Une pénurie de main‑d’œuvre se profile à l’horizon.

Une pénurie de main‑d’œuvre se profile à l’horizon. Les sociétés minières canadiennes seront‑elles en mesure de s’y préparer à temps?

Article initialement publié dans le Canadian Mining Journal. Lire l’édition de février‑mars 2026.

Le secteur minier canadien est bien positionné pour croître, grâce à l’adoption de nouvelles approches en matière de talents, d’innovation et d’inclusion afin de bâtir un avenir solide.


En bref :

  • Le secteur minier canadien se trouve à l’aube de nouvelles possibilités, porté par l’avancement de projets d’envergure et par un fort potentiel de former une main‑d’œuvre qualifiée adaptée aux enjeux futurs. 
  • Les nouveaux modèles de formation, le perfectionnement des compétences fondé sur l’IA et l’évolution des parcours professionnels peuvent aider le secteur à renforcer ses capacités et à innover à un rythme accéléré. 
  • Des cultures inclusives, des parcours professionnels bien définis et un rayonnement plus large peuvent attirer des talents diversifiés et favoriser le succès du secteur à long terme.

En ce début de 2026, alors que les ambitions de construction d’intérêt national continuent de se concrétiser à l’échelle du pays sous la forme de grands projets d’infrastructure, le secteur minier canadien semble, à tous égards, prêt à occuper le devant de la scène. 

Le Cercle de feu de l’Ontario et le triangle des minéraux critiques du Manitoba ne sont que quelques exemples de projets susceptibles d’être accélérés et de bénéficier d’investissements importants de la part d’Ottawa. 

Cependant, s’il souhaite réaliser pleinement ses ambitions, le secteur doit s’attendre à un parcours semé d’embûches. 

L’étude d’EY sur les 10 principaux risques et possibilités pour le secteur des mines et métaux en 2026 révèle un fait inquiétant quant à la vulnérabilité croissante de la main‑d’œuvre du secteur minier.  

La crise des compétences : une menace imminente

Le secteur minier fait face à une crise des compétences sans précédent, exacerbée par le vieillissement de la main‑d’œuvre et l’appauvrissement du bassin de nouveaux talents. Plus de la moitié de la main‑d’œuvre actuelle aux États‑Unis et au Canada devrait prendre sa retraite au cours de la prochaine décennie, laissant un vide considérable dans plusieurs domaines névralgiques tels que la planification, l’ingénierie de processus et le développement durable. Le spectre de cette « vague grise », décrite par la Colorado School of Mines, associé à la perception désuète mais persistante selon laquelle l’exploitation minière serait un secteur sale, dominé par les hommes et dépassé sur le plan numérique, pèse lourdement 

Comment, dans ce contexte, le secteur pourrait‑il attirer et retenir les talents dont il a désespérément besoin? La réponse réside dans la mise en œuvre rapide des mesures suivantes : 1) repenser la formation du personnel grâce à des technologies de pointe, 2) rendre le secteur minier attrayant pour un bassin de talents plus vaste et 3) créer une culture inclusive où chacun se sent capable de libérer son potentiel d’innovation.

Adapter l’innovation grâce à une approche écosystémique

Le rythme sans précédent des avancées technologiques, notamment dans le domaine de l’IA et de ses applications transformatrices dans une multitude de secteurs, a mis en évidence une vérité dérangeante : la formation dans l’ensemble du secteur doit être repensée. Seule, aucune entreprise ne dispose des ressources nécessaires. Par ailleurs, les fournisseurs ne disposent pas des systèmes permettant d’offrir une formation à grande échelle, et les établissements n’ont pas les capitaux nécessaires pour investir. Au contraire, une approche écosystémique, qui repose sur la contribution des acteurs dans leur domaine d’expertise respectif, peut améliorer la formation et réduire le déficit de compétences. 

La compréhension de l’incidence et du potentiel de l’IA et de la technologie est également cruciale. La technologie peut permettre aux employés de perfectionner leurs compétences et les dispenser des tâches répétitives, mais uniquement en présence d’une gestion rigoureuse. À mesure que le secteur évolue et redéfinit son profil de compétences, une offre de formation innovante, soutenue par des investissements publics, devient indispensable 

Dans le secteur minier, le talent constitue un impératif stratégique (et non strictement un enjeu RH) 

Le maintien d’une main-d’œuvre diversifiée et dynamique repose avant tout sur la direction. Il incombe aux dirigeants du secteur minier de donner plus de poids aux ressources humaines pour promouvoir une main-d’œuvre hautement qualifiée, en particulier dans le domaine de l’IA et des nouvelles technologies.

 

Et pour contrer les perceptions négatives persistantes, le secteur doit mieux définir son rôle dans la transition énergétique et l’avenir numérique en mettant l’accent sur les avancées qui transforment les activités, telles que les centres opérationnels à distance et l’automatisation. Mettre en lumière la portée mondiale du secteur et des carrières passionnantes, tournées vers l’avenir, de la transformation numérique et de l’IA au développement durable et à la responsabilité sociale, peut y contribuer.

 

Par ailleurs, l’attrait d’une carrière ne doit pas se limiter à la rémunération. L’époque où seule la rémunération incitait les travailleurs à se tourner vers le secteur minier tire à sa fin, ceux‑ci accordant désormais davantage d’importance à la progression de leur carrière, à leur bien‑être et à l’engagement en faveur d’une exploitation minière responsable. Voilà comment redéfinir la proposition de valeur type de l’employé du secteur minier moderne. 

 

Il convient ensuite de concevoir et de définir clairement des parcours de carrière afin de freiner l’attrition, en proposant différentes voies dans le but d’attirer des cohortes diversifiées. Faire connaître ces parcours de carrière et mettre en lumière les gens qui les ont suivis permet de donner vie à cette proposition de valeur.

 

Instaurer des cultures hautement performantes fondées sur l’inclusivité 

Dans le secteur minier, la culture de la haute performance n’est pas un slogan : c’est un système d’exploitation qui sous‑tend une production sécuritaire, une exécution fiable, une résolution plus rapide des problèmes et une meilleure rétention des talents. L’inclusivité est le fondement même d’une telle culture : elle permet à un plus grand nombre de personnes de s’exprimer, de remettre en question les idées reçues et de tirer des enseignements des difficultés rencontrées, autant de comportements qui ont une incidence directe sur le rendement dans des environnements complexes et à haut risque.

 

Malgré la polarisation entourant la DEI, la logique de performance est simple : élargir l’accès aux possibilités accroît le bassin de talents et améliore les décisions d’embauche et de promotion. La reconnaissance d’Anglo American par le Times comme l’un des 50 meilleurs employeurs en matière d’égalité des sexes illustre bien à quel point il est important d’intégrer l’égalité à la stratégie d’entreprise.

 

Les autochtones représentent également une importante source de talents, en particulier au Canada, où le secteur minier est déjà le plus grand employeur privé d’autochtones, et où le potentiel d’une participation accrue demeure fort. Au‑delà des rôles opérationnels, les parcours professionnels dans des domaines tels que l’environnement, les relations avec la collectivité et le développement durable, où la mission et les valeurs vont souvent de pair, peuvent accroître l’attrait du secteur minier tout en renforçant la confiance et en favorisant la stabilité à long terme de la main‑d’œuvre.

Un appel à l’action pour les leaders miniers

Sans le secteur minier canadien, il ne peut y avoir de véritable construction nationale. Or, l’avenir du secteur minier dépend de la disponibilité d’une main‑d’œuvre nouvelle, dynamique et habilitée à écrire son prochain chapitre. Pour attirer et retenir les personnes qui lui permettront de prospérer, le secteur minier doit souligner la valeur d’une carrière dans ce domaine, en présentant des parcours non traditionnels, en adoptant des mesures incitatives pour stimuler l’apprentissage et en promouvant une culture axée sur la sécurité et l’inclusivité.

Résumé

Le secteur minier canadien s’apprête à connaître un renouveau alors que les projets d’envergure s’accélèrent et que la demande de main‑d’œuvre qualifiée augmente. Alors que de nombreux travailleurs expérimentés s’apprêtent à prendre leur retraite, les organisations ont la possibilité de moderniser la formation, d’adopter des approches d’apprentissage fondées sur l’IA et de collaborer à l’échelle de l’écosystème afin de développer des capacités adaptées à l’avenir. 

En mettant de l’avant l’évolution des rôles du secteur, en renforçant des cultures inclusives et en élargissant les possibilités offertes aux talents diversifiés et autochtones, le secteur minier peut se positionner comme une destination de choix pour des carrières porteuses de sens et d’innovation. Ces transformations peuvent aider les entreprises à se doter d’une main‑d’œuvre forte, flexible et prête à soutenir la croissance à long terme et les ambitions énergétiques du Canada.

Articles connexes

Composer avec l’avenir du secteur des mines et métaux

Des leaders sectoriels d’EY nous présentent des points de vue éclairés sur les dix principaux risques et possibilités d’affaires dans le secteur des mines et métaux en 2026.

Au‑delà de la conformité : renforcer les normes de sécurité dans les mines souterraines

Découvrez comment les leaders du secteur minier peuvent améliorer les normes de sécurité souterraine, en liant les programmes d’ESS à la rentabilité et à l’excellence opérationnelle.

Métamorphose minière : inspirer la prochaine génération

Le secteur des mines se modernise grâce à la technologie, attire une nouvelle génération et prépare sa main‑d’œuvre pour un avenir durable.

    À propos de cet article