Dans votre travail, les mêmes constats reviennent :
- La valeur naît de l’intégration entre les systèmes et les flux de travail.
- Les agents sont particulièrement efficaces dans des contextes structurés, régis par des règles et caractérisés par des volumes élevés.
- Les équipes performantes adoptent, expérimentent et stabilisent d’abord, avant de reproduire ces cycles à plus grande échelle.
- Des garde‑fous doivent être mis en place dès le départ.
C’est pourquoi, chez EY, nous commençons par évaluer les stratégies existantes à l’aide de notre cadre à cinq piliers.
1. Stratégie et réalisation de valeur
Nous commençons par établir une vision éclairante de la transformation par l’IA, qui comprend la détermination des cas d’utilisation prioritaires, des mécanismes de gouvernance, des rôles et des indicateurs de succès. Cette démarche vise à aligner l’adoption de l’IA sur les objectifs financiers et ceux liés à la transformation dès le départ.
À ce stade, les organisations devraient notamment se poser les questions suivantes :
- Quels objectifs cherchons nous à atteindre, et comment l’IA peut elle y contribuer?
- Quels objectifs souhaitons nous faire progresser au cours des 6 à 12 prochains mois?
- Où se situent actuellement les goulots d’étranglement dans les flux de travail (transferts, reprises, temps d’attente)?
- Quelles conditions doivent être réunies pour permettre le déploiement à grande échelle du premier flux de travail piloté par des agents?
2. Architecture de la plateforme et stratégie technologique
En évaluant les capacités existantes des plateformes de l’organisation, nous repérons les composantes réutilisables et facilitons ainsi la conception et le développement d’outils d’IA évolutifs. Cette approche va au delà d’une adoption standardisée : elle permet aux entreprises d’utiliser précisément ce dont elles ont besoin, de la bonne manière, afin de maximiser les retombées.
À ce stade, les organisations devraient notamment se poser les questions suivantes :
- Quels systèmes pouvons nous réutiliser plutôt que reconstruire?
- Quelles intégrations sont nécessaires pour permettre aux agents de déclencher des actions?
- Où avons‑nous besoin d’une couche d’orchestration afin que les agents puissent exécuter des flux de travail en plusieurs étapes de façon sécuritaire?
3. Infrastructure de données
Pour établir des objectifs d’état futur, il est d’abord essentiel de comprendre où l’on se situe. Nous analysons la stratégie de données de votre organisation, la responsabilité à l’égard des données et l’infrastructure de données, ainsi que la qualité, les contrôles et les modalités d’accès, en cohérence avec la stratégie d’IA.
À ce stade, les organisations devraient notamment se poser les questions suivantes :
- Quelles sources de données alimentent le flux de travail ciblé?
- Quels problèmes de qualité ou lacunes en matière d’accès introduisent des risques?
- Quels mécanismes de surveillance et de traçabilité sont nécessaires?
4. Transformation de la main-d’œuvre
L’IA agentive façonne les méthodes de travail. Lorsqu’elles sont bien mises en œuvre, ces capacités ne sont pas présentées comme des outils autonomes, mais plutôt intégrées directement aux systèmes que les gens utilisent déjà au quotidien. Le changement ne consiste pas à exécuter le même travail plus rapidement, mais à transformer la façon dont il est réalisé.
Par exemple, au lieu d’assembler des documents manuellement ou de coordonner de multiples réunions pour synthétiser différents points de vue, les gens peuvent déployer des agents spécialisés, chacun doté du contexte, des données et de l’expertise nécessaires, pour agir comme partenaires de réflexion. Cette approche permet d’accélérer l’analyse, de remettre en question des hypothèses et de faire émerger de nouvelles idées. Elle transforme en profondeur les rôles, en éloignant les gens des tâches de coordination et d’assemblage pour les recentrer sur le jugement, l’orientation et la prise de décision.
Une étude d’EY menée conjointement avec la Saïd Business School de l’Université d’Oxford montre que 96 % des programmes de transformation rencontrent des difficultés qui donnent lieu à au moins un « moment charnière », où les progrès peuvent stagner ou dérailler. Le fait de placer le facteur humain au centre de la gestion de ces moments charnières peut multiplier par 12 la performance du programme de transformation. C’est particulièrement vrai dans le contexte de l’IA agentive.