L’objectif fondamental de la répartition des fonds publics demeure essentiellement le même. Il repose sur la capacité de transformer les ressources financières en résultats mesurables qui améliorent le bien‑être collectif, renforcent la base productive de l’économie et soutiennent la viabilité budgétaire.
Autrement dit, il faut revoir la façon dont le succès de la gestion des fonds publics est mesuré.
Dans un contexte budgétaire marqué par la volatilité, se limiter au suivi des dépenses ne suffit plus pour bien gérer les fonds publics. Le secteur Gouvernement et secteur public doit associer les dépenses à des résultats concrets et atteignables, comme la création de valeur et les retombées. Les dirigeants doivent appliquer cette logique non seulement aux dépenses budgétaires traditionnelles, mais à l’ensemble du bilan public, y compris les actifs, les passifs et l’exposition au risque. Pourquoi? En l’absence d’une gouvernance claire, les dépenses publiques stimulent la consommation, et non la croissance.
Or c’est précisément de croissance que nous avons le plus besoin.
Le discours budgétaire traditionnel met l’accent sur le déficit et le ratio dette‑PIB. Ces indicateurs sont importants, mais ils ne racontent pas toute l’histoire. La santé budgétaire repose avant tout sur la façon dont les gouvernements influencent les deux volets de ce ratio : d’une part, la dette et les passifs; d’autre part, la croissance économique et la capacité productive.
Lorsqu’ils sont bien utilisés, les fonds publics deviennent un véritable levier de production. Le recours à l’emprunt pour financer des investissements productifs permet aux gouvernements de soutenir à la fois la viabilité budgétaire et la croissance économique.
Il est temps de repenser notre approche.
En nous appuyant sur la modélisation économique d’EY, nous recommandons une nouvelle stratégie ambitieuse : à mesure que les changements démographiques entraînent une attrition de la main‑d’œuvre du secteur public, les décideurs devraient réorienter les fonds vers des investissements en capital numérique et technologique. Les projections indiquent que cette réaffectation des ressources générera des gains de productivité dans le secteur public, soutiendra la croissance de l’économie globale, augmentera les revenus gouvernementaux et améliorera la compétitivité budgétaire.