Camion minier de transport circulant sur une route en terrasses dans une mine à ciel ouvert profonde, au lever ou au coucher du soleil.

La précision plutôt que le volume : le nouvel impératif de productivité des mines à ciel ouvert

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Article initialement publié dans le Canadian Mining Journal. Lire l’édition de juin-juillet 2026.

L’avenir de l’exploitation minière à ciel ouvert passe par une productivité axée sur la précision, soutenue par les données, la rigueur et les gens.


En bref

    • Pour composer avec la hausse des coûts et la complexité croissante, les gains de productivité doivent être ciblés et durables plutôt que simplement reposer sur une augmentation de la production.
    • La planification fondée sur des scénarios et la normalisation des méthodes de travail permettent d’adapter les opérations aux conditions en temps réel, favorisant ainsi une meilleure prise de décisions et une plus grande résilience.
    • L’adoption d’outils numériques, combinée à un leadership fort et à l’engagement de la main‑d’œuvre, favorise une performance durable et renforce la capacité d’adaptation des organisations dans des contextes exigeants.

    L’exploitation minière à ciel ouvert a toujours été complexe, mais les pressions que subissent aujourd’hui les exploitants redéfinissent profondément leur performance. L’escalade des coûts au‑delà de l’inflation, la complexité croissante des gisements alors que les puits s’approfondissent et la pénurie persistante de main‑d’œuvre dans les régions éloignées exercent une pression accrue sur les marges et la prévisibilité. Dans ce contexte, les sociétés minières canadiennes doivent répondre à des attentes toujours plus élevées en matière de gestion du capital, de sécurité et de fiabilité de la production.
     

    Les leaders du secteur sont de plus en plus nombreux à admettre que les enjeux de productivité ne sont plus simplement liés aux cycles du marché, mais à des facteurs structurels. Les études sectorielles désignent régulièrement la complexité opérationnelle comme l’un des principaux obstacles à la rentabilité. Pour les exploitants de mines à ciel ouvert, le constat est clair : accroître simplement la production ne suffit plus. Les gains de productivité doivent être ciblés, durables et intégrés de façon réfléchie à la planification, à l’exploitation et à la capacité d’adaptation de l’entreprise.
     

    De la poursuite des cibles à la gestion des compromis : repenser la productivité grâce à une meilleure planification

    Les écarts par rapport aux prévisions de production et de rentabilité deviennent de plus en plus fréquents dans le secteur. Bien souvent, le problème ne tient pas à l’exécution sur le terrain, mais au décalage entre les plans stratégiques et les réalités opérationnelles. Les plans annuels reposent encore souvent sur des hypothèses statiques, alors que, dans les sites miniers, les exploitants doivent continuellement s’adapter à la disponibilité des équipements, aux conditions météorologiques, aux fluctuations de la main‑d’œuvre et à l’évolution des conditions des marchés.
     

    Il en résulte un modèle opérationnel réactif, où les mesures de réduction des coûts sont déployées tardivement et appliquées sans nuance – généralement par des réductions d’effectifs, le report des travaux de maintenance ou la diminution des dépenses discrétionnaires. Si ces mesures peuvent procurer un répit à court terme, elles risquent souvent de compromettre la performance à plus long terme.
     

    La planification fondée sur des scénarios constitue une autre approche permettant d’accroître la résilience. En évaluant à l’avance différents scénarios favorables et défavorables – comme les fluctuations des prix, les perturbations de la main‑d’œuvre ou les contraintes au niveau des équipements – les leaders peuvent s’entendre sur les mesures à privilégier de façon proactive. Intégrée à la planification opérationnelle, cette approche permet aux exploitants de mines à ciel ouvert de réagir plus rapidement et avec davantage d’assurance lorsque les conditions changent, tout en protégeant les marges plutôt qu’en les fragilisant par des interventions mal ciblées.

    La normalisation des méthodes de travail est essentielle, mais le succès à long terme repose avant tout sur les personnes qui les appliquent au quotidien. 

    L’exploitation minière comportera toujours une part de variabilité, mais les facteurs humains amplifient souvent les pertes tout au long de la chaîne de valeur. C’est entre autres ce qui explique pourquoi deux mines à ciel ouvert présentant des caractéristiques comparables sur le plan des gisements, des parcs miniers et des philosophies d’exploitation peuvent afficher des résultats très différents. Au cours de la dernière décennie, de nombreux exploitants ont investi massivement dans des systèmes de gestion visant à normaliser les méthodes de travail. 

    Or, le défi réside souvent dans leur maintien au fil du temps. Trop souvent, ces systèmes sont perçus comme un fardeau administratif plutôt que comme des outils pratiques qui permettent aux équipes d’améliorer leur performance sur le terrain. Lorsque les équipes de première ligne ne comprennent pas clairement ce qui influence la performance, des pratiques informelles s’installent, la variabilité est réintroduite dans les opérations et les progrès stagnent. 

    Des outils numériques qui transforment les données en résultats 

    Les avancées du numérique ont déjà généré d’importants gains de productivité. Les systèmes de forage et de roulage autonomes sont désormais largement déployés dans les grandes mines à ciel ouvert, en particulier dans les régions éloignées où l’accès à une main‑d’œuvre qualifiée demeure limité. Les systèmes avancés de contrôle des procédés ont également contribué à réduire la variabilité et à améliorer les taux de récupération dans les usines de traitement. 

    Toutefois, la majeure partie de ces gains demeure localisée. La prochaine étape vers l’amélioration de la productivité dans les mines à ciel ouvert passera par une meilleure intégration des données issues de la géologie, de la planification, des opérations, de la maintenance et du traitement afin de soutenir une prise de décision en temps réel de bout en bout. À mesure qu’elles développent ces capacités, de nombreuses organisations constatent toutefois un écart persistant entre les objectifs établis et l’exécution. Malgré l’abondance de données à leur disposition, les leaders peinent encore à les transformer rapidement en priorités claires. 

    Les outils de diagnostic et de planification fondée sur des scénarios sont de plus en plus utilisés pour combler cet écart. Ils aident les équipes à transformer les données en informations exploitables, sans qu’elles aient à s’appuyer sur de longues études ponctuelles. MineDx en est un exemple. Cet outil de diagnostic rapide a été conçu pour aider les exploitants de mines à ciel ouvert à cerner les principaux facteurs qui influencent la performance, à évaluer différents scénarios opérationnels et à prioriser les initiatives d’amélioration en fonction des réalités propres à chaque site. 

    Cela dit, ces outils ne remplacent pas le jugement fondé sur l’expérience ni une solide rigueur opérationnelle. Au contraire, ils fournissent une approche structurée et reproductible qui aide les dirigeants à concentrer leurs efforts sur les enjeux les plus importants. Lorsqu’ils sont intégrés à des processus de planification plus larges ou à des centres opérationnels intégrés, ces outils favorisent des échanges plus rapides et fondés sur des données entre les équipes techniques, opérationnelles et commerciales. 

    Le parcours vers l’excellence en exploitation minière à ciel ouvert 

    Atteindre l’excellence en exploitation minière à ciel ouvert exige une approche équilibrée : respecter les engagements de production d’aujourd’hui tout en développant la résilience nécessaire pour demeurer performant dans un contexte de volatilité. Les gains de productivité sont rarement le résultat d’une seule initiative. Ils découlent plutôt d’un alignement entre les objectifs stratégiques et les réalités opérationnelles, de l’engagement de la main‑d’œuvre à l’égard de l’amélioration continue et de l’intégration de processus normalisés capables de résister aux pressions. 

    Les leaders du secteur démontrent que la prévisibilité et la performance reposent moins sur des améliorations isolées que de l’intégration de systèmes qui relient la planification, l’exécution et l’apprentissage à l’échelle de la chaîne de valeur. Dans un contexte où les mines deviennent plus profondes, plus complexes et plus capitalistiques, cette intégration devient une nécessité. 

    Les technologies numériques continueront de jouer un rôle déterminant en facilitant l’accès à l’information, en réduisant la variabilité et en accélérant la prise de décision. Mais la technologie, à elle seule, ne suffira pas. Les exploitants de mines à ciel ouvert qui se démarqueront seront ceux qui investiront avec autant de rigueur dans leur modèle opérationnel, leurs capacités de données et, surtout, leurs équipes. Appliquée avec constante et pragmatisme, la précision deviendra le facteur de distinction entre les meilleurs exploitants et les autres.

    Résumé 

    L’exploitation minière à ciel ouvert fait face à des défis croissants liés à la hausse des coûts, à la complexité des gisements et à la pénurie de main‑d’œuvre. Dans ce contexte, les gains de productivité ne peuvent plus reposer uniquement sur une augmentation des volumes; mais sur des améliorations ciblées et durables. Pour relever ces défis, les exploitants doivent mieux arrimer la planification stratégique aux réalités opérationnelles grâce à la planification fondée sur des scénarios, à la promotion de méthodes de travail à la fois normalisées et flexibles, ainsi qu’à l’utilisation d’outils numériques intégrés aux fins de la prise de décision en temps réel.

    Si les technologies permettent d’accélérer l’analyse et de réduire la variabilité, les gains durables reposent également sur un leadership fort, une exécution rigoureuse et l’engagement des équipes. Les exploitants de mines à ciel ouvert les plus performants intègrent ces éléments au sein d’un même système, renforçant à la fois la prévisibilité, la résilience et la performance dans un environnement minier de plus en plus complexe et volatil.

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