Drainage de l’eau au réservoir de Kowloon, dans le parc de Kam Shan

Les leçons pratiques que l’on peut tirer de la mise en œuvre des normes de l’ISSB

Sujets connexes

L’expérience acquise au cours de la première année d’application des normes d’information sur la durabilité de l’ISSB offre des enseignements pratiques aux entreprises qui s’apprêtent à établir leur propre rapport.


En bref

  • Le concept d’entité comptable détermine l’étendue du rapport sur la durabilité de l’entreprise, dont le périmètre doit correspondre à celui des états financiers.
  • Une attention particulière doit être portée à la définition de l’entité comptable, surtout lorsque des risques liés à la durabilité découlent de coentreprises et d’entreprises associées.
  • Pour se prévaloir des allègements applicables, les entreprises doivent distinguer les incidences financières actuelles des incidences financières prévues des risques liés à la durabilité présentés.

Au cours des derniers mois, plusieurs entreprises ont publié leur tout premier rapport sur la durabilité établi selon les normes de l’ISSB. Ces rapports fournissent de précieux enseignements sur les défis pratiques liés à la première année de mise en œuvre. L’expérience acquise peut également aider d’autres entreprises à planifier et à préparer leur propre processus de présentation d’informations sur la durabilité. Dans cet article, nous examinons les principaux enseignements en ce qui concerne la définition de l’entité comptable, l’application du concept d’importance relative, la présentation d’informations sur la résilience climatique et la gestion de l’incertitude d’évaluation. Cliquez ici pour visionner une vidéo dans laquelle nous explorons ces sujets.

 

Entité comptable

Le concept d’entité comptable détermine l’étendue du rapport sur la durabilité. Les informations financières à fournir par l’entreprise en lien avec la durabilité doivent viser la même entité comptable que les états financiers correspondants. Prenons un exemple : une entreprise prépare ses états financiers consolidés selon les normes IFRS de comptabilité et présente son information sur la durabilité conformément aux normes de l’ISSB. L’entité comptable est constituée ici de la société de portefeuille et de ses filiales consolidées (le groupe), et ce, tant aux fins de l’information financière qu’aux fins de l’information sur la durabilité. Ses coentreprises et entreprises associées ne font pas partie de l’entité comptable, puisqu’elles sont visées par la méthode de mise en équivalence, mais ne sont pas incluses dans le groupe consolidé.

 

Bien qu’elles ne fassent pas partie de l’entité comptable, ces coentreprises et entreprises associées sont des entités émettrices de l’entreprise ou de ses filiales consolidées; cette relation d’investissement peut donc donner lieu à des possibilités et risques liés à la durabilité pour l’entité comptable. De fait, les coentreprises et les entreprises associées sont souvent des fournisseurs ou des clients de l’entité comptable, des relations qui sont également susceptibles de donner lieu à des possibilités et risques liés à la durabilité.     

 

Importance relative (ou significativité)    

Le concept d’importance relative exposé dans les normes de l’ISSB correspond à celui applicable à l’information financière selon les normes IFRS de comptabilité et impose à l’entreprise la prise en considération à la fois de facteurs quantitatifs et de facteurs qualitatifs. Selon IFRS S1, Obligations générales en matière d’informations financières liées à la durabilité, les entreprises doivent déterminer quelles informations sont significatives et visées par une obligation d’information. La significativité s’apprécie donc au niveau même de l’information et n’est pas seulement fonction des données chiffrées qu’une telle information représente. Ainsi, pour apprécier si les informations sont significatives, l’entreprise doit tenir compte de l’ampleur et de la nature de l’incidence d’une possibilité ou d’un risque lié à la durabilité sur ses activités.



De nombreuses informations à fournir dans un rapport sur la durabilité étant de nature qualitative, les entreprises devront probablement porter une plus grande attention aux facteurs qualitatifs que dans le cas de l’information financière lorsqu’elles identifient les informations significatives à fournir.    



Incidences financières actuelles et prévues

Les entreprises sont tenues, selon IFRS S1, de fournir des informations permettant aux utilisateurs des rapports financiers à usage général de comprendre les incidences financières tant actuelles que prévues des possibilités et risques liés à la durabilité.



Pour distinguer les incidences financières actuelles des incidences financières prévues, il faut déterminer si les possibilités et risques liés à la durabilité ont influé sur la situation financière, la performance financière et les flux de trésorerie de l’entreprise pour la période de présentation de l’information considérée.



Autrement dit, les incidences financières actuelles sont celles que l’entreprise présente dans ses états financiers de la période considérée, tandis que les incidences financières prévues correspondent à celles qu’elle s’attend à présenter dans les états financiers de périodes ultérieures. Il importe de savoir distinguer les deux, car certains allègements ne s’appliquent qu’aux informations sur les incidences financières prévues, et non à celles sur les incidences financières actuelles. Par ailleurs, lorsqu’elle fournit des informations sur les incidences financières prévues, l’entité comptable doit, premièrement, utiliser toutes les informations raisonnables et justifiables qu’il lui est possible d’obtenir à la date de clôture sans devoir engager des coûts ou efforts excessifs; deuxièmement, utiliser une approche à la mesure des compétences, capacités et ressources dont elle dispose pour le faire.

Résilience climatique et analyse de scénarios

Si IFRS S1 instaure certaines obligations d’information qui ont trait à la résilience, IFRS S2, Informations à fournir en lien avec les changements climatiques, indique de façon plus précise quelles informations sur les possibilités et risques liés aux changements climatiques doivent être fournies. L’entreprise est tenue, aux termes d’IFRS S2, de fournir des informations permettant aux utilisateurs des rapports financiers à usage général de comprendre la résilience de sa stratégie et de son modèle économique face aux changements, aux développements et aux incertitudes liés au climat. Pour ce faire, l’entreprise doit tenir compte des possibilités et risques liés aux changements climatiques qu’elle a identifiés.

En ce qui concerne l’analyse de scénarios, les entreprises doivent fournir des informations sur ce qui suit : la manière dont l’analyse de scénarios climatiques a été effectuée et le moment où elle l’a été; la question de savoir si les scénarios utilisés sont associés ou non à des risques de transition ou à des risques physiques liés aux changements climatiques; les hypothèses clés sur lesquelles elles se sont fondées lors de l’analyse; et les scénarios utilisés et les raisons pour lesquelles elles les ont choisis. Les entreprises doivent également déterminer si les informations qu’elles fournissent sur leur résilience climatique et leur analyse de scénarios sont suffisamment rigoureuses, compte tenu de ces exigences.

Jugements et incertitudes d’évaluation

Selon IFRS S1, les entreprises doivent fournir des informations qualitatives et, au besoin, quantitatives, qui permettent aux utilisateurs de comprendre les jugements qu’elles ont portés lors de la préparation de leur rapport sur la durabilité et qui ont les incidences les plus importantes sur la teneur des informations fournies.

En ce qui concerne l’incertitude d’évaluation, l’entreprise doit indiquer les montants qu’elle a présentés pour lesquels le degré d’incertitude d’évaluation est élevé. Pour chaque montant identifié, l’entreprise doit fournir des informations sur les sources d’incertitude d’évaluation ainsi que les hypothèses, estimations et jugements sur lesquels elle s’est basée pour évaluer le montant.



Les entreprises ne peuvent se contenter de reproduire des énoncés génériques pour reconnaître l’exercice du jugement et l’existence d’une incertitude d’évaluation. Elles doivent plutôt fournir des informations suffisamment détaillées à l’égard de chaque jugement ou montant comportant une incertitude d’évaluation afin de mieux renseigner les utilisateurs.



Structure et présentation du contenu

Le fait de structurer un rapport sur la durabilité de façon logique aide ses utilisateurs à mieux comprendre les messages généraux et les informations particulières que communique l’entreprise. Certaines entreprises peuvent vouloir inclure, en plus des informations exigées par les normes de l’ISSB, d’autres informations qui ne sont pas considérées comme significatives pour les investisseurs, les prêteurs et les autres créanciers. L’inclusion de telles informations dans les rapports est expressément permise par IFRS S1. Ces informations ne doivent cependant pas obscurcir les informations à fournir ou être trompeuses pour les utilisateurs des rapports. Pour éviter d’éclipser les informations à fournir, les entreprises pourraient, lorsqu’elles choisissent d’inclure des informations non significatives dans leur rapport, utiliser, par exemple, une police ou un style différents de ceux dans lesquels elles présentent les informations significatives. Elles pourraient également présenter ces informations ailleurs dans le rapport annuel, à l’extérieur du rapport sur la durabilité.

Les entreprises qui préparent actuellement leur rapport sur la durabilité devraient se demander comment ces questions influeront sur leur rapport et comment elles pourront le mieux communiquer des informations utiles et transparentes.

Résumé

L’expérience acquise au cours de la première année d’application des normes d’information sur la durabilité de l’ISSB offre des enseignements pratiques aux entreprises qui s’apprêtent à établir leur propre rapport. Les principaux enjeux abordés comprennent notamment la définition de l’entité comptable et la nécessité pour les informations financières liées à la durabilité de concorder avec celles fournies dans les états financiers consolidés établis selon les IFRS. Nous soulignons l’importance d’appliquer avec soin le concept de significativité, en tenant compte à la fois des facteurs quantitatifs et des facteurs qualitatifs. Les entreprises doivent aussi fournir des informations sur la résilience de leur stratégie et de leur modèle économique face aux possibilités et risques liés aux changements climatiques.

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