » et les problèmes de prestation des services.


Risque no 6 : Fiabilité et résilience inadéquates des réseaux

En dépit des mises à niveau des infrastructures en cours, selon l’étude d’EY, pour plus d’un ménage sur quatre, la connectivité à leur réseau de communication fixe à large bande n’est pas fiable, et cette situation ne s’améliore pas d’une année à l’autre. La fiabilité des services de données mobiles est en recul, tant du point de vue de la perception que de celui des niveaux de débit testés, alors que la promesse de réseaux 5G autonomes plus sophistiqués offrant un meilleur rendement prend du temps à se concrétiser. Dans ce contexte difficile, l’IA présente à la fois des possibilités et des risques sur le plan de la qualité du réseau, en ce sens qu’elle aide les exploitants à mieux gérer leurs réseaux, mais qu’elle réduit possiblement la capacité en augmentant le trafic montant.

Risque no 7 : Participation inefficace aux écosystèmes externes

L’évolution des écosystèmes des fournisseurs offre aux entreprises de télécoms de nouvelles avenues de croissance et d’augmentation de l’efficacité. Le recours à des solutions ouvertes de réseau d’accès radio semble avoir plusieurs incidences positives pour les exploitants, allant d’un plus grand choix de fournisseurs à des capacités réseau améliorées. Toutefois, seulement 17 % des entreprises de télécoms sont d’avis que les solutions ouvertes de réseau d’accès radio sont un élément essentiel de leur stratégie réseau, bon nombre de déploiements initiaux reposant toujours sur un seul fournisseur. Les écosystèmes de partenaires doivent également se recentrer, car, selon l’étude Réinventer l’avenir du secteur 2024 d’EY (PDF), les entreprises clientes préfèrent les fournisseurs de services qui offrent des solutions par l’entremise de partenaires. Il sera essentiel pour les entreprises de télécoms de tisser des relations écosystémiques robustes dans l’avenir.

Source : 2024 Open RAN Operator Survey, Heavy Reading, juillet 2024²


Risque no 8 : Incapacité d’atténuer la disruption de la chaîne de valeur

Les entreprises de télécoms s’attendent à ce que la concurrence soit plus vive et évolue au cours des années à venir, signe que de nouveaux défis feront leur apparition. Bien qu’elles considèrent que les autres entreprises de télécoms et les exploitants de réseaux mobiles virtuels (ERMV) comptent parmi les trois principales menaces concurrentielles, elles prévoient que les fournisseurs de services infonuagiques de grande envergure domineront le paysage concurrentiel d’ici cinq ans, les entreprises de télécoms par satellites représentant elles aussi un défi grandissant. Les entreprises de télécoms, qui doivent composer avec l’évolution de ces pressions, tirent de l’arrière en ce qui a trait aux dépenses de R et D, ce qui limite potentiellement leur capacité d’innover à long terme. Selon une étude du secteur, les entreprises de télécoms ne consacrent que 1 % de leurs revenus à la R et D, ce qui est bien inférieur aux 17 % investis par les fournisseurs d’équipement de réseau3.

Risque no 9 : Incapacité de s’adapter au contexte réglementaire et politique changeant

Selon l’étude sur l’avenir des entreprises de télécoms d’EY, les chefs de file du secteur s’attendent à être aux prises avec un éventail grandissant de défis réglementaires et politiques, des domaines émergents comme la réglementation de l’IA et les marchés numériques ayant une incidence de plus en plus grande. La réglementation des fournisseurs de réseau, qui fluctue et diffère d’un pays à l’autre, constitue un autre défi. Parallèlement aux nouveaux domaines de réglementation, des domaines réglementés depuis longtemps évoluent de différentes manières. Divers pays proposent des règles sur le partage du spectre et les mettent à jour, tandis que la portée de la réglementation des prix ne cesse de s’accroître, sous l’influence des politiques de protection des consommateurs, le contrôle des prix constituant même l’une des conditions à l’approbation des fusions.

Source : EY Telco of Tomorrow Survey, juin 2024


Risque no 10 : Inadéquation des modèles d’exploitation pour maximiser la création de valeur

Les stratégies peu capitalistiques continuent de gagner du terrain, les entreprises de télécoms de nombreuses régions morcelant ou cédant leurs actifs composés de tours, de réseaux de fibres et de centres de données. Selon l’étude d’EY, 72 % des chefs de la direction d’entreprises de télécoms sont d’avis que les morcellements ou les désinvestissements augmenteront dans leur région au cours des 12 prochains mois. En outre, 44 % des dirigeants d’entreprises de télécoms croient que, d’ici cinq ans, le secteur sera divisé entre fournisseurs de services réseau axés sur les services au détail, et sociétés d’infrastructures réseau axées sur les services de gros. Bien que les F et A d’entreprises peu capitalistiques présentent des avantages financiers, les possibilités de redéfinir les modèles d’exploitation sont négligées : la plupart des dirigeants croient qu’ils auraient dû faire plus que seulement éliminer les coûts dans le reste de l’entreprise pendant la période de désinvestissement.

Mesures d’atténuation des risques que doivent prendre les entreprises de télécoms

Nous croyons que trois mesures générales peuvent aider les entreprises de télécoms à atténuer les risques que nous avons décrits.

1. Repérer les nouvelles menaces à l’écosystème

La connectivité jouant un rôle de plus en plus central dans la transformation numérique, les entreprises de télécoms doivent repérer les risques qui font leur apparition à l’extérieur de l’organisation, que ce soit dans les chaînes d’approvisionnement, le paysage concurrentiel ou la sphère politique ou réglementaire. Pour repérer ces risques, il faut exercer proactivement une surveillance continue de l’environnement externe. Cela est particulièrement vrai au chapitre des politiques et de la cybersécurité, qui évoluent rapidement.

2. Mettre l’accent sur l’impact des gens et de la transformation technologique

Les entreprises de télécoms adaptent leur programme de transformation en fonction des nouvelles possibilités offertes par les technologies d’avant‑garde, dont l’adoption est accélérée par la hausse des exigences des parties prenantes sur le plan de l’efficacité et du développement durable. Mais, parallèlement au besoin de nouvelles technologies, le besoin d’actualisation des compétences et d’acquisition de nouvelles compétences n’a jamais été aussi criant. Cela signifie que la transition aux nouvelles technologies doit être accompagnée d’une raison d’être organisationnelle claire, d’une protection robuste contre les risques et d’une gouvernance efficace afin de préserver la résilience de l’entreprise à mesure que la mise en œuvre du programme de transformation progresse.

3. Assurer la gestion de bout en bout des risques

L’approche des entreprises de télécoms en matière de gestion des risques doit être holistique et programmatique, jumelée à un processus clair de détection, d’évaluation et de gestion des risques à l’échelle de l’organisation. Pour ce faire, les responsables de la gestion des risques doivent collaborer avec les équipes de toutes les fonctions pour surveiller les risques et évaluer leurs incidences, et passer en revue régulièrement les plans d’atténuation des risques et l’efficacité des contrôles. Surtout, il est essentiel d’intégrer une culture de risque à l’échelle de l’entreprise, une culture adaptable qui répond à l’évolution des risques à mesure qu’ils font leur apparition.


Résumé

Au début de 2025, les entreprises de télécoms font face à un univers de risques qui combine les menaces internes posées par l’impératif d’une transformation des activités et de la main‑d’œuvre et les menaces externes découlant de l’évolution des contextes concurrentiel, technologique et réglementaire. Quelle est la clé d’une atténuation des risques réussie dans un tel contexte? Une perspective prospective des risques qui tient compte des menaces auxquelles l’entreprise et l’ensemble de son écosystème font face, soutenue par une culture axée sur les risques qui permet d’y répondre rapidement et efficacement.

Articles connexes

Comment vous démarquerez‑vous dans le marché actuel saturé de la maison numérique?

Pour réussir dans le marché de la maison numérique en constante évolution, les fournisseurs doivent se démarquer aux yeux de leur clientèle cible. Voici une façon.

EY Canada + 2

Dix principales possibilités pour les entreprises technologiques en 2025

Les entreprises technologiques se trouvent à un tournant, et la transformation est à leur portée si elles suivent ces recommandations d’EY relatives aux dix principales possibilités en 2025.

    À propos de cet article

    Auteurs