SID NAIR D’EY CANADA est optimiste. Non seulement les Canadiens peuvent surmonter cet obstacle pour fonder davantage d’entreprises ici, ils peuvent aussi contribuer à leur essor. Tout comme Darryl Margaux, il reconnaît que cette façon de voir nécessite un changement de paradigme.
« Toute entreprise en démarrage doit être imparfaite et agile, a affirmé Sid Nair, leader national du groupe F et A en technologie d’EY. Une expansion requiert un certain degré de maturité, parce que vous allez faire affaire avec des clients plus complexes et le risque d’erreur est certainement plus élevé. »
Il soutient qu’un changement de mentalité doit s’opérer chez les leaders technologiques qui souhaitent une expansion. « Les fondateurs doivent d’abord penser comme des bâtisseurs puis devenir des ambassadeurs. Ils doivent aussi réfléchir à ce que signifie l’expansion. Oui, certes, on parle de croissance. Cependant, dans cet environnement ambigu, les fondateurs devront aussi inscrire “l’expansion” dans un contexte de diversification des marchés et des utilisateurs finaux. C’est une façon de plus de gérer le risque. »
Ce nouvel angle met l’accent sur une autre dynamique : l’expansion comme levier d’indépendance, de développement, voire de souveraineté dans certains cas. « Tout est lié et l’expansion prend un tout autre sens dans ce contexte », a ajouté Sid Nair.
Cela étant dit, l’adoption d’une culture d’expansion au Canada exigera bien plus que de la simple détermination. Pour lui, cela sous‑entend une collaboration des parties prenantes publiques et privées pour mettre en place un écosystème qui favorise la réussite des entrepreneurs. En misant sur les forces locales, le Canada peut aussi ancrer la stabilité, attirer les capitaux et permettre aux fondateurs d’innover et d’élargir leurs activités en ces temps difficiles.
Une expansion potentielle signifie aussi que les clients locaux doivent vouloir miser sur une entreprise émergente. Et par client, on entend aussi les grandes entreprises (comme les grandes banques canadiennes), les organismes d’État et les ministères.
« Tout le monde doit y mettre du sien. Nous devons travailler ensemble et nous entraider pour que les entreprises canadiennes puissent avoir tout ce dont elles ont besoin pour accroître leurs activités ici même. Les fondateurs ne sont pas les seuls responsables. C’est à nous tous de mettre la main à la pâte et d’établir le Canada comme premier écosystème entrepreneurial au monde, soit un endroit où l’on peut fonder une entreprise et étendre les activités d’une entreprise prospère. C’est ça, les projets de développement national. »
KAREN HASTIE, fondatrice de l’application Chamber Perks, voit aussi ce potentiel. Son entreprise est le fruit d’un effort local à aider une chambre de commerce à soutenir ses membres d’affaires. Depuis, l’application est devenue une plateforme Web canadienne qui soutient plus de 20 000 entreprises. Même avec cette réussite, elle sait que l’expansion n’est pas gagnée d’avance.
Elle a démarré son entreprise à Sudbury. Or, c’est de plus en plus difficile de penser « local ». Être à l’extérieur d’un grand centre technologique limite l’accès aux talents et aux partenaires disponibles et même à l’exposition médiatique.
« Quelques‑uns des indicateurs de base comprennent le nombre d’emplois créés au Canada, le potentiel de croissance par les exportations et la commercialisation grâce à des brevets. Il y a aussi des effets en amont à prendre en considération. Vous pouvez certes être en train d’implanter votre entreprise au Canada, mais avez‑vous aussi recours à des prestataires locaux? »
Aaron Smith
Associé, Consultation, Santé, Gouvernement et secteur public, EY Canada
« Si vous voulez des entreprises comme celles du Fortune 500 au Canada, vous devez aussi voir l’état d’esprit du Fortune 500 chez les Canadiens. Les fondateurs d’entreprises en démarrage situées dans des petites villes doivent avoir accès à des mentors, à des occasions de croissance et à des plateformes qui leur permettraient de voir grand et de sortir de leur zone de confort. »
De son avis, cela relève en partie du gouvernement. « Plus de programmes gouvernementaux pour les entreprises en expansion sont nécessaires, pas que pour les entreprises en démarrage. Cela peut prendre la forme de subventions ou un accès à un réseau de plus grands fournisseurs et prestataires. »
OR, SID NAIR EST D’AVIS que ce concept va dans les deux sens. Des programmes comme les encouragements fiscaux à l’innovation en recherche scientifique et le développement expérimental et le Programme d’aide à la recherche industrielle pour l’innovation technologique existent depuis des années. Cependant, les dirigeants d’entreprise doivent comprendre les critères d’évaluation, selon Aaron Smith, associé, Consultation, Santé, Gouvernement et secteur public, EY Canada.
« Quelques‑uns des indicateurs de base comprennent le nombre d’emplois créés au Canada, le potentiel de croissance par les exportations et la commercialisation grâce à des brevets. Il y a aussi des effets en amont à prendre en considération. Vous pouvez certes être en train d’implanter votre entreprise au Canada, mais avez‑vous aussi recours à des prestataires locaux? »
Étant donné que les projets de développement national prioriseront un approvisionnement provincial et national, des occasions vont manifestement émerger pour les entreprises canadiennes, peu importe l’étape de leur parcours de croissance. Or, cet angle d’entreprise à entreprise demeurera essentiel.
Le programme Femmes entrepreneures gagnantes d’EY permet de repérer des entrepreneures ambitieuses et de leur fournir les ressources, le réseau et les accès dont elles ont besoin pour libérer leur plein potentiel. En 2025, quatre entreprises canadiennes en démarrage ont été accueillies dans la catégorie Amérique du Nord du programme.
« D’une entreprise biotechnologique spécialisée en diagnostics moléculaires de nouvelle génération au modèle de réflexion conceptuelle axée sur l’humain, en passant par des événements d’expérience thérapeutique avec des chiots, à une entreprise de bien‑être et à un groupe de services vétérinaires optimisés par l’IA : la cohorte d’entrepreneures canadiennes de cette année bouleverse des secteurs entiers, a affirmé Vean Hung, coleader du programme Femmes entrepreneures gagnantes, EY Canada. Ce qui est unique avec ce programme c’est qu’il va au‑delà de la reconnaissance. Il met en relation des entrepreneures à haut potentiel avec le réseau et les ressources d’affaires dont elles ont besoin pour atteindre cet échelon d’une croissance réussie. »
Grâce à ces ressources qui permettent de faire preuve d’audace, de procéder à une expansion de façon durable et de croître à son plein potentiel, ce programme est un élément clé d’un écosystème performant, selon Vean Hung. La coleader du programme, Cecile Van Niekerk, indique qu’EY applique un modèle similaire pour stimuler la croissance canadienne.
« Le programme Femmes entrepreneures gagnantes d’EY et aussi, de façon plus générale, notre Réseau Accès‑entrepreneurs et Le Grand Prix de l’Entrepreneur d’EYMD sont tous interreliés pour bâtir des ponts, a déclaré Cecile Van Niekerk. Je crois vraiment que c’est essentiel. Pour procéder à une expansion, les entrepreneurs doivent compter sur de solides réseaux au sein de la communauté de fondateurs, tout comme sur d’autres entreprises, des gouvernements et des clients potentiels. Lorsque nous relions ces points, nous pouvons progresser de façon exponentielle. »
Le genre de progression qui transforme les idées canadiennes en licornes sur la scène mondiale.