Jeune homme utilisant un téléphone intelligent avec des écouteurs et tramway en mouvement

Comment une feuille de route en cinq étapes permet d’accompagner les gouvernements dans la mise en œuvre de l’IA

Personnes-ressources locales :
Alida Meghji, associée, Technologies numériques et émergentes, Gouvernement et secteur public
John Candeias, associé, Données et analytique, EY Canada

Les gouvernements ne se demandent plus s’ils doivent adopter l’intelligence artificielle (IA), mais se concentrent désormais sur la manière de la déployer de façon responsable, efficace et à grande  échelle.


En bref
  • De nombreux gouvernements ont du mal à déployer l’IA au‑delà des projets pilotes en raison des défis liés à la mise en œuvre, des dépassements de coûts dus à une planification inadéquate et des complexités liées à l’intégration.
  • Une feuille de route rigoureuse en cinq étapes aide les organisations à passer de l’intention à des résultats mesurables, en soutenant une mise en œuvre responsable de l’IA et en facilitant la levée des obstacles au déploiement à grande échelle.
  • Les approches systématiques permettent de réaliser d’importants gains de productivité, d’améliorer la prestation de services et la résilience, tout en évitant les écueils qui compromettent les initiatives d’IA prometteuses.

Faire de l’ambition en matière d’IA une source de valeur concrète pour la société devient rapidement une priorité pour les responsables publics. Le débat ne porte plus sur le potentiel de l’IA, mais sur la capacité à comprendre et à anticiper toute la complexité qui accompagne le passage de projets pilotes réussis à un déploiement à grande échelle, afin de générer des résultats concrets au bénéfice des citoyens. Cependant, le passage de l’ambition à la concrétisation demeure parsemé d’obstacles. L’expérience mondiale d’EYsuggère que seulement de 20 % à 25 % des démonstrations de faisabilité (PoC) en IA aboutissent à une mise en œuvre à plus grande échelle.

Nos recherches montrent que trois obstacles fondamentaux entravent systématiquement le développement de l’IA : les défis liés au déploiement qui dépassent les capacités techniques et opérationnelles; les coûts sous‑estimés et les déficits de financement; et les complexités liées à l’intégration, telles que les systèmes en place, la résistance des utilisateurs et les exigences de conformité. Ces lacunes dans la mise en œuvre expliquent pourquoi de nombreux projets pilotes prometteurs ne parviennent pas à créer de la valeur ajoutée pour la société et pourquoi une approche structurée et rigoureuse est essentielle.

S’appuyer sur des fondements essentiels

Notre précédent rapport, intitulé « Comment l’analyse de données et l’IA dans le secteur public peuvent générer une plus grande valeur publique », a identifié cinq fondements essentiels pour la réussite des initiatives gouvernementales en matière d’IA. Ceux‑ci comprennent une infrastructure technologique et de données performante, un perfectionnement méthodique des talents, une culture organisationnelle évolutive, une gouvernance éthique globale et une gestion collaborative de l’écosystème.

Les organisations qui ont établi ces fondements sont toujours confrontées à une question cruciale lorsqu’elles passent du stade des idées à celui de la transformation globale de l’entreprise au moyen de l’IA : comment comprendre la complexité de la mise à l’échelle de l’IA et s’y préparer afin d’offrir une valeur ajoutée durable pour la société?

Notre sondage auprès de 492 responsables publics dans 14 pays lève le voile sur ce défi. Plus de 60 % d’entre eux citent les préoccupations liées à la confidentialité et à la sécurité des données comme principale contrainte, outre d’autres obstacles systémiques, notamment le manque d’alignement stratégique, l’insuffisance des infrastructures de données et les préoccupations éthiques. 

Des idées qui font la différence : guide à l’intention des responsables publics pour une mise en œuvre responsable de l’IA

Découvrez comment les gouvernements peuvent déployer l’IA au‑delà des projets pilotes afin de générer des résultats concrets et une valeur ajoutée mesurable pour la société.

Ce document est présenté dans sa langue originale de production.

La nécessité d’une mise en œuvre systématique

Les méthodologies traditionnelles de déploiement technologique ne suffisent pas pour mettre en œuvre l’IA. Contrairement aux systèmes informatiques classiques, les systèmes d’IA nécessitent un développement itératif, un apprentissage permanent et une gouvernance capable de s’adapter. Ils englobent la gestion du changement organisationnel, la conformité réglementaire et une surveillance éthique qui va bien au‑delà du déploiement technique. Il est donc impératif d’adopter des approches de mise en œuvre structurées. Les organisations ont besoin de méthodologies qui tiennent compte des caractéristiques uniques de l’IA tout en garantissant une création de valeur durable.

La feuille de route en cinq étapes que nous avons élaborée répond à ce besoin en fournissant un cadre fondé sur l’expérience des systèmes d’IA novateurs mis en place dans des organisations gouvernementales à travers le monde. Le cadre aborde en particulier les principales causes d’échec dans la mise à l’échelle de l’IA : imprécision de l’estimation des coûts et de la définition de la proposition de valeur, préparation opérationnelle insuffisante, conception inadéquate des projets pilotes, résistance organisationnelle et enseignements limités tirés des projets pilotes. Le traitement systématique de chaque étape permet de progresser vers une transformation durable de l’IA.

Étudiante universitaire moderne travaillant sur un ordinateur portable
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Étape 1

Définition et hiérarchisation des possibilités stratégiques

Une transformation réussie grâce à l’IA commence par une approche axée sur les résultats plutôt que sur la technologie. Les organisations efficaces se concentrent sur l’identification des défis opérationnels et des améliorations susceptibles d’être apportées aux services aux citoyens avant d’évaluer des applications spécifiques de l’IA.

Cela modifie fondamentalement la manière dont les gouvernements abordent les investissements dans l’IA. Au lieu de se demander « Où pouvons‑nous appliquer l’IA? », les dirigeants visionnaires devraient se demander « Quels résultats stratégiques visons‑nous et comment l’IA peut‑elle nous aider à atteindre ces objectifs? » Cette approche permet de s’assurer que les initiatives en matière d’IA répondent à un besoin opérationnel précis et disposent d’indicateurs de réussite quantifiables.

Les stratégies les plus efficaces allient un alignement stratégique provenant de la direction à des informations opérationnelles concrètes issues du terrain. Les organisations qui harmonisent les cas d’utilisation de l’IA avec leurs principales priorités politiques tout en tenant compte des points de vue des utilisateurs finaux se dotent d’un vaste éventail de possibilités intéressantes. L’État du Maryland illustre parfaitement cette approche descendante en évaluant tous les cas d’utilisation de l’IA par rapport aux dix priorités du gouverneur, afin de s’assurer qu’ils soutiennent les objectifs politiques généraux. Comme l’a déclaré un haut fonctionnaire : « Le plus important dans la mise en œuvre de tout projet d’intelligence artificielle, c’est qu’il soit axé sur un objectif précis. ... L’IA n’est qu’un outil qui doit être orienté vers cet objectif. »

L’Agence numérique du Japon illustre l’approche ascendante grâce à son initiative de numérisation des consultations pédiatriques, qui a permis aux conseillers d’enregistrer vocalement les consultations lors de leurs déplacements, contribuant ainsi à réduire l’épuisement professionnel et à améliorer les soins prodigués en équipe. Cette démarche répond aux besoins opérationnels immédiats tout en créant des données structurées où il est facile de faire des recherches, jetant ainsi les bases d’analyses plus avancées. Comme l’a expliqué le directeur général Keisuke Murakami : « Si nous imposons uniquement une approche descendante sans connaître la situation réelle sur le terrain, les résultats que nous obtiendrons ne seront pas applicables sur le terrain. »

Les grandes organisations gouvernementales établissent des critères de priorisation rigoureux, évaluant la faisabilité, les coûts, les risques et l’impact, afin de faire des choix d’investissement éclairés. Ils établissent des attentes réalistes concernant les démonstrations de faisabilité, lesquelles ont généralement un faible taux de conversion de la production, mais offrent des informations précieuses.

Principales recommandations aux gouvernements pour la mise en œuvre de l’IA :                      

  • Priorité aux résultats – Définir la valeur ajoutée souhaitée pour la société avant d’envisager des solutions d’IA.
  • Combiner les approches descendantes et ascendantes, en équilibrant les priorités stratégiques avec les informations opérationnelles des travailleurs de première ligne et des citoyens pour assurer la pertinence et les retombées positives.
  • Remplacer les efforts ponctuels par des processus structurés et transparents, en utilisant la collecte d’idées, les cadres de priorisation et la surveillance de la gouvernance pour évaluer les cas d’utilisation possibles.
Deux hommes dans un café
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Étape 2

Préparation complète pour une mise en œuvre responsable de l’IA

Une préparation minutieuse est la clé du succès. L’état de préparation des infrastructures s’avère essentiel, 45 % des répondants citant l’incompatibilité des systèmes numériques et informatiques comme obstacles à la mise en œuvre.

 

Les organisations doivent s’assurer que leur infrastructure technologique, leur gouvernance des données, leur conformité réglementaire et leurs cadres éthiques peuvent soutenir les solutions d’IA à l’échelle opérationnelle avant de procéder à des investissements importants. Les projets les plus réussis utilisent des stratégies architecturales qui concilient les compétences techniques avec les besoins en matière de sécurité et de gouvernance.

 

La plateforme Bürokratt en Estonie illustre cette approche grâce à son modèle décentralisé, qui traite les données au sein de chaque organisme. Chacun d’eux conserve le contrôle de ses propres données, ce qui limite leur partage inutile et réduit le risque de violations à grande échelle. L’interopérabilité sécurisée et le service d’authentification de l’État estonien garantissent que seuls les utilisateurs vérifiés ont accès aux services, tandis que la conformité au Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE et la transparence des sources ouvertes renforcent davantage les protections de la vie privée.

 

L’Estonie exige également l’obtention d’un consentement éclairé et permet aux citoyens de contrôler l’utilisation de leurs données et de partager les autorisations avec les fournisseurs. Environ 450 000 citoyens vérifient régulièrement l’accès aux données au moyen du portail Data Tracker. Grâce à celui‑ci, ils peuvent consulter, suivre et retirer des consentements en tout temps. De cette façon, les organismes demeurent responsables de l’utilisation des données uniquement aux fins précises pour lesquelles elles ont été recueillies.

 

Les cadres de gouvernance éthique méritent la même attention, d’autant plus que 42 % des organisations mentionnent les préoccupations éthiques comme obstacles à la mise en œuvre. Les approches les plus efficaces intègrent une évaluation rigoureuse des risques dans le processus d’élaboration plutôt que de traiter l’éthique comme un élément secondaire. L’outil d’évaluation de l’incidence algorithmique (EIA) du gouvernement du Canada est un outil d’évaluation des risques obligatoire qui illustre cette approche proactive. Comme l’explique Stephen Burt, chef de la gestion des données du gouvernement du Canada : « La directive repose sur des principes de transparence algorithmique, de traitement des biais et des recours en matière de données. Si vous n’êtes pas satisfait de la décision, comment réagissez‑vous? »

Principales recommandations aux gouvernements pour la mise en œuvre de l’IA :

  • Évaluer l’état de préparation de l’infrastructure et des données : avant d’effectuer un projet pilote, vérifier si votre architecture technologique permet de traiter les charges de travail liées à l’IA de façon sécuritaire, et valider la qualité des données.
  • Intégrer la protection des renseignements personnels et la gouvernance éthique depuis le début : adopter les principes liés à la protection des renseignements personnels dès la conception et établir des lignes directrices éthiques claires.
  • Faire participer les organismes de réglementation à un stade précoce et de manière continue : associer les organismes de réglementation dès la phase de conception afin d’éviter des révisions coûteuses par la suite.
Groupe de femmes souriantes dansant avec des cerceaux
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Étape 3

Conception stratégique et évaluation rigoureuse du projet pilote

La prochaine étape consiste à mettre ces idées en pratique. Les projets pilotes sont essentiels pour tester des solutions dans des conditions réelles ou simulées afin de déterminer leur efficacité et de confirmer leur valeur. Seuls les projets pilotes les plus prometteurs sont mis en œuvre à plus grande échelle.

Il est essentiel de créer les conditions propices à la mise en place de projets pilotes efficaces. Les gouvernements avant‑gardistes mettent en place des environnements contrôlés qui reproduisent des conditions opérationnelles, notamment des bacs à sable réglementaires offrant une flexibilité temporaire pour tester des solutions d’IA dans le cadre réel des contraintes politiques, ainsi que des bancs d’essai utilisant des données réelles où des ensembles de données anonymisées simulent la prestation effective de services. Certains organismes développent des jumeaux numériques de leurs opérations de première ligne afin d’évaluer la performance des outils d’IA dans des conditions réalistes, sans perturber les systèmes en service. Ces dispositifs permettent une expérimentation sécurisée tout en assurant la supervision et la conformité, ainsi que le maintien de la confiance du public.

Les projets pilotes les plus réussis mettent l’accent sur la collaboration entre l’humain et l’IA plutôt que sur l’automatisation, créant des flux de travail qui amplifient l’expertise humaine plutôt que de la remplacer. La participation des gens au processus de conception permet également de garantir l’intégration des projets pilotes d’IA dans les flux de travail existants et favorise le développement itératif.

Une évaluation réaliste des économies d’échelle est essentielle à la réussite du projet pilote. Les organisations pionnières anticipent les coûts à long terme et les besoins d’évolutivité, et les intègrent dans des analyses de rentabilité qui tiennent compte des coûts sur l’ensemble du cycle de vie afin d’obtenir le financement nécessaire. Cependant, certaines estimations suggèrent que les organisations sous‑estiment systématiquement les coûts des projets d’IA de cinq à dix fois lorsqu’elles passent de la phase pilote à la phase de réalisation. Les estimations de coûts doivent tenir compte de plusieurs catégories de dépenses :

  • La technologie et les données, y compris l’infrastructure réseau, la préparation et le stockage des données, les besoins informatiques, les logiciels et les licences, ainsi que la consommation d’énergie
  • Les talents et le capital humain, y compris le recrutement ou le perfectionnement du personnel et la gestion du changement
  • La gouvernance, la sécurité et la conformité, notamment la cybersécurité, la confidentialité, la surveillance éthique et juridique
  • L’intégration opérationnelle et la maintenance, qui englobent la refonte des flux de travail, l’assistance aux utilisateurs, la remise à niveau des modèles et la maintenance à long terme

Il est essentiel de bien comprendre tous ces éléments pour répartir correctement les ressources et éviter les mauvaises surprises coûteuses.

Enfin, les agences très performantes établissent des critères d’évaluation clairs pour les projets pilotes, qui mettent l’accent sur les résultats mesurables plutôt que sur la nouveauté technologique. La méthodologie de l’Estonie illustre parfaitement cette discipline en évaluant chaque projet pilote selon quatre critères : l’efficacité en termes de temps, la rentabilité, le potentiel d’innovation et des résultats mesurables. Comme l’a souligné Ott Velsberg, directeur des données du gouvernement estonien, « les idées intéressantes en matière d’IA ne suffisent pas. Nous voulons des chiffres. »

Principales recommandations aux gouvernements pour la mise en œuvre de l’IA :

  • Prévoir la mise à l’échelle dès le premier jour : intégrer des modèles de coûts complets dans les analyses de rentabilité pilotes et estimer à l’avance l’ensemble des coûts de production.
  • Concevoir en plaçant l’humain au centre : associer les utilisateurs finaux dès le début et appliquer les principes de conception centrée sur l’humain grâce à un processus de développement itératif.
  • Fixer des objectifs clairs et réalisables et les évaluer rigoureusement : définir des objectifs précis et mesurables et utiliser des critères quantitatifs pour évaluer les résultats du projet pilote.
Entrepreneur asiatique utilisant un téléphone intelligent dans une voiture stationnée
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Étape 4

Gestion du changement organisationnel et préparation à la mise à l’échelle

Une mise à l’échelle réussie nécessite une gestion intégrée de l’infrastructure technique et du changement organisationnel. Les organisations doivent mettre en place des modèles opérationnels qui favorisent le déploiement de l’IA tout en gérant l’adaptation culturelle nécessaire à son adoption durable. Les approches efficaces trouvent un équilibre entre l’expertise technique centralisée et les connaissances spécialisées intégrées, garantissant ainsi que les solutions sont à la fois techniquement solides et pertinentes sur le plan opérationnel.

La mobilisation des employés est essentielle, 31 % des organisations invoquant des préoccupations liées à la sécurité de l’emploi comme obstacles à la mise en œuvre. Les stratégies les plus efficaces répondent à ces inquiétudes en expliquant clairement le rôle de soutien de l’IA et en faisant participer activement les employés à la conception du système. Cette approche centrée sur les gens reconnaît que l’adoption durable de l’IA nécessite un partenariat avec la main‑d’œuvre plutôt qu’une simple formation.

Alors que 38 % des organisations considèrent la pénurie de talents comme un obstacle majeur, les dirigeants tournés vers l’avenir mettent en place des plans de perfectionnement des compétences à long terme. L’Agence australienne pour la transformation numérique illustre cette approche grâce à des programmes d’évaluation des aptitudes et de perfectionnement ciblé. Comme l’explique Lucy Poole, directrice générale de la division Stratégie, planification et performance : « Du point de vue des compétences et de la planification de la main‑d’œuvre, nous travaillons actuellement à la mise en œuvre des initiatives décrites dans le plan 2025‑2030 de la fonction publique australienne (APS) concernant le personnel des services numériques, informatiques et de la cybersécurité. L’objectif est de cerner les principaux défis dans ces trois disciplines et de commencer à renforcer les connaissances, les compétences pratiques et techniques. Cette démarche est essentielle pour que les talents de l’APS soient prêts à répondre aux besoins actuels et futurs. »

La transformation des processus d’approvisionnement favorise une croissance durable en s’adaptant à la nature évolutive de l’IA plutôt qu’en l’imposant dans des modèles contractuels traditionnels. Cette évolution permet d’accéder à un écosystème plus vaste qui combine des entreprises technologiques établies et de jeunes pousses innovantes, réunissant ainsi une expérience approfondie du domaine et des capacités de pointe. Comme l’a fait remarquer le capitaine à la retraite, Manuel Xavier Lugo, conseiller militaire principal, chef du bureau du numérique et de l’intelligence artificielle, bureau du secrétaire à la Défense, ancien commandant de la Task Force Lima des États‑Unis : « La barrière à l’entrée n’existe plus. Vous pouvez être une petite entreprise confrontée à un défi particulier, et vous vous qualifiez. » Pour réussir, il est nécessaire de développer une compétence interne en matière d’approvisionnement afin d’évaluer efficacement les solutions d’IA et de favoriser des partenariats collaboratifs qui vont au-delà des relations traditionnelles avec les fournisseurs.

Principales recommandations aux gouvernements pour la mise en œuvre de l’IA :

  • Choisir des modèles opérationnels appropriés : trouver le juste équilibre entre expertise technique centralisée et connaissances spécialisées intégrées.
  • Donner la priorité à la mobilisation du personnel : expliquer clairement le rôle de soutien de l’IA et faire participer les employés à la conception du système.
  • Moderniser les approches en matière d’approvisionnement : adopter des approches agiles et inclusives qui font appel à des fournisseurs diversifiés et renforcent les capacités d’évaluation internes.
Femme de l’Inde utilisant une tablette numérique dans une station de métro
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Étape 5

Mesure des retombées et transfert de connaissances

L’évaluation systématique et le partage des connaissances transforment les mises en œuvre isolées en capacités organisationnelles. Ces pratiques contribuent à renforcer les capacités d’apprentissage et d’adaptation des institutions au sein du gouvernement.

Les gouvernements avant‑gardistes établissent des indicateurs de performance exhaustifs et des mécanismes de rétroaction des parties prenantes qui reflètent la valeur opérationnelle globale de l’IA plutôt que de se concentrer exclusivement sur les mesures de coût.

Les approches les plus avancées intègrent l’évaluation dans la gestion continue du programme au lieu de la considérer comme une étape distincte postérieure à la mise en œuvre. Le ministère australien de l’Intérieur illustre bien cette approche. Les équipes définissent à l’avance les résultats, les indicateurs et les mesures d’évaluation du programme, puis surveillent les incidences prévues et imprévues des initiatives d’IA grâce à l’analyse de toutes les données en temps réel. Selon Pia Andrews, ce type de capacité permet au Ministère d’ajuster son tir en fonction des données en temps réel plutôt que d’attendre les points de contrôle d’évaluation. 

Rendre régulièrement compte à la direction, aux employés et au public des progrès et de la portée de la mise en œuvre de l’IA favorise la transparence et la responsabilisation, tout en renforçant la confiance des parties prenantes. 

Le partage des connaissances accélère l’adoption organisationnelle grâce à des espaces de partage de bonnes pratiques qui évitent les doublons tout en renforçant les capacités institutionnelles. Cette approche collaborative crée une valeur exponentielle, comme l’explique un responsable de l’État du Maryland : « Nous avons mis en place cet espace de partage de bonnes pratiques, qui rassemble essentiellement toutes les personnes qui exploitent l’IA, formant ainsi un groupe de travail conjoint. Nous discutons tous pour comprendre : "Quels sont les problèmes auxquels nous sommes confrontés? Pouvons‑nous faire en sorte de ne pas avoir à réinventer la roue?" »

En partageant le processus d’apprentissage, en célébrant les réussites, en analysant les échecs et en rendant le processus transparent, les responsables publics transforment les projets pilotes d’IA en tremplins pour la transformation.

Principales recommandations aux gouvernements pour la mise en œuvre de l’IA :

  • Définir les indicateurs clés de performance (ICP) et les références avant la mise en œuvre : établir des cadres d’évaluation qui prennent en compte l’ensemble des avantages.
  • Créer des boucles de rétroaction continues : surveiller les progrès et recueillir les commentaires des parties prenantes afin de permettre des ajustements en temps réel.
  • Partager les connaissances au sein du gouvernement : organiser des événements interministériels et maintenir des systèmes de gestion des connaissances afin d’accélérer l’adoption.

Enjeux pour les responsables publics

Les enjeux sont importants. Ceux qui agissent de manière décisive pour surmonter ces obstacles peuvent réaliser un potentiel de transformation à plusieurs niveaux, allant des gains d’efficacité et de l’amélioration de l’expérience des employés à l’amélioration de l’engagement des citoyens, en passant par la planification stratégique des services, l’optimisation financière et la résilience organisationnelle. Ceux qui tardent à agir s’exposent à une augmentation des coûts, à des occasions manquées de gains de productivité et à des attentes non satisfaites du public. 

Pour les responsables publics, la marge de manœuvre se rétrécit, rendant plus urgente que jamais la maîtrise de la complexité liée à la mise à l’échelle de l’IA afin d’obtenir une valeur ajoutée durable pour la société. Le processus en cinq étapes fournit une feuille de route structurée qui permet de passer de la stratégie en matière d’IA à des essais pilotes, puis à un déploiement complet et à l’obtention de résultats tangibles. 

Résumé 

La transition depuis une stratégie en matière d’IA vers des résultats tangibles nécessite une mise en œuvre structurée sur les plans technique, organisationnel et de gouvernance. Bien que les défis soient importants, allant d’un accroissement des coûts à la gestion des inquiétudes des employés et à la conformité réglementaire, cette feuille de route offre aux responsables publics un plan d’action précis pour l’avenir. À mesure que les capacités de l’IA évoluent et que les attentes du public augmentent, la marge de manœuvre pour une action stratégique s’amenuise, faisant de la mise en œuvre systématique à la fois une occasion et une nécessité.

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