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Protéger l’infrastructure numérique minière : la cybersécurité des technologies opérationnelles dans le secteur des mines et métaux

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La résilience sera cruciale pour protéger les activités minières essentielles contre les cybermenaces émergentes dans un monde de plus en plus numérique.


En bref

  • Bien que les technologies opérationnelles (TO) soient essentielles aux activités minières, au contrôle des processus physiques et aux systèmes de sécurité, elles font face à des cyberrisques croissants.
  • Les menaces auxquelles les TO du secteur des mines sont exposées peuvent perturber la production, mettre des vies en danger et porter gravement atteinte à la situation financière et à la réputation.
  • Des mesures proactives en matière de cybersécurité, allant de la gestion des risques à la formation de la main‑d’œuvre en passant par la segmentation des réseaux, seront nécessaires pour protéger les activités futures.

Les minéraux qui alimentent de nombreuses commodités et technologies modernes d’aujourd’hui – des téléphones intelligents aux véhicules électriques – dépendent d’activités minières uniformes et fiables qui reposent de plus en plus sur des systèmes de TO efficaces. Par conséquent, une seule cybermenace dans de tels environnements interconnectés peut suffire à perturber les équipements essentiels et à paralyser les activités, souvent à des milliers de kilomètres de distance.
 

La cybersécurité des TO est maintenant une préoccupation bien réelle et grandissante pour le secteur des mines et métaux. Alors que les cyberattaques s’intensifient, la question n’est plus de savoir si une activité sera ciblée, mais bien quand elle le sera. Dans quelle mesure les entreprises du secteur des mines et métaux seront‑elles prêtes à survivre aux répercussions?
 

Le secteur des mines et métaux a longtemps été un important moteur économique et un bastion de résilience à toute épreuve. Mais sous la surface existent des vulnérabilités bien réelles qui deviennent des cibles de choix pour les cybercriminels.

Des systèmes de TO obsolètes et non sécurisés sont de plus en plus intégrés aux réseaux informatiques, même s’ils contrôlent des fonctions essentielles, allant de la ventilation souterraine à la machinerie lourde.

Les anciens systèmes non protégés conçus des décennies avant que la cybersécurité ne soit même reconnue peuvent être difficiles à adapter aux normes actuelles. Un engagement à l’égard de la sécurité des travailleurs accroît la pression liée à la satisfaction des exigences des cyberattaquants pour éviter les décès et répondre aux exigences de production.

La dure réalité, c’est qu’une seule cyberattaque d’interfaces humain-machine, d’automates programmables industriels et de postes d’ingénierie, par exemple, peut avoir des répercussions dévastatrices. En plus d’interrompre la production, elles peuvent mettre des vies en danger et coûter des millions de dollars à des entreprises mal préparées, provoquant l’effondrement de piliers de la stabilité économique du jour au lendemain.
 

La cybersécurité des TO est souvent négligée, mal formulée ou reléguée à une simple ligne de mise à jour axée sur la cybersécurité ou les TI. Lorsqu’on lui accorde de l’attention, elle peut être considérée comme un simple exercice de cases à cocher de conformité ou comme un centre de coûts à gérer.
 

Dans le secteur des mines et métaux, où les TO régissent les systèmes essentiels à la vie et des processus de plusieurs millions de dollars, cet état d’esprit peut s’avérer une bombe à retardement. Lorsque des agents malveillants réussissent à pénétrer les réseaux TO, ils ne se contentent pas de voler des données, ils manipulent les processus physiques, sabotent les systèmes de sécurité et, ultimement, perturbent le flux mondial de marchandises et les chaînes d’approvisionnement de bout en bout.
 

Le défi pour les exploitants et les gestionnaires réside dans la capacité de traduire les cyberrisques liés aux TO dans un langage que les dirigeants et les conseils d’administration comprennent. Quelle est la valeur à risque ou la probabilité que des menaces soient exploitées?
 

Le secteur des mines et métaux est devenu une cible de choix pour les cyberattaques, les TO étant un levier sensible et un point d’accès recherché par les auteurs de menaces désirant avoir un impact. Les enjeux sont élevés. Les répercussions financières des cyberévénements ciblant les TO peuvent être importantes, allant d’une perte de production et de la perturbation de la chaîne d’approvisionnement à une intervention d’urgence et à une atteinte à la réputation.
 

Ignorer la cybersécurité des TO n’est plus une option, c’est un pari coûteux qui peut avoir des conséquences catastrophiques.

Combler la faille de sécurité des TO

Les TO englobent les systèmes et dispositifs programmables qui contrôlent et surveillent directement les processus physiques dans les environnements industriels. Elles désignent tout équipement utilisé pour gérer l’extraction et le traitement dans le secteur des mines, et soutenir une exploitation sécuritaire – qui va des systèmes de contrôle et de sécurité industriels aux automates programmables industriels et des systèmes de télésurveillance et d’acquisition de données, jusqu’aux capteurs et actionneurs et aux systèmes autonomes de contrôle de transport, de forage et de ventilation.

Étant donné le rôle essentiel que joue le secteur des mines et métaux dans l’approvisionnement en matières premières qui alimentent la vie moderne, il est essentiel de protéger les environnements de TO. L’incapacité de contrôler la ventilation ou la machinerie lourde, par exemple, pourrait provoquer des arrêts d’exploitation imprévus et coûteux ou pire encore, des incidents de sécurité entraînant des blessures ou des pertes humaines.

Dans le cadre du processus de transformation numérique de leurs activités et de leur utilisation accrue de l’IA, les sociétés minières élargissent la surface d’attaque. Bien que ces technologies puissent contribuer à renforcer l’offre et la résilience opérationnelle, elles peuvent exposer les systèmes de TO à d’autres menaces. Le secteur a déjà connu une augmentation des cyberattaques, notamment des incidents de rançongiciels qui ont perturbé les activités et entraîné des pertes financières considérables et des coûts importants de reprise des activités.

La situation peut se compliquer à mesure que les anciens systèmes de TO, les logiciels obsolètes et les protocoles exclusifs conçus avant l’émergence de ces problèmes de sécurité continuent d’être intégrés aux systèmes informatiques modernes. Le déficit d’interopérabilité crée des failles inquiétantes, tandis que les protocoles désuets rendent difficile l’application de correctifs ou de mises à jour. Les temps d’arrêt ou les plans de reprise qui en résultent conduisent souvent à mettre les plans de côté ou, lorsque l’appétit pour le risque est élevé, à les reporter indéfiniment au profit d’activités soutenues.

L’intégration complexe de multiples systèmes, d’équipements existants, de chaînes d’approvisionnement de tiers et de logiciels ouvre la porte à des menaces indésirables : des logiciels malveillants et des menaces internes qui laissent entrer des agents malveillants, et des attaques par déni de service et des chaînes d’approvisionnement destinées à bloquer les utilisateurs autorisés.

Toutefois, même les actifs fréquemment mis à jour, comme les outils d’IA pour la gestion des stocks ou les systèmes administratifs hébergés dans le nuage, présentent des failles de couverture pour les équipes de cybersécurité non préparées, ce qui pourrait accroître les risques liés à la sécurité. Selon l’édition 2026 de l’étude Global Cybersecurity Leadership Insights Study d’EY, le secteur des mines et métaux se classe au premier rang de la liste des « zones de vulnérabilité », 67 % des actifs de TO des organisations sondées se classant sous la moyenne en matière de cybervisibilité et de couverture, les rendant plus vulnérables aux cybermenaces, en deuxième position juste derrière les infrastructures, avec 71 %1.

L’étude d’EY montre également que, sans une visibilité et des contrôles adéquats, la convergence continue des TI, des réseaux TO et, plus récemment, des systèmes et des outils fondés sur l’IA, expose non seulement l’accès, mais donne la possibilité aux pirates informatiques de se déplacer latéralement et de compromettre les TO essentielles à l’échelle de l’organisation. Il s’agit d’un risque important, puisque seulement 18 % des répondants de l’étude Insights ont indiqué avoir une visibilité optimale des infrastructures de réseaux TO et que seuls 11 % exercent un cybercontrôle complet sur celles‑ci2.Ajoutez à cela l’ingénierie sociale, les menaces internes et l’erreur humaine, et les entreprises du secteur des mines et métaux se placent dans la trajectoire d’une tempête parfaite.

Cette complexité complique la surveillance et la détection des incidents, exposant les vulnérabilités dans un monde où les cyberattaques et les agents malveillants deviennent de plus en plus sophistiqués.

Faire de la cybersécurité des TO une priorité d’affaires

Bien que les perspectives ne soient pas entièrement sombres, les entreprises du secteur des mines et métaux devraient agir dès maintenant pour établir leurs priorités et protéger leurs environnements de TO. Les cybermenaces continuent d’évoluer et les incidents passés donnent d’importantes leçons pour renforcer la résilience.

Si elle ne figure pas en tête de liste des priorités du secteur aujourd’hui, elle devrait l’être. Alors qu’un rapport annuel d’EY énumérant les principaux risques et possibilités à l’ordre du jour des leaders sectoriels mentionnait la cybersécurité dès 2020, le sujet avait complètement disparu en 2025 et il est toujours absent en 2026.

Cette tendance indique que la cybersécurité pourrait avoir été mise sur pause alors que les entreprises du secteur des mines et métaux redoublent d’efforts en matière d’exploration et de découverte pour répondre à la demande croissante. Mais cela indique très probablement que les entreprises du secteur des mines et métaux ont relégué la cybersécurité aux activités courantes, ce qui signifie qu’elle ne justifie plus l’attention accordée aux enjeux plus vastes de complexité opérationnelle, de capital et de main‑d’œuvre.

Quoi qu’il en soit, la décision de ne pas accorder la priorité à la cybersécurité des TO dépend de l’entreprise et du niveau de cyberrisque que sa haute direction et ses actionnaires sont prêts à accepter. Mais la vérité, c’est que lorsqu’il s’agit de vendre la cybersécurité au sein d’une organisation, les coûts et les rendements liés aux risques ne sont pas faciles à formuler ou à communiquer efficacement aux dirigeants responsables de ces investissements essentiels.

La cybersécurité est presque toujours considérée comme un coût opérationnel. Mais lorsque l’on compare les coûts de déploiement et de gestion des contrôles à ceux des programmes de mesures correctives, il apparaît que les mesures proactives précoces permettent d’éviter des coûts par la suite. 

Justifier les investissements

Les entreprises du secteur des mines et métaux exercent leurs activités dans des environnements réglementaires et opérationnels complexes comportant d’importantes complications en matière de conformité et de longs délais de réalisation de projets qui exigent des investissements importants. Face à la réglementation environnementale et géographique, à la responsabilité en matière de sécurité et de main‑d’œuvre, aux nouvelles exigences ESG et autres obligations d’informations, il est essentiel de trouver le juste équilibre entre la cybersécurité pour les environnements TO et la conformité réglementaire.

Vous cherchez à renforcer votre cybersécurité des TO? Voici quatre étapes pour vous aider à bloquer les acteurs malveillants qui se présentent.

  • Notez‑les. Élaborez de façon proactive votre stratégie de cybersécurité pour les TO, en commençant par utiliser le modèle de Purdue pour cartographier l’équipement et le flux d’information et les normes de sécurité comme ISA 62443 afin de déterminer la meilleure façon de la protéger. Définissez votre appétit pour le risque et déterminez où concentrer vos efforts, puis décrivez en détail votre plan visant à créer la plus grande valeur.

  • Restreignez l’accès. Si votre réseau est actuellement non segmenté et mal encadré, réorganisez et segmentez les TI et les TO en établissant des zones et des conduits de communication afin de prendre des décisions réfléchies qui limitent et contrôlent les accès entre les équipes. Restreindre l’accès en exigeant la vérification de chaque interaction permet de contenir les cyberincidents et de prévenir les dommages.

  • Apportez des correctifs fréquemment. Remettez en question les idées et les pratiques désuètes en matière de gestion des vulnérabilités et d’application des correctifs. Les progrès continus de l’IA montrent à quel point les acteurs malveillants peuvent combiner rapidement les vulnérabilités pour mener des attaques efficaces. La complaisance à l’égard de l’application de correctifs n’est plus une option.

  • Soyez sur vos gardes.Pour la plupart des organisations, les employés demeurent l’un des principaux risques. Informez vos équipes sur l’utilisation des mots de passe et les tactiques d’hameçonnage, et rappelez‑leur de se méfier des liens envoyés par courriel. C’est un travail sans fin. La résilience et les communications de soutien seront nécessaires alors que les menaces évoluent et que les acteurs deviennent plus sophistiqués.

Des TO sécuritaires et fiables reposent sur une stratégie de cyberrisque de l’organisation étroitement alignée sur son cadre de gestion du risque d’entreprise (GRE). Cela peut aider les dirigeants à envisager l’orientation de l’entreprise et les amener à s’engager et à investir les fonds nécessaires pour y parvenir. Les investissements proactifs dans la cybersécurité des TO ne peuvent plus être considérés comme une option ou un atout.

Tout comme l’approche en amont (Shift Left) qui consiste à intégrer les considérations en matière de sécurité dès le début de la conception et du développement des logiciels, la même approche doit être envisagée en ce qui a trait aux considérations liées à la cybersécurité à l’échelle de l’entreprise : elles doivent être intégrées dès le début d’un projet et intégrées à tous ses aspects.

Les équipes d’EY aident les entreprises du secteur des mines et métaux à réaliser des évaluations des risques et de la maturité, à offrir des perspectives de conformité et à élaborer des feuilles de route pluriannuelles alignées sur les priorités d’affaires. Nous aidons à identifier et à prioriser les failles qui offrent la plus grande valeur, à définir une posture de sécurité des TO plus solide et à intégrer la sécurité à l’échelle de l’organisation grâce à des stratégies de gestion des risques adaptées, à des contrôles solides et au renforcement des compétences de la main‑d’œuvre.

En améliorant la cyberrésilience et en protégeant les infrastructures essentielles, nous aidons les organisations à maintenir leur réussite opérationnelle à long terme et à positionner la cybersécurité comme un catalyseur plutôt que comme un centre de coûts à assumer.

Les évaluations des risques et de la maturité, y compris l’examen des outils de tiers et de fournisseurs, constituent le fondement des feuilles de route d’amélioration. En s’appuyant sur ces constatations, les évaluations de l’incidence sur les activités peuvent aider les organisations à équilibrer l’efficacité opérationnelle et la sécurité, à s’attaquer aux défis liés aux systèmes existants et à se préparer à intégrer des technologies comme l’Internet des objets et l’IA.

Gérer les promesses et les risques liés à l’IA

Tout cela est d’autant plus pertinent que l’adoption de l’IA s’accélère, dépassant les attentes et la capacité de la société à gérer les risques qui y sont associés.

Les récentes initiatives en matière de cybersécurité et les discussions sectorielles se sont de plus en plus concentrées sur les répercussions de l’IA avancée, les organisations cherchant à répondre de façon proactive aux risques et aux vulnérabilités émergents avant qu’ils ne puissent être exploités.

Les technologies de cybersécurité reposant sur l’IA peuvent considérablement améliorer la cybersécurité en automatisant la découverte de vulnérabilités cachées et complexes que des humains prendraient beaucoup plus de temps à trouver. D’autre part, elle peut également être utilisée à mauvais escient – contre elle-même – pour créer des cyberattaques encore plus sophistiquées. Les entreprises du secteur des mines et métaux ont donc une excellente raison de combattre le feu par le feu, de renforcer la sécurité des TO en mettant en œuvre les recommandations susmentionnées et en collaborant avec un conseiller qui peut les accompagner à chaque étape du processus.

Voilà où nous pouvons vous aider.


Résumé

Les TO constituent l’infrastructure des activités minières modernes, contrôlant les processus critiques qui ont une incidence sur la sécurité, la production et la gérance environnementale. Alors que les cybermenaces évoluent et que la transformation numérique s’accélère, les entreprises du secteur des mines et métaux font face à des risques sans précédent qui exigent des stratégies de cybersécurité résilientes, proactives et intégrées.

En comprenant les défis uniques des TO et en mettant en place des contrôles ciblés, le secteur des mines et métaux peut préserver son rôle essentiel dans l’économie mondiale et protéger les vies et les actifs dont il dépend.

Contributeur :
Dylan D’Silva, chef d’équipe, Cybersécurité des TO | Responsable de l’excellence de la prestation de services, Produits industriels et énergie | Consultation - Technologie, EY Canada

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