Évolution de la situation des retraités au Canada – Pourquoi les institutions financières et les décideurs politiques doivent repenser le marché des produits et services de retraite


De nouvelles perspectives s’ouvrent sur le marché canadien des produits et services de retraite. Les décideurs politiques et les institutions financières doivent innover afin de fournir aux retraités des solutions flexibles axées sur la sécurisation de leur situation financière.


En bref
  • Au Canada, le vieillissement de la population stimule la demande de solutions novatrices permettant de convertir des actifs non liquides en des sources de revenus de retraite durables.
  • Le transfert historique d’un patrimoine évalué à un billion de dollars des baby‑boomers vers les générations suivantes engendre aussi bien des possibilités que des défis pour les institutions financières.
  • Les décideurs politiques et les institutions bancaires doivent collaborer afin d’offrir aux retraités des produits et des services‑conseils flexibles et transparents qui leur assurent un revenu de retraite et une stabilité financière durables.

Les retraités vivent plus longtemps et cherchent donc à s’épanouir davantage, ce qui oblige les institutions financières et les décideurs politiques à mettre au point des solutions adaptées à l’évolution de leurs besoins et aspirations.

Le Canada connaît une importante mutation démographique, le nombre de retraités et de personnes approchant l’âge de la retraite représentant maintenant plus du tiers de la population. Ce segment démographique en pleine expansion influe considérablement sur l’économie, tandis que la situation financière et les besoins de ces retraités vont en se complexifiant.

Dans le présent article, nous nous penchons sur les principales tendances démographiques, les aspirations et les besoins changeants des retraités, les produits financiers novateurs offerts, l’incidence des progrès technologiques et les défis complexes découlant des cadres politiques en vigueur. Nous y formulons des recommandations pratiques à l’intention des décideurs politiques, des leaders du secteur des services financiers et des conseillers financiers, en mettant en lumière des possibilités d’innovation et de collaboration à l’échelle sectorielle.

Changements démographiques influant sur le marché des produits et services de retraite
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Changements démographiques influant sur le marché des produits et services de retraite

Les retraités canadiens ne sont plus un groupe homogène ou passif. La forte croissance de ce segment de population et le transfert de richesse entre générations font du marché des produits et services de retraite l’un des moteurs économiques les plus puissants au Canada.

La perception selon laquelle les retraités ne constitueraient qu’un groupe de personnes vulnérables évolue. De nos jours, les retraités sont de plus en plus reconnus en tant que contributeurs actifs à la société. Tandis que leur espérance de vie augmente et qu’ils vieillissent en meilleure santé, ils apportent une contribution précieuse dans leurs collectivités, en s’engageant dans des activités entrepreneuriales, en exerçant un leadership éclairé et en s’accomplissant personnellement, notamment dans les domaines du sport et de la culture, qui étaient auparavant l’apanage des jeunes générations. Les retraités gagnent en influence, comme l’indiquent l’évolution des habitudes de consommation et l’énorme transfert intergénérationnel de richesse qui redéfinit les priorités financières partout au Canada.

Actuellement, 30 % environ des Canadiens ont 55 ans ou plus. D’après les analyses démographiques de Statistique Canada, cette proportion devrait augmenter considérablement d’ici à 2030, s’établissant alors entre 35 % et 40 %, selon les estimations.

Catégories de retraités canadiens

Dans son ouvrage intitulé Your Retirement Reset, Susan Pimento propose de regrouper les retraités canadiens en trois grandes catégories dont les membres se caractérisent par une situation financière et des priorités propres à chacune. Un tel classement fait ressortir la diversité des expériences et des besoins des retraités à l’échelle du pays.

Ces catégories sont en phase avec l’évolution des tendances à l’échelle internationale, les résultats étant influencés par des facteurs tels que la liquidité des actifs, le niveau d’endettement et l’accès à des services‑conseils professionnels.

 

Transfert de richesse intergénérationnel

Selon un rapport que la CIBC a publié en 2019, la valeur du patrimoine ayant fait l’objet d’un transfert intergénérationnel au Canada entre 2016 et 2026 a totalisé un billion de dollars, 70 % de cette valeur étant concentrée dans le secteur de l’immobilier. Il ressort des données que Statistique Canada a publiées en 2023 qu’à Toronto et à Vancouver, le prix moyen des habitations reste supérieur à un million de dollars, ce qui met en évidence le poids considérable de l’immobilier dans la valeur nette du patrimoine des ménages canadiens.

 

La prépondérance de l’immobilier dans le patrimoine des Canadiens engendre des enjeux importants. Avant de pouvoir accéder aux liquidités leur permettant de faire face à des dépenses immédiates ou de procéder à des investissements, les héritiers doivent souvent attendre la vente des propriétés héritées. Tandis que les décisions successorales se complexifient, les activités de vente immobilière, de gestion des obligations fiscales et de suivi de la fluctuation des valeurs sur le marché doivent être coordonnées avec rigueur. 

 

Par ailleurs, les retraités choisissent de plus en plus de vieillir chez eux, Statistique Canada révélant que plus de 85 % des aînés souhaitent continuer de vivre dans leur logement, plutôt que de déménager dans une maison de retraite. Cette tendance complique davantage les choses, les familles devant alors trouver un équilibre entre leur volonté de conserver le patrimoine immobilier et leurs besoins de liquidités.

 

Entre autres instruments financiers, le prêt hypothécaire inversé est une solution que peuvent envisager les retraités qui sont en quête de liquidités, mais qui ne souhaitent pas pour autant vendre leur résidence. Au Canada, les propriétaires de 55 ans ou plus peuvent ainsi offrir la valeur nette de leur résidence en garantie de prêt, sans avoir à vendre celle‑ci ou à effectuer de remboursements de prêt mensuels. Cette solution leur donne accès aux liquidités dont ils ont besoin pour couvrir leurs dépenses courantes, le coût de leurs soins de santé, voire les frais associés à la gestion ou au transfert intergénérationnel de leur patrimoine, tout en leur permettant de continuer à vivre dans leur résidence. 

 

Il est néanmoins indispensable de faire preuve de diligence raisonnable avant de souscrire un prêt hypothécaire inversé. Bien que les retraités qui recourent à ce type d’arrangements puissent ainsi bénéficier d’un répit financier et d’une source de financement flexible qui facilitent la gestion de leurs finances, sans devoir se départir immédiatement de leurs actifs, ils doivent absolument prendre en compte les risques qui s’y rattachent avant d’opter pour une telle solution.

Touristes déambulant dans une rue aux airs d’Europe
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Évolution des besoins et des aspirations des retraités

La responsabilité de la prise en charge de la retraite en est venue progressivement à reposer davantage sur les particuliers. L’espérance de vie augmente, les garanties de revenus traditionnelles s’érodent et le parcours menant à la sécurité financière se complexifie.

Les régimes de retraite ont évolué au cours des 30 dernières années, passant d’un modèle prévoyant le versement de prestations de retraite garanties vers un modèle reposant sur la responsabilité individuelle en matière d’épargne et d’investissement. On doit désormais composer avec un éventail complexe de solutions de placement liées à l’emploi et de solutions de placement personnelles, de produits d’assurance, de services bancaires et de conseils financiers. Face à une telle diversité d’options, il est de plus en plus difficile de trouver des réponses à des questions fondamentales en ce qui a trait à l’épargne, à l’emploi et à la capacité de conserver le niveau de vie souhaité.

Contexte global et solutions en évolution

Des tendances démographiques comparables peuvent être observées aux quatre coins du monde. Une transition marquée s’opère aux États‑Unis et en Europe, où les régimes à prestations déterminées sont progressivement remplacés par des régimes à cotisations déterminées. Par exemple, aux États‑Unis, les régimes 401(k) obligent les participants à assumer la responsabilité de la gestion de leur propre épargne‑retraite, puisqu’ils ne peuvent plus compter sur un régime de retraite traditionnel financé par l’employeur. 

Parallèlement, l’espérance de vie moyenne augmente régulièrement. Selon le United States Census Bureau, le segment démographique des plus de 65 ans devrait représenter 20 % de la population des citoyens américains d’ici à 2030. Le marché mondial des produits et services de retraite s’adapte à ces changements, en renforçant l’intégration entre les solutions de gestion de patrimoine et les solutions de retraite. Cette évolution se traduit par l’accroissement de l’importance accordée au bien‑être financier global, qui englobe non seulement l’épargne‑retraite, mais aussi la gestion des dettes, la couverture d’assurance et la constitution d’un fonds d’urgence. Soucieuses de répondre à ces besoins en évolution, les grandes institutions financières offrent désormais l’accès à des plateformes intégrées qui allient la prestation de conseils en placement à l’utilisation d’outils de planification de la retraite.

La situation au Canada

Les chiffres sont éloquents. En 1990, plus de 70 % des régimes de retraite offerts par les employeurs canadiens étaient des régimes à prestations déterminées qui donnaient aux participants l’assurance de pouvoir bénéficier d’une source de revenus prévisibles après leur départ à la retraite, et ce, jusqu’à la fin de leurs jours. En 2022, cette proportion était tombée à seulement 37 %, un nombre grandissant d’employeurs ayant opté pour des régimes à cotisations déterminées, auxquels ils cotisent conjointement avec les employés, mais qui, en définitive, génèrent des revenus de retraite qui sont tributaires des fluctuations du rendement des placements. Autrement dit, les Canadiens assument désormais une plus grande part de risque et font face à davantage d’incertitude qu’auparavant dans la planification de leur avenir.

Vu le déclin des régimes de retraite à prestations déterminées financés par les employeurs et l’accroissement de leur dépendance à l’égard des régimes enregistrés d’épargne‑retraite (REER) et des régimes à cotisations déterminées, les Canadiens sont désormais amenés à faire des choix complexes dans le cadre de leurs stratégies d’épargne et de placement, ainsi qu’au moment de procéder à des décaissements une fois à la retraite. Bien que de tels véhicules de placement offrent des possibilités d’épargne en prévision de la retraite, ils sont souvent utilisés pour financer d’autres priorités, leur sécurité financière à long terme risquant ainsi d’être érodée. C’est pourquoi les Canadiens plus âgés doivent participer plus activement à la gestion de leur situation financière à la retraite, dans un contexte où la garantie de disposer d’une source de revenus jusqu’à la fin de leurs jours ne peut plus être tenue pour acquise.

De plus, en raison de connaissances financières limitées, une proportion importante de la population peut difficilement cerner pleinement les aspects complexes et les risques associés aux divers produits de retraite. Ainsi, il devient donc encore plus difficile de planifier une retraite sous le signe de la sécurité financière, surtout lorsque l’épargne‑retraite sert fréquemment à répondre à des priorités immédiates, telles que les dépenses quotidiennes urgentes ou le soutien financier à des membres de la famille.

La crainte de manquer d’argent à la retraite rend compte de la présence de lacunes structurelles dans la conception des régimes de retraite, n’étant aucunement révélatrice d’une planification individuelle défaillante. La plupart des plans de retraite ont été conçus dans une optique d’accumulation d’actifs, plutôt qu’aux fins de la génération de revenus durables pour l’avenir.

Partout au pays, les transferts intergénérationnels de richesse – dont l’ampleur est inédite – influent d’ores et déjà sur les comportements des consommateurs, tout en redéfinissant les priorités financières. Il est impératif de reconnaître l’importance de cette évolution et d’y répondre en faisant preuve de stratégie. 

La complexité de cette transition amène les Canadiens à devoir faire face à une série de nouveaux défis qui – dans bien des cas – ne peuvent pas être surmontés efficacement sans le recours à une expertise spécialisée.

Pour composer avec la complexification grandissante de ces défis, les prestataires de services de retraite doivent repenser leurs stratégies opérationnelles et tirer parti des progrès technologiques, en créant des écosystèmes intégrés capables de proposer des solutions de retraite globales. Ce contexte en évolution offre aux institutions financières une excellente occasion d’adopter des outils et des services de modélisation des revenus qui confèrent aux retraités et aux employés près de l’âge de la retraite les moyens de prendre des décisions éclairées dans une conjoncture financière de plus en plus complexe.

Réponses novatrices à l’évolution des besoins en matière de retraite
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Réponses novatrices à l’évolution des besoins en matière de retraite

La planification de la retraite ne repose plus seulement sur un produit ou un régime unique. Elle est intégrée à un écosystème de ressources financières, sanitaires, immobilières et technologiques axé sur la génération d’un revenu durable.

Solutions de retraite de nouvelle génération

Tandis que le Canada renonce au modèle fondé sur le versement de prestations de retraite garanties, une nouvelle génération de solutions de retraite est en voie de modifier la façon dont les Canadiens se préparent à faire face à l’avenir. Ces nouvelles solutions sont flexibles, personnalisables et durables.

  • Solutions de placement flexibles – Les fonds à date cible et les fonds adaptés aux étapes de la vie ajustent automatiquement la composition de leur portefeuille d’actifs à mesure que les investisseurs avancent en âge, en établissant une correspondance entre l’évolution de leur tolérance au risque et leurs objectifs de retraite. 

    Par exemple, à l’approche de son départ à la retraite, un employé qui investit dans un fonds à date cible peut souhaiter modifier progressivement la composition de son portefeuille, de sorte que celui‑ci comporte moins de placements en actions et davantage de placements plus sûrs qui génèrent un revenu fixe.

    Une telle stratégie permet de réduire le risque, tout en assurant une transition en douceur. Ces solutions simplifient les options de placement mises à la disposition des retraités, confèrent aux conseillers des outils de conception de stratégies sur mesure et donnent aux décideurs politiques la possibilité de s’appuyer sur des modèles évolutifs qui encouragent l’épargne à long terme.

  • Produits de rente bonifiés – Les produits de rente modernes sont maintenant assortis d’une protection contre l’inflation, d’une assurance longévité et de modalités de décaissement souples.

    Supposons qu’un retraité de la Colombie‑Britannique opte pour une rente assortie de modalités de décaissement modulables lui permettant de bénéficier d’un revenu majoré en fonction des hausses du coût de la vie. Grâce à une telle rente qui est une source de stabilité financière, il peut avoir l’esprit tranquille. Cette approche renforce la sécurité financière des retraités et donne aux conseillers la possibilité de proposer des produits plus flexibles, tout en permettant aux décideurs politiques de faire en sorte que les retraités bénéficient de revenus plus adéquats et de réduire leur risque de sombrer dans la pauvreté.

  • Prêts hypothécaires inversés – En contractant un prêt hypothécaire inversé, les Canadiens plus âgés peuvent accéder à la valeur nette accumulée dans leur résidence sans avoir à se départir de celle‑ci, ce qui les assure de disposer d’un complément de revenu de retraite, grâce auquel ils peuvent mieux gérer leurs dépenses courantes, rester propriétaires de leur logis et conserver le droit d’y demeurer. 

    Les propriétaires peuvent offrir la valeur de leur résidence en garantie de prêt et recevoir la somme empruntée sous la forme d’un montant forfaitaire ou de versements périodiques. Le remboursement du prêt n’est généralement requis que lorsque les propriétaires quittent ou vendent leur résidence. 

    Il s’agit d’un instrument financier particulièrement avantageux pour les personnes qui souhaitent vieillir chez eux. Il importe néanmoins de prendre en compte certains facteurs, tels que les taux d’intérêt, les frais afférents et le risque de diminution de la valeur nette de la résidence, qui peuvent compromettre la valeur du patrimoine à léguer et, plus globalement, la marge de manœuvre financière des propriétaires.

  • Solutions de financement des soins de santé – Compte tenu de l’augmentation des coûts d’accès aux soins de santé, les régimes d’assurance et les plans de financement spécialisés contribuent à assurer la couverture des soins de longue durée et des dépenses médicales. 

    Par exemple, un retraité albertain peut souscrire une police d’assurance soins de longue durée qui couvre la plupart de ses frais de soins à domicile et lui permet de préserver son épargne, tout en réduisant ses préoccupations financières.

    Ces solutions renforcent la sécurité financière des retraités, offrent aux conseillers de nouvelles options de planification et donnent aux décideurs politiques les moyens d’améliorer l’abordabilité des soins de santé.

  • Solutions de gestion globale du patrimoine – Les services de gestion de patrimoine modernes reposent sur une combinaison de stratégies de placement et de stratégies de planification fiscale et successorale. 

    Par exemple, les retraités qui se prévalent des services d’un conseiller peuvent s’appuyer sur un plan exhaustif axé sur l’optimisation de leurs décaissements, la minimisation de leur fardeau fiscal et la réalisation de leurs objectifs successoraux. 

    C’est ainsi qu’ils bénéficient de conseils coordonnés, tandis que leurs conseillers sont à même de leur offrir une valeur accrue et que les décideurs politiques peuvent observer l’obtention de meilleurs résultats financiers à la retraite, de même que le rehaussement des connaissances financières.

  • Stratégies de désaccumulation durables – Les produits et conseils financiers sont maintenant axés sur des taux de décaissement durables et le séquençage des sources de revenus. 

    Supposons qu’en collaboration avec un retraité, un conseiller travaille à la mise au point d’un plan de décaissement visant à préserver la durabilité de l’épargne, en équilibrant les revenus provenant des REER, du compte d’épargne libre d’impôt (CELI) et des régimes de retraite. Les retraités bénéficient d’une plus grande sécurité financière, tandis que les conseillers peuvent mettre au point des plans sur mesure et que les décideurs politiques observent une réduction des pressions exercées sur les programmes sociaux.

  • Régimes de retraite hybrides – Les régimes de retraite hybrides reposent sur une combinaison de caractéristiques associées aux régimes de retraite à prestations déterminées et aux régimes à cotisations déterminées. 

    Par exemple, une entreprise technologique de Toronto a adopté un régime hybride dans le cadre duquel ses employés touchent des prestations d’un montant minimal garanti, tout en ayant la possibilité de bénéficier de rendements de placement additionnels. Comme les risques liés aux placements sont répartis entre l’employeur et les employés, la stabilité financière de ces derniers s’en trouve renforcée, tandis que l’employeur bénéficie d’une meilleure prévisibilité budgétaire. 

    Les régimes de retraite de ce type assurent une plus grande prévisibilité des revenus, tout en permettant aux conseillers de présenter des options de placement équilibrées, tandis que les décideurs politiques peuvent faire la promotion de la répartition des responsabilités.

  • Mutualisation du risque de longévité – Les mécanismes de mutualisation permettent aux retraités de partager le risque d’épuiser leur épargne de leur vivant. Prenons l’exemple d’un régime collectif d’épargne‑retraite du Québec ayant opté pour la mutualisation du risque de longévité, de sorte que les participants puissent bénéficier d’une source de revenus stable à la retraite, jusqu’à la fin de leurs jours. Les retraités peuvent ainsi avoir l’esprit tranquille, tandis que les conseillers ont la possibilité de tirer parti de nouvelles ressources de planification, dans un contexte où les décideurs politiques font la promotion d’une répartition équitable des risques.

  • Outils numériques de planification de la retraite – Des plateformes en ligne et des applications mobiles exploitent l’intelligence artificielle (IA) et l’analytique aux fins d’une planification personnalisée de la retraite. Lorsqu’un retraité teste différentes stratégies de décaissement à l’aide d’un simulateur numérique, il peut plus facilement prendre des décisions éclairées et éviter d’épuiser son épargne de son vivant. Grâce à de tels outils de planification, dont les décideurs politiques peuvent promouvoir l’accessibilité, les retraités peuvent gagner en confiance et en commodité, tandis que les conseillers peuvent répondre aux besoins de leurs clients à distance.

  • Partenariats intersectoriels – L’établissement de partenariats fondés sur la collaboration entre divers secteurs, tels que ceux de la santé, de l’assurance, des services bancaires et des services de gestion de patrimoine, redéfinit le domaine du service à la clientèle, grâce à l’offre de solutions intégrées novatrices. 

    Au Canada, l’initiative de collaboration entre la Financière Sun Life et TELUS Santé en est un exemple patent. Ces organisations ont mis en commun leur expertise afin d’offrir une plateforme de services de gestion globale de la santé et du patrimoine qui repose sur l’exploitation intégrée des données sur la santé et d’outils de planification financière. Grâce à ce partenariat, leurs clients canadiens peuvent accéder à des programmes personnalisés de promotion du bien‑être, tout en gérant leurs portefeuilles de produits d’assurance et de placement, de sorte qu’ils peuvent ainsi bénéficier d’une expérience fluide qui favorise la réalisation aussi bien de leurs objectifs de santé que de leurs objectifs financiers. 
Personne devant son ordinateur portable à la maison, dans une ambiance familiale
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Préparation de la retraite sur les marchés mal desservis

Un segment de main‑d’œuvre en expansion est encore exclu du système de pension. Dans un contexte où les environnements de travail laissent place à davantage de souplesse, les solutions de retraite doivent devenir plus inclusives.

Malgré les progrès notoires en matière de planification de la retraite, un important segment de la main‑d’œuvre canadienne – surtout les employés de PME et les travailleurs de l’économie à la demande – doit encore composer avec des mesures insuffisantes. Il ressort de données publiées par l’Institut canadien des actuaires que plus de 47 % des employés du secteur privé n’ont pas accès à un régime de retraite parrainé par l’employeur, de sorte qu’un grand nombre d’entre eux ne peuvent pas se prévaloir de conseils structurés et d’épargnes adéquates en prévision de la retraite. En outre, Statistique Canada a publié récemment des données qui indiquent que près d’un cinquième des Canadiens contribuent à l’économie à la demande, souvent sans avoir de perspectives d’accès à des prestations de retraite.

En réaction à cette situation, les institutions financières et les prestataires de services de retraite adoptent des solutions novatrices qui visent à combler ces lacunes :

  • Régimes de pension agréés collectifs (RPAC) – Ces régimes offrent un mécanisme d’épargne‑retraite abordable et accessible qui est conçu expressément pour les employés n’ayant pas la possibilité de participer à un régime de retraite financé par l’employeur, de même que pour les travailleurs autonomes. Grâce au regroupement des cotisations de nombreux participants, les RPAC permettent de bénéficier de services professionnels de gestion de placements, tout en réduisant considérablement la complexité des formalités administratives. Grâce à ce modèle, les travailleurs de l’économie à la demande peuvent verser des cotisations régulières ou forfaitaires, en se prévalant d’options de placement adaptées à leur profil de risque individuel. Le niveau d’adoption des RPAC reste néanmoins limité : en 2025, moins de 100 000 Canadiens participaient à un tel régime, ce qui s’explique dans une large mesure par les difficultés d’ordre réglementaire et l’engagement insuffisant de la part des employeurs.

  • Produits d’épargne flexibles – Les grandes institutions financières canadiennes proposent des comptes d’épargne‑retraite qui sont calqués sur les RPAC et les REER et n’imposent pas de cotisations minimales. Ces produits s’avèrent particulièrement avantageux pour les travailleurs de l’économie à la demande et ceux dont les revenus sont instables, car ils peuvent ainsi verser des cotisations lorsque leur situation financière le leur permet. Puisqu’ils sont souvent assortis de caractéristiques telles que des modalités de versement automatique de cotisations et un accès pratique à des applications mobiles, les utilisateurs peuvent accroître systématiquement leur épargne‑retraite au fil du temps.

Bien que des solutions novatrices telles que les RPAC et les produits d’épargne flexibles témoignent d’une volonté de souscrire à des engagements en matière d’inclusivité et d’adaptabilité, leur adoption limitée met en relief la nécessité d’intensifier les efforts de sensibilisation, de procéder à une refonte des cadres de réglementation et d’amener les employeurs à s’engager. Désormais, les décideurs politiques, les institutions financières et les employeurs devront absolument collaborer de façon à garantir à tous les Canadiens – sans égard à leur situation d’emploi ou à la fluctuation de leurs revenus – l’accès à des outils d’épargne‑retraite fiables et efficaces. 

Rôle de la technologie et des données
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Rôle de la technologie et des données

Les progrès technologiques redéfinissent les paramètres de planification de la retraite. L’exploitation des données et de l’IA transforme le marché des produits et services de retraite, qu’il s’agisse de l’offre de conseils personnalisés ou de la prestation de services évolutifs.

Évolution du marché des produits et services de retraite, sous l’effet des progrès technologiques

La technologie joue de plus en plus un rôle essentiel dans la transformation des systèmes de retraite. L’IA, les plateformes numériques et l’analytique avancée permettent d’offrir des conseils adaptés et des expériences hautement personnalisées, tout en ouvrant la voie à la réalisation de gains d’efficacité opérationnelle considérables. 

Au Canada et ailleurs dans le monde, les prestataires de services de retraite travaillent à l’amélioration de leur infrastructure technologique, établissent des partenariats stratégiques axés sur la prestation de services d’externalisation et mettent au point des écosystèmes intégrés qui sont centrés sur les clients. Ces initiatives visent à permettre l’offre d’expériences omnicanal fluides et d’une gamme complète de services de soutien à la planification financière exhaustifs, dans une optique de transformation fondamentale du marché des produits et services de retraite.

Surfeurs portant une planche de surf sur la plage au coucher de soleil
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Réponses politiques et réglementaires aux enjeux de la retraite

Les employeurs ne sont plus les seuls à devoir assumer la responsabilité de la sécurité financière des retraités. Pour combler les lacunes en matière de couverture et de revenus, la mise au point de programmes publics plus performants et de politiques plus judicieuses s’avère essentielle.

Le déclin des régimes de retraite financés par l’employeur et l’augmentation de l’endettement personnel ont mis en lumière la présence d’importantes lacunes dans le système de retraite du Canada, ce qui est une source de préoccupations quant à la capacité des Canadiens d’assurer leur sécurité financière à la retraite. C’est pourquoi les décideurs politiques cherchent de plus en plus à réformer les régimes d’épargne‑retraite. 

Les mesures présentées ci‑après visent à permettre aux retraités canadiens de faire face à l’évolution de la conjoncture économique. 

  • Régime de pensions du Canada (RPC) – La bonification du RPC fait augmenter graduellement les prestations de retraite. Pour les travailleurs qui versent des cotisations bonifiées tout au long de leur carrière, le montant maximal de la pension de retraite du RPC devrait être supérieur de plus de 50 % à celui prévu par l’ancien régime.

  • Programme de Sécurité de la vieillesse – Conjointement avec le RPC, le programme de la Sécurité de la vieillesse permet à tous les Canadiens de 65 ans et plus de bénéficier de prestations universelles. Le Supplément de revenu garanti est une mesure de soutien complémentaire dont peuvent se prévaloir les aînés à faibles revenus. De telles dispositions offrent une protection essentielle contre la pauvreté, tout en constituant des sources de revenus stables tout au long de la retraite. Par exemple, en 2023, le programme d’aide financière aux aînés de l’Alberta a fourni à plus de 75 000 personnes âgées un soutien ciblé grâce auquel elles ont pu faire face plus facilement à leurs dépenses de santé et d’hébergement.

  • Les régimes enregistrés d’épargne‑retraite (REER) – Au Canada, les REER sont une composante essentielle de l’épargne‑retraite personnelle et donnent aux Canadiens la possibilité de se prévaloir d’avantages fiscaux favorisant l’accumulation de capital en prévision de la retraite. Les retraités ont la possibilité d’utiliser l’épargne accumulée dans leurs REER pour souscrire une rente auprès d’une société d’assurance vie, ce qui leur garantit de bénéficier d’une source de revenus pour une période déterminée ou pour le reste de leurs jours, selon les modalités contractuelles établies. Ils ont aussi la possibilité de transférer leurs cotisations dans un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), ce qui leur permet de procéder régulièrement à des décaissements à l’abri de l’impôt et de conserver une source de revenus à la retraite.

  • Régimes de pension agréés collectifs (RPAC) – Les RPAC donnent maintenant aux travailleurs autonomes et aux employés de petites entreprises la possibilité de se prévaloir de solutions de retraite accessibles et transférables, ce qui facilite l’élargissement de la couverture au‑delà des secteurs d’emploi traditionnels.

    Le gouvernement accorde aussi la priorité au renforcement des connaissances financières, tandis que les Canadiens peuvent s’appuyer sur des stratégies et des programmes éducatifs nationaux pour prendre des décisions éclairées en matière d’épargne‑retraite et de placement. Les initiatives de collaboration entre les gouvernements, les institutions financières et les organismes communautaires aident les retraités à mieux s’y retrouver dans les méandres de la planification financière, ainsi qu’à accéder à du soutien favorisant leur bien‑être financier et la préservation de leur qualité de vie en général.

Ces initiatives donnent lieu à la réalisation de progrès importants dans le renforcement de la sécurité financière des retraités. Pour combler entièrement les lacunes actuelles et fournir un excellent soutien à tous les travailleurs canadiens, il s’avère nécessaire de poursuivre les réformes en cours.

La retraite repensée – Une approche centrée sur l’humain
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La retraite repensée – Une approche centrée sur l’humain

La retraite est une expérience éminemment personnelle et profondément humaine. Il est essentiel d’adopter une approche centrée sur l’humain permettant aux Canadiens plus âgés de partir dignement à la retraite, en toute confiance.

Le facteur humain

La retraite représente bien davantage qu’un jalon financier. Dans la vie de chacun, cette étape marque une transition profondément personnelle, dont les caractéristiques varient en fonction de ses aspirations, de ses expériences et des circonstances qui lui sont propres. Reconnaissant qu’il s’agit d’une étape complexe, les institutions financières et les décideurs politiques du Canada doivent renoncer à appliquer des solutions universelles et adopter plutôt une approche globale qui soit centrée sur l’humain, tout en préconisant le respect de la dignité de tous les retraités du pays, de même que la préservation de leur autonomie financière et de leur capacité d’agir.

Cerner la diversité des expériences de retraite

Les expériences de retraite varient grandement selon le segment démographique, tout en étant soumises à l’influence de facteurs tels que le vécu personnel, l’état de santé, le bagage culturel, le parcours professionnel et l’appartenance à un réseau de soutien social. Ainsi, Statistique Canada souligne que le taux d’activité des Canadiens de 65 ans et plus a atteint un sommet historique de 15,2 % en 2025, signe qu’ils sont de plus en plus nombreux à prolonger leur vie active. Cela met en évidence la nécessité de disposer de modèles de retraite flexibles s’articulant autour de modalités de retraite progressive ou partielle qui permettent d’éviter de marquer une rupture brusque avec le monde du travail.

Effet des politiques – Promouvoir le libre choix et l’inclusion

Les décideurs politiques doivent promouvoir l’avènement d’une société où la diversité des parcours de retraite est non seulement possible, mais également respectée. Ils doivent notamment revoir l’âge de l’admissibilité aux prestations de retraite publiques, soutenir l’accès à vie à des programmes d’apprentissage et de recyclage des connaissances, et améliorer les soins de santé et les services sociaux en les adaptant aux besoins des populations plus âgées.

Les politiques inclusives doivent également s’attaquer aux inégalités systémiques qui touchent de façon disproportionnée certains groupes, notamment les peuples autochtones, les collectivités racisées marginalisées et les femmes, qui se trouvent souvent à accumuler moins de revenus et d’épargne au cours de leur vie.

Concevoir des produits et des services financiers centrés sur l’humain

Les institutions financières ont un rôle essentiel à jouer dans le déploiement des efforts de promotion de cette vision globale. Elles doivent offrir aux adultes plus âgés des produits et services adaptés en fonction de l’évolution de leurs besoins, en leur permettant de bénéficier de plus de flexibilité et de transparence, ainsi que de conseils personnalisés. Par exemple, les solutions génératrices de revenus de retraite qui reposent sur une combinaison de sources de revenus garanties et d’options de gestion des liquidités et de planification successorale peuvent favoriser la sécurité et l’autonomie financières.

Dans leur conception même, les outils numériques doivent intégrer les principes d’accessibilité, de façon à répondre aux besoins des aînés, pour qui des connaissances limitées en technologies numériques ou des limitations sensorielles, entre autres, peuvent représenter des obstacles. L’intégration d’un accompagnement humain, notamment dans la prestation de services d’encadrement financier et de services‑conseils communautaires, peut permettre de combler efficacement ces lacunes.

Au‑delà de la sécurité financière : une vision globale du bien‑être

Bien que la planification financière reste la pierre angulaire sur laquelle repose la planification de la retraite, ce n’est que l’une des dimensions du bien‑être. La stabilité émotive, l’engagement social, le bien‑être physique et les activités porteuses de sens sont des dimensions tout aussi essentielles. L’Institut canadien de recherches avancées (CIFAR) souligne que les retraités qui maintiennent de solides liens sociaux et participent à des activités valorisantes se disent particulièrement satisfaits de leur qualité de vie, tout en bénéficiant d’un bilan de santé supérieur à la moyenne.

Adopter un nouveau paradigme

Pour repenser la retraite en tirant parti d’une approche centrée sur l’humain, il faut pouvoir compter sur la collaboration entre les parties prenantes de divers secteurs, à savoir ceux des services financiers, des soins de santé, des politiques sociales et des organismes communautaires. En accordant la priorité au vécu et aux aspirations des Canadiens plus âgés du Canada, nous pouvons favoriser l’avènement d’un marché des produits et services de retraite qui leur permet non seulement de sécuriser durablement leur situation financière, mais également de bénéficier d’expériences enrichissantes axées sur leur inclusion et le maintien de leur autonomie financière.

Génération de valeur
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Génération de valeur

La prochaine ère marquée par la génération de valeur pour les retraités sera l’aboutissement d’un processus de cocréation. Les institutions financières et les décideurs politiques doivent agir de concert, de façon à favoriser l’obtention de retombées positives sur les plans de la personnalisation, de la résilience et de l’accessibilité des produits et services de retraite.

Pour répondre aux besoins en évolution de leurs clients actuellement à la retraite, les prestataires de services financiers et les décideurs politiques doivent mettre en œuvre des stratégies pouvant leur permettre non seulement de maintenir leur sécurité financière, mais également de la renforcer, grâce à l’offre d’un accompagnement personnalisé et au maintien de l’accessibilité aux services destinés à ce groupe de personnes de plus en plus averties et influentes.

Stratégies des institutions financières

  • Offrir des produits et services de retraite personnalisés – Déployer des environnements d’IA et d’analytique avancée favorisant la mise au point de solutions adaptées en fonction du niveau de tolérance au risque, de la situation financière et des objectifs de retraite de chaque client. Par exemple, la modélisation prédictive peut être exploitée aux fins de la formulation de recommandations sur les niveaux d’épargne optimaux ou la répartition de portefeuilles, tandis que des conseils personnalisés peuvent être prodigués à l’aide d’outils numériques ou par des guides financiers.

  • Moderniser les modèles de risque – Revoir les cadres de gestion des risques traditionnels pour qu’ils prennent en compte le risque de longévité, l’inflation et l’évolution de la conjoncture économique. L’analyse de scénarios et la simulation de crises doivent être mises à contribution, de sorte que les clients puissent connaître la mesure dans laquelle l’allongement de l’espérance de vie ou les fluctuations sur le marché peuvent influer sur leurs revenus à la retraite.

  • Promouvoir la création de produits novateurs – Mettre au point des véhicules d’épargne‑retraite flexibles et hybrides intégrant des caractéristiques telles que le versement automatique de cotisations et les options de décaissement modulables. Des régimes transférables qui sont axés sur l’accompagnement des participants au fil de leurs changements d’emploi, tout en permettant de moduler le montant des cotisations en fonction de la fluctuation des revenus, doivent être offerts sur les marchés mal desservis, de même qu’aux travailleurs de l’économie à la demande. Par exemple, l’instauration d’un type de compte de retraite qui accepte les microdépôts de nombreux employeurs et permet de procéder à des décaissements sans pénalités lorsqu’il faut répondre à des besoins urgents peut être envisagée.

  • Accroître l’offre de plateformes et d’outils numériques propulsés par l’IA – Offrir du soutien à la budgétisation en temps réel, des projections de revenus à la retraite et des services de planification de scénarios. Ces outils permettent aux clients de se représenter leur avenir financier, de prendre des décisions éclairées et de rehausser leur niveau de connaissances financières, notamment en simulant les effets de l’augmentation de leur épargne ou d’un départ à la retraite anticipé.

  • Promouvoir l’établissement de partenariats intersectoriels – Les initiatives réalisées en collaboration avec les prestataires de soins de santé, les sociétés d’assurance, les entreprises technologiques et les organismes communautaires mènent à l’offre de solutions de retraite intégrées. L’offre de forfaits groupés reposant sur une combinaison de services de planification financière, de suivi de l’état de santé et de protection d’assurance, et les programmes communautaires axés sur l’engagement social et la gestion de patrimoine peuvent être cités à titre d’exemples.

  • Accorder la priorité à la confidentialité des données et à la cybersécurité – Mettre en place de solides sauvegardes permettant d’assurer la protection d’informations clients sensibles dans la prestation de tous les services reposant sur l’IA. Assurer la conformité aux cadres de réglementation en matière de protection des renseignements à caractère personnel et sensibiliser les clients aux modalités d’utilisation et de protection de leurs données.

Stratégies des décideurs politiques

  • Réévaluer et actualiser les politiques en matière de retraite – Actualiser les politiques en matière de retraite pour qu’elles reflètent les changements démographiques, en élargissant l’accessibilité à des régimes de retraite abordables et transférables, tels que les RPAC, qui sont expressément destinés aux employés de petites entreprises et aux travailleurs de l’économie à la demande. Établir un objectif mesurable, dans l’optique de favoriser l’augmentation de la participation de ces groupes.

  • Lancer une campagne nationale de renforcement des compétences financières reposant sur le numérique – Déployer une campagne intégrée reposant sur des plateformes numériques qui vise à toucher une population cible de retraités sur une période donnée. 

  • Promouvoir la collaboration entre les diverses parties prenantes aux fins de l’offre d’un soutien global dans le cadre de la retraite – Organiser régulièrement des forums de discussion et des séances de travail en groupe réunissant des représentants des gouvernements fédéral et provinciaux, des institutions financières, des entreprises technologiques, des prestataires de soins de santé et des organismes communautaires. De telles initiatives sont axées sur la conception collaborative et la mise en œuvre de solutions de retraite globales en vue du lancement d’au moins deux projets pilotes intégrés devant répondre aux besoins financiers, sociaux et sanitaires des retraités.

Conclusion : repenser dès maintenant les stratégies en matière de retraite

Il faut absolument repenser les stratégies de planification de la retraite actuelles, non seulement parce que cela est dans l’intérêt des retraités, mais également parce qu’il s’agit d’assurer la prospérité socioéconomique à long terme du Canada. Les approches dont nous venons de présenter les grandes lignes répondent à la dynamique et à l’évolution rapide du marché des produits et services de retraite. En accordant la priorité à l’innovation, à l’inclusion et à la collaboration intersectorielle, les institutions financières et les décideurs politiques peuvent construire un système de retraite équitable et orienté vers l’avenir, qui inspire confiance aux Canadiens à la retraite, qui respecte leur dignité et qui assure leur sécurité financière, comme ils le méritent tandis qu’ils avancent en âge.

Trois points à retenir

À retenir

Institutions financières

Décideurs politiques

1. Personnaliser les solutions de retraite

Tirer parti de l’IA et de l’analytique dans la mise au point de produits de retraite adaptés aux exigences et au profil de risque de chaque client; assurer l’offre d’options d’épargne flexibles; et accorder la priorité au rehaussement de l’accessibilité à de tels produits pour les groupes mal desservis, tels que les travailleurs de l’économie à la demande et les employés de PME.

Moderniser les politiques en matière de retraite de façon à accroître l’accessibilité à des régimes de retraite abordables et transférables, tels que les RPAC.

2. Favoriser la collaboration intersectorielle

Chercher à établir avec des parties prenantes du monde communautaire et des secteurs des services financiers, des soins de santé, de l’assurance et des technologies des partenariats axés sur l’offre de solutions de retraite globales.

Convier les principales parties prenantes à participer à des forums de discussion périodiques axés sur la conception collaborative d’initiatives de soutien intégrées et le lancement de projets pilotes répondant aux besoins financiers, sociaux et sanitaires des retraités.

3. Travailler à la réalisation de progrès dans le renforcement des connaissances financières et la protection des données à caractère personnel

Élargir l’accessibilité aux outils numériques permettant de renforcer les compétences financières, tels que les applications de budgétisation et de planification en temps réel.

Déployer des campagnes nationales de renforcement des compétences financières et offrir des activités de sensibilisation à la protection des données à caractère personnel.

Résumé

Le marché canadien des produits et services de retraite est en profonde mutation. L’accroissement de l’endettement, l’essor des actifs non liquides et l’allongement de l’espérance de vie induisent une remise en question des modèles traditionnels, tandis que le transfert de richesse historique ouvre la voie à l’émergence de nouvelles possibilités. Les institutions financières et les décideurs politiques doivent passer à l’action sans tarder, en mettant au point des produits flexibles, en modernisant leurs pratiques de gestion des risques et en adoptant des politiques intégrées assurant la génération de revenus de retraite durables. La collaboration et l’innovation sont appelées à jouer un rôle déterminant dans les initiatives visant à assurer le bien‑être financier des retraités et le maintien de la résilience de l’économie du Canada.

Profil de Susan Pimento

En tirant parti de sa vaste expérience, Susan Pimento enrichit le débat sur la modernisation des stratégies de retraite au Canada. Forte d’une expérience de plus de 30 ans acquise dans l’exercice de fonctions de haute direction au sein d’institutions bancaires et de sociétés de services de crédit de première ligne, notamment en tant que vice‑présidente d’une banque figurant à l’annexe I de la Loi sur les banques, elle prodigue désormais aux institutions financières et aux décideurs politiques des conseils sur les modalités de modernisation des solutions de retraite, ainsi que sur les stratégies à déployer pour y sensibiliser le segment de la population canadienne qui est le mieux nanti et dont la croissance est la plus rapide, soit celui des 55 ans et plus.

À titre de fondatrice de l’organisme Retire with Equity, elle fournit aux organisations du secteur canadien des services financiers des services de veille stratégique et de recherche en matière de retraite qui influent sur la façon dont elles s’adressent à ce segment démographique à la croissance particulièrement rapide. Dans son ouvrage intitulé Your Retirement Reset: How to Convert Home Equity into Financial Security (ECW Press, septembre 2026), elle explique comment les retraités peuvent user de stratégie en convertissant la valeur nette de leur résidence en une source de revenus de retraite, tout en bousculant les idées préconçues dans un secteur qui a longtemps fait fi de ce principal élément d’actif des Canadiens et en alléguant que ce type d’avoir doit faire partie intégrante de toute initiative de réflexion sur la retraite et de développement de produits de retraite.

Contributeurs :

  • Susan Pimento, coautrice du présent article et autrice de l’ouvrage Your Retirement Reset: How to Convert Home Equity into Financial Security (ECW Press, septembre 2026)
  • Priya Datta, conseillère senior, Consultation – Technologie
  • Danielle Delle Monache, conseillère, Consultation – Entreprises

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