Des gens passent par des portails de différentes formes, dans un décor de studio minimaliste aux couleurs vives
Des gens passent par des portails de différentes formes, dans un décor de studio minimaliste aux couleurs vives

L’IA peut‑elle commencer à créer de la valeur si les tensions sur le plan de la main‑d’œuvre persistent?

Pour tirer profit des investissements en IA, il faut maîtriser les tensions entre talents et technologies, faute de quoi une baisse de la productivité de l’IA de 40 % pourrait survenir.


En bref

  • L’utilisation de l’IA au travail s’est généralisée (88 %), mais seulement 28 % des organisations ont outillé leur personnel de manière à obtenir des retombées commerciales transformatrices grâce à l’IA.
  • L’Avantage IA nécessite d’investir dans des outils, des compétences et des mentalités tout en gérant les tensions importantes, notamment celles liées aux différents comportements devant l’IA et à l’attrition des talents.
  • Les chefs de file prennent une longueur d’avance en matière d’Avantage RH en se démarquant sur le plan de l’état d’esprit des ressources humaines, de la culture d’apprentissage et de la rémunération stratégique qui favorisent l’adoption de l’IA.

Les chefs de la direction, tous secteurs confondus, considèrent maintenant l’intelligence artificielle (IA) comme un facteur essentiel, et non plus comme un simple atout. Pourtant, selon une étude récente du MIT, malgré les milliards investis dans l’IA générative, environ 95 % des organisations ne rapportent aucun rendement mesurable, et environ à peine 5 % des projets pilotes intégrés axés sur l’IA dégagent une valeur se chiffrant à plusieurs millions et aboutissent à des retombées significatives sur le plan du résultat financier1. Et cela, en dépit des investissements soutenus des entreprises dans l’IA. En effet, selon une étude récente qu’EY a menée aux États-Unis2, un tiers (35 %) des cadres supérieurs d’organisations qui investissent dans l’IA envisagent de dépenser 10 millions de dollars américains ou plus l’année prochaine. Comme l’a observé Gartner© en mars 2025, « en dépit de l’enthousiasme suscité par l’IA, ses retombées sur la productivité ne sont pas constantes, ce qui conduit à ce que certains appellent le paradoxe de la productivité de l’IA »3.

Le sondage d’EY sur le travail réinventé suit l’évolution du monde du travail depuis des années. Cette année, nous nous sommes appuyés sur nos travaux passés sur l’Avantage RH pour nous pencher sur l’IA au travail, en particulier sur les raisons qui font que certaines organisations parviennent à en tirer des résultats transformateurs tandis que pour la majorité, les gains restent modestes. Nous avons interrogé 15 000 employés et 1 500 employeurs dans 29 pays et examiné une série de mesures axées sur les résultats, notamment sur la productivité, la qualité du travail, la prise de décisions et divers aspects de l’expérience professionnelle. Nous avons examiné l’adoption de l’IA par les employés ainsi que les avantages de cette adoption au travail, puis nous avons rapproché ces données avec les avantages commerciaux constatés par les entreprises.

Les résultats de notre sondage 2025 sur le travail réinventé révèlent l’ampleur du défi. Près de neuf employés sur dix utilisent désormais l’IA au travail, mais seulement 28 % des organisations sont en mesure de transformer le déploiement de l’IA en résultats à forte valeur. Nos recherches en montrent les raisons : les employés ont beau économiser quelques heures ici et là, cela n’a pas d’incidence de fond sur les méthodes de travail ou le rendement de l’entreprise.

Qu’est‑ce qui distingue les 28 % des autres? Les organisations qui obtiennent des résultats transformateurs se sont dotées de cinq capacités stratégiques qu’elles mobilisent de façon coordonnée : adopter la bonne approche pour recruter et fidéliser les talents; favoriser l’adoption à grande échelle de l’IA; intégrer l’apprentissage continu dans les opérations quotidiennes; remodeler la culture et les normes du lieu de travail et aligner la rémunération sur de nouveaux comportements et résultats.

L’investissement en IA à lui seul ne suffit pas. Lorsque l’implantation de nouvelles technologies repose sur une assise fragile sur le plan des talents – culture faible, formation insuffisante, stratégie de rémunération peu adéquate – les gains de productivité reculent de plus de 40 %.

La capacité de se doter de l’Avantage RH repose sur cinq dimensions clés


Evening commute with office workers and business people passing a LED illuminated viaduct at La Defense business district in Paris, France.
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Chapitre 1

Comment se doter de l’Avantage IA et pourquoi il importe d’aller encore plus loin

La généralisation de l’adoption de l’IA a pour effet d’occulter le caractère superficiel de son utilisation ainsi que la fragilité de la structure de ressources humaines.

L’utilisation de l’IA au travail par les employés est désormais largement répandue : 88 % des répondants déclarant utiliser l’IA au travail, et 37 % l’utilisent quotidiennement. L’utilisation varie de 80 %, chez les travailleurs essentiels, à 94 %, chez les travailleurs du savoir, avec une adoption quasi universelle parmi les leaders et les gestionnaires.


Attention à l’écart en matière de maturité

En fait, l’attention accordée au caractère superficiel de l’adoption empêche de voir un problème plus profond. Alors que la plupart des travailleurs utilisent l’IA pour accomplir des tâches de base comme la recherche d’informations (54 %) ou le résumé de documents (38 %), seulement 5 % peuvent être considérés comme des utilisateurs avancés, c’est‑à‑dire qui combinent plusieurs outils afin d’augmenter leur productivité d’environ un jour et demi par semaine. Les utilisateurs avancés tirent bien plus de valeur quand ils utilisent l’IA comme un partenaire de réflexion plutôt que comme un simple outil.

Les compétences, les outils et la mentalité sont la pierre d’assise de l’Avantage IA

Le modèle que nous avons appelé l’Avantage IA rend bien compte du fossé qui sépare l’adoption minimale de l’IA de la véritable excellence en la matière. Nous avons analysé plus de 15 variables sur notre jeu de données, lequel se rapporte à 15 000 employés, afin de comprendre où réside la motivation des employés qui retirent le plus de valeur de l’adoption de l’IA au travail. Il s’agit d’un indicateur du succès de l’adoption allant de 0 à 100 dont la variable dépendante correspond à la moyenne des heures libérées par employé et par semaine. Nous avons ainsi constaté que l’Avantage IA repose sur trois facteurs interconnectés : les compétences, les outils et la mentalité.
 

Les compétences débloquent la productivité

Sans surprise, la formation en IA est la clé du succès : elle représente près de 50 % du score Avantage IA. Les employés ayant reçu 81 heures ou plus de formation en IA par an gagnent 14 heures par semaine. À titre comparatif, les employés qui ont reçu moins de 4 heures de formation n’économisent que 3 heures par semaine. Pourtant, seulement 12 % des employés interrogés ont bénéficié d’un tel nombre d’heures de formation au cours des 12 derniers mois, ce qui explique pourquoi le score mondial de l’adoption de l’IA est d’à peine 34 sur 100. La compétence des gestionnaires joue également un rôle crucial à cet égard. En effet, les employés qui sont convaincus que leurs gestionnaires savent utiliser l’IA efficacement obtiennent de meilleurs résultats. En revanche, ces employés hautement qualifiés ont aussi 55 % plus de chances de quitter l’entreprise. Les employeurs doivent veiller à ce que la proposition de valeur aux membres du personnel soit alignée sur les attentes des employés qui possèdent des compétences sollicitées sur le marché. Il est essentiel d’accorder un accès continu aux technologies de pointe et d’offrir des occasions de transformer ces compétences en possibilités d’avancement professionnel.
 

Fournir les bons outils au bon rôle et mettre en place les balises nécessaires

D’une part, il est sans doute important de choisir le bon outil d’IA. En effet, la valeur d’adoption est nettement plus élevée chez les employés qui estiment que leurs outils d’IA sont bien adaptés à leurs fonctions particulières. D’autre part, les employés les plus enthousiastes au sujet du potentiel de l’IA n’hésitent pas à prendre eux‑mêmes l’initiative : entre 23 % et 58 % des employés utilisent un outil d’IA de leur choix au travail et parfois même assument les frais d’abonnement pour un tel outil. Par ailleurs, on observe une exigence accrue de rendement élevé : 64 % des employés remarquent une augmentation de leur charge de travail au cours des 12 derniers mois, et 38 % craignent de perdre leur emploi sans pouvoir en trouver un autre. Une nouvelle étude de Harvard démontre que certaines de ces craintes pourraient être fondées, les postes de travailleurs juniors, en particulier, ayant affiché une contraction marquée depuis 20234. Il est d’autant plus important de fournir aux employés les bons outils et d’encadrer efficacement l’utilisation d’outils personnels.


La mentalité devient le nouveau multiplicateur

La mentalité détermine l’adoption. La mise en place d’objectifs ou d’incitatifs officiels en matière d’adoption de l’IA ainsi que la participation à des programmes d’IA organisationnels est fortement corrélée au temps gagné et aux retombées positives. Les organisations chefs de file sont de plus en plus nombreuses à formaliser les objectifs commerciaux et individuels visant l’adoption et le développement de l’IA et des agents d’IA. Elles misent à la fois sur des programmes de perfectionnement des compétences et sur des investissements dans la culture organisationnelle, le leadership et l’engagement pour changer les comportements et générer un impact. Lorsque les employés considèrent l’adoption de l’IA comme faisant partie des attentes de rendement et de la culture de l’organisation, ils sont prêts à s’engager davantage. Parmi les employeurs détenant l’Avantage RH, 63 % déclarent que la culture est nettement meilleure qu’il y a 12 mois, contre 22 % chez les employeurs moyennement avantagés sur le plan des RH et 3 % chez les employeurs désavantagés sur le plan des RH.

Les organisations qui acquièrent l’Avantage IA font face à de nouvelles tensions

En fait, la bonne gestion de ces facteurs est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Les organisations qui se dotent de l’Avantage IA font face à de nouvelles tensions pouvant contrebalancer les gains de productivité réalisés. Pour combler le fossé entre l’investissement en IA et les retombées mesurables, il faut trouver une approche équilibrée qui prenne en compte aussi bien les capacités technologiques que l’état de préparation des humains. L’Avantage RH – un cadre de cinq capacités stratégiques – peut aider à composer avec ces tensions. 

Vue en plongée de personnes dans un escalier en colimaçon moderne.
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Chapitre 2

Cinq capacités qui permettent d’utiliser l’IA de façon à obtenir des résultats à forte valeur ajoutée

Moins d’un tiers des organisations détiennent l’Avantage RH, qui est pourtant ce qui rend la transformation pérenne.

Les organisations qui ne peuvent compter sur une base solide en matière de RH récoltent des gains de productivité inférieurs de 40 % à ceux observés chez les organisations dotées de ce que nous avons appelé l’Avantage RH, soit cinq capacités stratégiques interconnectées qui jettent les fondements d’une transformation pérenne. Seulement 28 % des organisations interrogées font état d’une bonne maîtrise des cinq facteurs : plutôt que d’en faire l’objet d’initiatives distinctes, elles déclarent avoir intégré ces facteurs à un système global où chaque capacité renforce les autres.

1. État d’esprit des ressources humaines et flux de main‑d’œuvre

L’état d’esprit des ressources humaines et le flux de main‑d’œuvre sont les facteurs déterminants, puisqu’ils mesurent les conditions globales de réussite : ils sont corrélés à la probabilité que les employés recommandent leur employeur à leurs amis et famille. D’après notre analyse des variables qui permettent de prédire la promotion nette (mesurée de 0 à 100 selon l’importance de chaque facteur, telle qu’elle est déterminée par les employés, pour la décision de recommander l’entreprise), le score de l’état d’esprit des ressources humaines se chiffre à 65 sur 100. Ce score est attribuable à 44 % à la culture organisationnelle, à 32 %, à la rémunération, et à 24 %, aux possibilités de développement de carrière.

Chez les employeurs qui détiennent l’Avantage RH, le score de l’état d’esprit des ressources humaines est beaucoup plus élevé. Les employés susceptibles de recommander leur entreprise comme un excellent lieu de travail représentent 20 % du personnel des organisations désavantagées sur le plan des RH alors qu’ils représentent 89 % du personnel des organisations détenant l’Avantage RH. Ce principe induit un cercle vertueux : les employés qui font la promotion de leur entreprise attirent d’autres employés hautement performants.

Le flux de main‑d’œuvre reste un enjeu fondamental : même les employés qui recommandent leur secteur ou leur entreprise sont susceptibles de changer d’emploi. En 2025, l’intention générale de démissionner a baissé pour s’établir à 29 %, un creux record en quatre ans, comparativement au pic enregistré lors de la « grande démission » (43 %). Cependant, cette tendance détourne l’attention d’une autre dynamique importante : le changement fréquent d’emploi reste élevé parmi les personnes les mieux formées en IA : 45 % des représentants de ce groupe, qui évaluent constamment les possibilités en matière de cheminement professionnel et de rémunération internes et externes, envisagent de quitter leur entreprise actuelle. Ce paradoxe se manifeste souvent chez les talents hautement formés et à forte valeur ajoutée et constitue un des obstacles majeurs avec lesquelles les organisations doivent composer : le perfectionnement des capacités accroît le risque de roulement.  Pour répondre à ce risque, les employeurs doivent veiller à ce que ces employés essentiels aient un accès continu à des technologies et possibilités de carrière intéressantes, et qu’ils soient bien rémunérés.


2. Excellence en matière d’adoption de l’IA

L’excellence au chapitre de l’adoption de l’IA nécessite une utilisation fréquente et sophistiquée de l’IA, et en particulier d’outils propres à chaque poste, ainsi que l’établissement d’objectifs stratégiques. Les organisations qui dégagent le plus de valeur de l’adoption de l’IA peuvent dégager de 8 à 14 heures par semaine, leurs employés travaillant à des cas d’utilisation plus complexes. Non seulement les utilisateurs avancés utilisent davantage l’IA, mais ils l’utilisent différemment : ils la perçoivent comme un collègue, un mentor ou un partenaire de réflexion plutôt que comme un simple outil d’automatisation. Les utilisateurs modèles sont ceux qui adoptent cette mentalité axée sur la collaboration. Par rapport à leurs pairs, ils retirent des avantages plus de deux fois plus importants de l’IA.

Lorsque nous nous sommes rendu compte que notre outil d’IA maison, EYQ, ne pourrait plus suivre le rythme rapide des avancées technologiques, nous avons choisi de proposer aussi une autre solution d’entreprise, cette fois fondée sur GPT‑5. Cette flexibilité nous a permis de privilégier les besoins de nos gens tout en assurant la sécurité et la conformité de la solution.

Cela étant, les organisations doivent fournir les bons outils d’IA pour inciter leurs employés à l’utiliser. Même quand ils disposent d’outils sur mesure, face au besoin de répondre aux exigences élevées en matière de rendement, les employés prennent souvent l’initiative. Entre 23 % et 58 % des employés apportent leur propre outil d’IA au travail, ce chiffre pouvant varier selon le secteur. Cette IA de l’ombre représente un potentiel d’innovation inexploité, mais elle apporte aussi son lot de défis de gouvernance et de sécurité que les organisations doivent relever de manière systématique. « Je pense qu’il faut expliquer très clairement les problèmes de conformité que l’utilisation de certains outils d’IA peut entraîner pour l’organisation, reconnaît Joe Depa, chef mondial de l’innovation chez EY. Lorsque nous nous sommes rendu compte que notre outil d’IA maison, EYQ, ne pourrait plus suivre le rythme rapide des avancées technologiques, nous avons choisi de proposer aussi une autre solution d’entreprise, cette fois fondée sur GPT‑5. Cette flexibilité nous a permis de privilégier les besoins de nos gens tout en assurant la sécurité et la conformité de la solution. »

3. Formation et perfectionnement des capacités

La formation et le développement des capacités constituent le principal gage de succès en matière d’IA. Les employés qui reçoivent plus de 81 heures de formation récoltent des résultats transformateurs. Cependant, les niveaux de formation plus élevés créent ce qu’on peut nommer « le paradoxe de l’apprentissage » : les employés ayant reçu plus de 80 heures de formation sont 55 % plus susceptibles de quitter leur emploi que la moyenne. La formation avancée facilite la mise sur le marché des compétences, et les marchés externes sont souvent en mesure de récompenser l’expertise en IA plus rapidement que les cycles de promotion internes.

Les organisations détenant l’Avantage RH abordent ce problème en combinant apprentissage intensif, stratégies de rétention et de rémunération, et programmes de développement de carrière. Elles créent des marchés de talents internes, conçoivent des certifications de compétences progressives, selon l’ancienneté, et forment des cohortes d’apprenants qui tissent des réseaux de pairs, car le capital social favorise la rétention. La proportion d’employés qui reçoivent au moins 80 heures de formation en IA par année passe de 15 % chez les employeurs désavantagés sur le plan des RH, à 42 % chez les employeurs détenant l’Avantage RH.


4. Transformation de la culture organisationnelle et du milieu de travail

Ce type de transformation aboutit à la mise en place d’un environnement propice à l’intégration de l’IA. La vision du leadership et l’alignement de la culture organisationnelle sont essentiels pour la réussite de l’adoption de l’IA. Les résultats en matière de culture organisationnelle se sont améliorés considérablement : 60 % des employés (48 % en 2021) disent observer une amélioration de la culture organisationnelle depuis 12 mois. Les employeurs ont remédié à certaines lacunes sur le plan des méthodes de travail, des relations d’équipe et des efforts pour rassurer et soutenir les employés.

Les employeurs détenant l’Avantage RH affichent une performance nettement meilleure sur le plan de la culture organisationnelle : 63 % de leurs employés déclarant que la culture de leur organisation s’est nettement améliorée au cours des 12 mois précédents, contre seulement 3 % des employés des entreprises désavantagées sur le plan des RH. La culture organisationnelle correspond à 44 % du score de l’état d’esprit des ressources humaines. Les leaders responsables, les employeurs encourageants, les gestionnaires inspirants et les liens d’équipe y jouent un rôle essentiel. L’adoption de l’IA elle‑même peut améliorer ces aspects culturels dès lors que les organisations la présentent comme une expérience d’apprentissage collaborative et non comme une compétence technique individuelle.

5. Rémunération globale stratégique

La rémunération globale stratégique doit être personnalisée et flexible, déterminée en fonction de l’évolution des besoins des employés et du fait qu’un poste soit axé sur l’IA ou non. Si les employés du passé se concentraient principalement sur les possibilités de carrière au sein de leur organisation, les employés possédant des compétences en IA peuvent sans difficulté chercher ailleurs leur prochain poste. Ces travailleurs qualifiés commencent à rechercher avant tout des expériences de travail qui leur donnent accès à des technologies remarquables, à des conditions flexibles, et à des possibilités de croissance exceptionnelles, à l’avant‑garde du marché.

Les organisations détenant l’Avantage RH n’ignorent pas que la rémunération compte pour environ 32 % de l’état d’esprit des ressources humaines, et elles excellent à rendre leur offre de rémunération globale plus flexible. Au moins la moitié des employeurs détenant l’Avantage RH sont fortement d’accord pour dire que la rémunération qu’ils offrent répond aux besoins des employés, comparativement à seulement 7 % des employeurs désavantagés sur le plan des RH. 

Une rémunération globale reposant sur une approche exhaustive centrée sur l’humain

Depuis des années, la tendance à l’assouplissement des modalités de travail est devenue une base de référence pour de nombreux travailleurs du savoir, les données révélant qu’elle gagne en popularité. La perspective de bénéficier d’horaires de travail flexibles (31 %) et la possibilité de faire du télétravail à partir de n’importe où (26 %) figurent parmi les principaux avantages RH que privilégient les employés. Les autres avantages RH privilégiés reflètent la volonté des employés non captifs de bénéficier d’avantages adaptés à leur vie personnelle et à leurs activités professionnelles au quotidien. Bien que les considérations salariales restent importantes, dans un contexte où la hausse du coût de la vie représente une source de préoccupations persistantes, certains employés considèrent leur rémunération sous un nouveau jour. Le groupe de travailleurs du savoir le plus important (37 %) souhaite bénéficier d’un plus large éventail d’options de primes et de mesures incitatives adossées à leur rendement et à leur contribution à l’entreprise, tandis qu’un tiers des employés privilégient plutôt l’obtention d’avantages en matière de santé et bien‑être, de congés rémunérés et d’une rémunération mieux indexée sur la hausse du coût de la vie.
 

Le large éventail des avantages RH privilégiés par les employeurs semble concorder avec ceux que préfèrent les employés, malgré des différences notables. Dans le contexte de la persistance des pressions à la hausse généralisée des coûts associés aux soins de santé et de l’accroissement soutenu des besoins en la matière, 39 % des employeurs prévoient investir au cours de la prochaine année dans les avantages en matière de santé et bien‑être offerts aux employés, étant donné que leurs programmes doivent prendre en compte leurs besoins dans leur globalité, notamment en ce qui a trait à leur santé physique, mentale et émotionnelle. Dans une proportion presque équivalente (38 %), les employeurs cherchent à améliorer leur offre de primes et de mesures incitatives axées sur l’amélioration du rendement. Notamment, dans le cadre des améliorations à apporter à leur programme de rémunération globale, 28 % des employeurs souhaitent investir dans l’offre d’activités de renforcement des compétences, tandis que 23 % seulement prévoient se concentrer sur la modification de ce programme, de sorte qu’il prenne en compte la hausse du coût de la vie.
 

Dans un contexte où les flux de main‑d’œuvre jouent un rôle fondamental, il importe de ne pas considérer la main‑d’œuvre comme un bloc monolithique, étant donné surtout qu’elle est de plus en plus diversifiée en termes de segmentation générationnelle, ce qui s’impose d’ailleurs comme un impératif. La répartition des données par génération permet de relever des différences de priorités notoires en matière d’avantages RH. Par exemple, les plus jeunes employés membres de la génération Z indiquent que les congés rémunérés et les mesures incitatives axées sur le rendement sont les deux avantages RH auxquels ils attachent le plus d’importance, tandis que – sur un pied d’égalité – les avantages en matière de santé et bien‑être et la possibilité de bénéficier d’horaires de travail flexibles figurent au troisième rang dans le classement des avantages RH qu’ils privilégient. En revanche, 46 % des répondants membres de la génération du baby‑boom souhaitent que le programme de rémunération globale de leur entreprise soit adapté à la hausse du coût de la vie, tandis que 41 % accordent la priorité à l’obtention de mesures incitatives axées sur le rendement. En troisième position, les avantages en matière de santé et bien‑être viennent loin derrière dans le classement des préférences des employés membres de cette génération, qui considèrent qu’il s’agit d’une priorité dans une proportion de 32 %.

De telles disparités générationnelles incitent les employeurs à rechercher des façons d’améliorer les gratifications auxquelles tous les employés accordent beaucoup d’importance, sans égard au segment démographique auquel ils se rattachent, en mettant l’accent sur des aspects tels que l’offre d’un éventail élargi de modalités de travail flexible. Au cours des dernières années, les fonctions mobilité se sont adaptées à cette aspiration à une plus grande flexibilité, en élargissant leur champ d’intervention au‑delà de leurs sphères traditionnelles, telles que les voyages d’affaires et le soutien à la réinstallation. Désormais, cette fonction prend également en charge la gestion de nouveaux types de risques liés aux cadres fiscaux, législatifs et réglementaires, qui vont de pair avec le travail hybride et le télétravail. Les employés qui sont appelés à travailler dans des territoires relevant de diverses administrations fiscales – pouvant s’agir d’un même pays, d’une même province, d’un même État ou d’une même ville – peuvent être une source de complications pour les entreprises, qui doivent réaliser des progrès en matière de coordination. Il ressort clairement du sondage sur la mobilité réinventée qu’EY a réalisé en 2024 que les fonctions mobilité qui sont mieux intégrées à la stratégie RH de l’entreprise font meilleure figure que les autres dans la gestion des ressources humaines et sur le plan opérationnel. Les employeurs qui parviendront à faire évoluer globalement leur programme de mobilité, en l’intégrant à leur programme de rémunération globale, pourraient bien tirer parti de possibilités qui ne sont pas encore réalisées.

Bien que les employeurs accordent beaucoup plus d’importance aux activités de formation et de renforcement de compétences que les employés, risquant ainsi d’être en décalage par rapport aux préférences de ces derniers en matière de gratifications, ils n’ont pas tout à fait tort de mettre l’accent sur les compétences. Le renforcement et le perfectionnement des compétences sont essentiels à l’obtention éventuelle d’un Avantage RH reposant de plus en plus sur les nouvelles technologies de travail et l’IA générative.

Wide overhead shot of business colleagues crossing city street during evening commute
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Chapitre 3

Composer avec les cinq tensions critiques pour tirer parti de l’Avantage RH

Les organisations chefs de file n’évitent pas les tensions : elles s’y attaquent avec détermination.

Chaque organisation qui cherche à se doter d’un Avantage RH devrait prêter attention à cinq tensions importantes qui peuvent freiner son avancement. L’essentiel est de relever ces défis en offrant le bon soutien au bon moment tout en apprenant sur le tas. Voici les cinq tensions ainsi que les principales mesures que les leaders peuvent prendre.

1. Répondre au dilemme qui oppose la formation à la rétention

Les 81 heures de formation en IA qui favorisent l’excellence en matière d’adoption augmentent également de 55 % la probabilité de départ des employés. Si 21 % des employés qui ont suivi moins de 4 heures de formation en IA ont l’intention de quitter leur entreprise, cette proportion passe à 45 % chez les employés qui ont accumulé 81 heures ou plus de formation. Chez les employés hautement formés, la différence se manifeste aussi sur le plan des facteurs de motivation. Pour les employés qui comptent plus de 40 heures, la possibilité de travailler avec des technologies de pointe et la flexibilité comptent davantage que la rémunération et les possibilités d’avancement professionnel traditionnel.

Les leaders font face à un dilemme : sous‑investir dans la formation et ne jamais se doter de capacités d’IA ou y investir massivement en sachant que cela augmente le risque de perdre des talents. La solution est dans la combinaison dynamique entre formations, rémunération et cheminement professionnel. Il s’agit en effet de combiner une offre de formation intensive à des approches avancées en matière de rétention du personnel, c’est‑à‑dire des approches qui reflètent la façon dont les employés qualifiés en IA perçoivent leur propre cheminement professionnel. Il faut établir des parcours internes qui présentent les possibilités de croissance et d’accès à des technologies avant même que les employés n’aient l’idée de quitter l’entreprise. En outre, les expériences de formation doivent renforcer le capital social et favoriser les liens entre les pairs, puisque les relations fidélisent les gens tout autant que les rôles. Il est essentiel de calibrer la stratégie de rémunération globale de façon à l’aligner sur ce que les travailleurs qualifiés en IA apprécient réellement, notamment l’accès à des technologies de pointe, la flexibilité sur le plan du mode et du lieu de travail, et les possibilités de perfectionnement continu des compétences, en plus des traditionnelles augmentations de salaire.

2. Maximiser les gains de temps liés à l’IA

L’IA permet de réaliser des économies de temps réelles : les employés déclarent économiser huit heures par semaine en moyenne. Toutefois, de nombreuses organisations ont de la difficulté à faire de ces gains d’efficacité une véritable transformation des activités. Les entreprises chefs de file dans des secteurs comme la gestion de patrimoine, les technologies et les services bancaires réalisent des gains de temps encore plus importants (10 à 12 heures par semaine), mais une question essentielle continue de se poser : comment déployer stratégiquement cette nouvelle capacité disponible? JPMorganChase offre un exemple éclairant à ce sujet. La banque a déployé une suite logicielle fondée sur un grand modèle de langage, c’est‑à‑dire un outil d’IA générative, auprès de 50 000 employés de sa division de gestion d’actifs et de patrimoine. L’outil effectue des travaux équivalents à ceux d’un analyste de recherche, mais plutôt que d’empocher simplement ces gains d’efficacité, JPMorganChase redéploie stratégiquement la capacité de l’analyste vers des travaux à plus grande valeur : interprétation complexe, services‑conseils stratégiques et relations plus étroites avec la clientèle5.

Pour éviter le piège de la productivité, la clé est de déterminer avec précision où le temps économisé sera réinvesti et d’ajuster la façon de mesurer le rendement du capital investi. Comme le souligne Joe Depa, chef mondial de l’innovation chez EY, « la valeur de l’IA repose sur trois éléments clés : la productivité, la qualité et l’efficacité. Les organisations qui ne considèrent que les heures économisées passent à côté d’aspects essentiels comme l’amélioration de la précision, la réduction des taux d’erreur et l’amélioration de la qualité décisionnelle. »


Redéfinissez les rôles parallèlement au déploiement de l’IA. Déterminez ce que les employés devraient cesser de faire, recensez les activités à forte valeur ajoutée sur lesquelles ils devraient se concentrer et déterminez comment ils peuvent augmenter leur contribution. Établissez des attentes claires quant à la réaffectation du temps économisé entre les initiatives de croissance stratégiques et les occasions d’innovation, d’apprentissage et d’adaptation. Songez à mettre cette approche à l’essai à l’échelle d’une seule fonction et évaluez la productivité et les indicateurs d’engagement des employés. La redéfinition des rôles doit être un élément constitutif de la planification de l’implantation de l’IA et non une mesure d’adaptation postérieure à celle‑ci. En outre, il importe de créer des mécanismes de rétroaction dans le but d’améliorer continuellement la façon dont les économies de temps découlant de l’IA sont transformées en amélioration de la qualité du travail, d’évaluer plus efficacement le rendement du capital investi et de réaliser des gains d’efficacité qui favorisent une transformation porteuse.

«La valeur de l’IA repose sur trois éléments clés : la productivité, la qualité et l’efficacité. Les organisations qui ne considèrent que les heures économisées passent à côté d’aspects essentiels comme l’amélioration de la précision, la réduction des taux d’erreur et l’amélioration de la qualité décisionnelle.»

3. Gérer l’écart anxiété‑innovation

Tandis que les organisations peinent à trouver des talents, 38 % des employés craignent de perdre leur emploi en raison de la propagation de l’IA. La même proportion, soit 38 %, s’inquiète de la dépendance excessive à l’IA, laquelle éroderait les compétences, l’expertise et l’apprentissage. Cette crainte coexiste avec les demandes d’innovation. Pour les organisations, il importe que les employés expérimentent l’IA et repensent leur travail. Cependant, l’anxiété de la main‑d’œuvre crée des hésitations, de la résistance et des comportements défensifs qui bloquent la transformation des rôles actuels.

Acceptez les émotions plutôt que de les ignorer. Les dirigeants doivent s’engager à gérer le stress engendré par la transformation et formuler avec clarté une vision en matière d’IA qui réponde aux préoccupations de la main‑d’œuvre, notamment celles concernant l’augmentation de la charge de travail, la sécurité d’emploi et l’obsolescence.

Parlez non seulement de ce que l’IA réalisera, mais aussi de la manière dont elle permettra aux humains d’effectuer des tâches comportant plus de valeur. Identifiez les employés dont les fonctions ont évolué grâce à l’IA et recueillez leur témoignage. Documentez en particulier ce qui a changé et en quoi leur travail est devenu encore plus important. Diffusez ces témoignages par les canaux de communication de l’organisation.

Consultez les employés à propos de l’implantation de l’IA dans leur secteur et donnez aux personnes qui connaissent le mieux les activités concernées la possibilité d’en façonner l’avenir. En outre, songez à mettre sur pied des programmes qui permettent d’acquérir de nouvelles compétences avant que les anciennes ne deviennent désuètes, faisant de l’adaptation continue la norme.

4. Relevez le défi de l’IA de l’ombre

De 23 % à 58 % des employés utilisent des outils d’IA personnels au travail. Si l’on essaie de restreindre cette pratique, on étouffe l’innovation, mais le fait de l’ignorer peut entraîner des conséquences catastrophiques sur le plan de la sécurité, de la gouvernance et de la conformité. D’une part, les outils d’entreprise accusent un retard par rapport aux outils d’IA destinés aux consommateurs. D’autre part, les employés ont tendance à s’attaquer aux problèmes immédiatement, sans attendre les approbations officielles.

Sondez votre main‑d’œuvre pour savoir quels sont les outils d’IA personnels qu’elle utilise et pourquoi, et assurez‑vous d’encourager le partage de cette information plutôt que de le pénaliser. Ensuite, montez des programmes de type «bac à sable » pour l’IA, afin de canaliser cette énergie vers une expérimentation coordonnée. Comme l’a formulé Tyler Buffie, leader mondial, Stratégie en matière de données et d’IA, EY : « les membres du personnel ont besoin de temps et d’espace pour s’exercer à utiliser les outils d’IA, déterminer comment ils peuvent les mettre à profit et les intégrer à leur flux de travail ». Offrez à vos gens un espace réservé à cet usage pour qu’ils y expérimentent avec les outils de leur choix, mais selon des modalités clairement définies. Accélérez l’adoption des solutions prometteuses afin de créer un pipeline d’innovations inversé. Transformez les utilisateurs de l’IA de l’ombre en champions internes et en éclaireurs en matière d’outils. Établissez des limites de gouvernance claires et créez des « zones d’innovation–» prêtes à accueillir une prise de risque contrôlée.

5. Dynamisez la réorganisation de l’entreprise pour lutter contre la fatigue

Près de huit employeurs détenant l’Avantage RH sur dix ont déjà procédé à une réorganisation importante attribuable à l’IA. Cependant, 74 % de ces employeurs sont d’avis qu’ils ont encore du chemin à faire. D’une part, les chefs de file doivent poursuivre la transformation pour pouvoir tirer parti de l’IA. D’autre part, une réorganisation permanente épuise la main‑d’œuvre. Alors que l’IA transforme le travail chaque trimestre, une réorganisation traditionnelle prend de 12 à 18 mois.

Pour remédier à la fatigue induite par la réorganisation, offrez une autonomie accrue à certaines équipes pour leur permettre d’expérimenter de nouvelles structures dans le cadre de cycles de courte durée. Attribuez des rôles et des responsabilités clairs tout en déléguant adéquatement le pouvoir décisionnel. Déterminez quelles parties de l’organisation resteront inchangées et quels secteurs devront être transformés, afin de rassurer les employés sur le fait que tout ne changera pas. Développez votre aptitude à composer avec les changements comme une force continue plutôt que de traiter chaque réorganisation comme un événement perturbateur isolé.

Divisez votre organisation en zones de stabilité et en zones de transformation, puis annoncez clairement cette réorganisation. Donnez aux personnes qui réalisent des expériences une possibilité réelle de prendre des décisions concernant l’organisation du travail plutôt que de simplement suggérer des changements qui exigent des approbations sans fin.

Façonnez l’avenir de l’IA et de la main‑d’œuvre en toute confiance

Seulement 28 % des organisations ont su accéder à l’Avantage RH et ont donc récolté des résultats transformateurs. Les 72 % restants ont le choix : se rattraper rapidement en acquérant rapidement les cinq capacités tout en gérant les tensions ou prendre encore plus de retard, à mesure que l’écart entre les chefs de file et les retardataires se creuse.

Pour acquérir la bonne combinaison de cinq capacités stratégiques et se doter de l’Avantage RH, les organisations doivent gérer des priorités concurrentes : formation et rétention, innovation et sécurité, besoins en talents mondiaux et locaux, vision centralisée et exécution décentralisée. Cela nécessite une excellence systématique, et non des exploits individuels.

L’Avantage RH compte non seulement parce qu’il est un gage de productivité, mais aussi parce que grâce à lui, les organisations sont plus à même d’atteindre des objectifs stratégiques qui vont au‑delà de la productivité, notamment en améliorant leur rendement, en prenant de meilleures décisions et en améliorant le bien‑être du personnel et la culture du milieu de travail. Dans un environnement d’affaires en constante évolution, où la capacité d’adaptation et la résilience de la main‑d’œuvre sont des atouts essentiels, les organisations détenant l’Avantage RH ont la possibilité de croître avec audace tout en gérant les tensions inévitables sur le plan des talents. Ceux qui n’ont pas acquis l’Avantage RH s’enliseront dans des optimisations sans fin de leurs processus existants, alors que leurs concurrents repenseront leurs modèles d’affaires de bout en bout.

L’avantage durable à l’ère de l’IA repose sur la capacité à établir des fondations humaines solides et à tirer parti des technologies de pointe. La question n’est pas de savoir si l’IA transformera le secteur et la main‑d’œuvre d’une organisation. Elle le fera à coup sûr. Il s’agit plutôt de savoir si les organisations parviendront à façonner leur transformation ou si elles se contenteront de composer avec elle.

Les cinq capacités sont les atouts que les organisations doivent acquérir. Les cinq tensions correspondent aux défis que les organisations doivent relever. Les organisations qui ont acquis l’Avantage RH (28 %) ont prouvé que le pari était réaliste. La question qui se pose maintenant est la suivante :votre organisation se dotera‑t‑elle de l’excellence systématique nécessaire pour être de la partie?

Vous pouvez écrire l’histoire ou en être le spectateur. Le choix vous appartient.


La répartition des employés en fonction du niveau d’utilisation de l’IA générative permet d’obtenir une vue encore plus nuancée de la situation. Les employés qui font une utilisation intensive de l’IA générative sont quatre fois plus susceptibles que les autres d’affirmer que leur entreprise offre une expérience technologique supérieure à la moyenne, comparativement à ceux qui y ont peu recours. Les grands utilisateurs de l’IA générative sont aussi particulièrement susceptibles de quitter leur emploi au cours des 12 mois à venir, car ils sont en quête des nouveaux débouchés auxquels leur donne accès leur haut niveau de connaissances et d’utilisation de l’IA générative. 

Mais, pour en revenir à l’idée des flux de main‑d’œuvre fondamentaux, il ne s’agit pas nécessairement d’un aspect négatif. Les entreprises qui adoptent l’IA générative avec un degré d’enthousiasme particulièrement élevé sont aussi celles qui affichent un score plus élevé que la moyenne pour l’état d’esprit des ressources humaines (67 par rapport à 60 pour celles qui ont recours modérément à cette technologie et 50 pour celles qui en font une utilisation limitée), de sorte que leurs employés sont particulièrement susceptibles de contribuer à la promotion de leur organisation.

Il y a aussi une corrélation entre le niveau d’utilisation de l’IA générative et la perception de la capacité d’une entreprise à favoriser le renforcement des compétences. Parmi les employés qui ont recours à l’IA générative, 58 % affirment que les programmes de perfectionnement et de formation de leur entreprise sont soit supérieurs à la moyenne, soit excellents.  Dans un contexte d’obsolescence accélérée des compétences, cela est logique : les utilisateurs de technologies dont l’évolution est particulièrement rapide ont besoin d’apprendre et de s’améliorer constamment, de façon à pouvoir suivre le rythme des changements. 

Pour rester concentrées sur le renforcement des compétences, ainsi que sur les avancées technologiques et les flux de main‑d’œuvre en transformation rapide, les entreprises devront adopter de nouvelles approches leur permettant de conserver un Avantage RH. Bien que les employeurs se sentent plus à l’aise de continuer d’offrir des programmes d’apprentissage et de perfectionnement internes, les employés semblent plus ouverts qu’eux à la perspective de l’intégration de leurs activités de renforcement des compétences à des programmes de rémunération globale ouverts sur l’extérieur de l’entreprise. Le recrutement de ressources humaines dans d’autres régions du monde peut s’avérer une mesure nécessaire pour certaines entreprises, ce qui engendre un niveau de complexité supplémentaire.

Résumé

De nos jours, le travail est moins associé d’emblée aux vieux concepts de carrière, de gratification et d’environnement de travail. Le sondage sur le travail réinventé qu’EY a réalisé en 2024 auprès d’employés et d’employeurs des quatre coins du monde indique aux entreprises la voie à suivre pour obtenir un Avantage RH. Le succès des entreprises reposera grandement sur la façon dont elles savent composer avec cinq dimensions clés : l’état d’esprit des ressources humaines et les flux de main‑d’œuvre; les technologies de travail et l’IA générative; les priorités en matière de rémunération globale; les activités d’apprentissage, les compétences et les cheminements de carrière; la culture organisationnelle et les environnements de travail.

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