Le Nord sans compromis pour forger l’avantage canadien

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De l’idéation à l’innovation, une nouvelle ère de projets structurants s’ouvre au Canada. Comment la technologie peut‑elle ouvrir la voie?


En bref

  • Être compétitif en misant sur l’approche Canada d’abord qui fonde son avantage dans les talents, la confiance, les ressources et la proximité, puis transforme ces forces en propositions de valeur claires.
  • Renforcer la capacité d’exportation en approfondissant les marchés clés et en diversifiant les débouchés, tout en structurant les guides d’accès au marché et en renforçant la préparation au commerce et à la conformité.
  • S’appuyer sur des valeurs et des résultats en misant sur la collaboration à l’échelle des écosystèmes, l’investissement dans la croissance propre et les technologies cruciales et l’alignement des politiques, des capitaux et des priorités sectorielles à grande échelle.

Les chiffres sont impressionnants. Le budget fédéral de 2025 du Canada prévoit un investissement de 343,3 millions de dollars pour renforcer l’écosystème quantique du pays au cours des cinq prochaines années. En quelques semaines, le gouvernement fédéral a annoncé le lancement de la première phase du Programme des champions quantiques canadiens, qui est conçu pour maintenir au pays les principales entreprises des technologies quantiques et les talents du domaine. Et ce n’est qu’un des nombreux éléments du budget qui font de l’innovation locale un levier clé dans des projets structurants canadiens.
 

À compter de 2026, la Banque de développement du Canada administrera l’Initiative de catalyse du capital de risque et de croissance d’une durée de trois ans et dotée d’une enveloppe de 1 milliard de dollars. L’écosystème de l’innovation au Canada bénéficiera d’un apport supplémentaire de 180 millions de dollars dans le cadre d’un programme de propriété intellectuelle (PI) dans une optique de protection, de commercialisation et de déploiement des solutions canadiennes à l’échelle mondiale. Le nuage souverain canadien pour l’IA bénéficiera d’un financement de 925,6 millions de dollars pour soutenir une stratégie canadienne sur la capacité de calcul souveraine.
 

La technologie figure clairement parmi les projets structurants prioritaires. La souveraineté, notamment la souveraineté numérique, l’IA, les capacités quantiques ainsi que les infrastructures qui soutiennent ces domaines d’intérêt ont tout à gagner. Si la réaction a été essentiellement positive, certains groupes sectoriels souhaitent obtenir des éclaircissements à propos de cette vision globale.

L’avantage canadien se situe au point de rencontre entre les capacités approfondies en science et l’intérêt public, notamment en IA, en informatique quantique, en innovation, en santé et en technologies propres.

Façonner l’avenir du Canada

BENJAMIN BERGEN, chef de la direction, Association canadienne du capital de risque et d’investissement et ancien président du Conseil canadien des innovateurs

L’HONORABLE EVAN SOLOMON, ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique

SUSAN BISHOP, leader, Incitatifs fiscaux pour les entreprises d’EY Canada, présidente du comité consultatif sur la RS et DE de CPA Canada et membre du groupe consultatif de fiscalité de CPA Canada.

POUR APPROFONDIR cette vision, Warren Tomlin, associé directeur, secteur des Technologies, médias, divertissement et télécommunications, Steven Maynard, associé directeur, Gouvernement et secteur public, EY Canada ainsi que Janice Horne, leader, Services au gouvernement fédéral d’EY et associée, Marchés, Gouvernement et secteur public, ont échangé avec trois leaders qui contribuent à façonner l’avenir de cet écosystème et à donner aux organisations canadiennes les moyens de tirer pleinement parti du tournant technologique majeur dans les grands projets structurants.

L’honorable Evan Solomon est le tout premier ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique. Il a aussi mené une carrière entrepreneuriale dynamique pendant une dizaine d’années, en plus de fonder et de diriger une entreprise faisant le pont entre la technologie et les médias afin de créer des liens avec les Canadiens.

Benjamin Bergen a été président du Conseil canadien des innovateurs (CCI) pendant presque une dizaine d’années et occupait ce poste au moment de notre discussion. Il est devenu chef de la direction de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement (CVCA) au début de 2026. Auprès de la CVCA, M. Bergen a contribué à structurer une enveloppe de financement de 750 millions de dollars pour les entreprises au premier stade de croissance annoncée dans le budget 2025.

Susan Bishop est à la tête du groupe Incitatifs fiscaux pour les entreprises d’EY à l’échelle nationale. Elle est membre de plusieurs comités consultatifs dans le cadre du programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS et DE) du gouvernement fédéral.

WARREN TOMLIN Qu’est‑ce qu’on entend exactement par la construction d’un écosystème d’IA à l’échelle nationale? Comment cela se traduit‑il dans la pratique au fil du temps?

EVAN SOLOMON Il s’agit en fait de tisser une trame nationale d’innovation et de relier l’ingéniosité sociale à l’ingéniosité technique. Il faut donc créer des liens entre la recherche de pointe menée par Mila, Amii et Vector et les entreprises situées à Calgary, à Halifax et à Saskatoon. Le but n’est pas simplement de mettre sur pied des centres d’excellence à l’échelle mondiale. Il faut faire en sorte que chaque région puisse prendre part à l’économie numérique. Des projets structurants, ça veut dire permettre à la prochaine grande société d’IA ou de technologies propres d’émerger de partout, pas uniquement à Toronto, à Montréal ou à Vancouver.

BENJAMIN BERGEN Les entreprises sont le moteur de l’économie. C’est là que l’innovation prend forme et, ultimement, que la richesse est créée. Même si le Canada a démontré une grande maîtrise dans l’invention et la création d’idées, il peine à commercialiser ces idées et à les transformer en produits et services pouvant être vendus ici et à l’échelle mondiale. Dans ce domaine, le rôle du gouvernement consiste à réunir les conditions gagnantes pour assurer le succès des entreprises et à placer les entreprises canadiennes au cœur de la réussite du Canada.

SUSAN BISHOP L’accès aux capitaux et l’accès aux marchés sont les deux principaux obstacles auxquels les entreprises canadiennes sont confrontées. Il ne suffit pas d’inciter les sociétés technologiques à mettre au point des technologies, il faut aussi encourager les sociétés canadiennes et les gouvernements à les adopter et à les intégrer, afin qu’elles puissent évoluer et croître au Canada. Une telle capacité d’évolution permettra aussi aux entreprises de faire la démonstration de leurs technologies et de générer des revenus, réduisant ainsi le risque pour les investisseurs et facilitant l’accès aux capitaux nécessaires.

STEVEN MAYNARD De nombreuses annonces au cours des derniers mois ont porté sur ces composantes essentielles. Pourtant : où est l’avantage canadien?

ES L’avantage canadien se situe au point de rencontre entre des capacités scientifiques de pointe et l’intérêt public, notamment en IA, en informatique quantique, en innovation, en santé et en technologies propres. Ce sont des domaines dans lesquels le Canada est déjà un chef de file mondial en recherche et qu’il peut transformer en atouts économiques concrets. Notre approche est simple : bâtir des entreprises concurrentielles à l’international capables de faire rayonner notre expertise, tout en veillant à ce que les infrastructures critiques, des données sur la santé aux capacités de calcul, demeurent sous contrôle canadien. C’est notre façon de trouver un équilibre entre les possibilités à l’échelle mondiale et les retombées au pays.

Faire croître nos entreprises à grande échelle exige trois choses : la capacité de calcul, le capital et la confiance. La capacité de calcul, parce que l’innovation aujourd’hui repose sur les infrastructures. Le capital, parce que beaucoup d’entreprises canadiennes peinent à soutenir l’expansion. Et la confiance, parce que nous devons être les premiers clients de notre propre innovation. Grâce à des initiatives comme le Fonds d’accès à une capacité de calcul pour l’IA de 300 millions de dollars, l’Initiative régionale en matière d’intelligence artificielle de 200 millions de dollars et les investissements axés sur l’IA dans nos Grappes d’innovation mondiales, l’écart se resserre. Mais nous ne pouvons pas nous arrêter là : nous devons continuer d’attirer et de retenir les talents et veiller à ce que chaque région ait accès aux mêmes débouchés. 

Ce n’est pas seulement un projet gouvernemental, c’est un effort national. Tous ont un rôle à jouer : les entreprises en démarrage, les instituts de recherche, les communautés autochtones, les grands acteurs de l’industrie et la société civile. Les Grappes d’innovation mondiales sont l’exemple parfait de ce qui fonctionne : elles relient les régions, les secteurs et les idées.

JANICE HORNE Chez EY, nous mettons souvent en avant l’importance de la collaboration entre les secteurs public et privé comme moteur du progrès. Qu’il s’agisse de résoudre la pénurie de logements au Canada ou de bâtir l’écosystème entrepreneurial; la collaboration est essentielle. Quels autres facteurs doivent être mis en place pour amener la technologie canadienne plus loin?

BB Il existe au pays un grand nombre d’organisations et de structures qui mènent des travaux de recherche de grande qualité, mais les idées émanant de ces travaux se retrouvent la plupart du temps au sud de la frontière ou à l’étranger. Vient ensuite la question de la commercialisation de la PI : peut‑on transformer chaque dollar investi dans la recherche en dix dollars de chiffre d’affaires?

L’autre défi réside dans le fait qu’environ 50 % de chaque dollar investi dans la RS et DE est versé à des multinationales étrangères qui ne sont canadiennes que de nom, si bien que nous subventionnons de grandes entreprises étrangères à hauteur de milliards de dollars par année. Si l’on pose la question, « est‑ce que cela conduit à la création de PI? » La réponse est oui. Mais cette PI reste‑t‑elle ici au Canada? La réponse est non. Nous ne sommes pas les États‑Unis et il nous arrive parfois de nous méprendre à cet égard, en raison de notre grande proximité.

SB Nous devons aussi stimuler davantage l’investissement en recherche et développement (R et D). À l’heure actuelle, les sociétés canadiennes investissent moins qu’avant en recherche et développement. Le programme pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS et DE), conçu pour encourager la R et D au Canada, a joué un rôle crucial dans la croissance du pays jusqu’à présent, mais l’évolution des tendances technologiques et la mondialisation signifient que le programme doit changer. La RS et DE nécessite des améliorations pour stimuler une activité accrue. La R et D doit demeurer une priorité à court terme pour le gouvernement. Sur le plan personnel, j’aimerais que le gouvernement augmente les crédits d’impôt pour la RS et DE et la remboursabilité pour assurer la compétitivité à l’échelle mondiale. Le Canada a déjà été un endroit attrayant pour les activités de R et D. Avec les bons incitatifs, il pourrait le redevenir.

ES Nous avons des chercheurs et des jeunes entreprises de renommée mondiale, mais nous accusons encore un retard en matière d’adoption et les gouvernements travaillent de concert avec l’industrie à cet égard. Les entreprises canadiennes doivent savoir que leur gouvernement les soutient et les aide à établir des liens entre elles. Nous avons également besoin d’infrastructures, notamment la capacité de calcul, l’énergie et les systèmes de données sécurisés, qui permettent à ces entreprises de prendre de l’expansion ici, au pays.

WT On a certainement vu le gouvernement donner un élan décisif grâce aux initiatives qui ont été lancées au cours des douze derniers mois. Quelles autres mesures législatives pourraient être importantes?

BB L’une de ces conditions est de savoir si les investissements ou les politiques du gouvernement se traduisent par la création de propriété intellectuelle. Par exemple, le Danemark continue d’afficher une croissance record dans l’UE en raison de décisions judicieuses prises au cours des 20 dernières années. Les Danois se sont dit : « Nous voulons être un leader mondial en biopharmaceutique. Être un leader mondial dans ce domaine permettra d’améliorer la santé de nos citoyens. Nous savons que ces produits peuvent être vendus de manière stratégique partout dans le monde. » C’est le type d’approche stratégique nécessaire pour une collaboration étroite entre le gouvernement et l’industrie.

SB Je pense que la clarté entre également en jeu. Les indications sectorielles sont essentielles. Les directives de l’ARC en matière d’admissibilité ne sont pas alignées sur les activités actuelles de R et D, dont l’IA, l’apprentissage machine et les projets transfrontaliers. Le gouvernement parle aussi beaucoup de réduire le fardeau administratif et je suis entièrement d’accord. Pour les innovateurs en technologie, ce changement doit s’opérer rapidement. Le processus de demande pour la RS et DE est fastidieux et l’examen des demandes par l’ARC peut être très long. Des idées audacieuses en vue de simplifier le processus ont été proposées et adoptées avec succès dans d’autres pays, y compris une méthode simplifiée pour réclamer les coûts de main‑d’œuvre ainsi qu’un processus d’approbation préalable contraignant. Le Canada doit apporter des changements sans tarder.

Nous savons que l’innovation est essentielle pour permettre aux organisations de prospérer dans un contexte mondial dynamique et complexe

SM Il est fascinant d’observer l’évolution des habitudes d’achat des consommateurs canadiens qui, par leur choix, ont cherché à soutenir l’intérêt national au cours de la dernière année. Dans une perspective globale, de quelle façon l’approvisionnement gouvernemental peut‑il contribuer à l’essor de l’écosystème technologique au Canada?

ES L’approvisionnement est l’un des outils les plus puissants du gouvernement et nous avons un plan pour l’utiliser de façon plus stratégique. En devenant le premier client de l’innovation canadienne, le gouvernement aide les entreprises en démarrage à traverser ce qu’on appelle la « vallée de la mort ». Notre politique d’approvisionnement Achetez canadien permet au gouvernement de passer de la parole aux actes et de montrer l’exemple.

SB Le gouvernement devrait également envisager des incitatifs qui encouragent les grandes entreprises canadiennes à sous‑traiter régulièrement à de petites entreprises canadiennes plus agiles ainsi qu’à les soutenir dans la mesure du possible, au moyen de contrats de R et D, d’initiatives de premier client ou des investissements en capital. Il pourrait aussi revoir le processus d’approvisionnement gouvernemental, soit les hôpitaux, la défense, les technologies à double usage, pour favoriser la technologie canadienne. L’investissement des régimes de retraite public dans la technologie canadienne pourrait également montrer l’exemple.

JH Nous avons souvent parlé des paramètres de succès. La question du talent représente, pour moi, une source d’interrogation. Comment s’assurer que l’écosystème bénéficie des talents dont il a besoin pour prospérer?

ES L’écosystème d’IA au Canada est de calibre mondial. Plus de 2 500 entreprises mettent au point des solutions d’IA et nous avons tissé des liens solides grâce à nos instituts et à nos grappes d’innovation. Nous donnons de l’ampleur à des initiatives, comme le programme FastLane de l’Institut Vector, le Lab d’entrepreneuriat Mila et AI Startup Pitchbook d’Amii, qui aident les entreprises en démarrage à trouver des clients et des investisseurs. Nous renforçons également l’infrastructure grâce à la Stratégie sur la capacité de calcul souveraine pour l’IA, un plan doté d’un financement de 2 milliards de dollars qui vise à accroître la capacité de calcul, à mettre en place des installations publiques de calcul informatique de pointe et à rendre les ressources en IA abordables pour les chercheurs et les entreprises. Le talent constitue la prochaine étape, avec le soutien des Chaires en IA Canada du CIFAR et des instituts à l’échelle nationale, puisque la capacité de calcul et les capitaux n’ont aucune valeur si personne ne les utilise.

SB Les Canadiens ont toujours excellé dans la conception d’idées et les premières phases de développement. Notre main‑d’œuvre instruite et notre solide culture en recherche universitaire stimulent les avancées en technologie. Faire croître les entreprises technologiques au Canada et les garder au pays a toujours représenté un défi. L’accès au capital financier et humain est une condition essentielle à une expansion réussie.

Améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises repose non seulement sur la conception et l’adoption de technologies novatrices, mais aussi sur la présence au pays d’une main‑d’œuvre formée et instruite. Il est essentiel d’attirer et de retenir les talents en technologie dans le contexte actuel de concurrence mondiale et d’évolution rapide, surtout compte tenu du vieillissement de la population et des objectifs de croissance du pays. Les incitatifs existants à l’embauche et à la formation devraient être revus pour en évaluer l’efficacité et y apporter des améliorations.

WT Qu’en est‑il de la collaboration au‑delà des frontières? Le Canada peut‑il exercer un leadership en misant sur la collaboration?

ES Être souverain, ce n’est pas s’isoler. Nous continuerons de travailler en partenariat à l’international, mais nous devons maintenir une capacité nationale pour la majorité de nos infrastructures numériques essentielles. C’est pourquoi la Stratégie sur la capacité de calcul souveraine pour l’IA est si importante : elle donne aux entreprises et aux chercheurs canadiens les moyens de concevoir et d’entraîner les modèles ici au pays. La souveraineté numérique n’est pas possible sans infrastructure physique. C’est pourquoi nous élaborons une stratégie de nuage souverain et modernisons les lois sur la protection des renseignements personnels afin de protéger les données des Canadiens et de conserver leur confiance.

L’innovation canadienne devrait avoir une portée mondiale, mais cela doit commencer au pays.

En novembre 2025, nous avons tenu un sprint de consultation nationale afin d’orienter notre stratégie en matière d’IA; des fondateurs, des universitaires et des leaders de la société civile se sont réunis pour définir ce que signifie réellement « l’IA pour tous ». La vision est simple : bâtir des entreprises concurrentielles à l’échelle mondiale qui prennent racine au Canada et sont portées par les valeurs canadiennes.

JH Des idées sur ce que le reste du monde peut nous appendre?

BB Nous devons cibler les domaines dans lesquels nous pouvons nous imposer et où nous disposons d’un avantage naturel, pour ensuite mettre en place les bons mécanismes qui nous permettront d’en tirer de la valeur. Car on sait que c’est là que se trouvent les vraies occasions. Le Danemark a aussi massivement investi dans l’informatique quantique, car cette technologie va transformer profondément la biopharmaceutique.

343,3 M$
343,3 M$
Prévus dans le budget de 2025 du Canada pour renforcer l’écosystème quantique
1  G$
1  G$
Pour l’Initiative de catalyse du capital de risque et de croissance sur une période de trois ans (par l’intermédiaire de la BDC)
180 M$
180 M$
Pour le programme de propriété intellectuelle
925,6 M$
925,6 M$
Pour le nuage souverain canadien fondé sur l’IA afin de soutenir une stratégie nationale sur la capacité de calcul souveraine
L’autre défi réside dans le fait qu’environ 50 % de chaque dollar investi dans la RS et DE est versé à des multinationales étrangères qui ne sont canadiennes que de nom, si bien que nous subventionnons de grandes entreprises étrangères à hauteur de milliards de dollars par année.

SM Finalement, comment saurons‑nous si ces mesures fonctionnent?

ES La réussite sera mesurée par des résultats tangibles : le nombre d’entreprises canadiennes en croissance, la proportion des PI d’ici qui demeurent au Canada, la création d’emplois dans des régions qui étaient exclues par le passé ainsi que le rendement réel sur les investissements publics. Nous voulons un Canada qui ne se contente pas de participer à l’économie numérique, mais qui la définit en partie. C’est ainsi qu’on mesure la compétitivité réelle.

SB Nous savons que l’innovation est essentielle pour permettre aux organisations de prospérer dans un contexte mondial dynamique et complexe et de créer une valeur future durable pour les Canadiens et les générations à venir. L’accélération de la création d’emploi dans le secteur des technologies, la mobilisation de capitaux par des entreprises qui demeurent au Canada ainsi que la création d’autres PI canadiennes indiquent que nous avançons dans la bonne direction.

WT Dites‑moi, que souhaite accomplir Direction nord pour l’écosystème technologique du Canada pour cette année et à long terme?

ES Quand j’ai fondé le magazine Shift au début de ma carrière, il s’agissait de traduire de grandes idées technologiques en des solutions concrètes qui sont utiles et dignes de confiance. C’est aussi représentatif de l’histoire du Canada, nous avons toujours eu des idées incroyables, mais l’enjeu consiste à les commercialiser. L’expérience m’a appris que l’innovation n’est pas qu’une simple question d’invention, c’est aussi une question de récit, d’adoption et de rayon d’action. Le Canada doit mettre en place les conditions propices à l’essor de nos entrepreneurs : l’accès aux capitaux, l’accès aux clients et la confiance dans la capacité de nos produits à rivaliser à l’échelle mondiale.

Résumé

La confiance devient un avantage lorsque les valeurs et l’exécution vont de pair. Le Canada peut agir rapidement et renforcer sa résilience en transformant ses forces, soit le talent, la confiance et l’accès aux marchés, en des propositions de valeur claires.

La préparation à l’exportation permet de transformer les premiers gains en résultats reproductibles. Pour y parvenir, il faut des guides clairs en matière d’admissibilité, de conformité, de tarification et de soutien.

Les partenariats écosystémiques avec les clients, les fournisseurs, les investisseurs et les institutions accélèrent l’adoption et renforcent la crédibilité, tandis que les investissements dans la croissance propre et les technologies cruciales font augmenter la productivité.

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