Homme vêtu d’un manteau jaune observant un paysage urbain de nuit
Homme contemplant les gratte‑ciel de Hong Kong

Comment votre entreprise peut‑elle renforcer sa capacité de résilience face aux nouvelles vulnérabilités?

Dans un rapport d’étude, EY analyse comment les leaders de la fonction cybersécurité des entreprises tirent parti des révélations récentes sur les cybermenaces associées à l’IA de pointe, en s’en servant comme catalyseur des capacités de résilience organisationnelle.


En bref

  • Pour faire suite aux révélations récentes concernant l’IA de pointe, les chefs de la sécurité de l’information, les administrateurs et les membres de la haute direction doivent prendre des mesures décisives permettant de renforcer la capacité de résilience de leur entreprise au cours des 12 à 18 prochains mois. 
  • Il ressort de l’étude d’EY que 36 % des actifs organisationnels présentent des déficiences sur le plan de la visibilité et des contrôles de cybersécurité, ce qui les rend vulnérables aux cyberattaques propulsées par l’IA.
  • Une cohorte d’entreprises novatrices sécurisées qui font figure de leaders s’emploient à transformer leur fonction cybersécurité pour qu’elle puisse suivre le rythme de l’évolution des technologies, tout en assurant une meilleure coordination de leurs activités à l’échelle organisationnelle, dans une optique de renforcement de leur résilience.

L’avènement de l’IA de pointe a amené les entreprises à faire face à de nouveaux enjeux sur le plan de la résilience de leur fonction cybersécurité. Elles doivent encore assurer la protection de leurs actifs les plus critiques, mais leur capacité de résilience est de plus en plus tributaire de leur capacité à appliquer un cadre d’analyse, de gouvernance et d’intervention efficace à l’ensemble des actifs, des identités et des dépendances qui se trouvent hors de leur champ de visibilité le plus évident.

Les récentes révélations sur l’aptitude des modèles d’IA de pointe à repérer et à exploiter des vulnérabilités ont surpris bien des entreprises. Bien que la vérification des faiblesses informatiques et l’application de correctifs restent essentielles, l’enjeu fondamental s’inscrit dans la durée et relève de facteurs structurels. Dans un environnement opérationnel non linéaire, accéléré, volatil et interconnecté (NAVI), les points d’inflexion surviennent plus fréquemment et se succèdent plus rapidement, en produisant des effets en cascade à l’échelle organisationnelle et en mettant souvent à rude épreuve la capacité de résilience de l’entreprise. Un futur point d’inflexion pourrait prendre la forme d’une cyberattaque entièrement automatisée, être engendré par un cyberattaquant doté de capacités quantiques ou correspondre à des cyberrisques qui dépassent l’imagination.

Source : Réseau mondial EY

Dans un tel contexte, une entreprise doit réévaluer sa capacité de résilience en prenant en compte d’autres facteurs que ses procédures de reprise après incident. Les leaders de la fonction cybersécurité doivent soutenir leur entreprise de sorte qu’elle puisse toujours savoir à quoi s’en tenir quant aux concentrations de vulnérabilités, prioriser les aspects importants sur lesquels repose l’« entreprise minimum viable » (EMV) et intervenir en suivant au mieux le rythme d’apparition des nouvelles cybermenaces.

L’édition 2026 de l’étude Global Cybersecurity Leadership Insights Study d’EY met en évidence les éventuels points de concentration de vulnérabilités. Le sondage réalisé auprès de plus de 800 leaders de la fonction cybersécurité et l’analyse de 475 types d’actifs nous ont permis d’établir que 36 % des actifs organisationnels se situent dans une zone que nous appelons la « zone de vulnérabilité », qui correspond à un ensemble d’actifs dont la visibilité et la couverture de cybersécurité sont inférieures à la moyenne.   

36 %
36 %
des actifs organisationnels se trouvent dans la zone de vulnérabilité, en moyenne.

Source : Réseau mondial EY


Pourquoi la zone de vulnérabilité revêt désormais une grande importance

L’application courante en cybersécurité de l’approche dite des « joyaux de la couronne », qui est axée sur la protection des actifs organisationnels qui ont le plus de valeur, donne lieu graduellement à la constitution d’un segment d’actifs dont la protection est inadéquate.

Bien qu’une telle solution de compromis ait pu être acceptable par le passé, les cyberattaquants exploitent de plus en plus les vulnérabilités présentes dans les actifs en périphérie afin de déclencher à l’échelle organisationnelle un enchaînement de cyberattaques ayant pour cibles des actifs de grande valeur. L’IA de pointe et les modèles d’IA qui sont déjà accessibles au public intensifient les effets de ce paradigme, de sorte que les actifs dont la protection est déficiente deviennent plus facilement à la portée des cyberattaquants, qui mettent désormais moins de temps qu’auparavant à exploiter les vulnérabilités qu’ils y repèrent. Selon le rapport mondial sur les cybermenaces que CrowdStrike a fait paraître en 2026, le délai moyen de perpétration des cybercrimes a diminué considérablement, s’établissant désormais à 29 minutes, ce qui met en évidence la rapidité avec laquelle les cyberattaquants peuvent procéder à une cyberattaque par mouvement latéral après avoir repéré une vulnérabilité1.

Il est encourageant de constater que les entreprises novatrices sécurisées – dont la fonction cybersécurité est plus évoluée que celle de leurs pairs, d’après les réponses fournies par les répondants lors d’études précédentes – sortent encore une fois du lot. Il ressort de l’étude de cette année qu’en moyenne, seulement 30 % des actifs des entreprises novatrices sécurisées se trouvent dans la zone de vulnérabilité, comparativement à 42 % des entreprises vulnérables, qui sont donc à la traîne.

Les entreprises novatrices sécurisées étaient mieux préparées que les entreprises vulnérables à faire face au point d’inflexion de l’IA de pointe, du fait qu’elles disposaient de stratégies leur permettant d’appliquer une meilleure couverture de sécurité à leur surface d’attaque (stratégies que nous avons présentées dans notre étude de 2023). Elles ont pu répondre plus rapidement aux cyberattaques propulsées par l’IA et s’y adapter, car leur cadre de cybersécurité était déjà intégré à leurs stratégies de renforcement de la résilience à l’échelle organisationnelle.

Les chefs de la sécurité de l’information, les administrateurs et les membres de la haute direction qui agissent comme champions de telles stratégies et s’emploient à réduire le plus possible l’étendue de la zone de vulnérabilité de leur entreprise seront plus à même que les autres de faire face au prochain point d’inflexion lorsqu’il se matérialisera.

Vue aérienne de rues illuminées de Lugano captée par drone
1

Chapitre 1

Définir la zone de vulnérabilité

La zone de vulnérabilité est concentrée dans certaines catégories d’actifs, et son étendue varie selon le secteur. Elle évolue en suivant le rythme auquel se succèdent les changements.

Les révélations concernant les risques associés à l’IA de pointe ont amené bien des conseils d’administration, des équipes de haute direction et des autorités de réglementation à rehausser la cybersécurité, considérant qu’il s’agit d’une dimension essentielle de la résilience organisationnelle. Selon les chefs de la sécurité de l’information, le renforcement de la résilience face aux futurs points d’inflexion en cybersécurité exige de comprendre comment trois facteurs transformationnels sont en voie de redéfinir l’environnement des risques pesant sur les actifs organisationnels :

  • L’expérimentation et l’adoption rapides de l’IA donnent lieu à une expansion et à un élargissement de la surface d’attaque.
  • La complexité grandissante des chaînes d’approvisionnement de tiers et des chaînes d’approvisionnement logicielles fait peser sur les actifs des entreprises des risques qui échappent à leur contrôle direct.
  • En tirant parti de l’IA, les cyberattaquants peuvent exploiter les vulnérabilités présentes dans les actifs dont la protection est déficiente, de façon à pouvoir y perpétrer des cyberattaques par mouvement latéral.

Ces facteurs transformationnels n’ont pas la même incidence sur tous les types d’actifs. La délimitation de la zone de vulnérabilité aide les chefs de la sécurité de l’information à effectuer une analyse plus fine de tels facteurs, ainsi qu’à rehausser la visibilité et la couverture de cybersécurité des actifs qui, selon eux, présentent une forte concentration de risques.

Dans notre étude, nous avons également évalué la fréquence à laquelle les actifs organisationnels sont soumis à des changements qui amènent les entreprises à devoir actualiser leurs contrôles de sécurité. Les actifs faisant l’objet de mises à jour fréquentes, tels que les outils d’IA pour la gestion des stocks ou les systèmes d’information administrative hébergés dans un environnement infonuagique, peuvent engendrer des lacunes sur le plan de la visibilité et de la couverture de cybersécurité, dans le cas des fonctions cybersécurité qui ne sont pas bien préparées à faire face à un rythme de changement rapide. De fait, les répondants à notre sondage indiquent que la succession rapide des changements technologiques représente la principale difficulté que rencontre leur entreprise dans ses efforts pour assurer l’exactitude de ses registres d’actifs. 

Bien qu’une liste d’actifs propres au secteur dans lequel évolue son entreprise ait été soumise à chaque répondant, les actifs y figurant ont été regroupés dans les catégories suivantes :

  • Systèmes et outils d’IA
  • Actifs infonuagiques
  • Actifs de données
  • Actifs écosystémiques et de tiers
  • Infrastructures réseau
  • Actifs numériques non propulsés par l’IA
  • Actifs de technologies opérationnelles (TO) et actifs physiques

Les actifs de TO et les actifs physiques (57 % des actifs se trouvant dans la zone de vulnérabilité), les actifs écosystémiques et de tiers (49 %), les systèmes et outils d’IA (47 %) et les infrastructures réseau (38 %) sont les plus susceptibles de se trouver dans la zone de vulnérabilité d’une entreprise.

Source : Réseau mondial EY


Il n’est pas surprenant que les actifs de TO et les actifs physiques constituent la catégorie d’actifs la plus susceptible de se trouver dans la zone de vulnérabilité, car ils sont souvent hors de la sphère de responsabilité de la fonction cybersécurité. Par le passé, cette situation aurait pu engendrer un risque acceptable pour les conseils d’administration. Dans un contexte où l’IA physique est en plein essor et les actifs auparavant protégés par des pare‑feux sont de plus en plus connectés à des réseaux – tandis que l’IA de pointe est de plus en plus une source de cybermenaces pour les actifs de TO –, les chefs de la sécurité de l’information doivent désormais faire figure de leaders dans le déploiement des initiatives de protection de ces actifs. Ils doivent d’abord en arriver à mieux circonscrire la surface d’attaque de leur entreprise.

 

Les actifs écosystémiques et de tiers, qui figurent au deuxième rang des catégories d’actifs les plus représentées dans la zone de vulnérabilité, revêtent une importance de plus en plus grande dans le cadre des activités organisationnelles essentielles, et ce, aussi bien sur le plan des infrastructures logicielles et infonuagiques que sur celui de la logistique et de la prestation des services. Avec l’accroissement de leur importance critique, ils requièrent de plus en plus un accès permanent et privilégié aux réseaux et environnements internes, ce qui se traduit par une expansion considérable de la surface d’attaque. L’IA agentive peut avoir pour effet d’intensifier cette dynamique, car, pour en assurer le déploiement efficace, les fournisseurs d’IA doivent disposer d’un accès systématique aux multiples fonctions ou infrastructures organisationnelles. 

 

Les cyberattaquants tirent parti d’une telle exposition et ciblent souvent des tiers pouvant leur servir de vecteurs d’accès initial, avant de procéder à une cyberattaque par mouvement latéral dans les principaux environnements cibles. Pour réduire cette exposition sans restreindre l’étendue des relations avec des tiers qui revêtent une importance critique, les chefs de la sécurité de l’information doivent combler ces lacunes fondamentales qui – d’après notre sondage – sont présentes dans les contrôles : 47 % des entreprises ne parviennent pas à segmenter adéquatement leurs environnements, tandis que 59 % ne disposent pas de données télémétriques exhaustives sur leurs actifs, ce qui en amoindrit la visibilité, tout en entraînant des retards de détection.

47 %
47 %
des entreprises ne parviennent pas à segmenter adéquatement leurs environnements.
59 %
59 %
des entreprises ne disposent pas de données télémétriques exhaustives sur leurs actifs.

Les systèmes et outils d’IA figurent au troisième rang des catégories d’actifs les plus représentées dans la zone de vulnérabilité. Dans le calcul de la zone de vulnérabilité, l’IA présente des difficultés aussi bien pour le volet visibilité des actifs que pour le volet couverture de cybersécurité. La visibilité des actifs est compromise à bien des égards. Le déploiement de l’IA générative donne souvent lieu à l’émergence de cas d’utilisation non autorisés et à la génération de flux de données non traçables, lorsque des employés adoptent des outils en contournant les procédures d’approbation, tandis que l’IA agentive a pour effet de multiplier les angles morts, du fait de la prolifération des agents, des identités, des outils connectés et des tâches exécutées en environnements d’IA autonome, qui sont difficiles à inventorier et à surveiller. Les lacunes dans la couverture de cybersécurité aggravent le problème, car bien des équipes de cybersécurité n’en sont pas encore à appliquer des contrôles, des tests, des procédures de surveillance ou des mesures de gouvernance aux systèmes et outils d’IA qui évoluent rapidement et donnent accès à des données et à des flux de travail sensibles.

Les infrastructures réseau, qui constituent 38 % des actifs se trouvant dans la zone de vulnérabilité, viennent au quatrième rang des catégories d’actifs qui y sont les plus représentées, bien qu’elles figurent à l’avant‑plan des préoccupations des chefs de la sécurité de l’information. Les cyberattaquants – particulièrement ceux qui opèrent sous l’égide d’États-nations – ciblent de plus en plus des dispositifs périphériques, tels que des passerelles VPN, des pare‑feux, des routeurs et des appareils en périphérie de réseau, qui servent de vecteurs d’accès initial. Comparativement aux services infonuagiques et aux logiciels de points terminaux modernes, un bon nombre de ces dispositifs réseaux se caractérisent notamment par la présence de microprogrammes personnalisés ou de longs cycles d’application de correctifs qui les rendent encore plus susceptibles d’être exposés aux cybermenaces générées par l’IA de pointe. Les chefs de la sécurité de l’information doivent impérativement sortir ces actifs de la zone de vulnérabilité de leur entreprise, en en améliorant la visibilité et la couverture de cybersécurité.

Analysez la zone de vulnérabilité de votre entreprise selon son secteur d’activité

Source : Réseau mondial EY


Notre analyse révèle des tendances sectorielles associées à la zone de vulnérabilité. Globalement, c’est dans les secteurs particulièrement tributaires d’actifs de TO – notamment ceux des infrastructures, des mines et métaux, de l’énergie et des services publics, du pétrole et du gaz, et des produits chimiques – où la zone de vulnérabilité comporte une forte concentration d’actifs à risque. La plupart des secteurs dont la zone de vulnérabilité comporte une concentration moindre d’actifs – le gouvernement et le secteur public, les services bancaires et les marchés financiers, l’assurance, l’aérospatiale, la défense et la mobilité – sont généralement encadrés par des régimes de réglementation prévoyant l’application de règles de sécurisation strictes.

Source : Réseau mondial EY


Zone de vulnérabilité du secteur de votre entreprise

Pour en apprendre plus sur la zone de vulnérabilité correspondant au secteur et au segment dans lesquels évolue votre entreprise, sélectionnez les options pertinentes.

Homme asiatique regardant les gratte‑ciel de Singapour
2

Chapitre 2

Optimiser la visibilité des actifs pour réduire au minimum la zone de vulnérabilité

Votre entreprise n’a pas intérêt à se contenter d’une visibilité partielle de ses actifs, car les cybermenaces liées à l’IA de pointe entraînent une expansion de la surface d’attaque.

Notre étude révèle que 70 % des leaders de la fonction cybersécurité des entreprises sondées considèrent que les risques les plus importants auxquels fait face celle‑ci correspondent à des angles morts.

Comme les récentes révélations sur les vulnérabilités de l’IA de pointe ont amené les administrateurs et les hauts dirigeants d’entreprise à prendre davantage conscience des cyberrisques que court celle‑ci, les chefs de la sécurité de l’information doivent en profiter pour promouvoir la réalisation d’investissements dans le rehaussement de la visibilité des actifs à l’échelle organisationnelle.

70 %
70 %
considèrent que les risques les plus importants auxquels fait face la fonction cybersécurité de leur entreprise correspondent à des angles morts.

Notre étude révèle qu’un bon nombre de fonctions cybersécurité d’entreprise doivent d’abord combler un retard important. À l’issue de notre analyse des réponses au sondage en texte libre, il s’avère que la complexité des dépendances, les contraintes exercées sur les ressources et les lacunes dans la gouvernance des données relatives aux actifs organisationnels représentent les principales difficultés que rencontrent les entreprises que représentent les répondants dans leurs efforts pour en accroître la visibilité2. Seulement 43 % des répondants affirment que leur entreprise s’appuie sur des méthodes automatisées pour recenser et inventorier ses actifs, tandis que 45 % estiment que l’inventaire des actifs de leur entreprise est exhaustif et à jour. 

Source : Réseau mondial EY


Dans un monde où il suffit de quelques secondes aux cyberattaquants pour repérer et exploiter les vulnérabilités présentes dans des systèmes qui échappent aux contrôles de la fonction cybersécurité, une entreprise qui s’appuie exclusivement sur des méthodes de recensement manuel d’actifs en vase clos s’expose à des risques d’atteinte à sa résilience organisationnelle.

En outre, ces méthodes ne sont pas en phase avec les modes d’organisation et d’exploitation des entreprises dont les activités futures reposeront sur l’IA agentive. Dans les environnements d’IA agentive, où des agents logiciels peuvent générer et utiliser à vitesse machine des identités, des autorisations et des interactions avec des outils, les méthodes de recensement manuel d’actifs s’avèrent trop lentes et fragmentées pour permettre le maintien d’un aperçu exact de la situation qui prévaut, des modalités interactionnelles et des concentrations de risques.

« Dans les environnements agentifs, l’optimisation de la visibilité des actifs organisationnels doit reposer sur la cartographie en temps réel automatisée des agents d’IA, des identités, des autorisations et des chemins d’exécution, explique Maez De Guzman, leader mondiale de l’équipe Services gérés en cybersécurité d’EY affectée aux marchés émergents. Pour appliquer des contrôles, une entreprise doit pouvoir s’appuyer sur des outils de recensement d’actifs, des données de télémétrie accessibles en continu et des capacités de détection reposant sur l’IA, ainsi que sur des analyses graphiques de son exposition aux risques émergents. Les entreprises qui disposent d’une architecture de cybersécurité leur permettant de faire le suivi de leurs actifs, de les analyser et de redresser le cap dans le cadre de leurs activités d’exécution peuvent réduire considérablement les délais entre l’émergence de cyberrisques et l’application de mesures correctives. »

Les entreprises novatrices sécurisées, qui correspondent à la cohorte des répondants à notre sondage dont l’organisation fait figure de leader, semblent être mieux préparées que les autres à faire face aux menaces associées à l’IA de pointe, du fait que la visibilité de leurs actifs organisationnels est presque entièrement optimisée et qu’il s’agit d’entreprises qui comprennent mieux les corrélations entre ceux‑ci. Le haut taux de satisfaction que les répondants issus d’une telle entreprise affichent à l’égard des bases de données de gestion des configurations organisationnelles (85 % contre 45 % des répondants issus d’entreprises vulnérables) rend bien compte de cet état des lieux, ce qui permet aux chefs de la sécurité de l’information de disposer de données plus fiables sur les enjeux particulièrement importants et les concentrations de cyberrisques.

Les chefs de la sécurité de l’information qui font figure de leaders savent comment tirer parti de ces assises, en faisant en sorte que leur entreprise s’appuie sur l’IA dans l’automatisation de ses processus de détection des vulnérabilités, d’établissement des priorités et d’exécution de mesures correctives, grâce à l’exploitation en continu de ses données télémétriques et de son environnement de surveillance des cybermenaces. Ils veillent à conjuguer de telles capacités avec l’attribution de responsabilités interfonctionnelles clairement définies à l’égard de l’application de mesures correctives et de l’intégration de la cybersécurité aux cycles de développement logiciel. C’est ainsi qu’une entreprise peut en arriver à mieux sécuriser son infrastructure d’IA et à exploiter efficacement son environnement d’agents d’IA autonomes.

« Les fonctions cybersécurité qui se démarquent doivent profiter des leçons apprises tandis qu’elles en étaient à sécuriser l’environnement de développement logiciel de leur entreprise, en intégrant la cybersécurité au cycle de développement des agents d’IA, soutient Ganesh Devarajan, leader de l’équipe Consultation – Cyberrisques d’EY pour les Amériques. Au fil de cette évolution, elles doivent automatiser leurs capacités d’exploration de modèles d’IA et les communications entre agents. » 

Au-delà de la visibilité des actifs, les entreprises novatrices sécurisées sont également plus avancées que leurs pairs en ce qui a trait à la cartographie des réseaux, des identités et des dépendances, s’agissant d’une capacité essentielle dans un monde où les cyberattaquants qui exploitent l’IA ciblent de plus en plus les mécanismes de vérification des identités et de la fiabilité aux points d’accès à leur environnement, de façon à pouvoir perpétrer rapidement des cyberattaques par mouvement latéral à l’échelle organisationnelle. Plus enclines que les autres à évaluer très favorablement leurs capacités de cartographie de réseaux (67 % contre 59 % des entreprises vulnérables), les entreprises novatrices sécurisées en sont à se doter de vastes cartes répertoriant leurs actifs à l’échelle organisationnelle en fonction de leur visibilité.

Comme le concept même d’identité évolue au fil du déploiement de l’IA agentive, les chefs de la sécurité de l’information qui comprennent le mieux les aspects fondamentaux de la surface d’attaque de leur entreprise et les corrélations entre ses réseaux et ses dépendances seront les plus à même de gérer la prolifération à la vitesse machine des identités dynamiques non humaines.

Coucher de soleil sur les berges du fleuve Saïgon, à Hô Chi Minh‑Ville, au Vietnam
3

Chapitre 3

Comment renforcer la résilience d’une entreprise en prévision de la prochaine crise de cybersécurité

Le moment est venu pour les entreprises de se servir de la conjoncture actuelle comme d’un catalyseur permettant d’intégrer plus étroitement leur capacité de résilience à leur environnement de cybersécurité, avant de se trouver face au prochain point d’inflexion.

Dans un environnement NAVI, les points d’inflexion vont en se multipliant, de sorte que les conseils d’administration et les équipes de haute direction doivent adopter une vision allant au‑delà des cybermenaces que génèrent désormais les modèles d’IA de pointe. Le sondage que nous avons réalisé au cours des semaines précédant la publication des révélations récentes sur l’IA de pointe révèle que seulement 45 % des leaders de la fonction cybersécurité se sentent prêts à faire face aux cybermenaces engendrées par l’IA. Ils ne sont que 21 % à se dire prêts à faire face aux cybermenaces quantiques.

Pour se préparer à gérer de tels risques – ainsi que ceux qui dépassent encore l’imagination –, les entreprises doivent se doter de stratégies de renforcement de la résilience qui sont étroitement intégrées à leur environnement de cybersécurité et leur permettent de respecter leurs engagements envers leurs parties prenantes en contexte de perturbation. Cette approche suppose la définition et la protection de l’entreprise minimum viable (EMV), qui repose sur les capacités, actifs et dépendances s’avérant essentiels au maintien des principaux engagements organisationnels. Pour assurer la protection de l’EMV, il faut disposer d’indicateurs en temps réel qui permettent de déterminer si elle reste opérationnelle au fil de l’évolution de la conjoncture, tout en procédant à des exercices de simulation axés sur la validation de son architecture et de son infrastructure physique et numérique, dans l’optique de combler ses lacunes stratégiques.

Pour qu’une fonction cybersécurité puisse gagner en résilience, la vitesse de mise en œuvre de ses mécanismes de défense doit s’apparenter beaucoup plus à la vitesse machine, tandis que la structure de ceux‑ci doit être alignée sur l’environnement des cybermenaces. La résilience repose sur l’exécution d’activités de surveillance continue, la mise en place d’un environnement de veille technologique de grande qualité et l’acquisition de capacités de détection et d’intervention automatisées. Dans un contexte où les cyberattaquants ciblent de plus en plus les systèmes patrimoniaux, les dépendances internes, et les chemins d’accès aux tiers et aux données, les leaders doivent pouvoir s’appuyer sur une vision synchrone de la surface d’attaque qui prend en compte la façon dont les systèmes interagissent et les défaillances se propagent.

L’IA de pointe et les points d’inflexion futurs feront ressortir ce qu’il en coûte aux entreprises de remettre à plus tard leurs initiatives de modernisation organisationnelle. Un récent sondage réalisé dans le cadre du partenariat de recherche à long terme conclu entre EY et la Saïd Business School de l’Université d’Oxford révèle que le nombre d’entreprises prêtes à s’engager dans une initiative transformationnelle à grande échelle axée sur le renforcement des capacités de leur fonction cybersécurité a augmenté de 28 %. Dans le contexte de la propagation accélérée de cybermenaces plus adaptatives, les architectures patrimoniales, le cumul des déficits technologiques et la méconnaissance d’enjeux complexes nuisent au renforcement des capacités de résilience. Pour se doter d’un environnement durablement résilient, les entreprises doivent s’attaquer directement à leurs faiblesses structurales, au lieu de continuer d’en faire abstraction dans le cadre de leurs activités de gestion.

Coordonner le renforcement des capacités de résilience extraorganisationnelles

Les développeurs de modèles d’IA de pointe ont procédé au lancement d’initiatives écosystémiques qui visent à permettre aux entreprises de s’adapter à la nouvelle réalité, où la vitesse de détection des vulnérabilités dépasse les capacités internes de validation et de règlement des problèmes sous‑jacents dont disposent la plupart d’entre elles. Parallèlement, des initiatives comme le projet QuiltWorks de CrowdStrike – une coalition sectorielle d’entreprises qui tirent parti de l’IA pour recenser, valider et prioriser leurs vulnérabilités avant qu’elles puissent être exploitées – rallient des prestataires de services de cybersécurité, des chercheurs en IA et diverses organisations, dont EY, autour d’une démarche coordonnée axée sur la réduction accélérée des cyberrisques.

« Le projet QuiltWorks consiste à exploiter l’IA de pointe de sorte que les entreprises puissent plus facilement avoir une longueur d’avance dans la gestion des risques émergents, explique Fabio Fratucello, chef mondial de la technologie orienté client de CrowdStrike. Ce projet, qui repose sur des modèles d’IA de pointe d’excellence, fait intervenir conjointement des experts en cybersécurité de CrowdStrike et des partenaires sectoriels tels qu’EY, qui soutiennent les efforts de ces entreprises pour recenser leurs vulnérabilités, comprendre comment les cyberattaquants peuvent les exploiter en chaîne, et valider la présence de cyberrisques dans leur environnement réel. Il vise à soutenir les entreprises pour qu’elles accordent la priorité à l’application des mesures correctives requises et réduisent leur exposition aux cyberrisques avant que les cyberattaquants puissent exploiter leurs vulnérabilités. »

Les entreprises qui participent à de telles initiatives peuvent ainsi détecter et valider plus rapidement leurs vulnérabilités émergentes, tout en assurant une meilleure coordination des mesures correctives à appliquer à l’ensemble de leurs actifs écosystémiques interconnectés. Plus globalement, lorsque les fournisseurs de solutions technologiques leur donnent les moyens de recenser leurs vulnérabilités et d’y remédier en amont, les entreprises du secteur en bénéficient, car elles peuvent ainsi réduire leurs risques systémiques et atténuer plus facilement leur exposition aux cyberrisques, et ce, avant même que ces vulnérabilités puissent être exploitées.

La résilience des entreprises repose sur leur capacité à gérer les cyberrisques émanant des fournisseurs d’identités et de logiciels‑services

Seulement 48 % des répondants considèrent que leur entreprise est en mesure de détecter rapidement un cyberincident survenu dans sa chaîne d’approvisionnement. 

La capacité d’une entreprise à faire preuve de résilience et à poursuivre ses activités est de plus en plus tributaire de la confiance que lui inspirent les tiers qui assurent la prise en charge de ses processus opérationnels critiques. Une telle configuration semble précaire dans le contexte de la prolifération des cyberattaques fondées sur l’identité, dans le cadre desquelles sont exploités des protocoles d’identification exigeant une interaction directe entre des ressources internes sensibles et des fournisseurs de logiciels‑services. Dans son rapport mondial sur les cybermenaces paru en 2026, CrowdStrike révèle que 82 % des cyberattaques détectées ne reposaient pas sur des logiciels malveillants, ce qui démontre que de nombreuses intrusions se fondent plutôt désormais sur la compromission d’identités ainsi que sur l’utilisation d’authentifiants légitimes et de chemins d’accès présumément fiables.

Seulement
48 %
48 %
des répondants considèrent que leur entreprise est en mesure de détecter rapidement un cyberincident survenu dans sa chaîne d’approvisionnement.

La détection et l’exploitation accélérées des vulnérabilités compliquent davantage la situation. Il est possible que de nombreux fournisseurs tiers – surtout lorsqu’il s’agit de petites entreprises dotées de ressources moindres – ne soient pas en mesure de transmettre des éléments probants suffisants attestant l’application de mesures correctives ou de correctifs en réponse aux vulnérabilités associées à l’IA de pointe. Le recensement et la validation de fournisseurs de remplacement constituent une solution de contournement, mais il n’existe pas de substituts viables dans bien des cas, surtout lorsque des processus critiques reposent sur un petit nombre de fournisseurs spécialisés.

Pour contrer cette réalité, les entreprises doivent adapter la façon dont elles interagissent avec les tiers afin de renforcer leur résilience et de se prémunir contre la prolifération des cybermenaces basées sur l’identité. Elles doivent donc remplacer leur approche supposant l’évaluation périodique de leurs fournisseurs et la passation de contrats conférant un accès par réseau privé virtuel à leur environnement interne par un modèle de surveillance permanente des accès centré sur les identités et l’attribution de droits d’accès minimal couplé à un processus de certification des chaînes d’approvisionnement et à des mécanismes de protection de l’environnement d’exécution.

Les entreprises novatrices sécurisées ont d’ores et déjà une longueur d’avance. Comparativement aux entreprises vulnérables, elles sont plus susceptibles d’imposer aux tiers ayant accès à leur environnement organisationnel des exigences de sécurité dont la conformité peut être contrôlée (55 % d’entre elles imposant de telles exigences contre 39 % des entreprises vulnérables). Elles sont aussi beaucoup plus confiantes quant à leur capacité de détecter rapidement les cyberincidents survenant dans leurs chaînes d’approvisionnement (68 % contre 30 %) ou dans leurs centres de données (81 % contre 49 %).

L’élargissement de la sphère de responsabilité de la fonction cybersécurité pour y englober les actifs de TO et les actifs physiques, une mesure essentielle à l’optimisation de la résilience organisationnelle

Bien que les actifs de TO et les actifs physiques d’une entreprise ne relèvent pas toujours systématiquement de sa fonction cybersécurité, les chefs de la sécurité de l’information doivent être consultés dès lors qu’il s’agit d’actifs qui sont reliés à des réseaux ou qui reposent sur l’IA. Lorsqu’on les consulte dans le cadre de tels projets, ils doivent soupeser les deux considérations suivantes :

  • Éviter la mise en réseau systématique des actifs de TO – Avant d’établir une nouvelle connexion avec un actif de TO, celle‑ci doit faire l’objet d’une décision mûrement réfléchie dans un contexte de gestion des risques, où les gains opérationnels escomptés sont évalués à la lumière des cybermenaces susceptibles d’en découler.
  • Tenir pour acquis que les actifs de TO patrimoniaux resteront vulnérables – Dans le cas des environnements connectés intégrant du matériel qui est rarement actualisé, voire qui ne l’est jamais, les chefs de la sécurité de l’information doivent assurer la protection des systèmes auxquels aucun correctif ne peut être appliqué, en mettant en place des mesures d’isolation et de surveillance, ainsi que des contrôles compensatoires.

« Pour optimiser la résilience des actifs de TO, il faut d’abord en accroître la visibilité, et leur recensement revêt une importance déterminante, affirme Piotr Ciepiela, leader mondial, groupe Consultation – Cyberarchitecture, ingénierie et technologies émergentes d’EY. Bien que ce soit à la fonction cybersécurité qu’il incombe généralement de piloter une telle initiative, elle doit absolument en assurer la coordination avec les responsables des TO. Et même ainsi, il faut en assurer la planification en prenant en compte qu’aucun correctif ne peut être appliqué à une bonne partie de l’environnement de TO, de sorte que, pour optimiser sa résilience, une entreprise doit le segmenter et l’isoler, tout en mettant en place des contrôles ciblant ce qui ne peut pas être corrigé. »

Deux aspects du contexte des cybermenaces ont évolué de telle sorte que la gestion coordonnée des actifs de TO joue désormais un rôle essentiel dans le renforcement de la résilience organisationnelle. Premièrement, les actifs de TO sont devenus des vecteurs de cybermenaces, des groupes tels que Volt Typhoon ayant démontré comment les cyberattaquants peuvent compromettre la sécurité de ces actifs et des systèmes d’infrastructures de façon à en saper la résilience opérationnelle au fil du temps. Deuxièmement, les cyberattaquants en sont venus à tirer parti des capacités d’IA évoluées pour recenser et exploiter les faiblesses présentes dans les dispositifs, les interfaces et les environnements patrimoniaux connectés qui ne sont pas aussi souvent actualisés que les systèmes informatiques.

Notre étude révèle que les entreprises novatrices sécurisées gèrent mieux leurs actifs de TO et leurs actifs physiques que leurs pairs, en en assumant une coordination plus étroite avec la fonction exploitation. Elles sont plus susceptibles que les entreprises vulnérables de disposer d’équipes interfonctionnelles prenant en charge la couverture de cybersécurité des actifs de TO (61 % contre 51 %) et elles tirent davantage de satisfaction de la coordination des initiatives de sécurisation des actifs physiques et des actifs de TO conjointement avec les équipes opérationnelles (68 % contre 45 %).

Source : Réseau mondial EY


Female working on a computer trading in a futuristic style
4

Chapitre 4

Mesures permettant de réduire au minimum la zone de vulnérabilité à l’ère de l’IA de pointe

Les chefs de la sécurité de l’information doivent profiter des 12 à 18 prochains mois pour réduire considérablement l’étendue de la zone de vulnérabilité de leur entreprise.

Nous présentons ci‑après les six mesures que les chefs de la sécurité de l’information doivent prendre pour améliorer la visibilité des actifs de leur entreprise et ses contrôles de sa cybersécurité, dans l’optique de réduire le plus possible l’étendue de sa zone de vulnérabilité, tout en accordant la priorité à l’optimisation de la résilience organisationnelle et à la réalisation d’investissements dans l’acquisition de technologies de cybersécurité modernes lui permettant de se préparer à faire face au prochain point d’inflexion.

Piotr Ciepiela, leader mondial, groupe Consultation – Cyberarchitecture, ingénierie et technologies émergentes d’EY; Maez De Guzman, leader mondiale de l’équipe Services gérés en cybersécurité d’EY affectée aux marchés émergents; Ganesh Devarajan, leader de l’équipe Consultation – Cyberrisques d’EY pour les Amériques; Scott McCowan, leader mondial de l’équipe EY Consultation – Marchés à risque; AnnMarie Pino, codirectrice, Ernst & Young LLP; William Reid, directeur adjoint, Ernst & Young LLP; et Joe Morecroft, codirecteur, EYGS LLP ont contribué à la rédaction du présent article.


Résumé

Un bon nombre d’entreprises n’étaient pas préparées à faire face aux récentes révélations sur les cybermenaces associées à l’IA de pointe. Avec l’appui du conseil d’administration et de l’équipe de haute direction de leur entreprise, les chefs de la sécurité de l’information qui font figure de leaders en profitent pour renforcer la résilience de son cadre de cybersécurité, en prévision du prochain point d’inflexion. Pour ce faire, ils repèrent la zone de vulnérabilité de leur entreprise et en réduisent le plus possible l’étendue, tout en renforçant la confiance dans le cycle de vie de l’IA.

Articles connexes

Cybersécurité : comment passer de la protection de la valeur à la création de valeur?

Selon l’étude Global Cybersecurity Leadership Insights Study de 2025 d’EY, les chefs de la sécurité de l’information représentent 36 millions de dollars américains pour chaque initiative stratégique à laquelle ils participent. En savoir plus.

Communiquez avec nous
Vous avez aimé? Communiquez avec nous pour en savoir davantage.


À propos de cet article

Auteurs