5 minutes de lecture 20 févr. 2017
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Comment le bon milieu peut-il propulser les FinTech?

Par

EY Canada

Organisation de services professionnels multidisciplinaires

5 minutes de lecture 20 févr. 2017

Les FinTech sont de plus en plus adoptées par les grandes institutions financières et les entreprises en démarrage puisqu’elles continuent de changer la façon dont les consommateurs de services financiers transfèrent, empruntent, protègent et gèrent leur argent. Toutefois, elles ne bousculent pas seulement le monde bancaire et des paiements. Des investissements de détail aux caisses de retraite, en passant par l’assurance, les FinTech secouent toute une gamme de sous-secteurs.

Bien qu’il soit toujours loin derrière celui des États-Unis, le marché canadien des FinTech est en accélération et a le potentiel de devenir plus influent au sein des principaux centres financiers du monde. Au Canada, de 2012 à 2014, les investissements dans les FinTech ont crû à un rythme annuel de 35 %. Pour la période de 2014 à 2015, on remarque une forte accélération, avec une augmentation des investissements d’environ 300 %.

La région de Montréal, au Québec, est bien positionnée pour jouer un rôle important dans cette croissance. Dans le cadre de notre rapport sur l’indice d’adoption des FinTech d’EY, nous avons sondé plus de 10 000 personnes qui utilisent le numérique partout dans le monde, y compris plus de 2 000 personnes au Canada, pour comprendre le taux d’adoption global des FinTech et les perspectives d’utilisation dans l’avenir. Les résultats révèlent clairement que Montréal dispose des atouts nécessaires pour continuer à tailler sa place parmi les grands centres financiers de la planète.

Que faudra-t-il pour poursuivre sur cette lancée et assurer la prospérité de l’écosystème FinTech à Montréal? Son succès passe par la mise en place d’un environnement dynamique, créatif et innovateur où les entrepreneurs d’ici pourront prospérer.

En priorisant quatre étapes cruciales, il est possible d’accélérer le développement du secteur FinTech de Montréal :

1.  Créer un pôle d’excellence FinTech à Montréal

Pour réussir, il faut créer une vision commune parmi les intervenants et soutenir adéquatement les entreprises qui exercent leurs activités dans le secteur FinTech ou qui veulent y entrer. En créant une équipe de travail permanente composée de ressources spécialisées et soutenue par un financement à long terme, un corps administratif pourra prendre sous sa responsabilité les activités liées au chantier FinTech lancé par Finance Montréal afin d’encourager le réseautage et de regrouper les intervenants du milieu.

L’équipe de travail pourrait porter son attention sur le développement d’une marque de commerce distinctive, propre au secteur FinTech du Québec, afin de créer un sentiment d’appartenance. Elle pourrait également cibler certains sous-secteurs (comme la science des données, l’IA, la ludification, l’Internet des objets) de développement prioritaires qui misent sur les forces distinctives du Québec afin de se différencier des autres centres financiers. La mise en place d’un réseau intégré et complémentaire d’espaces de travail voué aux entrepreneurs FinTech pourrait aussi être un objectif de l’équipe de travail. Il en va de même pour le déploiement d’un guichet unique de type « portail » au bénéfice des entrepreneurs FinTech qui offrirait différentes informations pertinentes au démarrage et au développement d’une entreprise technologique, notamment une place de marché offrant différents services professionnels pour arrimer l’offre à la demande.

2. Mettre en place un programme de mentorat formel pour les entrepreneurs FinTech soutenu par toutes les institutions financières du Québec

Toutes les institutions financières rencontrées dans le cadre de notre étude indiquent être activement impliquées dans le développement des FinTech québécoises et être prêtes à contribuer davantage. Un programme de mentorat formel pourrait apparier les institutions financières aux FinTech parrainées à toute étape du cycle de vie afin de leur offrir un accès aux professionnels de l’institution financière, à certaines de ses ressources ainsi qu’à des lieux de travail physiques. Ainsi, il sera possible de rapprocher les institutions financières et les FinTech, tout en créant un environnement où règnent la confiance et la transparence.

3. Travailler avec les autorités réglementaires (AMF, BSIF et CANAFE) pour mettre en place un environnement de bac à sable et favoriser l’expérimentation de nouvelles technologies

Les autorités de réglementation du Canada et du Québec peuvent travailler de pair afin de promouvoir un type d’environnement favorable aux essais. La conformité à un cadre réglementaire efficace est fondamentale pour le bon fonctionnement des écosystèmes financiers. Toutefois, les autorités de réglementation admettent que l’innovation permet d’améliorer la qualité des services aux clients, d’accroître la productivité des institutions financières et de mieux gérer leurs risques. La mise en place d’un environnement de bac à sable peut permettre de valider ou de tester de nouvelles technologies ou de nouveaux modèles d’affaires du secteur des services financiers dans un environnement contrôlé par des règles adaptées au contexte des entreprises FinTech en démarrage. Ainsi, il sera possible de mieux atténuer les risques financiers relatifs aux offres des sociétés de services et de mettre l’innovation de l’avant.

4. Élaborer un cursus universitaire uniformisé dans une poignée d’universités du Québec pour faire la promotion des parcours professionnels possibles au sein du secteur des services financiers et de la technologie

Le secteur des services financiers n’est pas le premier choix typique des finissants des facultés d’ingénierie et de technologie. La plupart des étudiants ne connaissent pas les choix de carrières offerts dans le secteur des services financiers. Tandis que les principaux acteurs de la scène des services financiers continuent de faire avancer la réalisation de leurs plans de transformation numérique, la nature même du travail évolue. Certains emplois sont voués à disparaître et d’autres vont être créés, notamment en ingénierie, en affaires et en technologies de l’information. Un groupe de travail dont les membres proviennent des institutions financières et du domaine universitaire pourrait établir des mesures visant à moderniser les multiples parcours professionnels disponibles pour les futurs finissants, à uniformiser la terminologie utilisée pour définir les emplois du futur et à en faire la promotion de façon appropriée. Un projet d’études interuniversitaires et interdisciplinaires accréditées constitue un bon point de départ.

Quelle est la prochaine étape pour les FinTech?

Des technologies de l’information au capital, en passant par le talent, Montréal est bien équipée pour se comparer aux autres écosystèmes FinTech dans le monde. Les universités, les grandes entreprises technologiques et le secteur des services financiers représentent collectivement un haut lieu où trouver des étudiants et des travailleurs bilingues de qualité, dans un marché où les salaires sont concurrentiels. Bien que les finissants des facultés de technologie n’apprécient pas encore pleinement les possibilités en évolution constante offertes par le secteur des services financiers, ils représentent un important bassin de talents pour le futur.

L’effervescence entourant les FinTech ne devrait pas se calmer de sitôt. De nouvelles associations à l’échelle municipale, régionale et nationale voient sans cesse le jour dans le but d’aider les villes à se transformer pour tirer profit du potentiel des FinTech. Certains groupes travaillent même pour fédérer à l’échelle internationale les différents pôles sous une organisation parapluie.

Assurer la place de Montréal sur la liste des centres FinTech de premier plan pourrait jouer un grand rôle dans le succès à venir de la région. Pour y arriver, il faudra une organisation réellement simple, fondée sur la collaboration. Les alliés engagés à bâtir cet écosystème devront travailler en équipe, ce qui attirera une attention continue sur l’innovation locale. 

Résumé

Les FinTech changent la façon dont les consommateurs de services financiers transfèrent, empruntent, protègent et gèrent leur argent, ce qui crée de nouvelles possibilités pour les entreprises et les régions. Étant donné que Montréal a le potentiel de consolider sa place parmi les principaux centres financiers du monde, le marché canadien des FinTech croît rapidement. En priorisant quatre étapes cruciales, elle pourrait devenir l’une des régions les plus importantes pour la croissance et la prospérité des FinTech à long terme.

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