Un avenir différent commence par une façon de penser différente

Sujets connexes

Les leaders technologiques canadiens s’expriment sur l’expansion des activités à l’échelle mondiale, grâce à des talents diversifiés, à des stratégies commerciales judicieuses et à une exécution résiliente.


En bref

  • L’expansion mondiale requiert maintenant une stratégie distinctive qui va au-delà de la situation géographique. Il faut désormais établir un équilibre entre le risque et la résilience, tout en visant une croissance à long terme.
  • Les entreprises canadiennes doivent diversifier leurs talents et leur empreinte opérationnelle pour solidifier leur stratégie de conformité et de présence sur le marché et établir des partenariats pour accélérer l’expansion.
  • Les gagnants se tournent vers de nouveaux marchés grâce à des chaînes d’approvisionnement et à des stratégies commerciales bien réfléchies, tout en investissant dans la productivité propulsée par intelligence artificielle (IA) pour être concurrentiels à l’échelle internationale.

C’est l’heure pour le Canada de briller. Innovateurs technologiques. Acteurs de l’écosystème. Entrepreneurs et fondateurs. Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être audacieux et foncer.

Cette ère est indéniablement complexe.

 

À Davos, l’appel à l’action du premier ministre canadien, Mark Carney, était limpide. Son cri de ralliement a pressé le Canada – et les pays aux vues similaires – à tirer parti de cette période de bouleversement commercial, d’incertitude géopolitique et de perturbation macroéconomique. Partout au pays, les chefs d’entreprise et autres parties prenantes ont répondu présent avec fierté et enthousiasme, mais non sans une certaine appréhension – il est bien difficile de ne pas s’inquiéter de la suite des choses.

 

Chez EY, les leaders de tous les secteurs et de toutes les gammes de services restent fermes – ils conseillent tous aux clients (y compris aux grands noms technologiques et industriels) de continuer.

 

Or, la situation géographique n’est qu’un volet de l’expansion mondiale. Il faut une stratégie. Les entreprises technologiques en particulier doivent acquérir une fine compréhension des lois locales et des accords commerciaux pour établir des infrastructures infonuagiques, appliquer des règles complexes en matière de propriété intellectuelle et de protection des renseignements personnels, et adopter des cadres fiscaux peu familiers pour des abonnements logiciels.


Que recommandent‑ils?

MAURICIO ZELAYA

ALORS QUE LES LEADERS DÉLIBÈRENT SUR LE DÉPLOIEMENT DE CAPITAUX pour soutenir des projets canadiens et diversifier nos relations, les chiffres sont clairs pour Mauricio Zelaya. Selon lui, la question de la diversification se joue sur deux grands fronts : les chaînes d’approvisionnement et les destinations d’exportation.

« Ce que l’on a vu relève davantage de la diversification. Cela ne signifie pas de délaisser complètement les États‑Unis; seulement d’en être moins dépendants. Sous le simple aspect de la chaîne d’approvisionnement, vous devez établir un équilibre entre les coûts et la fiabilité. Il ne s’agit pas d’abandonner le marché américain, mais de gérer le risque de façon proactive. Un large éventail de possibilités s’ouvre aux organisations qui atteignent cet équilibre, notamment une combinaison stratégique de projets de développement national, de relations de travail, de voies et de débouchés à l’étranger. Lorsque vous aurez l’habitude de le faire, vous procéderez plus rapidement chaque fois que vous accéderez à l’un de ces nouveaux marchés et l’intégrerez à votre modèle d’affaires. »

ET POUR LE CANADA?

À un plus haut niveau, Mauricio Zelaya espère que les grands projets de développement national allègent les processus pour aider les entreprises canadiennes à saisir les occasions dans cet environnement.

SHANE DUNN

LA TRANSITION VERS DE NOUVEAUX MARCHÉS EST PRIMORDIALE. Shane Dunn affirme aussi qu’il est aussi possible d’y arriver. Le fait de prioriser les bons piliers peut aider les entreprises canadiennes qui sont prêtes à étendre leurs activités dès maintenant.

« Les leviers de possibilités se répartissent en trois grandes catégories : l’origine des biens, la classification des biens et la valeur déclarée à la frontière. L’origine des biens est assez simple. Cela se résume à la proportion du produit qui a été cultivé ou créé ici (au Canada) et à la proportion issue d’activités réalisées dans d’autres pays. Par contre, cela se complique avec la classification des biens. Les entreprises doivent faire preuve d’une plus grande rigueur pour éviter des droits de douane plus élevés que prévu ou même courir le risque que leurs produits soient saisis à la frontière. »

Le compte à rebours est commencé pour l’Accord Canada—États‑Unis—Mexique (ACEUM) (qui doit expirer à la fin de ce printemps). Shane Dunn insiste aussi sur l’importance de bien saisir les nuances des accords de libre‑échange d’ici et d’ailleurs.

« Il existe des règles d’origine bien précises liées à la classification des biens. Ces règles doivent être identifiées. C’est un long processus difficile à automatiser. Étant donné que la fabrication de certains produits est plus complexe, les entreprises doivent vraiment bien tout maîtriser pour gérer les risques. »

ET POUR LE CANADA?

Shane Dunn aimerait voir le pays continuer à briser les barrières à la diversification internationale, poussant les entreprises en mode survie à saisir le potentiel du moment.

« En misant sur nos forces et en faisant appel à d’autres pour combler nos lacunes, nous minimisons les risques et créons une valeur exponentielle. Cette approche ouvre les marchés d’une manière telle qu’une entreprise aurait de la difficulté à y arriver par ses propres moyens. »

MARWAH SERAG

LA RÉSILIENCE DE L’EFFECTIF REPOSE SUR UNE STRATÉGIE DE TALENTS DIVERSIFIÉS. Le monde évolue à un rythme fulgurant, avec l’IA, l’incertitude géopolitique et le paysage réglementaire en constant changement. Les entreprises technologiques doivent donc bien définir les points de croissance essentiels.

« La dépendance excessive à une région ou à une population comporte un risque. Je reste optimiste. Les entreprises procèdent à des analyses d’impact sur la façon dont l’IA transformera leur effectif, et les talents et les compétences dont elles ont besoin et où elles en ont besoin. Les dirigeants doivent alors bien comprendre ce qui se passe réellement pour renforcer la résilience de leur entreprise dans ce marché. Plus précisément, ils doivent mieux comprendre les exigences complexes de conformité réglementaire transfrontalière et élaborer une stratégie de talents diversifiés et intégrés pour réussir à composer avec l’incertitude, tout en favorisant une croissance durable. »

ET POUR LE CANADA?

Comme l’a déclaré le premier ministre Carney à Davos : « Les alliés doivent se diversifier pour contrer l’incertitude. » Marwah Serag croit que le Canada est bien placé pour surmonter l’incertitude. Le pays est une place de choix pour les multinationales qui cherchent à étendre leurs activités et à accéder à un bassin de talents mondial dans leur région, où elles retrouveront des fuseaux horaires, des langues et une culture d’entreprise comparables. Les entreprises canadiennes ont besoin d’incitatifs supplémentaires pour réinventer notre approche stratégique et stimuler la croissance économique. Elle déclare espérer voir ce genre de projets de développement national continuer à mettre l’accent sur cette priorité.

Coautrice : Marwah Serag, associée, Services consultatifs, Gens, Fiscalité, EY Canada

Résumé

La volatilité mondiale force les dirigeants à voir au‑delà de la simple situation géographique. L’objectif est d’établir un équilibre entre les risques et la résilience, tout en visant une croissance à long terme.

Pour les entreprises canadiennes, cela peut signifier la diversification des talents et des régions où elles sont établies, et bâtir des chaînes d’approvisionnement et des portefeuilles d’exportation qui valorisent la fiabilité et les coûts. Un guide d’intégration de marché itératif peut aussi accélérer l’expansion.

Et n’oubliez pas les bases du commerce. Dès le départ, l’origine, la classification et la valeur doivent être exactes. Suivez les échéanciers de l’ACEUM pour réduire le risque transfrontalier et protéger vos marges.

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