Étude de cas

De la mise à l’essai à l’application pratique – Comment EY Canada a déployé à grande échelle M365 Copilot

Chaque jour, les chefs d’entreprise canadiens sont appelés à trouver un équilibre entre l’exploitation de la puissance de l’IA générative et les risques de compromission des données et des processus qui s’y rattachent. Chez EY, après avoir testé notre processus d’implantation à grande échelle, nous avons constaté que le parcours menant à l’adoption de l’IA repose sur l’application d’une approche méthodique qui n’a rien de magique. 

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Meilleure la question

Est‑il possible d’exploiter efficacement et durablement l’IA à grande échelle, dans un environnement sécurisé et responsable?

Bien que nous ne puissions plus nous imaginer vivre dans un monde sans technologies de rupture, celles‑ci ont souvent été accueillies avec scepticisme par le passé.

Depuis le début de la Révolution industrielle, les innovations technologiques engendrent de nouvelles possibilités pour les entreprises, que l’on pense à la mise au point des premières machines et d’outils plus complexes ou encore à l’avènement de l’informatique, d’Internet, de l’intelligence artificielle (IA) et, plus récemment, de l’IA générative.

Bien que nous ne puissions plus nous imaginer vivre dans un monde sans technologies de rupture, celles‑ci ont souvent été accueillies avec scepticisme par le passé. Il peut être intimidant de s’engager dans un projet d’implantation et de transformation technologiques, surtout lorsqu’il s’agit d’un projet de grande envergure.

Bien que des études révèlent que 55 % des organisations ont adopté l’IA – s’agissant d’un marché dont la valeur estimative actuelle de 255 milliards de dollars pourrait grimper jusqu’à 1,68 billion de dollars d’ici à 2031 –, à peine plus de la moitié (52 %) considèrent que les facteurs de risque restent une dimension essentielle à prendre en considération dans l’évaluation de nouveaux cas d’utilisation1.

Cela peut expliquer pourquoi, aussi récemment qu’en 2022, seulement 14 % des chefs de l’information sondés affirmaient que leur entreprise se donnait jusqu’en 2025 pour déployer une plateforme d’IA à l’échelle organisationnelle2. Bien qu’ils aspirent à ce que leur organisation réalise des gains d’efficacité et offre aux clients des expériences bonifiées engendrant en toute sécurité une valeur durable, les coûts pouvant découler d’un échec représentent un important facteur de dissuasion.

Le sondage sur les perspectives des chefs de la direction qu’EY‑Parthenon a réalisé à l’automne 2025 révèle que 30 % des entreprises canadiennes estiment que les disruptions technologiques et les initiatives d’intégration de l’IA constituent leur principal défi à relever dans leurs efforts pour atteindre leurs cibles financières, tout en étant porteuses de risques qui surpassent en importance ceux qui sont liés aux tensions géopolitiques et commerciales, aux coûts de main‑d’œuvre, aux pénuries de travailleurs, à l’évolution imprévisible des cadres de réglementation et même à la fragilité des chaînes d’approvisionnement.

Et pourtant, les possibilités offertes restent éblouissantes. D’ici à 2030, les initiatives d’automatisation reposant sur l’IA générative et les technologies connexes pourraient entraîner une réduction du nombre d’heures de travail allant jusqu’à 30 %3. L’IA a la capacité non seulement de générer des solutions correspondant aux besoins des entreprises, mais également de propulser la mise en œuvre des changements requis quant au mode de fonctionnement, à l’habilitation des ressources humaines et à la réalisation des engagements pris auprès de la clientèle, tout en étant susceptible d’ouvrir la voie à l’instauration d’une nouvelle façon de faire des affaires.

Pour rester concurrentielle, une entreprise ne peut pas se permettre de prendre du retard dans la course à l’adoption de l’IA, en progressant trop lentement ou en permettant que des applications de l’informatique de l’ombre non autorisées se propagent plus rapidement que sa fonction TI enregistre des progrès dans leur gouvernance. Comme le veut le dicton, si vous attendez d’être prêts, il est presque sûr qu’il sera déjà trop tard quand vous passerez à l’action.


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Meilleure la réponse

Savoir considérer les possibilités comme des occasions d’expérimenter, tout en agissant en leader exemplaire

Dans un environnement axé sur la collaboration, les communications ouvertes, l’application d’un cadre de gouvernance clairement défini et la promotion de la confiance à l’échelle organisationnelle, les plateformes d’IA peuvent être implantées dans le cadre d’initiatives structurées, après avoir été dûment mises à l’essai.

Dans le contexte où l’IA est parvenue à un point d’inflexion, tandis que les clients se tournaient vers nous en espérant que nous fassions preuve de leadership et que les concurrents progressaient rapidement, l’équipe EY savait pertinemment que nos investissements dans l’IA devaient être extrêmement bien ciblés.
 

Faisant partie des 14 entreprises sélectionnées dans le cadre de l’initiative Harvard Frontier Firm AI – qui vise à baliser la disruption par l’IA au moyen de l’application d’une stratégie d’IA clairement définie axée sur l’exécution à grande échelle et de la mise à contribution de ressources humaines extrêmement compétentes et très bien formées –, EY avait l’assurance de détenir les capacités lui permettant de se doter d’une plateforme d’IA, d’avoir la motivation nécessaire et de pouvoir s’adapter en tant que premier client mondial de Microsoft à participer à son programme d’accès anticipé à l’environnement M365 Copilot.
 

Sachant très bien à quoi nous attendre, nous avons alors testé notre processus d’adoption de l’IA. Après avoir d’abord lancé un projet pilote à petite échelle en août 2024, nous avons déployé Copilot à une plus grande échelle en octobre de cette même année, avant de procéder à son déploiement général cinq mois plus tard. En tirant pleinement parti de notre alliance de longue date avec Microsoft, nous avons assumé un rôle de « client zéro », ce qui nous a donné l’occasion non seulement d’expérimenter, mais également de faire figure de leader exemplaire.
 

L’exécution de tests, l’application de procédures de contrôle préalable et la mise en œuvre d’un programme préparatoire nous ont permis de nous assurer – préalablement à son lancement – que Copilot satisfaisait bel et bien à nos normes de sécurité et de conformité, de même qu’à nos normes opérationnelles, et qu’il ne risquait pas de compromettre la sécurité de nos données. Exploité dans l’écosystème Microsoft 365, l’outil est conforme à nos politiques d’identification, d’accès et de conformité. Nous souhaitions obtenir la preuve solide que les organisations complexes peuvent s’engager dans un processus d’implantation accéléré sans avoir à faire face au risque de compromission de leur cadre de gouvernance ou de leur culture organisationnelle.
 

Cependant, nous nous attendions aussi à ce qu’une implantation type ne permette pas à tous les utilisateurs d’accéder à notre environnement d’IA. Sur le plan de la culture organisationnelle, une telle transformation exigeait de faire évoluer les pratiques de collaboration au quotidien au sein de nos équipes. Nous allions donc être amenées à modifier considérablement nos méthodes d’apprentissage, de même que nos approches en matière de données, de sécurité et de protection de la confidentialité. En outre, nous devions déterminer s’il nous fallait prendre des mesures pour atténuer les risques de violation de données et d’accès non autorisés, en prenant énormément de précautions.
 

Nous avons commencé par opérationnaliser le déploiement, en imposant aux quelque 6 500 membres de notre effectif l’obligation de suivre la formation donnant lieu à l’obtention d’une attestation et d’une licence d’utilisation, tout en leur rappelant la nécessité de se conformer à notre Code de conduite, de même qu’à leurs engagements de protection de la confidentialité. Nous avons veillé à leur réitérer notre confiance quant à leur capacité de faire preuve de jugement et de suivre nos lignes directrices dans la surveillance et le traitement actifs des risques éventuels, en plus d’instaurer un climat rassurant tout au long du processus de transition. Nous les avons incités à consacrer de 30 minutes à une heure par semaine à des exercices pratiques et avons mis à leur disposition une foire aux questions, de même que les procédures d’escalade applicables en cas d’incident.
 

L’encadrement requis a reposé sur des communications promptes et cohérentes. Des forums de discussion dirigés par des pairs et des boucles de rétroaction ont permis d’assurer l’amélioration continue des processus au moyen de sondages, de forums de champions, d’analyses de tableaux de bord et de guides adaptés aux rôles prévoyant l’utilisation concrète par nos équipes de requêtes et de modèles intégrés.
 

Des centaines de superutilisateurs et de champions du changement ont travaillé en arrière‑plan, en épaulant leurs collègues et en démystifiant les idées reçues, de façon à dissiper leurs préoccupations età orienter les échanges. Quelques difficultés prévisibles sont survenues, notamment lorsque des utilisateurs se sont vite montrés sceptiques quant au potentiel d’automatisation de certaines tâches et ont manifesté leurs préoccupations en ce qui a trait à la protection de la confidentialité. Nous avons dû faire face également à des difficultés inattendues. Certains utilisateurs ont exprimé leurs frustrations lorsque Copilot ne répondait pas à leurs attentes. Nous sommes intervenus auprès de nos équipes en insistant de nouveau sur les atouts associés à l’outil, en leur rappelant la nécessité de s’y adapter et de l’adopter à mesure de l’évolution des capacités d’IA de l’ensemble des applications Microsoft.
 

Nous avons également réitéré notre engagement à mettre en place un cadre de gouvernance transparent qui favorise le déploiement rapide et sécuritaire de Copilot, dans un environnement de contrôle des risques intégrant les interventions humaines, et avons donné à nos gens la possibilité de consacrer du temps à l’exploration de l’outil.
 

L’association d’un leadership responsable, d’une mise à l’essai stratégique et d’une mobilisation constructive s’est avérée une formule gagnante. Nous avons tenu des séances de démonstration de Copilot dans le cadre de réunions officielles, en faisant intervenir des flux de travail quotidiens, de même que des requêtes et des modèles structurés prenant en compte les cas d’utilisation de nos équipes. C’est ainsi que nous avons finalement décidé d’adopter durablement Copilot.

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Pour un monde meilleur

Leçons pratiques orientant désormais les modalités d’expansion de l’IA à l’échelle organisationnelle

En procédant à des essais, nous aidons nos équipes à renforcer leur capacité à proposer des solutions plus intelligentes.

En août dernier, 82 % de nos professionnels étaient détenteurs d’une licence d’utilisation en règle, tandis que neuf sur dix utilisaient Copilot au moins occasionnellement. Dans une proportion de 67 %, ils y recouraient au moins une fois par semaine, tandis que 14 % estimaient être des superutilisateurs ayant intégré Copilot dans leurs activités quotidiennes au travail, ce qui représente un changement de comportement réel effectué en quelques mois seulement. Les utilisateurs de Copilot au quotidien ont signalé que l’outil leur a permis de gagner au moins 10 minutes par semaines dans au moins un cas d’utilisation, d’élaborer plus rapidement des contenus et d’améliorer la qualité de leur travail.

La mise en place de solides contrôles de sécurité, l’accroissement rapide du nombre de superutilisateurs et le haut taux de satisfaction des utilisateurs actifs ont facilité l’obtention d’un état de stabilisation dans un délai plus court que prévu. Tout au long du processus, nous avons élaboré des guides, perfectionné notre approche et tiré parti de leçons pratiques qui orientent désormais les modalités d’expansion de l’IA à l’échelle organisationnelle.

1. L’adoption des changements requis revêt plus d’importance que l’obtention d’un effet d’engouement, tandis que la direction doit donner le ton. Les solides réseaux de champions de l’IA que nous avons établis en assurant la représentation de tous les paliers organisationnels, notamment des membres de la haute direction, constituent l’un de nos plus importants facteurs d’accélération. Selon les utilisateurs, les activités d’apprentissage dirigées par des pairs et la possibilité de consacrer du temps à l’expérimentation sont les principaux facteurs ayant favorisé l’adoption de Copilot, les activités d’apprentissage dirigées par des intervenants humains étant considérées comme trois fois plus efficaces que les formations en ligne. L’établissement de tels réseaux a permis d’établir un climat de confiance, de mettre en commun des conseils pratiques fiables et d’aider les pairs à surmonter les obstacles à l’adoption de l’outil.

La contribution des champions n’a toutefois pas été suffisante.

Les membres de notre comité de direction se sont exprimés souvent, en toute franchise, sur la façon dont ils utilisaient M365 Copilot, profitant de chaque webémission générale et de chaque réunion d’équipe de direction pour faire valoir les avantages qu’ils en tiraient. Par cet engagement manifeste, ils ont signifié qu’il ne s’agissait pas d’un simple projet, mais bien d’une priorité stratégique et d’un important virage quant aux attentes relativement aux façons de faire à l’échelle organisationnelle.

2. La gouvernance et la confiance sont indissociables. L’adoption de Copilot à l’échelle organisationnelle doit reposer sur l’établissement d’un climat de confiance fondé sur la transparence et la fiabilité. Dès le départ, nous avons défini des mécanismes de protection de la confidentialité des données et des principes de l’IA responsable, de sorte que les membres du personnel soient au fait du cadre d’application à respecter.

Nous leur avons fait confiance quant à leur capacité de faire preuve de discernement, avec l’appui des orientations ciblées faisant partie intégrante de nos engagements personnels, de nos attestations et de nos activités d’apprentissage. Cette approche nous a permis de trouver un point d’équilibre entre la nécessité d’innover et nos obligations de reddition de comptes, en fournissant du soutien aux membres de notre personnel, tout en assurant la protection des données, des clients et de nos activités. L’établissement d’un tel climat de confiance a favorisé la libération de leur potentiel de créativité et l’exécution accélérée des tâches à accomplir, dans un environnement ne laissant place à aucun compromis sur le plan de la conformité. 

3. Il importe de commencer modestement, avant de procéder rapidement à un déploiement à grande échelle. Grâce aux projets pilotes, nous avons pu relever aussi bien les efficiences que les dysfonctionnements de l’outil, préalablement à son implantation à grande échelle. Nous avons vite appris que le processus d’adoption de Copilot n’était pas linéaire, allant en s’accélérant à mesure que nous procédions à l’élimination des irritants, au déboulonnement de certains mythes et à la célébration de nos réussites.

Trois vagues de mise en œuvre nous ont permis de tirer des apprentissages, de nous adapter et d’accélérer le processus, sans pour autant que nos équipes soient soumises à des pressions indues. Chacune de ces vagues s’est traduite par le rehaussement du niveau de confiance et l’émergence d’ambassadeurs de l’IA qui ont facilité le déploiement de la suivante.

4. Il faut évaluer les aspects importants. La réussite d’une telle initiative ne se mesure pas uniquement à l’aune du nombre de licences souscrites. Elle repose sur un haut niveau de mobilisation. Nous avons fait le suivi de l’évolution des comportements des utilisateurs actifs et des superutilisateurs afin de mieux les cerner, en nous adaptant rapidement aux changements subtils. Lorsque seulement 21 % des membres du personnel sondés ont répondu que les activités de formation officielles étaient efficaces, nous avons mis davantage l’accent sur les approches les plus probantes, à savoir l’apprentissage entre pairs et l’expérimentation en mode autonome.

Les enseignements tirés de l’utilisation de Copilot et les boucles de rétroaction nous ont permis de garder le cap sur les résultats, de repérer les utilisateurs ayant besoin d’accompagnement et de déterminer les aspects à l’égard desquels nous devions affiner notre approche, en transformant notre stratégie d’implantation de cet outil en un processus d’apprentissage dynamique.

Le message était clair : la réalisation de la valeur associée à l’IA est un objectif réaliste. Reposant sur l’application d’une approche méthodique et pratique axée sur les données, Copilot est devenu un agent de rehaussement de la qualité, une ressource incontournable dans le cadre des séances de brassage d’idées, et un catalyseur de génération de nouvelles occasions d’affaires et d’amélioration du service à la clientèle.

C’est ainsi que nous avons pu réaliser des gains de productivité de 10 %, tandis que les grands utilisateurs ont enregistré au travail des gains de temps hebdomadaires allant jusqu’à 3,2 heures. Et quel est le gain ultime? Nous avons pu servir nos clients plus rapidement et plus efficacement, en faisant preuve de plus de discernement.

En résumé

Lorsque Microsoft a procédé au lancement de M365 Copilot, EY a fait preuve d’audace en décidant de déployer à l’échelle mondiale 150 000 licences d’utilisateur, accédant ainsi au troisième rang du classement mondial des plus grandes organisations utilisatrices. En tant que client zéro, EY Canada a poursuivi sur sa lancée, en démontrant sa capacité de s’adapter rapidement, tout en maintenant un solide cadre de gouvernance harmonisé avec sa culture organisationnelle.

Tandis que nous procédons actuellement au déploiement de licences pour Copilot Studio, cette démarche proactive a permis de préparer le terrain en vue de l’application d’une approche d’intégration globale et stratégique de l’IA, ainsi que d’établir les bases sur lesquelles reposeront plus globalement notre stratégie d’IA et nos initiatives de transformation par l’IA.

Si votre équipe songe à adopter M365 Copilot ou à se doter de capacités d’IA, nous pouvons en discuter avec vous. Nous serions ravis de mettre nos guides à votre disposition, de vous faire part des leçons tirées des difficultés rencontrées, ainsi que des résultats probants que nous avons obtenus, de même que de collaborer avec votre équipe dans l’établissement d’un plan d’implantation adapté pour votre entreprise.

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